SOLAS
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CONTINUER A MARCHER LE VENDREDI CORONA HIRAK KHAWA KHAWA.
N EST CE PAS MISTER SHADOCK
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on m indique aussi sous la grande terrasse un egorgement
..........................et en meme temps des colonels chez japonais....
enjoy
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L ALGERIE NE SERA JAMAIS RECOLONISEE ..IL EST TEMPS DE PENSER EN PUISSANCE..ON NOUS INSTALLE UNE BASE EN LYBIE POUR NOUS RECONQUERIR
LA FRANCE ET LES ARABES PREPARENT UN EXERCICE GRANDEUR NATURE AVEC 15000 SOLDATS PRO ET 10000 MERCENAIRES NIGROBATATA...BOUTEF ET GAID ONT LAISSE L ALGERIE S INFESTEE DE MALIENS DE NIGERIENS DES CREVES LA DALLE..
LE GENERAL A REPRIS LE POUVOIR ET NOUS ALLONS PRENDRE 200KM DE LA LIBYE DU MALI ET DU NIGER
C UNE QUESTION DE VIE ET DE MORT
NOTRE PLAN SOUMIS AUX AMERICAINS ET AUX RUSSES
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BON NOS INTERETS C LE PETROLE ..
ET LA PRISE DU FEZZAN.......YA DU BOULOT
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Nour-Eddine Boukrouh
L’Histoire entre les morts et les vivants
En publiant samedi 19 juin un post sur ma page Facebook où je disais que j’étais choqué par les propos de Noreddine Aït Hamouda au sujet de l’Emir Abdelkader, j’ignorais qu’il allait être déféré devant la justice.Je tiens à dire que je serais autant choqué s’il était condamné car la justice ne doit pas interférer dans les débats intellectuels et politiques, même quand ils touchent à la religion et à l’histoire.Les éléments et arguments auxquels s’est référé Noreddine Aït Hamouda ne sont pas de son invention. Je les connais personnellement depuis ma jeunesse. Si l’Emir Abdelkader avait été un traître à son pays, il n’aurait pas joui du respect que lui témoignait le monde entier de son vivant, et continue un siècle et demi après sa mort. Nulle part les traîtres ne sont honorés.La personnalité de l’Emir Abdelkader transcende celle d’un chef militaire ou d’un grand résistant. Il avait 23 ans lorsqu’il prit la tête de la résistance algérienne à l’occupation française, et moins de 40 lorsqu’il signa le traité que n’a pas respecté la France.Sa vie allait connaître d’autres prolongements et s’affirmer dans d’autres domaines comme la création intellectuelle et l’humanisme passant par la paix entre les religions.On a vu il n’y a pas longtemps des franges de l’opinion publique de pays comme la France et les Etats-Unis réclamer le déboulonnage des statues de certains de leurs héros pour des motifs qui n’existaient pas à l’époque où ils vivaient, comme les manquements aux droits de l’homme. Cela équivaut à réviser des procès pour y introduire des chefs d’accusation inventés après « l’acquittement ».L’Algérie n’avancera qu’en prenant les chemins de la liberté de penser, d’écrire et de s’exprimer, avec la réserve que l’histoire ne se fait ni ne s’écrit sur les réseaux sociaux par des « mouches électroniques », mais par des universitaires spécialisés dans les académies et les bibliothèques. Noreddine Aït Hamouda s’est exprimé non comme un historien compétent, mais comme un « délateur » sur une chaîne TV connue pour son mercenariat.Demain il pourrait se retrouver moralement à la place des descendants de l’Emir si les familles des milliers de patriotes égorgés par son père, le colonel Amirouche Allah irahmou, qu’une manipulation des services secrets français lui avait fait passer pour des « traîtres », demandaient le réexamen de son statut historique.Nous avons assez à faire avec le présent pour aller chercher dans les cimetières des raisons supplémentaires de diviser notre pays. L’apparition de cette polémique est un écho favorable aux efforts du pouvoir pour acculer la Kabylie au séparatisme.
Nour-Eddine Boukrouh / 20 Juin 2021
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Hebib Khelil
Le Bengrinisme est né avant l'Algérianisme. L'idée existait avant l'homme. Avant que le pays ne devienne libre et que les marchands de tapis ne décident de brûler les meubles et d'étendre leurs friperies, à même le sol, pour en faire une grande zaouïa.
La modernité attendra d'autres prophètes. Le pays des hommes libres serait désormais celui de la prosternation. Il faut s'aplatir devant la volonté d'Allah et du Calife. Ou de ses caporaux. À chaque époque son commandeur des croyants. Il n'y a que le rictus qui change. Ils naissent tous un jour de fête populaire ou d'une partie de football. Arrivent sur le dos d'une chamelle ou sur le toit d'un char. Par El Moubayaa ou par un coup d'Etat. Cela importe peu, du moment que la moustache frétille devant d'insoupçonnables possibilités et d'improbables combinaisons célestes qui les enverraient, tambour battant, tutoyer les constellations mythiques d'Hercule et d'Orion et les glorieux tombeaux d'Al Alia. L'éternité et l'Histoire violées.Pourquoi les déclarations de Nouredine Ait Hamouda sur l'Emir Abdelkader font-elles polémique ? Pour plusieurs raisons. D'abord parce qu'elles touchent une figure fondamentale de l'Algérie officielle, ses kiosques de gandouras et ses discours puisés dans les cafés maures et l'épée assassine d'Oqba et des califes abbassides.Parce que "l'Algérie nouvelle" se construit sur les ruines de celle d'hier et sur les pyramides de ses pharaons, Abdelkader, Ben Bella et Boumediene. Toute la filiation se retrouve menacée dès que ce socle de mensonges tremble.Le système algérien a sa propre mythologie. Ses dieux, héros, traîtres, créatures et croyances. On ne joue pas aux archéologues dans un pays imaginaire à moins de s'appeler Alice. Et encore. Faut-il que ce pays soit d'abord merveilleux et c'est loin d'être le cas. On ne fouille pas le sable d'une cité interdite sans que scorpions et vipères n'agitent langues et dards. On ne profane les temples sous aucun prétexte, sous peine d'être foudroyé par Ramsès premier, ou second, Tebboune ou Chenegriha.Qu'est-ce qui dérange dans l'intervention de ce "fou" d'Ait Hamouda ? Qu'a-t-il révélé qu'on ne sache déjà ? Que l'Emir Abdelkader s'était rendu ? Qu'il avait demandé d'épargner les siens au détriment des habitants des autres régions du pays ? Qu'il avait demandé d'être exilé dans la terre de ses ancêtres, la Syrie ? Qu'il se réclamait d'une noble lignée prophétique et que les prophètes en Islam ne meurent pas pour les autres ? Qu'il ait juré fidélité à son grand ami Napoléon III ?Ait Hamouda oublie qu'il ne s'adresse pas à des esprits libres, mais à des croyants. Et la foi à l'armure aussi dure que la peau d'un chameau ailé imaginaire. Il doit pour la transpercer, non pas présenter des preuves matérielles, des archives, mais un "Coran" où serait écrit un récit officiel autre que celui enseigné depuis 60 ans. Il faut que ça vienne de Dieu lui-même, appuyé par le miracle de l'ascension sur pégase et d'une ribambelle d'apôtres pour convaincre les derniers récalcitrants.De même que dans cent ans, viendra un autre fou, qui voudra démystifier le récit officiel qui racontera que Tebboune était le fondateur de "l'Algérie nouvelle", que Bengrina était son héritier et Gaïd Salah son architecte.On voudra alors le circoncire de la langue ou le fusiller avec des pistolets lasers de fabrication russe. Et personne ne trouvera à redire, tellement la poussière aura enseveli des pans entiers de notre mémoire et que les têtes seront pareilles aux nôtres, c'est-à-dire, pleines de sachets de lait biodégradables, de gravats 3x8, de ciment Lafarge, logements LPP, dalles-de-sol et voitures sans conducteurs de moins de trois ans.On chantera probablement encore des louanges dans des écoles coraniques, mais sur des tapis volants fabriqués par des mécréants, toujours aussi capitalistes, qui veulent, surtout, nous garder prisonniers dans ce monde imaginaire et nous voir s'y enliser perpétuellement. C'est ce qu'il s'est toujours fait de mieux en termes de consommateurs.
