SOLAS
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Par Houari A. – Des Algériens ont lancé une pétition contre «toute démarche qui menace la pérennité et la stabilité de l’Algérie». Le texte, qui a déjà recueilli un grand nombre de signatures, relève que «les agressions incessantes contre notre Etat national, ses institutions, ses symboles, son intégrité territoriale se multiplient et sont incessamment alimentées de l’intérieur comme de l’extérieur». La pétition, à laquelle a adhéré Djamila Boupacha, ancienne combattante de la Guerre de libération nationale et ancienne condamnée à mort, et qui en est la première signataire, note que «l’information est prise en otage par les propagandistes internationalistes et autres groupes d’intérêt aux intentions perfides».
«Nos ennemis d’hier et d’aujourd’hui n’ont pas abandonné leur projet de plonger notre pays dans le chaos. Ils ont réussi à le faire dans des pays voisins au nom d’une démocratie fallacieuse cachant leurs véritables desseins de les asservir», alertent les signataires, qui rappellent que l’Algérie «a toujours résisté et refuse toute forme de contraintes qui réduirait ou compromettrait tout ou partie de sa souveraineté». «Bien que vaincu, poursuivent-ils, le terrorisme est toujours menaçant et les frontières du territoire national font l’objet d’une pression de tous les instants, si ce n’est la vigilance de notre Armée nationale et populaire».
Les auteurs de la pétition affirment refuser le scénario dont ont été victimes la Syrie ou la Libye «au profit des ambitions démesurées de ceux qui voudraient utiliser le peuple comme marchepied pour se placer aux commandes de l’Etat algérien», et se disent «conscients des dangers qui pèsent» sur l’Algérie, sur sa souveraineté, sa paix et «des conséquences de toute tentative d’ingérence étrangère» dans les affaires internes du pays, «qui n’ont pour unique objectif que la déstabilisation» de l’Etat.
Les signataires de la pétition lancent un appel «solennel à tous les compatriotes pour serrer les rangs» et à s’unir au-delà des tendances politiques, des différences sociales et de toutes les divergences, tout en soulignant qu’ils sont «conscients que les problèmes existent, que les injustices et les inégalités perdurent, que les privations et les manques défavorisent bien des couches et que notre jeunesse est en droit d’attendre une réelle prise en charge». «Nous voulons tous un Etat de droit et de justice, expliquent-ils, un Etat qui garantit à tous l’accession à une citoyenneté pleine et entière», en rejetant «les ruptures brutales, les provocations, les appels à des forces étrangères et par le rejet systématique de toute solution qui viendrait à travers des propositions clairement formulées et des programmes qui répondent aux besoins de notre peuple, et par l’organisation de scrutins impartiaux qui lui permettront d’exprimer librement sa volonté et d’élire ses représentants».
Pour les auteurs de l’appel, «la situation du pays interdit à tout un chacun de faire des calculs et de camper sur ses intérêts particuliers au détriment de l’intérêt général». Dénonçant une «déconstruction massive par un régime politique machiavélique, despotique, corrompu et destructeur qui l’a fragilisé», ils notent que «la reconstruction du pays s’avère ardue» et que «les réformes exigent du temps et de la patience».
«L’unité nationale et les valeurs du pays doivent être défendues par tous et nous appelons tous les Algériens à se rassembler autour de l’Etat national, de son unité et sa souveraineté», concluent-ils.
H. A.
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L’ancien député Tahar Missoum a été placé sous mandat de dépôt par le tribunal de Tlemcen, indique le quotidien arabophone El-Khabar. L’élu de Médéa, connu sous le sobriquet de «spécifique» en raison de ses interventions excentriques au Parlement où il recourait à ce terme de façon redondante, est accusé d’«atteinte à la personne du chef de l’Etat» et d’«incitation à attroupement non armé».
Ce dernier s’est distingué, ces dernières semaines, par ses interventions sur les réseaux sociaux à travers lesquelles il diffusait de fausses informations sur certains anciens responsables politiques actuellement en prison, parmi lesquels notamment l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia dont il a allégué qu’il aurait été libéré et qu’il se trouverait à Oran, après avoir «passé un deal avec le pouvoir», et Saïd Bouteflika, le frère cadet du président déchu, qui aurait été «remis en liberté sur injonction du général Nezzar» (sic !).
Des affirmations mensongères qui participent de la même campagne de déstabilisation menée par le mouvement islamiste Rachad à partir de l’étranger, et un agitateur réfugié depuis quelque temps au Maroc et qui risque fort de subir le même sort que le fondateur du GIA, Abdelhak Layada, croient savoir des sources informées.
N. D.
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Contribution de Mohsen Abdelmoumen – L’Algérie traverse une période très dangereuse à tous points de vue, principalement au niveau sécuritaire avec des opérations douteuses fomentées par des entités bien organisées, manœuvrant pour un agenda impérialiste et sioniste. Ce scénario nous rappelle le Venezuela où les forces réactionnaires à la solde de l’impérialisme américain ont voulu introniser un président non élu. Ce complot a échoué grâce à la mobilisation du peuple vénézuélien qui est resté fidèle au chavisme.
