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SOLAS

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Posts posted by SOLAS

  1.  

     
     
    KA frères Mohamed
    Maître Khadija Aoudia. D. R.

    Algeriepatriotique : Vous venez de faire condamner l’Etat français dans l’affaire des frères Mohamed, deux patriotes algériens victimes d’une cabale échafaudée par le FIDH de Patrick Baudoin. Pouvez-vous nous donner plus de détails sur le verdict ?

     

    Maître Khadija Aoudia : La France est signataire de la CEDH [Convention européenne des droits de l’Homme, ndlr], qui est une norme juridique hiérarchiquement supérieure au droit positif interne. L’article 6 de la CEDH, relatif au respect du procès équitable, n’a pas été respecté par les autorités judiciaires françaises en ce qu’il impose aux Etats contractants de juger dans un délai raisonnable toute personne accusée d’un crime.

    J’ai donc assigné l’Etat français pour engager sa responsabilité civile en raison de la violation de l’article 6 de la CEDH. Le Tribunal judiciaire de Paris a fait droit à l’intégralité de mes demandes et a condamné l’Etat français à indemniser les plaignants, les frères Mohamed.

    Comment avez-vous pris en charge le dossier après que trois avocats, Maîtres Cabanes, Lasber et Vergès, vous eurent précédée sans résultat ?

    C’est M. Abdallah Zekri qui a œuvré sans relâche pour que l’affaire me fût confiée. Maître Jacques Vergès venait de décéder et, en ce qui me concerne, je commençais à avoir une petite notoriété en tant qu’avocate pénaliste. Forcément, deux Algériens dans une même ville ne pouvaient que se rencontrer. M. Zekri m’avait sollicitée, d’abord, au nom du Conseil français du culte musulman (CFCM) dont il est le délégué général, pour mener des actions pénales contre des personnalités politiques qui n’avaient de cesse, durant les périodes électorales, de diaboliser l’Arabe ou le musulman. De là est née une complicité intellectuelle et une véritable amitié.

    Lors du non-lieu prononcé en 2016 – confirmé en mars 2017 –, vous aviez déploré une instrumentalisation politique de la justice à l’époque. De quelle manière cette affaire avait-elle été instrumentalisée et par qui ?

    Effectivement, le procès des frères Mohamed est un procès politique inavoué, instrumentalisé par ceux qui avaient intérêt à jeter l’opprobre à l’endroit des patriotes, des membres du GLD et de l’armée algérienne. J’ignore qui était le ou les chefs d’orchestre. La question demeure : à qui aurait profité la condamnation des frères Mohamed ?

    Que s’est-il passé depuis ?

    Dans l’ombre, j’ai mené un combat judiciaire pour faire condamner l’Etat français. Je déplore le fait qu’en 2004 la presse nationale française, qui avait lynché les frères Mohamed, qui avait dénoncé la politique du «qui tue qui», qui titrait leurs articles «La guerre sale», faisant référence à la décennie sanguinaire, n’avait pas jugé utile d’informer les Français du non-lieu dont avait bénéficié les frères Mohamed. Pire, il sera passé sous silence le fait que les plaignants étaient des anciens membres ou partisans du GIA.

    Difficile d’admettre qu’en poursuivant juridiquement les frères Mohamed, c’est un soutien tacite à d’anciens membres du GIA qui était apporté, alors que l’Etat français découvrait depuis 2015 l’horreur du terrorisme islamiste sur son territoire.

    «Ce procès aurait pu être le premier d’une série», aviez-vous affirmé, au moment du verdict. Que vouliez-vous dire par-là ?

    Effectivement, l’Etat français avait fait valoir sa compétence universelle pour poursuivre les frères Mohamed. Fort heureusement, la procédure a abouti à un non-lieu. Si une condamnation avait été prononcée, alors, cette affaire aurait fait jurisprudence. Ainsi, toutes les personnes anciennement militaires ou membres du GLD au moment de la décennie sanguinaire qui séjourneraient ou résideraient en France ou tout autre Etat signataire de la Convention de New York auraient pu, suivant les mêmes fondements, subir des poursuites judiciaires et être condamnées.

    Peut-on dire que la page de la cabale dont les frères Mohamed est définitivement tournée ?

    Oui, définitivement, les frères Mohamed, par cette dernière décision, ont retrouvé la dignité qui leur avait été ôtée.

    Quelle leçon la justice française doit-elle tirer de cette affaire ?

    Une leçon d’humilité.

    Peut-on parler d’un cas de jurisprudence en ce qui concerne la décennie noire en Algérie et les procès intentés en France contre ceux qui ont lutté contre les terroristes islamistes dans les années 1990 ?

    Une jurisprudence en faveur de tous ceux qui ont lutté contre le terrorisme en Algérie.

    Propos recueillis par Karim B.