Hebib Khelil / 20 Juin 2021
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Lahouari Addi
Honneur et gloire à l'Emir Abdelkader
Une polémique aussi stérile qu'indigne a été lancée par Noreddine Ait Hamouda récemment au sujet de l'Emir Abdelkader, et aussi de leaders nationalistes originaires de l'Oranie. De nombreuses voix ont compris que la finalité de cette entreprise était de monter l'Oranie contre la Kabylie qui, courageusement, continue le hirak chaque vendredi. L'opération a bien sûr échoué grâce à la vigilance des hirakistes qui ont vu que le principal bénéficiaire de cette opération est le régime qui essaye d'isoler la Kabylie. Mais venons à cette question de l'Emir Abdelkader que certains dénigrent, lui reprochant de ne pas avoir continué le combat jusqu'à la mort et d'avoir pactisé avec l'ennemi. L'Emir a combattu l'armée française pendant dix sept ans à l'issue desquels il a été battu militairement. Il a cessé le combat et, malgré des offres de postes et de titres de la part des autorités coloniales, il a préféré partir en exil en Syrie, souhaitant être enterré à côté de son maître spirituel Ibn 'Arabi. Il a été défait parce qu'il n'était pas arrivé à unir les tribus dans la résistance contre la France. Celles-ci se soulevaient quand elles le voulaient sans coordination centrale. L'échec de l'Emir est dû en partie à l'absence de la conscience nationale qui ne naîtra qu'au début du XXèm siècle. Il est dû aussi à l'avance économique, politique, scientifique et militaire de la France sur le Maghreb. C'est ce qu'a compris l'Emir qui a en effet déconseillé l'insurrection de 1871. Sans porter atteinte à la mémoire d'El-Mokrani et de Cheikh Haddad, nous pouvons dire que cette insurrection a été une erreur au vu des conséquences subies par la société. Cette insurrection a été la cause du plus grand désastre humanitaire de l'histoire de l'Algérie. Des dizaines de milliers de personnes tuées, des milliers de déportés à Cayenne, des centaines de milliers d'hectares confisqués. La société algérienne a été soumise à la famine comme le montre l'historien André Nouschi dans son livre "Enquête sur le niveau de vie des populations rurales constantinoises de la conquête à 1919" (PUF, 1961). Le rapport de force militaire entre la France et l'Algérie était tel que l'insurrection n'avait aucune chance de succès. C'est ce qu'avait perçu l'Emir Abdelkader. Les nationalistes apparus au début du XXèm siècle ont aussi compris que la lutte contre le colonialisme se situait sur un autre terrain. Une autre figure du nationalisme, elle aussi critiquée par certaines voix, avait choisi de mener la lutte sur le plan idéologique. C'est le Cheikh Ibn Badis qui a avait compris que l'Europe était trop en avance sur l'Algérie pour espérer une victoire militaire à la suite d'insurrections. Ibn Badis avait même revendiqué la citoyenneté française (jansiya siyassya) pour permettre aux Algériens de revendiquer leur identité (jansiyya qawmiya) à travers l'islam et la langue arabe. Il aurait pu ajouter la langue amazigh à laquelle il n'était pas opposé. Ni l'Emir, ni Ibn Badis n'ont été des traitres. Ce sont des personnalités de la conscience nationale naissante qu'il faut mettre dans leur contexte historique. En tout cas, ils avaient compris une chose que des dirigeants actuels n'ont pas saisi: le retard de l'Algérie sur l'Europe est d'abord intellectuel, ensuite économique et militaire. Si on ne prend pas conscience de la nature de ce retard, il n'y aura aucune chance de le rattrapper.
Lahouari Addi / 20 Juin 2021
Sujets connexes : #Noreddine_Ait_Hamouda / #Emir_Abdelkader / #Polémique / #Algérie / #Histoire_Algérienne
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Bachir Derrais : Beaucoup de documents qu'avait fourni Nordine Ait Hamouda dans l'émission de Hayat TV, existent dans ces livres, et comme les membres de la fondation de l'Emir Abdelkader sont installés un peu partout dans le monde.Pourquoi ils n'attaqueraient pas directement les maisons d'éditions en France, Grande Bretagne et qui continuent à les éditer et les vendre sur le net…Pourquoi ne pas attaquer la source ?Et les procès se transformeront en leçons d'histoire.En Algérie les juges ne conaissent rien de l'histoire, les juges vont appliquer les décisions populistes qu'on leur dicte d'appliquer. 20-06-2021
Sujets connexes : #Noreddine_Ait_Hamouda / #Emir_Abdelkader / #Polémique / #Algérie
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mir Abdelkader et le traité de la Tafna
Tafna “ Siga ” petite rivière du département d’Oran se jette dans la Méditerranée au golfe de Rachgoum par 3°40’ de longitude Ouest après un cours d’environ 50 km. Elle est renommée par le Traité de la Tafna conclu sur ses bords en 1837 entre le Général Bugeaud et l’Emir Abd-el-Kader et dont l’objet était de fixer les limites de l’Afrique française et des Etats concédés à l’Emir. Ce traité qui fut vivement blâmé fut rompu en 1839 par Abd el Kader lui-même.La capitulation d'Alger en juillet 1830, provoque un peu partout à l'intérieur du pays des soulèvements… Les Beni Ameurs ont alors pour chef Si Mahieddine qui est le père de l'Emir Abdelkader"… Celui ci est reconnu comme chef par les tribus Hachems de l'Ouest de Mascara, les Oulhaça à l'est de Honaine et les Beni Ameurs de Ain Temouchent. Il ralliera justement Ain Temouchent où il jouissait d'un puissant soutien. Il y rassemblera quelques 12 000 hommes qui, du 03 au 08 Mai 1831, attaque sans succès la garnison d'Oran tenue par les français… C'est là le déclenchement d'une lutte de 17 ans ou l'Emir alternera victoire et revers. Le 06 Juillet 1836, des accrochages ont eu lieu entre les troupes de l'Emir et les soldats français… Par mesure de représailles, le 10 Juillet 1836, le Général Bugeaud s'en prend à Ain Temouchent sans défense qu'il brûlera presque entièrement… Les Beni Ameurs répliquent en attaquant les environs de Ain Temouchent… C'est ce qui obligera, par ailleurs, l'occupation française à engager des pourparlers qui aboutiront le 30 Mai 1837 à la signature du "Traité de la Tafna".
Le traité qui suit a été convenu, entre le lieutenant-général Bugeaud et l'Emir Abd el Kader.