En Algérie, les différents groupes subversifs qui servent l’agenda impérialiste poursuivent leur œuvre destructrice visant à démanteler l’Etat algérien et son Armée. Les oligarques et les makistes, alliés aux résidus du FIS déguisés en Rachad, ces derniers soutenus par la gauche et l’extrême-gauche – le surréalisme à l’algérienne ! – en panne d’analyse lucide et qui, décidément, se trompent d’époque, accentuent leur travail de sape méthodique pendant que les regards se perdent ailleurs. Seule l’armée se rend compte du danger et a alerté le peuple algérien via la revue El-Djeich dans son édition du mois de mai en parlant de «complots» de la part «de traîtres incités et soutenus par des parties étrangères» et déclarant que le peuple algérien et son Armée constitueront un mur «infranchissable» contre toutes les tentatives visant l’unité du pays, sa sécurité et sa stabilité. Cet éditorial très important intervient dans un moment crucial en évoquant l’existence de forces occultes qui veulent déstabiliser l’Algérie par tous les moyens. Nous n’avons pas cessé d’attirer l’attention sur les actions subversives des groupes comme Rachad, le MAK, les oligarques, ainsi que certains partis politiques alliés de ces groupes réactionnaires, tous unis pour détruire l’Algérie.
L’Algérie des martyrs de Novembre est plus que jamais menacée de disparition si un sursaut patriotique ne se produit pas dans les plus brefs délais. Il est urgent d’effectuer une reprise en main de la situation, en frappant à la Poutine si nécessaire et, surtout, de neutraliser définitivement ces forces obscures qui veulent faire tomber l’Algérie sous un prétexte fallacieux, celui d’installer une «démocratie» importée et fabriquée dans les laboratoires de la DGSE et de la CIA. Le danger est imminent, les acteurs sont en place et le scénario est bien ficelé.
La récente action des soi-disant pompiers voulant marcher sur la Présidence est très dangereuse et nous renseigne sur le degré de gravité de la situation car, après les pompiers et les faux pompiers (qui est derrière cette opération ? suivez mon regard…), nous risquons d’assister à d’autres plans plus périlleux encore, le but des traîtres visant toujours le démantèlement de notre Armée qui est le seul rempart face à l’offensive impérialiste contre notre pays. Le jeu est très clair et l’on remarque un bond qualitatif dans la subversion. Comment se fait-il que depuis le début du mois de Ramadhan et à la veille des élections législatives, les prix des légumes et des fruits flambent, des pénuries sont organisées, des grèves sont enclenchées ? L’heure est très grave et l’Algérie est à la croisée des chemins. Tous ces mouvements ne sont pas spontanés, tout est bien rodé et réglé comme une horloge, le timing est parfait pour frapper l’Algérie et sa colonne vertébrale, l’Armée nationale populaire. Le programme est préparé d’avance et a fait ses preuves au Venezuela où l’impérialisme a voulu destituer Nicolas Maduro, le président démocratiquement élu par son peuple, et installer à sa place Juan Guaido, la marionnette de l’impérialisme américain.
Le rôle de certaines ambassades dans cette action de déstabilisation est flagrant. On voit, par exemple, les pantins de l’impérialisme et du sionisme posant pour des selfies avec l’ambassadeur de France. Et qu’on ne vienne pas nous dire que c’est un pur hasard et que nous sommes complotistes. Le rôle de l’ambassade de France ainsi que celles d’autres pays est incontestable et les forces antinationales qui servent l’agenda de l’empire sont démasquées au grand jour. La France ne guérira jamais de la perte de l’Algérie, et on le constate régulièrement par ses manœuvres perfides. Pour convaincre les sceptiques, ce 21 avril dernier, un groupe de généraux français ont provoqué un séisme politique avec une lettre à Macron, le choix de la date nous rappelant le fameux coup d’Etat contre de Gaulle en 1961. Pourquoi les relais médiatiques de la France en Algérie n’en ont-ils pas parlé ? Nom d’une pipe, pourquoi restez-vous silencieux quand il s’agit de «Fafa» ? La trahison est malheureusement partout dans notre cher pays.
La France qui agonise quotidiennement veut impérativement déstabiliser l’Algérie pour des raisons plus qu’évidentes, à savoir l’accaparement de nos richesses tout en se vengeant d’une défaite humiliante suite à une révolution qui les a fait sortir de l’Histoire et qui a entraîné la décolonisation de toute l’Afrique. La France restera toujours un ennemi avec, bien sûr, le Makhzen marocain larbin, qui accueille tous les félons et toutes les forces réactionnaires qui opèrent à partir du Maroc comme à l’époque où celui-ci servait de base arrière aux terroristes qui ont massacré des centaines de milliers d’Algériens. Aujourd’hui, le Maroc joue le rôle de la Colombie face au Venezuela, abritant tous les ennemis de l’Algérie et soutenant tous les groupes hostiles à l’Algérie et à l’Armée algérienne.
Dans les mouvements houleux qui se produisent chaque jour, rien n’est spontané ou le fruit du hasard, ni les grèves, ni les pénuries, ni ce pseudo-mouvement populaire qui s’appelle le Hirak et qui est devenu un réel danger pour le pays, car il regroupe toutes les crapules et autres traîtres de la nation qui ont bouffé à tous les râteliers et qui se prennent pour des révolutionnaires, les révolutionnaires du vendredi saint. Ce Hirak, qui nous a tant enthousiasmés au début, est devenu une vraie calamité et symbolise la misère politique car il est incapable d’offrir une alternative. Il n’a pas pu participer à la construction d’une nouvelle configuration politique. Au contraire, il se limite à des manifestations rituelles, vides de sens et qui n’ont qu’un seul but : installer le chaos. Dans l’Algérie de 2021, des mercenaires à la solde de l’impérialisme scandent des slogans surréalistes comme «Moukhabarate irhabia» (services de renseignement terroristes). Montrez-nous dans quels pays on peut scander des slogans contre les services de renseignement ! «Madania machi askaria» (Etat civil et pas militaire). Dans quels pays au monde peut-on s’en prendre impunément à l’armée ? Essayez donc en France, au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, et même au Maroc ! C’est hallucinant. Mais tout le monde s’en accommode. Et, bien sûr, les pétitions contre l’Algérie continuent à pleuvoir, des pseudo-opposants qui se sont empiffrés grâce à l’argent du peuple algérien font leur cinéma et d’autres «militants», tels Sisyphe, poursuivent leurs égarements, évoluant dans une sphère régressive qui les a menés droit dans les bras de tous les traîtres, oligarques, séparatistes du MAK, rachadistes du néo-FIS.