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    Pierrot est né le 24 juillet 1939 à Ténès, d’un père fonctionnaire des impôts et d’une mère bijoutière.
    Mais comme bien d’autres juifs de la petite commune de Ténès, sa famille a de bonnes relations avec son entourage musulman. Surtout, le jeune Pierre est influencé par des discussions avec son voisin communiste, le docteur Jean Massebœuf, et avec son cousin Jean-Pierre Saïd,
    Membre de la délégation algérienne du Festival mondial de la jeunesse de Varsovie à l’été 1955, il fréquente fin 1955-début 1956 des communistes algérois engagés dans la lutte armée, comme Abdelkader Choukal et Georges Marcelli.
    Quand l’Union générale des étudiants musulmans algériens (UGEMA) déclenche en mai 1956 une grève illimitée des cours et des examens, il déserte le lycée Bugeaud comme de nombreux jeunes qui iront grossir les maquis de l’ALN.
    Il rejoint la Wilaya IV, où il remplit plusieurs fonctions, dont celle d’infirmier. Son chef, le commandant de l’ALN Si Azzedine, écrira en 1976 :
    « Parmi [les infirmiers et médecins], l’une des figures les plus attachantes fut celle de notre infirmier zonal, Hadj. Nous l’appelions ainsi, mais son vrai nom était Ganacia (sic).
    Il était juif, parlait très bien l’arabe. Pour tous ceux qui tiennent comme un fait établi le prétendu antagonisme de nos origines religieuses, je voudrais qu’on le sache : Hadj est mort, refusant d’abandonner ses blessés. C’était un frère et nous l’avons pleuré,a Boukren, il sauva Boualem Oussedik de la gangrène. […] Hadj est mort à Tiberguent, en défendant une infirmerie et les blessés dont il avait la responsabilité. »
    Comme dans les tracts de l’ALN adressés aux juifs algériens où Pierre Ghenassia est honoré dès 1957 comme un exemple à suivre, le commandant Azzedine insiste sur la judéité du jeune homme, tant il a conscience d’être face à un exemple exceptionnel – si ce n’est unique. Il met aussi l’accent sur son arabité.
    Voici une des lettres qu’il a envoyées à ces parents le 03 février 1957
    Chers Parents
    J’emprunte cette fois ci l’organisation du maquis pour vous faire parvenir de mes nouvelles qui sont excellentes. En ce moment je me remets très vite dans une infirmerie d’une petite affection intestinale. Je vais déjà très bien. Cela fait déjà trois mois que je vous ai quittés et je n’ai pas vu le temps passer. Bien des aventures me sont arrivées mais celles-ci je me réserve de vous les conter après l’indépendance In challah.
    Je milite depuis au milieu de millier de jeunes qui comme moi ont rejoint le maquis et dans un magnifique élan d’enthousiasme tendent tout leur être vers la réalisation de leur idéal. Un véritable esprit Révolutionnaire existe et nous marchons infailliblement vers la liberté. Je suis pour le moment assez loin de vous mais je pense peut être revenir dans nos parages. Et vous comment allez-vous ? Anne-Marie travaille-t-elle toujours aussi bien en classe. Et la 203 se porte-elle toujours aussi bien.
    Nous avons ici un excellent moral car nous sommes sûrs en considérant tous les symptômes politiques que l’issue est proche. J’ai été affecté au service de presse de la wilaya et j’ai dernièrement fait, armé d’un appareil de photos, une enquête sur les atrocités des Nazis Français dans un douar particulièrement éprouvé. J’en été écœuré.
    « Ici vois-tu l’on sue et l’on crève » comme dit la chanson. On ne se lave pas souvent non plus et on a des poux : mais cela fait rien on a tout accepté. J’ai appris par les journaux que l’organisation de Tenes avait été décapitée. J’ai fui à temps.
    Bon je crois que je vous ai assez rassuré comme cela. Je vous quitte en vous embrassant affectueusement.
    A bientôt dans une Algérie libre et indépendante.
    Pierre – dit « El Hadj ».
    Il tomba aux champs d’honneur pour l’Algérie trois mois plus tard dans une attaque de l’armée française, le 22 février 1957, à l’âge de 17 ans.
    Une rue porta son nom à Ténès mais rebaptiser vers les 90 par l’APC de l’époque
    Merci
  3.  
    « Cela fait maintenant plus de 25 ans que j'enseigne la stratégie. Dans ma carrière, j'ai eu affaire à des dizaines d'officiers et de hauts fonctionnaires africains. Je suis obligé de confesser que le malheur de l'Afrique, et de plusieurs nations prospères dans le monde, vient de sa rencontre avec l'occident.
    L'Afrique était en pleine construction au 15e siècle, avec des cités qui n'avaient rien à envier aux villes occidentales. Il y avait de grands hommes militaires et de grands stratèges. Mais tout cela a été sciemment effacé de la mémoire des africains.
    Mais aujourd'hui, à une allure extraordinaire, l'Afrique se reconstruit. Le problème c'est que les gens ne le savent pas. Un exemple, la population africaine qui était tombée en dessous de 100 millions d'habitants vers la 2e moitié du 19e siècle est en passe de devenir la plus forte au monde. D'autres peuples ayant subi moins que les africains ont totalement disparu.
    Je vais vous expliquer, pourquoi l'Afrique fait peur au monde. Au moment où je parle, le monde fait face à trois enjeux principaux : l'énergie, la défense stratégique et la mondialisation.
    L'Afrique est au carrefour de tout ça !
    Commençons par l'énergie :
    Toutes les ressources énergétiques stratégiques les plus rares du monde sont en Afrique. Même si nos pays de l'ouest se sont vulgairement servis, personne ne peut parler d'une extinction des réserves car chaque jour, on en découvre de nouveaux. Vous allez constater que les médias n'en parlent jamais. On préfère détourner les regards des africains et du monde vers les guerres et la pauvreté. C'est de l'arnaque pour celui qui est éveillé. Vous a t-on jamais parlé de la ressource extraordinaire que constitue le vaste désert du Sahara ? Vous a t-on jamais parlé de l'immensité des ressources en eau douce du sous-sol africain ?
    C'est conscients de cette richesse phénoménale que constitue l'Afrique que des pays comme les USA, la France, la Chine, le Royaume Uni, etc. sont décidés à la maintenir dans une position de réservoir et déversoir mondial.
    Il y a aujourd'hui des task force un peu partout, chargés d'étudier et de proposer des solutions qui permettront à ces nations de faire main basse sur les ressources mondiales, de s'assurer que quoi qu'il advienne, leur approvisionnement sera assuré.
    Que peut l'Afrique ? L'Afrique, c'est 54 minuscules états écartelés entre la banque mondiale, le fmi, le club de Paris, le club de Londres, les vendeurs d'armes, les mercenaires, les médias occidentaux, etc. Ces États n'ont même pas eu le temps de reconstituer leur histoire, qu'ils tombent dans la mondialisation. Que peuvent faire les présidents de ces États ? Soit ils obéissent, soit ils sont écartés. La marge de manoeuvre existe, mais très faible. L'occident a su mettre en place un vaste système pour gouverner le monde. Et jusqu'à présent, aucun pays n'est arrivé à tenir, excepté la Chine. Regardez l'Amérique latine et dites moi quel pays s'en sort ? Aucun. Que pensez-vous des pays arabes ? Aucun n'est réellement indépendant, même l'Arabie Saoudite.
    Ensuite, la défense stratégique : L'état de déliquescence des armées est organisé à dessein. On ne colonise pas une région en y laissant une armée forte. Les armées africaines ont donc été transformées en armées de répression intérieure que de guerre ou de défense intelligente.
    Pourquoi ? Parce que nos nations ont besoin que vos armées se retournent contre vos peuples pour nous garantir l'accès aux richesses. Les États ne peuvent non plus avoir accès au financement militaire. Les Chefs d'État ont peur de financer l'armée parce qu'elle peut être retournée à tout moment et les renverser.
    Prenez par exemple le cas de la défense anti-aérienne. Il n'y a quasiment aucun pays qui possède un système de défense équipé de missiles anti-aériens modernes. L'accès a été extrêmement verrouillé. Ce qui laisse le champ libre aux avions de reconnaissance occidentaux pour pénétrer les territoires africains en toute quiétude. Et aucun pays n'a accès à des satellites capables de le renseigner sur les mouvements de personnes ou d'aéronefs suspects dans son espace aérien sans l'aide de forces étrangères. Tout cela est fait exprès pour créer de la dépendance et avoir des chefs d'état dociles.
    Aujourd'hui, des pays comme les Etats-Unis, la France ou le Royaume-Uni peuvent détruire, en une journée, toutes les structures d'une armée africaine sans envoyer un seul soldat au sol... Rien qu'en se servant des satellites, des missiles de croisière et des bombardiers stratégiques. A mon avis cela ne durera pas longtemps. Les africains commencent par comprendre les enjeux.
    Si les pays africains se mettent ensemble, et que chacun accepte de donner seulement 10 % de son budget militaire à un centre continental de recherche et d'application sur les systèmes de défense, le continent peut faire un pas de géant. Il y a en Russie, en Ukraine, en Chine, en Inde, des centaines de
    scientifiques de très haut niveau qui accepteraient de travailler pour 3000 dollars US par mois afin de vous livrer des armes sophistiquées fabriquées sur le continent et servant à votre défense. Ne croyez pas que je rigole. Il ne faut jamais être naïf. Si la survie de l'Occident passe par une re-colonisation de l'Afrique et la mainmise sur ses ressources naturelles vitales, cela se fera sans état d'âme. Ne croyez pas trop au droit international et aux principes de paix, ce sont toujours les faibles qui s'accrochent à ces chimères.
    Je pense qu'il est temps de transformer vos officiers en scientifiques capables de faire de la recherche et du développement. Vos petits États ne disposent pas de la ressource pour cela. Vous êtes en guerre, depuis votre rencontre avec l'occident.
    Enfin, la mondialisation: si vous comprenez que vous êtes en guerre, vous avez tout compris. Ne faites pas attention à tout ce qui se raconte dans les médias occidentaux. A savoir, l'aide aux pays sous-développés, aider les pays pauvres à faire face à la mondialisation, etc. Quel intérêt avons nos pays à vous voir développés ? Aucun.
    Vous savez, dans mes fonctions, il y a des réalités que je ne peux dire, mais je vais vous les dire.
    La mondialisation est juste la forme moderne de perpétuation de l'inégalité économique. Pour être clair, je vous dirai que ce concept a un but : garder certains pays comme sources d'approvisionnement en biens et ressources qui permettraient à d'autres de conserver leur niveau de vie. Les notions même de pays pauvres et pays riches sont biaisées. Autrement dit, le travail dur, pénible, à faible valeur ajoutée et impraticable en Occident sera fait dans le Tiers-monde. Ainsi, les appareils électroniques qui coûtaient 300 dollars US en 1980 reviennent toujours au même prix en 2006.
    Certains petits pays sont gardés pour être un réservoir de consommation où seront déversés tous les produits fabriqués dans le monde. Et ce n'est pas l'Afrique seule.
    Pour moi, l'indépendance signifie d'abord un certain degré d'autonomie. Mais, quand je vois que des pays comme le Sénégal, le Mali, le Niger, le Tchad ou la Centrafrique importent quasiment 45 % de leur propre nourriture de l'étranger, vous comprendrez qu'un simple embargo militaire sur les livraisons de biens et services suffirait à les anéantir. Sans oublier l'indépendance militaire et monétaire. Mais cela ne s'acquiert pas subitement !
    Pour terminer, je vais vous raconter une anecdote : Je parlais avec un colonel sénégalais venu en stage chez nous il y a quelques mois. Nous regardions à la télévision les images de millions de Libanais qui défilaient dans les rues pour réclamer le retrait des soldats syriens de leur pays. Je lui ai demandé ce qu'il en pensait.
    Il m'a simplement répondu : « géopolitique ». Ce qui est exact ! Tout est géopolitique et géostrategie. Dans ces manifestations, Israël piaffe d'impatience d'en découdre avec le Hezbollah et puisque Tel-Aviv ne peut faire la guerre en même temps aux Palestiniens, au Hezbollah et à la Syrie, son souhait est que Damas se retire. Une fois le Liban à découvert, Israël aura carte blanche pour l'envahir et y faire ce qu'elle veut.
    Tous les conflits dans le monde sont l'expression de jeux et lutte pour une ressource précise.
    Ce qui est certain, l'Afrique a progressé et les africains ont de plus en plus conscience de la nécessité de l'union, de l'analyse et de l'anticipation.
    L'Histoire nous démontre que la coexistence entre peuples a toujours été et sera toujours un rapport de force. Le jour où vous aurez votre arme nucléaire comme la Chine et l'Inde, vous pourrez vous consacrer tranquillement à votre développement.
    Je suis optimiste. Car, si demain l'Union Africaine ou la CEDEAO décide de créer un Institut africain d'études stratégiques crédible et fiable, cela ne décollera pas forcément immédiatement, mais cela marquera la fin d'une ère.
    L'Afrique doit d'abord s'unir. Ensuite il vous faudra développer votre manière de voir le monde, une manière africaine tenant compte des intérêts de l'Afrique. Alors, les fonctionnaires qui seront là devront arrêter de faire du copier-coller. Ils devront créer des outils et stratégies propres à l'Afrique. Avant que vos ministères des Affaires étrangères ne fassent des analyses sur la marche du monde, ils feraient mieux d'en faire d'abord pour votre propre « intérêt ». ✍🏻 Charles-Philippe David
    Veuillez transmettre ce message aux amis et connaissances africains et à tous ceux qui se soucient.
    Peut être une image de carte et texte qui dit ’Espagne France France France Italie Espagne G-B G-B G-B Afrique Occidentale Française Portugal Italie G-B G-B Indépendant G-B France G-B Allemagne Espagne Allemagne Italie Indépendant France G-B Belgique Océan Atlantique Allemagne Océan Indien Portugal G-B Portugal Allemagne G-B G-B France Empires coloniaux en Afrique après la Conférence de Berlin en 1884 G-B’
     