- Article 1: L'Emir Abd el Kader reconnaît la souveraineté de la France.- Article 2: La France se réserve, dans la province d'Oran, Mostaganem, Mazagran, et leurs territoires, Oran Arzew, et un territoire, limité comme suit : A l'Est par la rivière Macta, et les marais dont elle sort ; au Sud, par une ligne partant des marrais précités, passant par les rives sud du lac, et se prolongeant jusqu'à l'oued Maleh dans la direction de Sidi Saïd ; et de cette rivière jusqu'à la mer, appartiendra aux Français. Dans la province d'Alger, Alger, le sahel, la plaine de la Metidja - limité à l'Est par l'oued Khuddra, en aval ; au Sud par la crête de la première chaîne du petit Atlas, jusqu'à la Chiffa jusq'au saillant de Mazafran, et de là par une ligne directe jusqu'à la mer, y compris Coleah et son territoire - seront français.- Article 3: L'Emir aura l'administration de la province d'Oran, de celle du Tittery, et de cette partie de la province d'Alger qui n'est pas comprise, à l'Est, à l'intérieur des limites indiquées par l'article 2. Il ne pourra pénétrer dans aucune autre partie de la régence.- Article 4: L'Emir n'aura aucune autorité sur les Musulmans qui désirent résider sur le territoire réservé à la France ; mais ceux-ci seront libres d'aller résider sur le territoire sous l'administration de l'Emir ; de la même façon, les habitants vivant sous l'administration de l'Emir pourront s'établir sur le territoire français.- Article 5: Les Arabes habitant sur le territoire français jouiront du libre exercice de leur religion. Ils pourront construire des mosquées, et accomplir leurs devoirs religieux en tous points, sous l'autorité de leurs chefs spirituels.- Article 6: L'Emir livrera à l'armée française 30.000 mesures de blés, 30.000 mesures d'orge et 5.000 bœufs.- Article 7: L'Emir aura la faculté d'acheter en France, la poudre, le souffre, et les armes qu'il demandera.- Article 8: Les kolouglis désirant rester à Tlemcen , ou ailleurs, y auront la libre possession de leurs propriétés, et seront traités comme des citoyens. Ceux qui désirent se retirer dans le territoire français, pourront vendre ou louer librement leurs propriétés.- Article 9: La France cède à l'Emir, Rachgoun, Tlemcen, sa citadelle, et tous les canons qui s'y trouvaient primitivement. L'Emir s'engage à convoyer jusqu'à Oran tous les bagages, aussi bien que les munitions de guerre, appartenant à la garnison de Tlemcen.- Article 10: Le commerce sera libre entre les Arabes et les Français. Ils pourront réciproquement aller s'établir sur chacun de leurs territoires.- Article 11: Les Français seront respectés parmi les Arabes, comme les Arabes parmi les Français. Les fermes et les propriétés que les français ont acquises, ou pourront acquérir, sur le territoire Arabe, leur seront garanties : ils en jouiront librement, et l'Emir s'engage à les indemniser pour tous les dommages que les Arabes pourront leur causer.- Article 12: Les criminels, sur les deux territoires, seront réciproquement livrés.- Article 13: L'Emir s'engage à ne remettre aucun point de la côte à aucune puissance étrangère, quelle qu'elle soit, sans l'autorisation de la France.- Article 14: Le commerce de la Régence ne passera que par les ports français- Article 15: La France maintiendra des agents auprès de l'Emir, et dans les villes sous sa juridiction, pour servir d'intermédiaires aux sujets français, dans tous les différends commerciaux qu'ils pourront avoir avec les Arabes. L'Emir aura le même privilège dans les villes et ports français.La Tafna, le 30 mai 1837, Le Lieutenant-Général commandant à Oran (Le sceau de l'Emir sous le texte arabe, Le sceau du général Bugeaud sous le texte français).
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Sujets connexes : #Emir_Abdelkader / #Le_traité_de_la_tafna / #L_histoire_d_Algérie / #Algérie_Française / #Noreddine_Ait_Hamouda / #Polémique
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Tafna “ Siga ” petite rivière du département d’Oran se jette dans la Méditerranée au golfe de Rachgoum par 3°40’ de longitude Ouest après un cours d’environ 50 km. Elle est renommée par le Traité de la Tafna conclu sur ses bords en 1837 entre le Général Bugeaud et l’Emir Abd-el-Kader et dont l’objet était de fixer les limites de l’Afrique française et des Etats concédés à l’Emir. Ce traité qui fut vivement blâmé fut rompu en 1839 par Abd el Kader lui-même.La capitulation d'Alger en juillet 1830, provoque un peu partout à l'intérieur du pays des soulèvements… Les Beni Ameurs ont alors pour chef Si Mahieddine qui est le père de l'Emir Abdelkader"… Celui ci est reconnu comme chef par les tribus Hachems de l'Ouest de Mascara, les Oulhaça à l'est de Honaine et les Beni Ameurs de Ain Temouchent. Il ralliera justement Ain Temouchent où il jouissait d'un puissant soutien. Il y rassemblera quelques 12 000 hommes qui, du 03 au 08 Mai 1831, attaque sans succès la garnison d'Oran tenue par les français… C'est là le déclenchement d'une lutte de 17 ans ou l'Emir alternera victoire et revers. Le 06 Juillet 1836, des accrochages ont eu lieu entre les troupes de l'Emir et les soldats français… Par mesure de représailles, le 10 Juillet 1836, le Général Bugeaud s'en prend à Ain Temouchent sans défense qu'il brûlera presque entièrement… Les Beni Ameurs répliquent en attaquant les environs de Ain Temouchent… C'est ce qui obligera, par ailleurs, l'occupation française à engager des pourparlers qui aboutiront le 30 Mai 1837 à la signature du "Traité de la Tafna".
Le traité qui suit a été convenu, entre le lieutenant-général Bugeaud et l'Emir Abd el Kader.
- Article 1: L'Emir Abd el Kader reconnaît la souveraineté de la France.- Article 2: La France se réserve, dans la province d'Oran, Mostaganem, Mazagran, et leurs territoires, Oran Arzew, et un territoire, limité comme suit : A l'Est par la rivière Macta, et les marais dont elle sort ; au Sud, par une ligne partant des marrais précités, passant par les rives sud du lac, et se prolongeant jusqu'à l'oued Maleh dans la direction de Sidi Saïd ; et de cette rivière jusqu'à la mer, appartiendra aux Français. Dans la province d'Alger, Alger, le sahel, la plaine de la Metidja - limité à l'Est par l'oued Khuddra, en aval ; au Sud par la crête de la première chaîne du petit Atlas, jusqu'à la Chiffa jusq'au saillant de Mazafran, et de là par une ligne directe jusqu'à la mer, y compris Coleah et son territoire - seront français.- Article 3: L'Emir aura l'administration de la province d'Oran, de celle du Tittery, et de cette partie de la province d'Alger qui n'est pas comprise, à l'Est, à l'intérieur des limites indiquées par l'article 2. Il ne pourra pénétrer dans aucune autre partie de la régence.- Article 4: L'Emir n'aura aucune autorité sur les Musulmans qui désirent résider sur le territoire réservé à la France ; mais ceux-ci seront libres d'aller résider sur le territoire sous l'administration de l'Emir ; de la même façon, les habitants vivant sous l'administration de l'Emir pourront s'établir sur le territoire français.- Article 5: Les Arabes habitant sur le territoire français jouiront du libre exercice de leur religion. Ils pourront construire des mosquées, et accomplir leurs devoirs religieux en tous points, sous l'autorité de leurs chefs spirituels.- Article 6: L'Emir livrera à l'armée française 30.000 mesures de blés, 30.000 mesures d'orge et 5.000 bœufs.- Article 7: L'Emir aura la faculté d'acheter en France, la poudre, le souffre, et les armes qu'il demandera.- Article 8: Les kolouglis désirant rester à Tlemcen , ou ailleurs, y auront la libre possession de leurs propriétés, et seront traités comme des citoyens. Ceux qui désirent se retirer dans le territoire français, pourront vendre ou louer librement leurs propriétés.- Article 9: La France cède à l'Emir, Rachgoun, Tlemcen, sa citadelle, et tous les canons qui s'y trouvaient primitivement. L'Emir s'engage à convoyer jusqu'à Oran tous les bagages, aussi bien que les munitions de guerre, appartenant à la garnison de Tlemcen.- Article 10: Le commerce sera libre entre les Arabes et les Français. Ils pourront réciproquement aller s'établir sur chacun de leurs territoires.- Article 11: Les Français seront respectés parmi les Arabes, comme les Arabes parmi les Français. Les fermes et les propriétés que les français ont acquises, ou pourront acquérir, sur le territoire Arabe, leur seront garanties : ils en jouiront librement, et l'Emir s'engage à les indemniser pour tous les dommages que les Arabes pourront leur causer.- Article 12: Les criminels, sur les deux territoires, seront réciproquement livrés.- Article 13: L'Emir s'engage à ne remettre aucun point de la côte à aucune puissance étrangère, quelle qu'elle soit, sans l'autorisation de la France.- Article 14: Le commerce de la Régence ne passera que par les ports français- Article 15: La France maintiendra des agents auprès de l'Emir, et dans les villes sous sa juridiction, pour servir d'intermédiaires aux sujets français, dans tous les différends commerciaux qu'ils pourront avoir avec les Arabes. L'Emir aura le même privilège dans les villes et ports français.La Tafna, le 30 mai 1837, Le Lieutenant-Général commandant à Oran (Le sceau de l'Emir sous le texte arabe, Le sceau du général Bugeaud sous le texte français).