Le danger est imminent, et à la veille d’une élection législative que ces forces occultes veulent faire capoter, l’échec du mouvement populaire est symbolisé par cette majorité silencieuse qui assiste à tous ces périls comme on regarde un match de foot, cette majorité silencieuse qui ne veut pas se mobiliser pour sauvegarder un pays pour lequel des millions de martyrs se sont sacrifiés. Elle ne se sent pas concernée par son propre destin. Quelle tristesse ! C’est une tragédie algérienne. L’abstentionnisme de cette majorité silencieuse qui renoue avec le «chacun pour sa poire» coûtera cher à notre pays. Pourtant, on a vu que ces groupes subversifs disposent de logistique et même d’armes. Ils n’attendent que le moment pour passer à l’action armée. Chacun sait que les terroristes de Rachad ou du MAK ne se transformeront jamais en mouvement pacifique. On connaît leur stratégie ainsi que tous leurs plans.
Comment faire pour mobiliser le peuple face à ces groupes de mercenaires et de traîtres ? C’est une question très importante. Malheureusement, l’enjeu de la sauvegarde de l’Algérie ne semble pas intéresser grand monde. Or, toutes les forces réactionnaires à la solde de l’impérialisme recrutent. La stabilité de l’Algérie est vitale, et ces groupes de renégats poussent vers une confrontation entre l’Armée et le peuple. Ils commencent à attaquer la police et le DG de la police nationale qui sont des cibles de choix pour ces scélérats. C’est dans ce contexte qu’ils ont créé ce scénario catastrophique des pompiers, un de plus dans leur programme quotidien pour arriver à leurs fins, tous les moyens étant bons pour brûler l’Algérie.
L’équation est compliquée et les enjeux sont tellement énormes que l’Algérie, face à toute cette hostilité, risque le pire. Il faut impérativement contrer le projet de démantèlement de notre patrie et de notre Armée, et je rends un hommage vibrant à nos soldats, les dignes fils du peuple, qui sécurisent les milliers de kilomètres de nos frontières par tous les temps. Je rends hommage aussi à ces braves soldats qui combattent le terrorisme dans les maquis où certains trouvent la mort. Ils nous protègent, montrons-leur notre reconnaissance en les protégeant à notre tour.
Il faut sonner la mobilisation générale, tout le monde doit s’impliquer car les impérialistes et les sionistes redoublent de férocité. Prenons exemple sur le Venezuela où les patriotes ont mis en place des comités de vigilance. Là-bas, c’est le peuple et l’armée, ensemble, qui ont contré le plan impérialiste. Nous devons impérativement sauvegarder la souveraineté de notre pays et épauler notre Armée contre cette offensive terrible des néocolonialistes et impérialistes de tous bords, car aujourd’hui les alliances contre nature de forces occultes risquent d’être fatales. Le reste, c’est du bla-bla de salonnards. L’Algérie a besoin d’actions et non pas de parlottes vides de sens. Il faut une stratégie de résistance qui impliquera le peuple dans un projet national, consensuel et qui sera la continuité de l’œuvre des novembristes face à l’agenda des courants révisionnistes et autres charlatans de la politique. L’Algérie doit résister à tous les assauts impérialistes, et elle ne peut compter que sur ses fils authentiques.
La génération qui a chassé le colonialisme nous a légué un pays en se sacrifiant. C’est le sang de nos martyrs qui a fondé l’Algérie. Notre génération à nous doit absolument réussir sa mission de sauvegarder ces acquis majeurs. Notre devoir est de défendre la souveraineté de notre pays contre toute tentative de démantèlement. Il s’agit d’une mission patriotique.
M. A.
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le viol des foules par la propagande
livre de chevet de mon oncle et d un certain boussou....
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(Mise à jour)Ce jeune homme s'appelle Brahim Yahiaoui.Il a un garage de mécanique à Aïn-Beïda, le quartier où j'ai grandi à Aïn-Defla.C'est aussi un activiste du hirak. Il a été interpellé dimanche soir à Aïn-Defla, selon des informations qui circulent dans ce quartier. Il aurait été emmené à Oran, où il avait l'habitude de manifester depuis la reprise des marches.Un autre activiste, Khelifi, son compagnon, serait recherché.Sur le plan médiatique, Aïn-Delfa est une zone d'ombreMise à jour:je viens d'apprendre que M. Khelifi a été à son tour interpellé. Il a été emmené à l'hôpital pour une visite médicale, selon une source à l'hôpital de Aïn-Defla
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Comme il n'a pas pu confectionner des listes en Kabylie, Mokri, le patron de la confrérie des entrepreneurs, s'en prend au MAK et rejoint la meute des chiens enragés, lâchés ces derniers temps par leurs mentors pour insulter et invectiver des militants politiques qui n'ont fait que défendre leurs opinions.Selon cet islamiste-maison qui a mangé à tous les râteliers et qui avait soutenu la tenue du cinquième mandat de Bouteflika, le MAK serait une organisation séparatiste, terroriste, conspirationniste, relais de la France. Rien que ça,!Nous allons répondre à ce clown par des arguments en béton pour démentir ses allégations.Le MAK, organisation terroriste, dit-il. Je le défie de nous citer une seule personne assassinée par le MAK. Il ne trouvera pas. Par contre, nous pouvons citer des milliers d'innocents assassinés par l'organisation des frères musulmans dont il se réclame.Le MAK, organisation séparatiste. Faux. Le MAK n'a jamais été une organisation séparatiste. Ferhat Mhenni, son président, l'a bien nié lors de sa dernière allocution.Le MAK, une organisation conspirationniste. Faux. Le MAK n'a jamais conspiré contre l'État algérien. Si Mokri ou ses mentors ont des preuves, qu'ils les apportent.Les dirigeants du MAK seraient des collabos de la France. Faux. Ferhat Mhenni a toujours fustigé la France officielle dans ses déclarations.Maintenant que nous avons déconstruit les allégations de cet opportuniste, aux relents racistes, nous lui demandons de nous dévoiler par quels moyens il a envoyé son fils étudier au pays des mécréants. Comment peut-il être le disciple d'Erdogan qui forme les pilotes israéliens qui larguent des bombes sur Gaza?Qui c'est qui a reçu l'ambassadeur de France en Algérie dans son bureau, c'est lui ou c'est Ferhat Mhenni? Qui a serré la main et collaboré avec les terroristes du FIS, c'est lui ou c'est Ferhat Mhenni? Qui était au maquis avec Mustapha Bouyali , c'est son chef spirituel, Chikh Nehnah ou Ferhat Mhenni?En attendant qu'il réponde à toutes ces questions, que cet hypocrite sache que l'histoire est têtue et qu'elle a bien écrit les gloires des uns et les trahisons des autres. Ferhat fait partie de ceux-là qui avaient payé de leur jeunesse le combat pour la démocratie. Quant à vous et vos semblables, vous resterez les alliés naturels d'un régime qui tend de prendre le pays à l'abîme et vous seriez maudits pour l'éternité.