     
     
     
  4.  
     
     
     
     
     
     
     
     
    Le poste de président de la république était à portée de main d'un candidat soutenu par le hirak en 2019, dans la dynamique de l'époque, y compris le 12 décembre 2019.
    Il suffisait de lui élaborer un programme basé sur quelques idées force: démocratie, libertés, État de droit, séparation des pouvoirs, indépendance de la justuce et liberté de la presse.
    Une majorité parlementaire dans l'esprit du hirak était possible ce 12 juin 2021. Il aurait fallu s'y préparer très tôt, mettre en place des "réseaux de la liberté" ou des "candidats du 22 février", avec ce même programme simple.
    Au lieu de cela, des ayatollahs ont sorti des fetwas interdisant au hirak de s'organiser, de se structurer, affirmant que personne n'avait le droit de parler au nom du hirak, alors qu'eux-mêmes se comportaient comme des porte-parole de fait et monopolisaient l'expression au nom du hirak.
    Résultat : un énorme gâchis, avec un pouvoir qui tourne en rond, un pays qui stagne, une société non structurée, des institutions désespérément vides, et un hirak en lambeaux.
    Il fallait oser quand le hirak était à son apogée, prendre des risques. Au lieu de cela, on a assisté à un radicalisme aussi stupide que suicidaire, et la multiplication de stars cultivant chacune un égo démesuré. Les uns se voulaient porte-parole du peuple pour négocier avec l'armée, les autres voulaient imposer une transition, sans parler des spécialistes du refus, ceux qui pensent qu'avec un compte Facebook, on peut faire tomber un pouvoir.
    Quel gâchis !
  5.  

    ALGER - Des membres d'un réseau subversif, récemment démantelé, activant sur des réseaux sociaux dans plusieurs wilayas ont livré, lors d'une enquête diffusée par la télévision algérienne, les détails de leur exploitation par des étrangers qui les incitaient à attenter à la sécurité de l'Etat en contrepartie de sommes faramineuses.