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SUIS D ACCORD SAUF SUR CE QU IL A DIT SUR BOUMEDIENE
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Cela s’est passé un 18 Juin 1845, les enfumades de la tribu des Ouled Riah
Par admin18 juin 2014Dans la région du Dahra (région montagneuse du nord de l’Algérie : Atlas Tellien), on peut encore voir aujourd’hui d’immenses grottes pouvant contenir des centaines de personnes. Elles servaient de refuge aux tribus des environs et une espèce de code d’honneur établi, faisait qu’elles y étaient en totale sécurité. Ainsi, aucun conquérant ne viola ce code, jusqu’à la conquête de l’Afrique du nord par les français, dont l’armée d’occupation appliqua de nouvelles méthodes : les enfumades.Il faut savoir qu’entre 1844 et 1845, trois tribus subiront ce sort, sous les ordres de trois colonels français, Cavaignac, Pélissier, Saint-Arnaud.
Le 18 juin 1845, reste une sinistre et mémorable date dans notre histoire. Une tribu entière, réfugiée dans la grotte dite Ghar El Frachich est enfumée sous les ordres du colonel Pelissier. Elle sera entièrement décimée. Le nombre des victimes est encore sujet à discussion et oscille entre 500 et 1200 âmes.
Pour mieux connaitre cette tragédie, nous vous livrons le rapport détaillé du premier responsable de cette enfumade, le colonel Pélissier, ainsi que deux témoignages d’officiers présents.
Rapport du colonel Pélissier à Bugeaud, fait le 22 juin 1945
« Je suis venu, ainsi que j’avais eu l’honneur de vous le faire connaître par ma lettre du 16 juin, n°5, placer mon camp à Oued-bel-Amria, chez les Ouled-Rhia. Aussitôt que j’eus mis le pied dans leur pays, dont les hauteurs au loin se couronnaient de fusils, j’ai fait une halte pendant laquelle tous les vergers et les habitations qui se trouvaient à portée furent abattus ou détruits et fouillés au loin par le maghzen. Je continuai ma marche et, le camp établi, la même opération allait être reprise, lorsque les Ouled-Rhia de la rive droite envoyèrent pour dire qu’ils désiraient se soumettre. Vainement, ils avaient tenté d’amener ceux de la rive gauche à ce but ; ils se séparaient d’eux et demandaient un aman particulier. Il leur fut donné, et le cavalier qui le leur portait leur faisait connaître le chiffre de leur impôt en chevaux et fusils.
Pendant cette négociation, les vergers de la rive gauche étaient jetés par terre, les dacheras incendiés, et l’on détruisait de fond en comble deux habitations, la propriété de Bel-Amria, l’un des principaux adhérents du chérif. La fin du jour approcha, et la djemmaa de ceux de la rive droite s’était séparée sans solution précise, éprouvant un grand éloignement à remettre les fusils.
Mon parti était pris et je résolus de marcher, dès le lendemain 18, au point du jour, sur le Ksar-el-Frachich, cette retraite regardée dans tout le pays comme inexpugnable et qu’ils ont surnommée Djezaïr-el-Dahra. Je maintins d’autant plus volontiers cette résolution que ces brutes avaient pensé à nous attaquer de nuit. Mes avant-postes étaient poussés aussi loin que vous l’avez toujours prescrit ; des embuscades étaient placées dans les abatis des vergers. Néanmoins, vers 9 heures un quart, quelques Kabyles parvinrent en rampant et à la faveur du terrain, horriblement découpé, à s’approcher à longue portée du camp. Les ravins nombreux n’ont pas permis aux embuscades de les tourner avec assez de rapidité mais un détachement de chasseurs d’Orléans, guidé par le capitaine Morand, que j’envoyai à eux, les eut bientôt fait déguerpir et la nuit se passa fort paisiblement. Au point du jour, j’étais en marche avec un bataillon du 6e léger et celui du 36e de ligne sans sacs, la cavalerie, le maghzen, une pièce et des cacolets. Je laissai au colonel Renault le commandement du camp dont je ne m’éloignais guère que de six kilomètres et je m’avançai vers les grottes. Tout fuyait à mon approche ; la direction prise par une partie de la population indiquait suffisamment l’emplacement des grottes où me guidait El-Hadj-El-Kaïn. Je fus m’établir sur un plateau incliné qui les domine toutes et qui, traversé souterrainement par un affluent torrentueux de l’oued Frachich, forme les grottes dans un énorme gisement de plâtre qui a reçu des Arabes le nom d’El-Kantara. Je m’y plaçai parfaitement à l’abri d’une attaque soudaine et, tout en réprimant les inutiles fantasias du maghzen, je me mis en devoir de reconnaître les différentes entrées de ces grottes. Le capitaine Raoult fit résolument, mais avec toute précaution, reconnaître l’entrée principale, qui se trouve en amont du torrent ; le capitaine du génie Morard de Brévan fut à celles placées en aval ; le capitaine de Valdan se rendait compte de l’ensemble et je m’emparai de tout le système au moyen d’embuscades de la compagnie de carabiniers du 6e léger que j’avais à l’avant-garde et des carabiniers du 3e d’Orléans que j’avais pris avec moi. La cavalerie fut disposée à couvert, de manière à courir sur des fuyards s’il s’en présentait. L’obusier fut mis en batterie et à couvert, en face de la principale entrée. Malgré toutes ces précautions, dès les premiers instants, cinq hommes furent blessés : un sergent d’Orléans, d’une balle à l’oeil gauche, un sergent, un caporal et un carabinier du 6e léger, plus ou moins grièvement, et un servant de l’obusier, d’une balle à l’épaule. Aux abords de la grotte et cachés dans les arbres qui en couvrent l’entrée, se trouvaient plusieurs Kabyles ; pour les forcer à la retraite et compléter le système d’embuscade, je fis envoyer quelques obus qui refoulèrent les plus audacieux dans la caverne. Je les fis sommer de se rendre mais il ne fut fait d’autre réponse que quelques coups de fusil auxquels il était répondu sans danger. Quelques cavaliers du maghzen mirent pied à terre pour se rapprocher du ravin et renouveler la sommation ; l’un d’eux fut renversé raide d’une balle et ôta toute envie aux autres de renouveler une tentative. Dès lors, je n’eus plus qu’à suivre la marche que vous m’aviez indiquée ; je fis faire une masse de fagots et, après beaucoup d’efforts, un foyer fut allumé et entretenu à l’entrée supérieure ; le feu dura toute la journée. J’envoyai chercher la plus forte partie de mon camp et je l’établis dans une excellente position, de manière à rester maître absolu dé toutes les issues. Je leur laissai la nuit pour réfléchir ou pour tenter de se sauver, bien certain que j’étais, à la faveur de la lune et de toutes mes embuscades, de n’en laisser échapper aucun. La nuit fut tranquille. Un Arabe qui était sorti avec une guerba pour atteindre la réserve par une issue qu’un fourré de thuyas nous avait dérobée jusque-là, fut blessé et parvint à se traîner dans les broussailles et à rejoindre ceux des siens à qui les grottes, attendu notre subite arrivée, n’avaient pu servir de retraite. Le cheik des Zerrifa apprit, par cette circonstance, que les réfugiés manquaient d’eau et qu’ils étaient disposés à écouter les paroles qu’on pourrait leur porter. Il en prévint le khalifa qui m’en donna avis immédiatement. J’étais occupé à faire pratiquer au haut des rochers de plâtre des plates-formes qui devaient nous permettre de jeter toutes nos fascines à coup sûr. De nombreuses corvées