Chait Salim / 28 Avril 2021
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“Personne ne représente Dieu, ni le Prophète” : Ce qu’a dit Dr Amira Bouraoui à la barre…
Le procès de la militante Docteur Amira Bouraoui s’est tenu finalement hier mardi 28 avril, au tribunal de Cheraga. Après deux précédents reports, la juge a décidé de juger la militante dans les deux affaires dans lesquelles elle est poursuivie.Amira Bouraoui est accusée, dans la première affaire, d’(outrage à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions), d’(atteinte au président de la République) et de (diffusion d’informations susceptibles d’attenter à l’ordre public). Et ce, en vertu des articles 196 du code pénal.Pour la seconde affaire, la militante est accusée en vertu des articles 144 bis du code pénal, d’(atteinte aux préceptes de l’islam et au prophète).Tous ces griefs concernent les écrits de la concernée sur sa page facebook.
L’audition…
Face à la juge qui l’interrogeait, Amira Bouraoui n’a pas mâché ses mots, rapporte le quotidien Liberté dans son édition de ce mercredi 28 avril.(Je suis libre d’exprimer mes opinions sur ma page facebook). (Si mon style ne plaît pas, je n’ai jamais obligé quiconque à me lire ou à me suivre sur les réseaux sociaux).Concernant ses (attaques) contre le chef de l’État, Amira Bouraoui a expliqué à la juge qu’elle n’avait fait qu’exprimer son (opposition) à la présidentielle du 12 décembre 2019. (Des milliers d’Algériens étaient contre cette élection), a-t-elle rappelé à la juge avant que préciser que (mes posts concernant le président ne visaient nullement la personne du chef de l’État, mais l’institution qu’il représente).
Première affaire : 3 ans de prison requis
Le représentant du ministère public prend le relais de la juge dans une tentative d’accabler l’accusée. Il a ainsi requis la peine de 3 ans de prison ferme, assorti de 300 000 DA d’amende contre l’accusée.De son côté, l’avocate du Trésor public, qui s’est constituée partie civile, a souligné que (les attaques de l’accusée contre le président sont claires).Me Aouicha Bakhti, avocate d’Amira Bouraoui, a répliqué que (si la justice décide de poursuivre en justice toutes celles et tous ceux qui critiquent le chef de l’État, il faut tenir leur procès dans un stade). Une manière pour l’avocate de mettre en avant le fait que ce qu’Amira Bouraoui exprimait sur les réseaux sociaux (n’est qu’une position partagée) par beaucoup de citoyens.
Deuxième affaire : 5 ans de prison requis
Concernant la seconde affaire, dans laquelle Amira Bouraoui est poursuivie pour (atteinte aux préceptes de l’islam et au prophète), l’accusée s’est défendue d’avoir (attenté à une quelconque religion), assumant, comme elle l’avait dit, (son combat contre l’extrémisme religieux), qui a coûté, a-t-elle rappelé, (des milliers de morts au pays).(Je n’ai pas de souci avec les religions), a-t-elle dit, précisant qu’elle se bat (contre ceux qui manipulent la religion pour des fins de pouvoir). (Personne ne peut se targuer de représenter Dieu et le prophète ici), a-t-elle lâché devant la juge, dénonçant une forme d’inquisition.Le procureur de la République a requis dans cette affaire un emprisonnement de 5 ans ferme assorti de 50 000 DA d’amende contre l’accusée.Prenant la parole, Me Bakhti a expliqué qu’il est difficile à la justice de (traiter) une affaire en relation avec la religion. (Je ne suis pas spécialiste du domaine pour traiter ce sujet), a-t-elle dit, précisant que (la justice aussi est incapable de débattre d’un sujet qui relève d’une autre spécialité). Ma Revue de Presse Dz / 28 Avril 2021 -
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Le ministre des Finances, Aymene Benaderahmane, a opéré jeudi à Alger des changements à la tête des six banques publiques que compte le pays. Conformément à ce changement, qui élimine la fonction de PDG (Président directeur général), en confiant la gestion de la banque à un PCA (président du conseil d’administration) et à un DG (Directeur général), dans le cadre de la réforme de la gouvernance des banques publiques, Houari Rahali a été nommé PCA de la Banque extérieure d’Algérie (BEA) alors que Lazhar Latreche a été reconduit comme DG de cette banque. Mohamed Larbi a été nommé PCA du Crédit populaire d’Algérie (CPA) et Ali Kadri DG de la même banque. Pour la Banque de l’agriculture et du développement rural (BADR), Nacer Laouami a été nommé PCA et Mohand Bourai reconduit au poste de DG. La Caisse nationale d’épargne et de prévoyance (CNEP-Banque) a vu la nomination de Mustapha Chaabane en tant que PCA et de Samir Tamrabet en tant que DG. Said Dib et Youcef Lalmas ont été respectivement nommés PCA et DG de la Banque de développement local(BDL). Quant à la Banque nationale d’Algérie (BNA), le ministre a nommé Ramdane Idir comme PCA et Mohamed-Lamine Lebbou comme DG.