    Diffusée par la télévision algérienne, l'enquête intitulée "la sécurité cybernétique : un coup de grâce aux réseaux subversifs",  s'est penchée sur l'affaire révélée récemment par le procureur de la République près le tribunal de Sidi M'hamed relative au démantèlement par le service central de lutte contre les crimes électroniques liés aux TICs, relevant de la DGSN, en coordination avec les services de la circonscription centre de la Police judiciaire de la sûreté de wilaya d'Alger, d'un réseau subversif activant sur des réseaux sociaux dans plusieurs wilayas dans le but d'attenter à la sécurité de l'Etat, selon les conclusions de l'enquête qui a fait ressortir l'existence de liens entre le réseau en question et le Mouvement terroriste "Rachad".

    Les membres du réseau, dont une femme, Zahra, ont reconnu avoir reçu des sommes d'argent sur leurs comptes courants de la part de Farouk Maamar, résidant aux Etats-Unis, et Thouraya Boudiaf, résidant en France, et activant tous les deux sous pseudonymes, et incitant le réseau à ouvrir de faux comptes sur les réseaux sociaux pour diffuser des fake news et des instigations à l'encontre des services de sécurité et institutions de l'Etat, mais également de fausses informations à exploiter lors du Hirak populaire.

    Les membres du réseau affirment avoir été "victimes" de mensonges montés de toute pièce par Farouk Ben Maamar (Gandi), administrateur de la page "Maarakat Tahrir El Wa3y". Ce dernier exploitait la page pour attirer les jeunes participant aux marches hebdomadaires et fait croire à certains qu'il tentait "d'aider les familles des personnes arrêtées" en envoyant des sommes d'argent, converties par la suite en euro et versées dans des comptes courants en contrepartie de la diffusion de vidéos live ou le post de publications et des commentaires sur un maximum de groupes et de pages.

    Exprimant "leur regret", ces individus affirment en outre être "exploités" par des parties douteuses ayant infiltré le Hirak populaire et que leur bonne foi a été utilisée pour frapper les institutions et les symboles de l'Etat.

    Dix (10) individus suspectés d'appartenir à un groupe subversif visant à attenter à la sécurité et à l'unité nationales avaient été présentés, jeudi, devant le juge d'instruction près le tribunal de Sidi M'hamed, alors que 12 autres sont en fuite dont 6 à l'étranger, avait annoncé le procureur de la République près la même juridiction, Djamel Khoudja.

    Les suspects sont poursuivis pour "délit d'adhésion à un groupe subversif visant à attenter à la sécurité et l'unité nationales, délit d'utilisation des technologies de l'information et de la communication (TIC) pour le recrutement d'éléments au sein d'un groupe subversif et délit de complot contre l'Etat", selon la même source.


     


    Ils sont poursuivis également pour "avoir reçu des fonds de la part d'individus de l'intérieur et de l'extérieur du pays à l'effet de commettre des actes subversifs visant à attenter à la sécurité de l'Etat, à la stabilité et au bon fonctionnement de ses institutions ainsi qu'à la sécurité et à l'ordre publics".

    Ils sont également accusés de "délit de distribution au public de tracts visant à nuire à l'intérêt national, délit d'incitation à des attroupements non armés outre le délit d'infraction aux dispositions législatives du mouvement des capitaux".

    Ces investigations ont permis de démasquer un groupe d'individus "qui utilisent des pseudonymes dans des comptes électroniques sur les réseaux sociaux pour mener des actes subversifs".

    Selon la même source, il s'agit entre autres de Abdallah Ben Mohamed, Boukhars Amir, Benhlima Mohamed, Zitout Mohamed Larbi, Benmaâmar Farouk et Boudiaf Thoraya, qui se trouvent à l'étranger.

    Ces individus font "de la propagande et financent des activités en injectant des fonds en monnaie nationale et en devises d'origine suspecte qu'ils envoient à des éléments en Algérie, parmi ceux considérés comme des individus subversifs sur les réseaux sociaux, et qui incitent les citoyens à sortir dans des marches non-autorisées".

    Les enquêtes préliminaires ont débouché sur la saisie de sommes d'argent en monnaie nationale et en devises, ainsi que sur la découverte d'importantes transactions financières d'une valeur de près 360.000 euros, soit l'équivalent de près de 7 milliards de centimes.

    Des mandats de dépôt contre les accusés et des mandats d'arrêt à l'encontre des accusés en fuite ont été requis par le juge d'instruction, a-t-on rappelé.

  6. La France enregistre une baisse sans précédent du nombre journalier de contaminations

    FRANCE
     
    Par AFP
     

     

    La pression sur les services hospitaliers continue de baisser, avec un peu plus de 2.000 malades du Covid-19 en services de réanimation lundi, selon les chiffres de Santé publique France.

    La France compte désormais 12.374 personnes hospitalisées en raison du Covid-19, un chiffre au plus bas depuis la mi-octobre.

    La décrue du nombre de patients traités en soins critiques, pour les formes les plus graves, se poursuit aussi, avec 2.068 malades, un plus bas depuis la mi-octobre également, dont 71 nouvelles admissions.

    Depuis le début de la campagne de vaccination en France, 30.472.434 personnes ont reçu au moins une injection et 14.364.587 personnes ont reçu deux injections. Cela représente respectivement 58% et 27,4% de la population majeure.

    16.126.305 personnes ont un schéma vaccinal complet (deux doses, ou une dose si vaccin à dose unique ou si vaccin pour une personne ayant eu le Covid-19), précise le ministère de la Santé.

    Détails à suivre

  7.  

     

    Le confinement systématique exigé aux voyageurs qui arrivent en Algérie pourrait être supprimé «dans les prochains jours», croit savoir El-Watan. La question est actuellement à l’étude au sein du Conseil scientifique du suivi et de l’évolution de la pandémie, indique le quotidien francophone, selon lequel la décision de revoir le protocole mis en place depuis le 1er juin dernier «serait liée à toutes les difficultés rencontrées dans les structures d’hébergement et les nombreuses requêtes des personnes confinées qui se sont plaints des conditions sur place, notamment dans les structures hôtelières dont la majorité sont étatiques».

     

    «Ces hôtels, qui sont aujourd’hui […] saturés, ne peuvent plus répondre à la demande, ce qui risque de se compliquer dans les prochains mois avec l’arrivée de plus de personnes, notamment les immigrés souhaitant rentrer au pays», note El-Watan qui cite des sources proches du dossier.

    R. N.


  8.  
     
    Ghaleb Fondation Islam de France
    Ghaleb Bencheikh, président de la Fondation Islam de France. D. R.

    Algeriepatriotique : Vous avez été réélu à la tête de la Fondation Islam de France (FIF), ce jeudi. Pouvez-vous nous donner un aperçu sur les conditions dans lesquelles s’est déroulée l’élection ?

     

    Ghaleb Bencheikh : Les conditions dans lesquelles s’est déroulé le scrutin ont été sereines et détendues. L’élection s’est passée avec un sens aigu des responsabilités. Nous tenions tous à ce que l’élection eût lieu. Il y allait du bon fonctionnement de l’institution. Et comme toutes celles de son importance, elle doit survivre aux hommes et aux femmes qui président à sa destinée. Nous nous réjouissons qu’une institution reconnue Etablissement d’utilité publique puisse renouveler ses instances dirigeantes dans le respect de ses propres statuts et de son règlement intérieur afin de poursuivre toutes ses activités. Elles sont nombreuses et de la plus haute importance pour la nation et pour l’islam.