étaient occupées à rassembler les fascines et la paille ou à abattre tous les arbres qui dominaient les entrées des grottes en aval, dont une seule, celle qui avait été découverte la nuit même, communiquait avec la grotte supérieure, mais qui toutes renfermaient du monde. Je fis suspendre immédiatement les travaux, sauf toutefois la confection des fascines. Je fis approcher aussitôt et avec précaution les chaouchs du khalifa qui firent un appel auquel il ne fut répondu qu’après une grande hésitation et de longs pourparlers.Enfin, un négociateur sortit de la caverne. Il demanda l’aman et la promesse de ne point être conduit prisonnier, lui ou ses frères, à Mostaganem. Ces deux engagements furent pris, à la condition qu’ils seraient tous désarmés, et l’aman par écrit leur fut peu de temps après envoyé par le khalifa. Une fois l’aman entre leurs mains, il y eut entre eux et sous nos yeux une sorte de djemmaa (conseil) dont j’attendis patiemment l’issue. De ce moment recommença une longue série d’hésitations à travers laquelle perçait une grande terreur de la tour des Cigognes ; toutes les protestations possibles leur furent faites à cet égard, et à chaque appel il arrivait toujours un nouveau négociateur, exposant toujours la même crainte et souvent en termes assez vifs, accusant ceux de Mostaganem de leur avoir manqué de foi. Je cherchai à les rassurer sur vos intentions dont je n’étais que l’expression, et je crus les avoir ébranlés. Plusieurs fois ils firent quelques pas pour sortir du ravin ; puis tout à coup la colonne s’arrêtait. Cet effort de longanimité ne dura pas moins de trois heures. Je fis approcher l’intrépide goert des négociateurs pour leur répéter en termes concis, les assurances qui leur avaient été vingt fois données. Ils allaient enfin sortir, lorsque l’un d’eux s’écria qu’il fallait que le camp français se retirât et qu’alors ils abandonneraient la caverne. Cette condition était inadmissible. Mon interprète retourna auprès d’eux et leur répéta textuellement ces paroles :
« Aucun homme, aucune femme, aucun enfant ne sera conduit prisonnier à Mostaganem ; lorsque la caverne sera totalement évacuée et que j’en aurai acquis la conviction, vous serez libres de vous retirer dans vos habitations respectives ; je vous le répète depuis bientôt trois heures vous avez votre aman. Je vous laisse un quart d’heure pour y réfléchir, après quoi il ne me restera plus qu’à vous contraindre de sortir et j’y suis déterminé par tous les moyens qui sont en mon pouvoir. Je vous répète encore un quart d’heure, et ce travail qui se faisait ce matin au-dessus de vos têtes recommencera, alors il sera trop tard et e vous seuls l’aurez voulu. »Ils ne répondirent que par une invitation de retraite de notre part.
« Je persiste, leur repartis-je ; ainsi réfléchissez-y ; le quart d’heure a commencé. »
Au milieu du délai fatal, je leur répétai la même exhortation en leur faisant remarquer que les minutes s’écoulaient avec rapidité. Même observation. Même exigence. Alors je me retirai, j’invitai les curieux, qui circonviennent toujours en pareille circonstance, à s’éloigner, et prescrivis au capitaine Raoult de rappeler les corvées qui, depuis près de trois heures, avaient rejoint leurs bataillons respectifs. A peine étais-je défilé qu’un coup partit de la grotte et atteignit un carabinier des chasseurs d’Orléans que la curiosité avait fait se découvrir. Il était alors plus de 10 heures. A une heure tout était paré pour le travail et je ne voulus point recommencer à les enfumer sans une sommation nouvelle. Je leur envoyai par l’entrée inférieure, dont l’accès était moins compromettant, l’un des trois premiers négociateurs qui, ainsi que son frère, avait abandonné la caverne malgré l’obstination des autres. Il resta cinq quarts d’heure avec eux et ne put obtenir la moindre concession ; j’étais aux limites de la longanimité. A 3 heures, l’incendie commença sur tous les points, et jusqu’à une heure avant le jour, le feu fut entretenu tant bien que mal, afin de pouvoir bien saisir ceux qui pourraient tenter de se soustraire par la fuite à la soumission. Comme une sortie désespérée pouvait s’effectuer par l’entrée principale, j’avais, au moyen de caisses à biscuit remplies de terre, placé un obusier en batterie à cinquante mètres de cette issue. Le feu faisant tomber d’assez larges éclats de plâtre sur ce point, et autant pour aider à cette destruction que pour causer dans la caverne un effroi salutaire, je fis envoyer quelques obus qui firent du mal et dont les éclats détruisirent surtout le bétail accumulé à l’entrée. J’ordonnai une interruption mais ils ne répondirent que par des cris, fondés sur l’espoir qu’ils avaient de se préserver bien longtemps encore. Malheureusement, il en fut autrement pour eux. Il finit par s’établir, au moyen de la caverne inférieure, un tirage qui les eût tous asphyxiés, si je n’avais, longtemps avant le jour, fait suspendre le jet des fascines. Comme l’on avait entendu dans la caverne quelques explosions assez distinctes, j’avais lieu de supposer que l’anarchie se déclarait entre eux et je profitai de cette circonstance pour presser l’envoi d’un émissaire qui revint avec quelques hommes haletants qui nous firent mesurer l’étendue du mal qui avait été fait.
J’envoyai aussitôt, pour faire sortir ceux qui existaient encore et qui n’avaient nulle envie de se défendre et, après de grands efforts, nous parvînmes à extraire une cinquantaine de personnes dont quelques-unes succombèrent à l’ambulance. L’état de l’atmosphère dans la caverne me força de suspendre ce travail. Dans la journée, quelques-uns sortirent encore et, chose étrange, plusieurs de ces Kabyles eurent la cruauté de faire feu sur des femmes qui sortaient d’elles-mêmes. Heureusement, ils ne les blessèrent pas. La journée se passa ainsi avec quelques sorties individuelles. Le lendemain, au point du jour, l’air s’étant rasséréné, j’y envoyai les sapeurs et l’artillerie avec leurs officiers et des outils pour sauver ce qu’il serait possible de ressaisir encore et ramasser toutes les armes. Nous parvînmes de la sorte à recueillir, dans les deux journées, cent dix individus, parmi lesquels neuf ont expiré à l’ambulance. Les autres ont été renvoyés chez eux mais plus de cinq cents ont trouvé la mort dans les recoins et les divers compartiments de la caverne, dont l’aspect est horrible. Ce sont de ces opérations, monsieur le maréchal, que l’on entreprend quand on y est forcé, mais que l’on prie Dieu de n’avoir à recommencer jamais. C’est une leçon terrible que leur obstination leur a attirée, obstination qui se fondait sur le peu de dommage causé par la chauffée du premier jour et dont le feu de la petite issue les a bien cruellement désillusionnés. Le feu a été tel sur ce point qu’il s’est communiqué à des bagages amoncelés, que de lourds fragments de plâtre se sont détachés de la voûte et, en tombant sur les armes, donnèrent lieu aux explosions que nous avons entendues et que nous avions prises pour un symptôme de division intestine.
Un grand nombre d’armes ont été brûlées ou démolies. Il a été ramassé soixante fusils entiers, une douzaine de sabres, quelques pistolets et de vieilles baïonnettes françaises affûtées en lance.