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Thème: Science et médecineAnalyses: COVID-19
Les jours passent et nos doutes et soupçons concernant les vaccins contenant les adénovirus vivants bricolés (humains ou de singe) se confirment : ils sont dangereux.
Nos soupçons ont été confirmés à propos du vaccin AstraZeneca bien que tout soit fait pour dissimuler la réalité des choses.
Nous ne voyons [on nous laisse voir] que le sommet de l’iceberg, c’est-à-dire les complications thrombotiques les plus tragiques (cérébrales et/ou mortelles).
En fait, c’est classique en médecine, il y a sans doute d’autres complications thrombotiques (infarctus, AVC, phlébite, et embolie pulmonaire) moins sévères qui sont attribuées à d’autres causes ou enregistrées comme des coïncidences par rapport à la vaccination anti-COVID.
Car s’il y a un mécanisme thrombotique en jeu, il y a obligatoirement une gradation avec des formes très sévères (celles qui ont donné l’alerte) mais aussi des formes moins sévères ou plus banales et enfin celles qui seront visibles cliniquement avec un certain retard.
En effet, un thrombus peut obstruer brutalement et totalement une artère ; mais il peut aussi s’incruster dans la paroi de l’artère et donner naissance à une plaque d’athérosclérose qui ensuite vivra sa vie de façon autonome.
Pas besoin de cholestérol pour ce mécanisme !
Dit autrement, nous risquons de payer plus tard les complications thrombotiques de ces vaccins avec ces adénovirus vivants bricolés.
On commence à comprendre (peut-être) cette thrombogénèse postvaccinale inattendue. C’est une réaction immunitaire inappropriée [j’y reviendrai si on me le demande] et elle peut être commune à plusieurs types de vaccins contenant des adénovirus.
Les autorités sanitaires américaines s’inquiètent en effet de la survenue inattendue de complications thrombotiques (comparables à celles observées avec le vaccin AstraZeneca) après vaccination avec la merveille de vaccin Janssen (ou Johnson & Johnson) qui est injectée aux USA depuis quelques semaines.
Communiqué de Presse : joint-cdc-and-fda-statement-johnson-johnson-covid-19-vaccine
Tout est fait bien sûr pour ne pas affoler la population…
Le vaccin russe Spoutnik V est aussi à base d’adénovirus vivants. Mais nous ne savons pratiquement rien sur lui.
Dans mon prochain opus [chez l’éditeur Kiwi : « Les vaccins à l’ère de la COVID-19 »] qui sera publié fin Avril ou début Mai, j’explique quels vaccins nous sont proposés pour lutter (peut-être) contre la COVID-19.
Ce sera le seul livre à ma connaissance qui donne des informations crédibles sur ces nouveaux vaccins expérimentaux.
J’encourage chacun à bien se renseigner avant de se laisser vacciner !
Conclusion : ne pas se laisser injecter ce type de vaccins OGM à base d’adénovirus vivants bricolés par des apprenti-sorciers !
Dr Michel de Lorgeril
Docteur en médecine et chercheur au CNRS
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Par Abdelkader S. – La vidéo est virale. On y voit un Karim Tabbou hystérique, s’égosillant jusqu’à en perdre la voix et poussant des deux bras les présents à l’enterrement de l’avocat Ali Yahia Abdennour pour atteindre un représentant de l’Etat encerclé par ses partisans et invité à quitter le cimetière manu militari. «Le transfuge du FFS a ainsi démontré son véritable visage et ce à quoi les Algériens devraient s’attendre si des gens de son acabit venaient à prendre le pouvoir en Algérie», commente un citoyen dégoûté par l’anarchie qui se déroulait sous ses yeux au moment où un mort est accompagné à sa dernière demeure, qui plus est en plein mois sacré du Ramadhan.
Les exclusions violentes des enterrements et des manifestations sont devenues monnaie courante. Sofiane Djilali a été le premier à en faire l’amère expérience, en novembre 2020, lors de l’inhumation de Lakhdar Bouregâa. Comme pour Ali Yahia Abdennour, Karim Tabbou et ses fidèles ont considéré qu’ils étaient les seuls habilités à désigner les personnes qui pouvaient assister à la mise en bière du défunt moudjahid. «Même les enterrements sont politisés», s’est indigné un autre citoyen qui voit dans ces «comportements hérétiques» le signe d’une «transgression de la morale» et d’un «déclin des valeurs».