    Les deux dernières années ont été difficiles à cause de la crise sanitaire mondiale qui a freiné toutes les activités. Comment avez-vous pu faire face à la pandémie et à ses conséquences sur le culte musulman en France ?

    Il est vrai que nous avons évolué dans un contexte sanitaire et financier très contraint. Et nous avons dû nous adapter. A titre d’exemple, nous avons commué notre université populaire itinérante en université digitale. Elle est maintenant, à notre grand étonnement et à notre satisfaction, suivie par des dizaines de milliers d’internautes francophones de par le monde. Comme nous ne nous occupons pas des questions cultuelles proprement dites, nous n’avons pas eu à gérer les frustrations des fidèles quant à leur observance rituelle et liturgique. En revanche, nous avons dû expliquer que la sagesse et le sens des responsabilités recommandent de préserver la vie et la santé. Auquel cas, il fallait respecter toutes les restrictions sanitaires. Cette pandémie nous a appris tous à être stoïques et patients. Quand il faut endurer, il faut savoir le faire sans résignation morose mais avec calme et quiétude.

    Comment comptez-vous relancer la FIF à la lumière de la timide reprise qui caractérise la vie sociale en France, après de longs mois de léthargie ?

    Toutes les activités de la Fondation reprendront naturellement et elles atteindront leur vitesse de croisière avec la levée progressive des restrictions sanitaires. Nous poursuivrons les enregistrements de nos vidéos pour notre campus numérique Lumières d’islam, nous continuerons à donner les bourses aux cadres religieux désireux de suivre la formation civique à la faculté. Ce sera l’occasion de relancer tous nos programmes en attente. Les grands colloques sur des sujets cruciaux comme ceux de la liberté de conscience, l’égalité entre les êtres et la désacralisation de la violence. Et, bien évidemment, nous reprendrons l’itinérance de notre université populaire. C’est la meilleure façon de porter le débat avec l’ensemble des citoyens, musulmans et non musulmans. Nous n’avons jamais fait [que] de l’islamologie fondamentale ; bien au contraire, notre priorité est l’éducation populaire conjuguée à l’ouverture culturelle. Notre université, comme son nom l’indique, est populaire. Après une dizaine d’étapes, la dynamique a été stoppée à cause de la pandémie du coronavirus. Nous la reprendrons maintenant d’une manière hybride. En ce sens que nous nous déplacerons tout en mettant en ligne et en direct nos débats.

    Enfin, nous avons élaboré tout un projet d’autofinancement et nous le mènerons à bien. Il n’est pas dans notre vocation de vivre indéfiniment avec les deniers publics. Entretemps, la Fondation assume des missions régaliennes de l’Etat pour lesquelles elle est délégataire en tant qu’Etablissement reconnu d’utilité publique. Pour cela, la dotation annoncée par le président Macron nous aidera à réaliser une bonne partie de nos activités stratégiques.

    Vous avez été la cible de plusieurs articles diffamatoires ces derniers mois. Etaient-ils liés à l’élection du président de la FIF, selon vous ?

    Ces quelques attaques outrageantes, venant toujours du même clan, ont commencé relativement tôt après ma première élection, puis elles se sont accentuées à l’approche de la réunion du conseil d’administration. Les articles diffamants ne m’atteindront jamais. Non seulement je fais mien le sens du vers du poète Al-Mutanabbi, «si une calomnie me visant te parvient de la part d’un ignoble vil, alors, c’est le témoignage, pour moi, que je suis vertueux». Mais, aussi, nous constatons tous que par leur inconsistance, ces libelles ne prennent pas. A cet égard, je voudrais vous remercier pour votre professionnalisme et votre travail d’investigation lorsque vous vouliez vous assurer de la véracité des propos diffamants tenus. Rien n’est étayé et pour cause. C’est de la pure affabulation injurieuse.

    Evidemment, tout n’était qu’un tissu de mensonges éhontés. Je ne peux pas être à la fois ami intime d’Alain Finkielkraut et celui de Tariq Ramadan ; je ne peux pas être islamiste en connivence avec les Frères musulmans que j’ai toujours combattus depuis les exactions des GIA en Algérie et, en même temps, franc-maçon, alors que je n’ai jamais été initié de ma vie. Toutes ces incohérences et ces allégations mensongères ont jeté le discrédit sur leurs auteurs. La réaction des internautes montre qu’ils n’ont pas été du tout trompés. En outre, j’ai noté avec satisfaction que vous avez ouvert vos colonnes à Nazih Ibn Al-Hakim, qui a répondu avec une belle plume à ces attaques abjectes. J’en sais gré à votre journal et à cet écrivain estimable et courageux d’avoir permis une réponse à cette vilénie.

    Quels sont vos premiers mots à la communauté musulmane de France après votre réélection ?

    Ce seront des mots de reconnaissance et d’amitié. Ils sont très nombreux à s’être réjouis de cette réélection. Ils y ont vu une réaffirmation de la confiance que le conseil d’administration m’a renouvelée et une attestation de mon abnégation et de mon dévouement ; n’oublions pas que je suis président à titre gracieux, là où certains y voient des salaires somptuaires. Leurs témoignages touchants et affectueux m’ont ému. Je voudrais leur exprimer ici toute ma gratitude. En réalité, ils sont nombreux à nous écrire. Ils participent par dizaines de milliers aux différentes éditions de notre université populaire digitale.

    Bien que la Fondation ne soit pas dans une optique communautaire, je dis aux musulmans de France, qu’ils soient citoyens ou résidents, que la grande œuvre du recouvrement de la dignité et de la fierté se réalisera bientôt. Nous ne laisserons jamais ni les criminels assassins, terroristes djihadistes, flétrir et pervertir notre belle tradition d’amour et de bonté ni les haineux continuer à déverser leur fiel sur l’islam religion et civilisation. A charge pour les musulmans de s’acquitter de leurs devoirs de citoyens afin de jouir de leurs droits inaliénables qui en découlent. Les devoirs et les droits sont l’avers et le revers d’une même effigie ; «d’un même talisman», a dit un ancien Premier ministre. Je ne cesse de clamer que les meilleurs antidotes à l’extrémisme religieux demeurent l’éducation et la culture avec une inclination pour les valeurs esthétiques et les humanités.

    Quel genre de relations comptez-vous mettre en place avec les autres institutions en charge du culte musulman en France, sur fond de profondes divergences et de querelles de chapelle ?