Depuis hier, les survivants ont toute liberté pour retirer les effets épargnés par le feu et pour enlever les cadavres de leurs frères. Personne qu’eux ne pénètre dans la caverne dont l’accès est interdit aux soldats de la colonne. Elle a été parcourue en détail par le capitaine de Valdan et les officiers du génie. Une attaque de vive force eût été une folie ; deux cents hommes y pénétrant tête baissée y eussent succombé avant de faire un grand mal à l’ennemi et ce n’est qu’en passant sur leurs cadavres qu’on eût pu franchir plusieurs trous profonds et aborder le reste. Il faut de la lumière pour parcourir ce souterrain, et ce n’est qu’à l’aide des lanternes de l’ambulance et de celles des officiers mises en réquisition que nous avons pu tendre la main à tous ces malheureux. Par un hasard providentiel, les plus obstinés dans le parti du chérif ont succombé. J’ai sous la main la femme, la fille et le fils de Ben-Nekah des Beni Zéroual, qui était dans cette contrée le khalifa de Bou Maza. Ce sont les seuls prisonniers que j’aie retenus. La déplorable leçon reçue par les Ouled-Rhia a un grand retentissement dans le pays. Aussi les Béni Zeltis, les Tazgaït apportent leurs fusils en masse et amènent leurs chevaux. Les Mediouna et les Achacha s’exécutent pour les chevaux et rassemblent les fusils ; les Ouled-Khelouf s’occupent de la même opération et seront bientôt ici. Si, par impossible, ils se faisaient attendre, dès que j’aurai tout recueilli, j’irai à eux. »Témoignage d’un officier espagnol attaché à l’état-major, correspondant du journal l’Héraldo (lettre retranscrite l’année même dans l’ouvrage Histoire pittoresque de l’Afrique française)
Le 17 juin, sur la rive gauche de l’un des ruisseaux qui vont se jeter dans la mer, nommé d’abord Roudjérah, et plus loin, Bel-Amria, quelques Kabyles s’avancèrent en tirailleurs, et ne cessèrent pas leur feu, même lorsqu’un de nos bataillons se dirigea de ce côté pour couper les figuiers et autres arbres fruitiers, et pour brûler quelques maisons. Je partis avec ce bataillon, et m’avançai, avec plusieurs officiers, quinze cavaliers du goum et autant de fantassins, pour reconnaître des grottes où l’on savait qu’une grande portion de la tribu des Oulad-Rhia et quelques chefs de la conspiration avaient l’intention de s’enfermer et de se défendre. Arrivés à un quart de lieue de ces grottes, nous vîmes 50 à 60 Kabyles qui se mirent à courir, sans doute pour se cacher dans l’intérieur de ces cavernes. Quelques-uns d’entre eux se détachèrent vers nous, et firent feu d’une distance énorme ; ce qui fut cause néanmoins que les cavaliers du goum nous abandonnèrent peu à peu. Au moyen de nos guides, on fit appeler l’un des Kabyles et on lui dit que s’ils ne se soumettaient pas, ils seraient brûlés par les Français, qui avaient 56 mules chargées de matières combustibles. L’Arabe répondit, sans se troubler, qu’ils étaient résolus à se défendre.
Le 18, nous partîmes de bonne heure avec deux bataillons et demi, une pièce d’artillerie de montagne, la cavalerie et le corps du goum, pour assiéger la fameuse grotte ou caverne que nous avions reconnue la veille, située sur les bords du ruisseau Frechih, et nommée Ghar-el-Frechih (grotte du Frecheh). Après avoir posé des chasseurs devant les ouvertures, placées du côté le plus accessible du Kantan, les troupes commencèrent à couper du bois et à ramasser de la paille pour allumer le feu à l’entrée de l’ouest et obliger ainsi les Arabes à se rendre, attendu que tout autre genre d’attaque eût été très sanglant et presque impossible. A dix heures du matin, on commença à jeter des fagots du haut du contre-fort ElKantara ; mais le feu ne se déclara qu’à midi, à cause de l’obstacle qu’opposait à la flamme, à ce que l’on croyait, un grand amas d’eau que l’on supposait exister à l’entrée; mais bien plus vraisemblablement à cause de la mauvaise direction que l’on avait donnée aux matières combustibles.
Pendant la soirée, les tirailleurs s’approchèrent davantage, et serrèrent de près les ouvertures de la grotte ; néanmoins un des Arabes parvint à se sauver du côté de l’est, et sept autres gagnèrent les bords du ruisseau, où ils firent provision d’eau dans des outres. Vers une heure, on commença à jeter, à l’ouverture de l’orient, des fagots qui, cette fois, prirent feu devant les deux ouvertures de l’autre côté, et par une circonstance singulière, le vent poussait aussi les flammes et la fumée dans l’intérieur, sans qu’il en partit presque rien au dehors, de sorte que les soldats pouvaient pousser les fagots dans les ouvertures de la caverne comme dans un four.On ne saurait décrire la violence du feu. La flamme s’élevait au haut du Kantara, élevé de 60 varas environ (la vara a un mètre de longueur), et de l’une à l’autre, d’épaisses colonnes de fumée tourbillonnaient devant l’entrée de la caverne. On continua à attiser le feu toute la nuit, et on ne cessa qu’au point du jour. Mais alors le problème était résolu. On n’entendait plus aucun bruit ; à minuit seulement, quelques détonations avaient retenti dans l’intérieur de la grotte, ce qui avait fait penser qu’on s’y battait.
A quatre heures et demie, je m’acheminai vers la grotte, avec deux officiers du génie, un officier d’artillerie et un détachement de 50 à 60 hommes de ces deux corps. A l’entrée se trouvaient des animaux morts, déjà en putréfaction, et enveloppés de couvertures de laine qui brûlaient encore. On arrivait à la porte par une traînée de cendre et de poussière d’un pied de haut, et de là nous pénétrâmes dans une grande cavité de trente pas environ. Rien ne pourrait donner une idée de l’horrible spectacle que présentait la caverne. Tous les cadavres étaient nus, dans des positions qui indiquaient les convulsions qu’ils avaient dû éprouver avant d’expirer, et le sang leur sortait par la bouche ; mais ce qui causait le plus d’horreur, c’était de voir des enfants à la mamelle gisant au milieu des débris de moutons, de sacs de fèves, etc. On voyait aussi des vases de terre qui avaient contenu de l’eau, des caisses, des papiers, et un grand nombre d’effets. Malgré tous les efforts des officiers, on ne put empêcher les soldats de s’emparer de tous ces objets, de chercher les bijoux, et d’emporter les burnous tout sanglants. J’ai acheté un collier pris sur un des cadavres, et je le garderai, ainsi que les deux yatagans que le colonel nous a envoyés comme un souvenir de ces effroyables scènes.Personne n’a pu savoir ce qui s’est passé dans la grotte, et si les Arabes, étouffés par la fumée, se sont résignés à la mort avec ce stoïcisme dont ils se font gloire, ou bien si ce sont leurs chefs et leurs fanatiques marabouts qui se sont opposés à leur sortie. Quoi qu’il en soit, ce drame est affreux, et jamais à Sagonte ou à Numance plus de courage barbare n’a été déployé.
Le nombre des cadavres s’élevait de 800 à 1000. Le colonel ne voulut pas croire à notre rapport, et il envoya d’autres soldats pour compter les morts. On en sortit de la grotte 600 environ sans compter tous ceux qui étaient entassés les uns sur les autres, et les enfants à la mamelle, presque tous cachés dans les vêtements de leurs mères. Le colonel témoignait toute l’horreur qu’il éprouvait d’un si horrible résultat ; il redoutait principalement les attaques des journaux, qui ne manqueraient pas, sans doute, de critiquer un acte si déplorable, quoique inévitable, à mon avis.
Ce qu’il y a de certain, c’est que l’on a obtenu ainsi que tout le pays se soumette ; de tous côtés, il nous arrive des fusils et des parlementaires ; le prestige superstitieux qui s’attachait aux grottes est détruit pour toujours dans ce pays. Ce prestige était immense ; jamais les Turcs n’avaient osé les attaquer, et ces idées étaient justifiées ici par le fanatisme religieux et par d’anciennes prophéties qui faisaient croire que ces cavernes étaient imprenables. Il n’y a eu d’autres prisonniers que la femme et le fils d’un kalifat, qui s’est échappé, et quelques Arabes dont l’état exige des soins.
Le 23 au soir, nous avons porté notre camp à une demi-lieue plus loin, chassés par l’infection, et nous avons abandonné la place aux corbeaux et aux vautours qui volaient depuis plusieurs jours autour de la grotte, et que, de notre nouveau campement, nous voyions emporter des débris humains.
Le 27 juin, nous sommes arrivés à Mambu-Sicli-Tik-Nigliel, à une demi-lieue de la mer. Le 4 ou le 5, nous devons être rendus à Orléansville, et le 10 ou le 12 à Alger. »Témoignage d’un sous-officier du 36e de ligne, dont l’écrit fut communiqué au Journal de Saint-Étienne.