Les participants à l’enterrement d’Ali Yahia Abdennour ont transformé la cérémonie religieuse où les accompagnateurs de la dépouille se doivent de faire preuve de recueillement et de respect en une manifestation houleuse, virant presque à l’émeute, durant laquelle les mêmes slogans des vendredis ont été scandés. «Pouvoir assassin» et «Vous avez pillé le pays bande de voleurs», entend-on dans la vidéo «qui ne fait pas honneur à ceux qui ont pris part à cette honteuse agitation», fait remarquer un autre citoyen qui s’interroge sur «la capacité de Karim Tabbou et ses acolytes à mener un véritable débat démocratique». «Assurément non», note-t-il, en rappelant que durant tout son parcours au sein du FFS, il n’a jamais été question d’élection mais de cooptation. «Son père spirituel est demeuré président incontesté du parti depuis sa fondation, en 1963, jusqu’à sa mort, et Karim Tabbou a été nommé premier secrétaire par désignation, quand bien même au sein du parti, il y avait plus d’opposants que de soutiens», rappelle-t-il.
Lors du rassemblement de Kherrata, à Béjaïa, le 16 février dernier, c’est une autre figure de proue du Hirak qui a été malmenée par les manifestants. Samir Benlarbi avait été éconduit pour avoir critiqué les agitateurs qui, à partir de Londres, de Genève, de Paris et d’Istanbul, ont récupéré le mouvement de contestation pacifique et l’ont dévoyé de sa trajectoire. Zoubida Assoul a, elle, été abordée par des jeunes, clairement actionnés par les islamistes pour lui signifier, sur un ton menaçant, qu’elle «ne représente pas les Algériens». L’avocate de l’islamologue Saïd Djabelkhir a été soumise aux mêmes invectives à la sortie du tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, par un groupe de personnes appartenant à la même obédience.
Dernièrement, c’est Rachid Nekkaz qui a été excommunié pour avoir appelé au dialogue avec le pouvoir car, a-t-il expliqué, «il n’est pas sérieux de continuer à marcher ainsi indéfiniment sans but clair». Cette position lui a valu des critiques acerbes du même groupe qui télécommande le Hirak via les réseaux sociaux et qui neutralise toute personne qui contrarierait ses plans.
Le cinéma de Karim Tabbou, ce lundi, au cimetière en fait partie. Objectif : ne garder à la tête du Hirak que lui, Fodhil Boumala, Mustapha Bouchachi et Nabila Smaïl – tous de la même couleur politique – qui deviennent, ainsi, les porte-parole autoproclamés de la protesta en Algérie, en coordination avec l’opposition islamiste à l’étranger.
A. S.
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Nous avons été l’un des rares analystes à évoquer ouvertement ce que l’on peut décrire temporairement de bicéphalisme du système de gouvernance en République islamique d’Iran et ses rapports avec les principaux enjeux auquel fait face ce pays. Cette tentative de cerner un des caractères spécifiques d’une réalité politique pourrait nous aider à mieux appréhender les mécanismes d’élaboration de la décision d’un acteur régional aussi décisif que l’Iran et comprendre certaines incohérences quant à sa politique étrangère, l’une des plus complexes au monde.
Les fuites audio de Jawad Zarif, le chef de la diplomatie iranienne du temps de la laborieuse négociation d’un accord sur le nucléaire iranien doivent être jaugées sous cet angle. Même si elles ont du choquer au plus haut point les alliés russes, ces déclarations s’inscrivent plus dans la dynamique d’une rivalité interne ancienne, parallèle et contradictoire entre les deux ailes opposées du pouvoir iranien : d’un côté les réformateurs, représentées par l’actuel président Rouhani, souvent qualifiés un peu à tort de pro-européens et pro-libéraux ou d’une manière plus pérorative sous le vocable technique de Bazaristes (pro-capitalistes) ; de l’autre côté, le noyau dur des conservateurs unis derrière l’Ayatollah Khamenei et des membres du Conseil, partisans de la ligne dure, anti-capitalistes et considérant Washington et ses alliés de « grand satan » avec lequel aucune négociation ne peut aboutir. Contrairement à ce que laissent penser les médias iraniens, la lutte entre ces deux factions qui a fait rage durant les années 80 avec l’Irangate (affaire des Contras/Nicaragua/Oliver North) et 90 (la mainmise des bazaristes sous la houlette de Rafsandjani) puis à nouveau après le départ du président atypique Mahmoud Ahmadinejad, n’a jamais connu la moindre trêve. Or, ce conflit interne ne cesse de s’aggraver depuis des mois et son impact affecte aussi bien les relations avec la Syrie qu’avec la Russie ou encore la posture à adopter avec l’Union européenne ou les États-Unis dans le cadre d’une renégociation du Traité sur le Nucléaire iranien, une question jugée vitale par les milieux d’affaires iraniens, qui supportent de moins en moins ce qu’ils désignent comme la rigidité idéologique des conservateurs et leur jusqu’au-boutisme.
La plupart sinon tous les pouvoirs politiques au monde sont loin d’être monolithiques et même le pouvoir politique le plus soudé en apparence est traversé par des courants opposés. L’Iran ne fait pas exception au registre.
Le fait que Jawad Zarif balance l’ex-secrétaire d’État US John Kerry sous le wagon en affirmant que ce dernier l’avait informé qu’Israël avait mené plus de 200 interventions clandestines en Syrie témoigne plus d’un certain dépit ressenti par les réformateurs iraniens à l’égard des démocrates US qu’ils considèrent comme des alliés potentiels. Cette information a été bien entendue saisie en plein vol par les médias américains et les lobbies pro-israéliens aux États-Unis pour « casser du Kerry » et certaines voix à Washington ont déjà franchi la ligne convenue en accusant John Kerry de trahison et d’intelligence avec l’Iran oubliant que l’information était déjà à l’époque publique et que seuls les médias de propagande pro-atlantistes continuaient à faire semblant de ne pas savoir qu’Israël n’était pas le principal belligérant de la guerre en Syrie, qu’ils continuaient à qualifier délibérément de guerre civile, même après son internationalisation. L’occasion était trop bonne pour ratrapper John Kerry en dépit de ses bons et loyaux services « forcés » à L’AIPAC.