    Nous nous entendons bien avec la majorité écrasante des responsables musulmans des institutions religieuses en France. Certes, il y a eu quelques psychodrames et des velléités de division en fin d’année civile que nous déplorons. Mais notre principe à la Fondation est de ne jamais rien faire qui aggrave les dissensions et tout faire pour rassembler. Il n’y aura jamais de polémique de notre part. Notre prise de parole publique se veut toujours mesurée et dans la retenue. Nous sommes respectueux du «Yalta» qu’il y a entre le cultuel et le culturel, même si les porosités existent. Notre main est toujours tendue et notre volonté de coopérer avec les hiérarques musulmans est réelle. Les liens d’amitié que j’ai noués de longue date avec tous les recteurs de mosquée de province sont à consolider. Je me réjouis de l’entente fraternelle qu’il y a entre le président [du Conseil français du culte musulman, CFCM] Mohammed Moussaoui et votre serviteur. Nous œuvrons ensemble pour le bien commun et nos deux institutions conjuguent leurs efforts déployés pour l’intérêt général des musulmans de France.

    Interview réalisée par Karim B.

  9.  
     
    1. Participation plus faible que lors de la présidentielle du 12 décembre 2019, mais plus élevée que lors du référendum du 1er novembre 2020 sur la constitution.
    2. Les appareils politiques traditionnels raflent la mise.
    3. Les partis islamistes très présents.
    4. Les listes indépendantes, trop nombreuses, pourraient être les grands perdants de ce vote. Leur rôle se limite à gonfler un peu le taux de participation, grâce à un "vote de proximité" improductif.
    5. Aucun parti traditionnel ne semble en mesure de se détacher pour espérer une majorité à lui tout seul.
    6. Comme la constitution parle de majorité parlementaire et non de coalition, le prochain gouvernement reste une inconnue, avec deux variantes : une coalition, islamiste par exemple, peut former le gouvernement, mais le président peut faire une autre lecture de l'article 110 et maintenir Djerad en lui demander de recruter chez les uns et les autres.
    7. Crédible ou pas, le vote est là. Une autre situation de fait. En attendant, les "démocrates" exigent toujours que l'armée négocié avec eux un processus transitoire.
    8. Le mode de scrutin choisi est très complexe. L'électeur vote pour une lite, mais dans cette même liste, il coche des noms. Il faudra donc un premier dépouillement pour savoir quelles listes ont été choisies, et ensuite dire, dans un second dépouillement, qui, dans chaque liste, sera élu. Fastidieux
     
     
  10.  

    Par
     REPORTERS
     
     
     
     

    Propos recueillis par INES DALI
    Reporters : Comment appréciez-vous le scrutin d’une façon générale et la moyenne de participation nationale provisoire annoncée par le président de l’Autorité nationale indépendante des élections ?
    Fatiha Benabbou :
     Pour moi, ces législatives se sont déroulées comme on en a l’habitude. D’abord le pourcentage provisoire est pratiquement le même que le scrutin de 2017 qui était de 34 ou 36%. J’estime qu’on a encore la mentalité du «baylek», c’est-à-dire que l’Etat est au-dessus comme un ballon dirigeable et que les autres ne sont pas concernés. «L’Etat c’est le ‘’baylek’’, donc ce n’est pas à nous» est une idée restée dans notre subconscient après quatre siècles de domination… On n’a pas encore cette vision que nous sommes des citoyens et que nous devons participer aux élections. Donc, au-delà des gens qui votent et des gens qui boycottent, la majorité des gens réfléchissent avec la mentalité du «baylek». Pour les résultats, à part le référendum de 1962, même pour la participation aux législatives de 1992 qui ont mobilisé presque tout le monde et où les gens sont partis voter en masse, soit islamistes soit démocrates, le taux de participation n’était même pas à 60%. Ce qui veut dire que 40% ne sont pas partis voter à un moment où il y a pourtant eu une grande mobilisation. Ce sont donc 40% au moins qui considèrent que la politique et les élections ne les concernent pas.

    Dans ce cas, quelle est votre appréciation du vote et de la forte abstention qui l’a marqué ?
    J’estime qu’aussi bien les votants que les boycotteurs ont une conscience politique.

    Selon vous, quelle lecture doit-on faire du taux de participation?
    Il faut savoir que la loi électorale ou la Constitution ne prévoit pas un seuil minimum de taux de participation. Ce qui est très important, c’est qu’il y a une lecture à faire sur le plan légal et constitutionnel : nous avons dans la Constitution ce qu’on appelle la démocratie représentative qui signifie que le mandat du député ou du membre du Parlement est national, ce qui veut dire que même s’il y en a dans l’opposition qui veulent saisir le Conseil constitutionnel pour dire qu’une partie n’a pas voté, cela n’est pas conforme sur le plan légal, constitutionnel ou juridique. Donc quelle que soit la circonscription qui a voté ou n’a pas voté, le résultat est le même, le lien de représentation n’est pas local, mais plutôt national. Le député qui est élu n’est pas l’élu de sa circonscription, il est l’élu de la Nation.

    Mais il y a de tout de même une lecture politique à faire ?
    Pour ma part, et sur le plan de la lecture politique à faire de ce vote législatif, je trouve qu’il y a un changement qui est en train de s’opérer à propos de ce lien de représentation, le député se sent de plus en plus près de sa circonscription électorale dans les faits, mais pas dans le droit je précise encore. Donc, il a tendance à se rapprocher de sa circonscription électorale bien que cela lui est refusé à chaque fois en lui disant que ce n’est pas son problème car ce n’est pas un élu local : il a un mandat national. Pour moi, c’est dommage qu’il n’y ait pas eu l’opposition car elle a un rôle à jouer, proposer des lois et se faire l’interprète de ses électeurs. Pour moi, l’opposition doit être au Parlement, c’est essentiel.

    Comment voyez-vous la configuration de la prochaine Assemblée au vu des participants ?
    Ce sera une véritable mosaïque ! On a déjà un champ politique fragmenté. Avec 70 partis politiques, dont beaucoup n’ont pas de représentativité, et plus de 800 listes d’indépendants avec des gens dont on ne connaît pas nécessairement la couleur politique, on risque d’avoir beaucoup de surprises, puisqu’on ne peut pas réellement connaître ou vérifier l’identité politique et partisane de tous ceux qui se sont présentés dans ces listes. En fait, beaucoup de ces candidats peuvent s’avérer moins indépendants qu’ils ne le disent et peuvent avoir un rôle à jouer en cas de coalition ou d’alliance dans le futur jeu parlementaire. C’est une hypothèse de risques à prévoir en ce qui concerne les courants islamistes. On connaît le poids des islamistes, mais on ne sait pas quel type d’alliance ou de coalition ils vont pouvoir nouer au sein de l’APN dans la perspective de formation du prochain gouvernement.

    Quid justement de ce futur exécutif ?
    Il y a deux possibilités ! Il se fera avec une majorité présidentielle ou avec une majorité parlementaire. Si c’est une majorité présidentielle, le président de la République nomme son Premier ministre qui, lui, n’aura pas de programme politique mais sera chargé de mettre en exécution le programme du Président pour lequel il a été élu en 2019, et ce, à travers un plan d’action. S’il n’y a pas une majorité de soutien au Président, mais une majorité parlementaire opposée à son programme et qui voudra appliquer son propre programme et pour lequel elle a été élue, le président de la République nommera nécessairement un chef de gouvernement qui va appliquer le programme de la majorité parlementaire opposée.