« Les Ouled-Riah n’ont jamais fait leur soumission, et comme ils sont entourés de tribus soumises depuis le printemps de 1843, on n’y avait prêté qu’une médiocre attention, d’autant plus que, depuis cette époque, les besoins de la guerre ont toujours eu des exigences plus sérieuses. C’est cependant de là qu’est partie la dernière insurrection, et ce fait prouve qu’on ne peut, sans danger, laisser en Afrique une contrée, si petite qu’elle soit, habitée par des Arabes insoumis. Les Ouled-Riah, souvent poursuivis dans les derniers troubles, l’ont été, le 18 juin dernier, si vigoureusement par M. le colonel Pélissier, qu’ils ont pris la fuite et se sont retirés pêle-mêle dans les grottes impénétrables qu’ils possèdent, ainsi que toutes les tribus des environs, et qui sont situées près de l’Oued-Gracher, sur les bords de ce ruisseau. Le colonel Pélissier a cerné les grottes et est entré avec eux en négociation. Pour les amener à capituler, cet officier supérieur a parlementé près de quatre heures sans aucun succès ; ils motivaient leur refus obstiné sur la crainte d’être envoyés a Mostaganem comme otages.
Ici commence un récit que je croirais fabuleux si je n’avais été spectateur de la scène que je vais retracer:
Deux heures après notre départ du camp, nous arrivâmes devant celle grotte ; on fit descendre une compagnie de grenadiers par le chemin creux qui y conduit; mais à peine eurent-ils fait quelques pas, qu’une décharge les obligea de rétrograder. La position était inabordable ; on ne pouvait entrer qu’homme à homme, et notre corps aurait été entièrement détruit si l’on eut fait cette tentative. Fiers de leurs retranchements, devant lesquels les Turcs ont toujours échoué, n’ayant jamais été soumis à la domination française, les Arabes refusèrent de se rendre ; alors le colonel donna ordre de couper du bois et de faire des fagots, qu’avec beaucoup de peine on parvint à faire descendre vis-à-vis de l’entrée des trois grottes ; ces fagots, mêlés de paille, étaient retirés par les Arabes aussitôt qu’ils étaient descendus, malgré l’embuscade et les coups tirés par les hommes embusqués. Enfin plusieurs ayant été tués, et l’entrée étant encombrée, ils durent renoncer à cette opération. On fit tomber des gerbes de l’eu, on alluma l’immense amas de bois. La journée du 18 fut employée à alimenter cette fournaise.
Alors on entendit dans l’intérieur un tumulte effroyable formé de cris, de gémissements et de coups de fusil. On sut plus tard qu’on délibérait sur le parti à prendre, et que les uns demandaient à se soumettre, tandis que les autres refusaient. On ignorait encore que les plus violents l’avoient emporté ; on suspendit le feu des fascines et l’on recommença les pourparlers.Le 19, à neuf heures du malin, un Arabe sortit à travers les flammes : il venait offrir sa soumission. On l’envoya prévenir ses malheureux compatriotes qu’ils devaient suivre le même exemple. Les Arabes offraient de payer 75 000 fr., mais à condition que l’armée se retirerait, que nous ne pénétrerions pas dans l’intérieur des trois grottes, et qu’ils conserveraient leurs armes. Ces conditions ayant été refusées, ils rentrèrent dans les grottes, leur fusillade recommença sur nous et sur ceux qui tentaient de s’échapper, et de notre côté l’ordre fut donné de continuer les corvées de bois : trois heures furent laissées aux reclus pour réfléchir encore.
Enfin, le 19 après midi, le feu se ralluma et fut alimenté toute la nuit. Quelle plume saurait rendre ce tableau ! Voir, au milieu de la nuit, à la faveur de la lune, un corps de troupes occupé à entretenir un feu infernal, entendre les sourds gémissements des hommes, des enfants et des animaux, le craquement des rochers calcinés s’écroulant et les continuelles détonations des armes. Dans celle nuit, il y eut une terrible lutte d’hommes et d’animaux !
Le matin, quand on chercha à dégager l’entrée des cavernes, un horrible spectacle frappa les yeux des assaillants.
J’ai visité les trois grottes ; voici ce que j’ai vu : A l’entrée gisaient des bœufs, des ânes, des moutons ; leur instinct les avait conduits à l’ouverture des grottes pour respirer l’air qui manquait à l’intérieur ; parmi ces animaux, et entassés sous eux, se trouvaient des femmes et des enfants. J’ai vu un homme mort, le genou à terre, la main sur la corne d’un bœuf ; devant lui était une femme tenant un enfant dans ses bras. Cet homme, il était facile de le reconnaître, avait été asphyxié, ainsi que la femme, l’enfant et le bœuf, au moment où l’Arabe cherchait à préserver sa famille de la fureur de cet animal.
Les grottes sont immenses ; on a compté hier 760 cadavres ; une soixante d’individus seulement sont sortis aux trois quarts morts, quarante n’ont pu survivre, dix sont à l’ambulance dangereusement malades, les dix autres ont élé renvoyés dans leurs tribus; ils n’ont plus qu’à pleurer sur des ruines !
Aujourd’hui 23, nous sommes encore devant ce grottes qu’on ne peut envisager sans frémir : des exhalaisons pestilentielles se font Sentir. A dix heures nous levons le camp. A peine la nouvelle de ce terrible dénouement fut-elle connue, que tout le Dahra s’est soumis ; de tous côtés, les Arabes viennent se soumettre et déposer les armes ; notre camp est encombré de fusils ; aussi va-t-on distribuer à la troupe pour six jours de vivres, afin de pouvoir disposer des mulets pour le transport des armes.
Il faut être, comme nous, sur le théâtre des événements pour reconnaître tous les efforts que l’on a tentés pour prévenir la catastrophe et comprendre l’importance qu’il y avait à réduire ces gens-là, dans l’intérêt de la tranquillité générale ; mais les grottes des Ouled-Riah garderont une lugubre renommée. »le 11 juillet suivant, le Journal des Débats publiait un article tiré du journal algérien, L’Akhbar :
« Il vient d’arriver dans le Dahra un de ces événements qui contristent profondément ceux qui en ont été témoins, même lorsqu’ils en ont compris l’affreuse nécessité et qu’ils ont le droit de proclamer que rien n’a été négligé de tout ce qui pouvait prévenir une catastrophe. Le colonel Pélissier s’occupait à poursuivre les Ouled-Riah, tribu qui n’a jamais été soumise, parce que les pays qu’ils habitent renferment d’immenses cavernes, véritable labyrinthe où ce serait le comble de la folie d’essayer d’engager des troupes assaillantes. Les Ouled-Riah, se voyant serrés de trop prés, coururent à leur refuge habituel. Ceci arriva le 18 juin dans la matinée.
Après avoir cerné les grottes, on fabriqua quelques fascines que l’on enflamma et que l’on jeta ensuite devant l’entrée des grottes. Après cette démonstration faite pour montrer à ces gens qu’on pouvait tous les asphyxier dans leurs cavernes, le colonel leur fit jeter des lettres où on leur offrait la vie et la liberté s’ils consentaient à rendre leurs armes et leurs chevaux. Ils refusèrent d’abord, puis ensuite ils répondirent qu’ils feraient ce qu’on leur demandait si l’armée française était préalablement éloignée. On ne voulut pas de cette condition inadmissible. On recommença à jeter des fascines enflammées ; alors un grand tumulte s’éleva dans ces grottes : on sut plus tard qu’on y délibérait sur le parti à prendre, et que les uns demandaient à se soumettre, tandis que les autres s’y refusaient avec opiniâtreté. Ces derniers l’emportèrent; cependant quelques-uns des dissidents s’échappaient de temps à autre. Le colonel Pélissier, voulant sauver ce qui restait dans les grottes, leur envoya des Arabes pour les exhorter à se rendre; les Ouled-Riah refusèrent de le faire. Quelques femmes, qui ne partageaient pas le fanatisme sauvage de ces malheureux, essayèrent de s’enfuir ; mais leurs parents et leurs maris tirent eux-mêmes feu sur elles pour les empêcher de se soustraire au martyre qu’ils avaient résolu de souffrir.