Deuxième cible de Zarif après l’équipe d’Obama, la Russie. Cette dernière est accusée par le chef de la diplomatie iranienne dans un mémo non destiné à une diffusion publique d’avoir tenté à plusieurs reprises de saboter l’Accord de Vienne sur le Nucléaire iranien. Une accusation qui a laissé la plupart des observateurs russes assez pantois mais non les Syriens. Ces derniers avaient appris en effet qu’il y avait deux factions au pouvoir en Iran et que l’une de ces factions était non seulement opposée à toute forme d’aide à la Syrie mais qu’elle s’opposait à toute tentative de renforcer les défenses du pays ou une quelconque coopération militaire avec la Russie, la Chine ou la Corée du Nord que l’autre faction encourage contre vents et marées. De ce point de vue le leadership syrien s’est méfié dès le début d’un courant pro-occidental caché au sein du pouvoir iranien et les Syriens sont allés jusqu’à suspecter cette faction assez populaire en Iran d’avoir entretenu des contacts avec Israël via des canaux secrets. Ce qui explique la nette préférence syrienne pour la coopération militaire russe après des fuites ayant mis en péril des officiers syriens et iraniens que le renseignement syrien a attribué à des agents iraniens travaillant contre leur propre pays. Damas n’avait d’autre choix que de réduire une assistance militaire iranienne qu’une partie du pouvoir et de la population en Iran rendaient responsable du marasme économique dans leur pays.
Certains analystes russes estiment que le clan de Zarif ne manque pas de patriotisme mais qu’il veut démontrer qu’ils ont fait tout ce qui était possible de faire pour sauver l’Accord de Vienne et de léguer à la nation iranienne en héritage une levée de sanctions économiques, financières et monétaires fort catastrophiques sur le plan social. Cependant, ces analystes oublient un peu l’historique d’un conflit au sein du pouvoir qu’ils commencent à appréhender avec beaucoup de stupéfaction. Le clan des réformateurs croient réellement que les européens peuvent être leurs amis. Cette approche est dangereuse dans la mesure où même l’Union européenne n’est qu’un vassal des forces avec lesquelles l’Iran est aux prises et que la posture ou l’influence européenne n’a jamais été déterminante dans l’élaboration du moindre processus de négociation concernant l’Iran. De plus, pour des raisons qu’il serait long d’étayer, toute l’Europe réunie n’a aucun moyen d’exercer la moindre pression sur la posture stratégique israélienne. C’est cet élément essentiel que le clan réformateur iranien arrive pas à intégrer dans la perception du problème global et qui explique les difficultés qu’il rencontre face aux conservateurs en dépit du soutien de certaines catégories non négligeables de la population iranienne, notamment les femmes et une partie d’une jeunesse qui n’aspire qu’à vivre la globalisation.
Il est clair que les conservateurs iraniens sont un peu plus lucides dans leur perception du danger. Si leur approche économique et internationale est jugée dure et impopulaire, l’évolution de la situation régionale et internationale leur a donné raison à posteriori. Leur approche de la question nucléaire est aux antipodes de celle des réformateurs mais ils ont été obligés de composer jusqu’ici pour éviter une aggravation ou un affaiblissement de leur position. S’ils ont le soutien du Corps des Gardiens de la Révolution, lequel est favorable à une stratégie semblable à celle de la Corée du Nord dans les domaines nucléaire et balistique, ils sont de plus en plus mal vus par une proportion assez importante de la population qui n’en peut plus du régime de sanctions imposées par Washington.
Il est difficile de trouver un compromis acceptable lorsqu’un pays se retrouve ciblé de l’extérieur par une guerre hybride tout en étant engagés sur plusieurs fronts géopolitiques allant du Liban au Yémen en passant par la Syrie et l’Irak. La diplomatie iranienne, héritière de la brillante civilisation perse, est pourtant l’une des meilleures et des plus anciennes au monde. Les contingences de survie peuvent être compromis par des luttes d’intérêts de castes ou de classes. Ou encore l’influence de milieux d’affaires dont les valeurs du pays importent moins que les bénéfices commerciaux qu’ils engrangent et cela est une caractéristique fort commune à l’ensemble des États-Nation, y compris les premières puissances mondiales. Des puissances industrielles de premier ordre ont délocalisé l’ensemble de leur moyens de production et des services dans d’autres pays pour le profit de castes particulières et ce phénomène relève d’une réalité psychosociale et même psychologique d’un groupe d’individus prêts à tout pour réussir (s’enrichir toujours plus) dans une sorte de déterminisme historique immuable. C’est un dilemme aussi vieux que ne l’est l’histoire de l’humanité.
L’Iran est un grand pays et saura trouver sa voie lorsque la menace atteindra un seuil où toute inertie sera aussi dangereuse que la poursuite de l’enrichissement de l’uranium. Aucun accord n’est fiable même à moyen terme dans un monde où ne prévaut plus le Droit international mais la force brute. C’est dur de l’admettre pour une espèce intelligente mais c’est la réalité d’un monde en déclin avancé. Les réformateurs iraniens rêvent d’une réalité boursière et capitaliste semblable à celle des Émirats Arabes Unis ou de l’Arabie Saoudite mais même un alignement de l’Iran sur l’orbite occidentale comme au temps du Shah ne prémunira pas ce pays d’une déstabilisation à laquelle rêvent ses ennemis depuis les années 50. Les récriminations ne servent pas à grand chose. La détermination et l’esprit de résistance sont les seuls facteurs de réussite des Iraniens. C’est la réalité des choses que les réformateurs de ce pays ne veulent pas admettre en dépit de la menace grandissante et des défis auxquels est confronté l’Iran en cette deuxième décade du XXIe siècle.
source : https://strategika51.org
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Par Feriel Nourine
Face à une situation épidémiologique dont les chiffres en hausse suscitent de plus en plus d’inquiétude et de crainte d’une troisième vague de Covid-19, les autorités semblent avoir, enfin, entendu les alertes lancées depuis quelques jours par les professionnels de la santé. Notamment les virologues et autres immunologues parmi ceux qui tentent, ces derniers jours, de mobiliser les pouvoirs publics sur l’impératif de prendre les mesures nécessaires pour juguler le retour en force qu’est en train d’opérer le virus, provoquant une augmentation quasi-continue des cas de contamination mais aussi de décès.