  11.  

    Par
     SALIM KOUDIL
     


    Les élections législatives qui se sont déroulées hier sont, sans aucun doute, le premier véritable test des urnes depuis le 22 février 2019. Un rendez-vous qui arrive près de deux ans et quatre mois plus tard. Certes, entre-temps, il y a eu l’élection présidentielle de décembre de la même année (2019) et le référendum du 1er novembre dernier, mais la conjoncture est bien différente.
    Reste à savoir si la «différence» va se «matérialiser» concrètement dès l’annonce des résultats. Il s’agit en premier lieu du primordial paramètre qu’est le taux de participation. Le 12 décembre 2019, il était aux environs de 40%. Onze mois et 12 jours après, le référendum enregistrait un taux de participation bien moindre. Il n’avait pas atteint les 24%.
    Evidemment, ces élections législatives seront très attendues pour d’autres aspects, aussi bien importants. Qui seront les nouveaux députés, les premiers de «l’Algérie nouvelle» ? Quels seront les partis politiques qui vont se «distinguer» à travers les urnes ? Et bien d’autres interrogations se sont imposées depuis la dissolution de l’ancienne législature.
    La nouvelle APN qui naîtra de ces élections est, quels que soient les résultats définitifs, d’avance inédite. La prédominance des listes d’indépendants suggère qu’ils seront probablement très nombreux au sein de l’Assemblée. Il est même probable qu’ils seront majoritaires.
    C’est la notion de «vote-sanction» qui va peut-être avoir une nouvelle forme cette fois. Après tout ce qui s’est passé depuis février 2019, les partis politiques de l’ex-«Alliance» vont probablement se retrouver (au moins) minoritaires. La disparition latente du FLN et du RND pourrait s’annoncer dès maintenant.
    Il y a également la place que prendra la mouvance islamiste dans l’Hémicycle qui suscite de nombreuses spéculations. Et comment oublier Jil Jadid et ce qu’il compte apporter comme plus-value à la prochaine assemblée ? Et qu’est-ce qui changera dans le gouvernement avec cette nouvelle configuration ? D’innombrables questions pour des réponses encore «floues». Ah oui, il reste aussi à évoquer les «forces» du boycott ! Mais cela est une autre histoire…

    reporters.dz

  12.  

    juin 13, 2021 - 8:27Rédaction 50 Commentaires
     
     
    Bengrina Coran
    Abdelkader Bengrina à sa sortie du bureau de vote, ce samedi. PPAgency

    Par Houari A. – Baccalauréat et diplôme universitaire de fait pour les apprenants du Coran et du hadith, le Paradis promis à tous les Algériens par la grâce des martyrs de la Guerre de libération nationale et viagra politique pour raidir les institutions. Voici, en gros, le programme que l’attardé mental islamiste Abdelkader Bengrina propose aux Algériens. Pour autant, ce samedi, jour de vote, les médias dans leur ensemble se sont rués vers l’ancien candidat à la présidentielle – le pays, déjà très mal en point, l’a échappé belle ! – pour faire entendre ses inepties à une opinion publique dégoûtée par le niveau au ras des pâquerettes qui caractérise la scène politique nationale.

     

    «Il y avait plus de journalistes autour de Bengrina que du président de la République lui-même», s’étonnent des observateurs qui justifient cette «anomalie» par l’intérêt que suscite ce tranche-montagne dont les promesses fanfaronnes rappellent celles de ses congénères du FIS au début des années 1990, à cette différence près que lui ne destine pas ses pourfendeurs à la géhenne. «Il y a comme une orientation délibérée, subtile, vers cet énergumène dont on voudrait faire une personnalité dans les mois et les années à venir», s’étonnent ces sources qui voient dans cette «action voulue» une «manœuvre visant à se servir des trois figures de l’islamisme post-FIS, à savoir Djaballah, Mokri et Bengrina, pour tenter d’absorber la frange conservatrice majoritaire au sein de la société algérienne».

    «Il n’y a pas d’autre explication», estiment ces sources, selon lesquelles «la cohabitation a déjà commencé». «Ce ne sont pas des paroles en l’air que le président Tebboune a lancées lors de son interview avec Le Point auquel il affirmait qu’il ne voyait aucun inconvénient à ce que les islamistes soient majoritaires au Parlement et s’emparent du gouvernement», relèvent ces observateurs qui ajoutent que le successeur de Bouteflika «a immédiatement fait suivre ce jugement par une autre interview à la très controversée chaîne de propagande qatarie Al-Jazeera». «C’est une main tendue aux Frères musulmans qui s’inscrit dans la logique de ses propos tenus quelques jours auparavant dans les colonnes de l’hebdomadaire français», expliquent-ils.

    «Des trois dirigeants islamistes, Abdelkader Bengrina se présente comme le plus malléable, le plus élastique, comparé au madré Abderrazak Mokri et au spartiate Abdallah Djaballah qui, malgré une esquisse de déradicalisation, demeure fidèle à sa perception intolérante de l’islam», font encore remarquer ces observateurs. «Le pays s’achemine vers une gouvernance islamiste captieuse, enrobée dans une sorte d’ouverture d’esprit telle qu’on l’observe dans les nigauderies du président d’Al-Bina qui s’essaye à un maladroit et inélégant décalquage du style de son ancien chef au Hamas, le défunt cheikh volubile Mahfoud Nahnah», craignent ces sources, convaincues que Bengrina «n’est, en définitive, que l’archétype d’une société qui s’est laissé entraîner la tête la première dans l’abîme, la médiocrité ambiante à tous les niveaux aidant».

    H. A.

  13.  

    Par Mohamed K. – Deux analystes français, dont on ne peut pas dire qu’ils «roulent» pour le régime en Algérie, ont admis les insuffisances du mouvement de contestation populaire qui, selon eux, n’aboutira pas pour des raisons objectives qu’ils ont énumérées. Luis Martinez, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI), a indiqué que «cela fait soixante ans qu’on a ce discours sur l’Algérie, que son régime va s’effondrer [alors qu’on] se trompe».

     

    «Le mouvement de contestation a peu de chance d’aboutir à une transition démocratique», a-t-il souligné sur la chaîne de télévision publique française TV5 Monde. Appelant le Hirak à «déradicaliser son programme politique», il estime que ce dernier «doit mesurer le fait qu’il est confronté non pas à un régime fragile, faible, qui va s’effondrer ou à un régime policier à la Ben Ali, mais à un Etat qui a une armée, une rente pétrolière et un dispositif sécuritaire et administratif conséquent».

    «Face à une telle adversité, a affirmé Luis Martinez, il est préférable de basculer dans une logique de long terme qui est celle, finalement, de la transformation du régime et non pas de son changement radical.» «Ce qui veut dire, a-t-il explicité, que tous les slogans qu’on a entendus depuis deux ans – système dégage ! Etat civil, pouvoir assassin, nouvelle indépendance, etc. – n’ont aucune portée politique, parce qu’ils visent juste, outre qu’ils ne sont pas un programme, à satisfaire des revendications, mais non pas à construire des propositions».