Une dernière fois M. le colonel Pélissier fit suspendre le jet des fagots pour envoyer dans les cavernes au parlementaire français : celui-ci, accueilli par une fusillade, dut se retirer sans avoir rempli sa mission. Ces différentes phases de la catastrophe avaient duré jusque dans la nuit du 19 juin. Alors, à bout de patience et n’espérant pas pouvoir réduire autrement des fanatiques dont l’insoumission orgueilleuse était une instigation permanente à la révolte, et qui étaient le noyau perpétuel des insurrections du Dahra, on rendit au feu toute son intensité : pendant longtemps les cris des malheureux que la fumée allait étouffer retentirent douloureusement à nos oreilles; puis on n’entendit plus rien que le pétillement des bois verts qui formaient les fascines. Ce silence funèbre en disait assez. On entra : cinq cents cadavres étaient étendus ça et la dans les cavernes. On envoya visiter les grottes et sauver ceux qui respiraient encore ; on ne put en retirer que cent cinquante, dont une partie mourut à l’ambulance. Il faut être comme nous sur le théâtre des évènements pour connaître tous les efforts que l’on a tentés pour prévenir la catastrophe, et comprendre la nécessité qu’il y avait de réduire ces gens-là, dans l’intérêt de la tranquillité générale. La nouvelle de cette terrible issue de la lutte était à peine connue, que tout le Dahra s’est soumis, apportant des armes en très grande quantité»Réactions
Cette tragédie a eu un retentissement inattendu. On ne pouvait rester indifférent au massacre d’hommes, de femmes, de vieillards, de d’enfants et même d’animaux. On ne pouvait fermer les yeux face à de tels procédés barbares. Même si certains y sont arrivés…
Le jour même de la sortie de l’article dans le Journal des Débats, le prince de la Moskowa, le fils du maréchal Ney, s’exprimait à la Chambre des Pairs :
« Messieurs, un journal qui se publie en Algérie, l’Akhbar, contient le récit d’un fait inouï, sans exemple, et heureusement sans précédent dans notre histoire militaire. Un colonel français se serait rendu coupable d’un acte de cruauté inexplicable, inqualifiable, à l’égard de malheureux Arabes prisonniers. Je viens demander au Gouvernement de s’expliquer sur ce fait. Je le réclame et comme officier de l’armée et comme Pair de France.
[…]
Remarquez, Messieurs, qu’il n’est pas question ici de razzias, mais d’un acte déplorable, d’un meurtre consommé avec préméditation sur un ennemi vaincu, sur un ennemi sans défense. Si le fait auquel je fais allusion n’est point exact, je demande au Gouvernement de le démentir ; si, ce qu’à Dieu ne plaise ! il était vrai, je demande à M. le Président du conseil quelle est la conduite que le Gouvernement se propose de tenir en pareille circonstance. Je vous le demande, Messieurs, est-ce par de pareils moyens que nous pouvons espérer de consolider notre position en Afrique ? Je le répète, il nous faut à cet égard une explication. »Ney poursuivit par la lecture de l’article évoqué plus haut.
Soult intervint alors :
« Les rapports qui sont parvenus au Ministère de la guerre m’ont paru tellement contradictoires, que j’ai dû m’empresser de demander de nouveaux renseignements. Ceux que le Journal des Débats renferme, et qui viennent d’être lus à la tribune, ne m’étaient pas connus autrement que par la publication que plusieurs journaux en ont faite. J’attends les renseignements qui ont été demandés pour pouvoir donner plus de détails à la Chambre.
Mais, pour le fait en lui-même, le Gouvernement le désapprouve hautement.
Je répète que le Gouvernement le désapprouve hautement; et il a déjà écrit dans ce sens au Gouverneur général de l’Algérie, en lui demandant de plus amples éclaircissements, afin d’apprécier les suites à y donner. »Le comte de Montalembert prit la parole :
« Un mot seulement. J’avoue que, quant à mon impression personnelle, et je demande pardon à la Chambre de l’exprimer devant elle, le mot de désapprouver, dont vient de se servir M. le Maréchal, est trop faible pour un attentat pareil. Il faut le répudier avec horreur, pour l’honneur de la France. Je vous conjure, Messieurs, de réfléchir à l’effet qu’une pareille nouvelle va produire en Angleterre, hors de France, et je vous demande si, dans la seule Chambre qui est encore en séance, il ne doit pas y avoir un sentiment unanime d’horreur contre un attentat pareil.A quoi, le ministre de la Guerre répondit en guise de conclusion :
« Si l’expression de désapprobation que j’ai employée au sujet du fait dont il est question est insuffisante, j’ajoute que je le déplore. »La rédaction Babzman
Sources :
- journal l’Héraldo (lettre retranscrite l’année même dans l’ouvrage Histoire pittoresque de l’Afrique française)
- Journal de Saint-Étienne.
- Illustration : photographie de restes humains, retrouvés dans la grotte de Nekmaria
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Afrique du Sud: La troisième vague de Covid-19 est plus grave que les deux précédentes
ShareLa troisième vague de la pandémie de la Covid-19 qui frappe actuellement l’Afrique du Sud s’annonce plus grave que les deux précédentes, a averti jeudi l’Association des médecins sud-africains (Sama). « Alors que les nouveaux cas connaissent une hausse alarmante depuis plusieurs jours, il s’avère que les mesures de confinement de niveau 3 mises en place par le gouvernement pour faire face à cette recrudescence sont arrivées bien trop tard », a déclaré la présidente de Sama, Angelique Coetzee. Elle a souligné également que « les citoyens continuent à se comporter comme si tout allait bien, mais en réalité la situation est grave. Nous sommes au milieu d’une troisième vague de la pandémie qui s’annonce être pire que les deux précédentes ». Revenant sur les mesures nécessaires pour réduire la propagation du virus, Mme Coetzee a mis l’accent sur la nécessité de fermer immédiatement les écoles, notant que cette décision a été écartée par le Département de l’éducation nationale. Mardi, le Président Cyril Ramaphosa a annoncé un renforcement des restrictions afin de lutter contre la forte hausse des cas positifs, notant que le pays a une « montagne à gravir » alors que les contaminations quotidiennes ont doublé au cours des deux dernières semaines. L’Afrique du Sud, pays officiellement le plus touché du continent par la pandémie, a retiré dimanche dernier deux millions de vaccins Johnson & Johnson, en raison d' »un problème de non conformité » lors de sa fabrication aux Etats-Unis. A la traîne dans la course à la vaccination, l’Afrique du Sud devait commencer à immuniser sa population de 59 millions au début du mois de février, avec un million de vaccins britanniques de l’alliance AstraZeneca/Oxford. Ce premier lot avait été réceptionné début février en grande pompe, en présence du Président Ramaphosa. Mais quelques jours plus tard, une étude révélant une efficacité « limitée » du vaccin d’AstraZeneca contre le variant sud-africain baptisé 501Y.V2, avait contraint le gouvernement à suspendre sa campagne de vaccination. L’Afrique du Sud a enregistré jusqu’à présent 1,79 millions de cas positifs de coronavirus, dont 58.400 décès.
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https://www.eloratings.net/Europe_fixtures
t as les predictions des matchs a venir
voir winning expectancy
portugal 56%
france 84%
italie 83%







Covid-19: Crise d’oxygène à Sétif, Blida et Oran
in Actualité algérienne
Posted
SAHIT
OUI MAIS QUE LA SEMAINE DERNIERE ET MAINTENANT C EST TROP TARD ..LE VIRUS C PROPAGE A VITESSE GRAND V
JE SUIS RESTE 3 SEMAINES AU BLED ILS PARTENT TOUS LA PLUPART DES MARCHEURS DU VENDREDI ET DANS LEURS INCONSCIENCES ILS ONT EMPORTE PARENTS ET ENFANTS...
GOULNA HIRAK GORONA KHAWA KHAWAA
DOUK TATNAHAW GAA POUR DE VRAI...LOL