    «Or, basculer dans des propositions, c’est quand même dire : on prend le régime tel qu’il est, on sait qu’il n’est pas du tout comme on le souhaite, mais on s’investit dans ses institutions et on espère y parvenir sur le long terme», a renchéri ce responsable scientifique d’un projet européen sur l’extrémisme violent en Afrique du Nord et au Sahel. «Il y a des pays qui ont fait cela, on le voit, le Chili, le Brésil, la Turquie. Ces pays ont mis une trentaine d’années pour progressivement démanteler pacifiquement des régimes militaires, mais ils n’ont pas cherché à dire : on met tout le monde dehors et on fait peur à tout le monde, parce que cela provoque l’inverse», a-t-il dit.

    Slimane Zeghidour abonde dans le même sens, en soutenant que «l’absence de tradition et de culture démocratiques est l’un des problèmes du mouvement de contestation, notamment l’absence de concertation, le fait d’écouter, de considérer qu’un compatriote qui n’est pas d’accord avec vous est un adversaire mais pas un ennemi».

    «Dans cette crise du Hirak, a poursuivi l’éditorialiste d’origine algérienne de TV5 Monde, on a vu une double inaptitude : l’inaptitude de la classe dirigeante de saisir dans le Hirak une opportunité formidable d’avoir un grand pan jeune et instruit de la société pour entamer une entreprise de rénovation du système et l’inaptitude des manifestants de traduire leur révolte dans un programme, c’est-à-dire de désigner des représentants avec une feuille de doléances et d’aller voir le régime pour négocier avec lui.» «Pour divorcer, il faut d’abord s’asseoir et négocier», a-t-il conclu.

    M. K.

  14. ya pas eu de fraudes

    les absents ont toujours tort 

    pour une fois que le systeme voulait etre transparent  fr24 et ses invites depuis la nomination du nouveau chef de l etat   criaientt que la fraude avait deja commence avec la revision electorale ...

    et puis tu devrais etre heureux avec un parlement islamiste...vu comment tu defendais morsi le boulahya el demokhrate  d egypte

    ils vous en couper l herbe sous le pied 

    celui qui vole on lui coupe la main

    celui qui ment on lui coupe la langue

    un an et demi de hirak pour arriver a ce resultat

  15.  

    A défaut de vraies propositions de sortie de crise, c’est l’instrumentalisation politicienne à tout-va, où football et religion sont au premier rang de cette campagne électorale. Voilà Riyad Mahrez, la star de Manchester City, élevé à son insu au statut de «moudjahid pour la cause divine» par l’islamiste Abdelkader Bengrina. Alors que pour son alter ego Larbi Zitout — car au fond rien ne sépare les deux hommes au plan idéologique- l’international algérien est coupable de ne pas se solidariser avec les détenus hirakistes.  
    Or, c’était courageux de la part de Mahrez d’avoir brandi l’emblème palestinien à Manchester, pour saluer à sa manière le titre de champion d’Angleterre sous le regard de plusieurs millions de téléspectateurs. Aussi, sous toute réserve, son geste de solidarité avec les habitants Sheikh Jarrah (Jérusalem) n’est peut-être pas étranger au fait qu’il ne figure pas dans le onze-type de la Ligue des champions 2020-21, établi par l’UEFA, dont fait partie Israël qui compte beaucoup d’amis au sein des instances européennes de football. 
    Mais ce n’est pas tout. Lu dans El Watan : Tayeb Zitouni, SG du RND – à ne pas confondre avec son homonyme l’actuel ministre des Moudjahidine — affirme au cours d’un meeting électoral que Biskra est la «troisième ville sainte de l’Islam» ! Alors qu’aux yeux du croyant lambda, il n’existe que trois lieux saints : La Mecque, Médine et Jérusalem. Raison invoquée par le dirigeant du RND pour sacraliser Biskra : des compagnons du prophète seraient tombés devant la capitale des Ziban ! Problème, c’est qu’il existe de très, très nombreuses villes égyptiennes, irakiennes, syriennes, iraniennes, tunisiennes, turques et même d’Asie centrale, qui ont été conquises bien avant Biskra par les forces du calife Omar Ibn el Khatab, et qui n’ont pas pour autant été élevées au statut de villes saintes ! On notera toutefois que ni le ministère des Affaires religieuses, ni le Haut Conseil islamique (HCA) n’ont jugé utile de le faire savoir au dirigeant du RND. Un oubli ? 
    Face à cette instrumentalisation du religieux à des fins politiques dont usent et abusent la plupart les leaders de ces mêmes formations, le président de l’Anie n’y trouve rien à redire du moment où, explique-t-il, «le discours de haine, par exemple, n’est pas présent dans cette campagne». Il n’en reste pas moins que ces partis, qui vont puiser leur argumentaire dans le religieux, éprouvent beaucoup de peine à susciter l’intérêt des électeurs potentiels, toujours aussi peu nombreux à venir les écouter.  
    Et comment peut-il en être autrement quand, par exemple, la question des libertés politiques et démocratiques et de l’État de droit, voire même les questions sociales, sont devenues presque des sujets tabous. En effet, qui hormis Jil Jadid de Soufiane Djilali, évoque au sein de cette galaxie islamo-nationaliste l’État de droit ? Personne. Qui évoque cette économie informelle qui représente près d’un tiers du PIB (la richesse produite) algérien, qui échappe au contrôle de l’État et qui nourrit la corruption ?  Et que dire du silence observé par ces partis en matière de mesures préventives contre le risque d’une nouvelle explosion de la pandémie de Covid-19 ? Et ce, sans compter tous ces sujets qui importent le plus aux Algériens, à savoir le chômage, l’inflation et la baisse du pouvoir d’achat, l’éradication de la pauvreté, le logement et cette corruption endémique… 
    En fait – je mets de côté les listes indépendantes que je ne connais pas – la préoccupation majeure de ces formations islamo-nationalistes, qui ont servi sans état d’âme le pouvoir de Bouteflika au nom de la continuité, est qu’elles sont dans une logique d’accompagnement visant à garantir leurs places ou leurs quotas d’élus dans la future APN et, partant, de sauvegarder leurs appareils, et non dans cette logique de changement, sans vrai contenu, dont ils se revendiquent. D’où ce discours de diversion politico-religieux afin de ne pas aborder les questions d’actualité qui fâchent, même avec modération, en y mettant ne serait-ce que le ton et la forme. Petite éclaircie, la jeune journaliste Kenza Khattou a écopé de trois mois de prison avec sursis alors qu’elle avait été condamnée en premier appel à un an de prison ferme. Au moins elle est libre…  
    H. Z. 

    NB. : Cette chronique est dédiée à Zoubir Soussi, un grand monsieur, un journaliste engagé et courageux comme il l’a montré durant les années 1990, un homme chaleureux à l’humour communicatif et dont je garde de nombreux et précieux souvenirs.  
    À sa famille et ses proches, mes sincères condoléances. 

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