La réunion d’évaluation de la situation épidémique en Algérie, tenue mardi sous la présidence de Abdelamdjid Tebboune, s’inscrit assez clairement dans cette conjoncture épidémiologique qui prévaut depuis plusieurs jours dans la pays, marquée par une remontée des contaminations, avec, en plus, la détection puis la multiplication des cas de variants anglais et nigérian. En quelques jours, le nombre de cas est passé du simple au double, ce rebond est fatalement ressenti au niveau des structures sanitaires où le nombre d’hospitalisations est en train de croître, obligeant les personnels médicaux à vivre sous la hantise d’un retour des journées insoutenables du printemps dernier, et des débordements qu’avait engendrés la maladie à son intrusion en Algérie, mettant à bout de force et de nerfs la quasi-totalité de la corporation. Elle alerte aussi sur les risques de cette recrudescence des contaminations et prévient contre une nouvelle saturation des hôpitaux si la riposte tarde encore à être actionnée. D’où ces nouvelles instructions données par le Président de la République lors d’une réunion qui a vu la présence du Premier ministre, les membres de son exécutif concernés directement par la situation sanitaire du pays, des walis ainsi que des responsables des organes sécuritaires et des membres du Comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie du Coronavirus. Instructions dont celles qui ont trait à la relation entre les autorités concernées et les citoyens en cette étape de relâchement des mesures de prévention observé chez ces derniers. Ce à quoi le premier responsable du pays réagit et appelle à des campagnes de sensibilisation qui «doivent être intensifiées à grande échelle et les mesures préventives respectées, à la lumière du relâchement enregistré», lit-on dans le communiqué de la Présidence. En ce sens, la sensibilisation «devra englober tous les espaces et structures publics, notamment les établissements éducatifs, les mosquées, les marchés, les commerces et les moyens de transport», est-il souligné. Dans le même ordre d’idées, «les contraventions doivent être dressées avec rigueur parallèlement à l’intensification du contrôle du respect des mesures préventives», soutient M. Tebboune.Les instructions du président de la République portent également sur les statistiques relatives à la situation épidémiologique. Il tente de répondre aux demandes régulièrement exprimées à ce sujet par les professionnels du secteur et demande que ces statistiques soient données «avec précision à partir de chaque wilaya en tenant compte des foyers de contamination, cité par cité, village par village, et ce, dans l’objectif de prendre des décisions fondées sur des chiffres précis et d’engager une enquête épidémiologique urgente sur les nouveaux variants en Algérie».
Il est également revenu sur le dossier du vaccin contre le virus, alors que près de quatre mois après son lancement en Algérie, il est loin d’atteindre les objectifs qui lui ont été préalablement assignés à cette opération, à savoir la vaccination de 70% de la population. L’évolution se fait toujours au ralenti par manque de doses de vaccin suffisantes, et ce sont à peine 1% de la population, principalement des professionnels de la santé, des personnes âgées et des malades, qui ont pu recevoir le vaccin.
Le retard est préoccupant, alors que le rôle de la vaccination est déterminant dans la guerre contre la pandémie.
C’est pourquoi d’ailleurs Abdelmadjid Tebboune est revenu une nouvelle fois à la charge en instruisant les parties concernées
de procéder «immédiatement» et «sans délai» à «la mise en œuvre du projet de fabrication du vaccin russe anti-covid19, Sputnik V».
Le Groupe public Saidal avait effectivement entamé la concrétisation du projet de production des vaccins anti-covid19, Sputnik V, avec le partenaire russe. Les premières doses du vaccin seront fabriquées localement dès le mois de septembre prochain, avait déclaré le ministre de l’Industrie pharmaceutique Lotfi Benbahmed. Les instructions de M. Tebboune s’inscrivent donc dans la continuité des appels lancés ces dernières semaines par les spécialistes de la santé. A l’exemple du président de la Société algérienne d’immunologie, Pr. Kamel Djenouhat, qui a appelé dimanche dernier à la «remobilisation» du personnel soignant, à accélérer la vaccination et à la «fermeté» quant au respect des mesures anti-Covid, jugeant la situation épidémiologique en Algérie «inquiétante, mais maîtrisable».
«On doit remobiliser le personnel soignant pour faire face à cette situation qui commence à être inquiétante. (…) Si on ne prend pas les mesures préventives le plus tôt possible,
ça risque d’aller vers un nombre très élevé de cas graves et de décès», a-t-il mis en garde, lançant un appel aux pouvoirs publics pour «accélérer le processus d’acquisition de vaccin». Le Pr. Djenouhat, qui est également chef de service du laboratoire des analyses biologiques à l’EPH de Rouiba, a préconisé de «revoir la stratégie de vaccination».
«Puisqu’on a un problème d’acquisition de vaccin, on doit revoir la stratégie de la vaccination. On peut éventuellement épargner ceux qui ont déjà contracté le virus et aller vers les sujets âgés», a-t-il expliqué. -
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La décision prise par les douanes de fermer les ports secs entraînera la mise au chômage de milliers de travailleurs et la faillite des investisseurs algériens et étrangers. Une mesure prise, selon la spécialiste, sans motifs valables et légitimes fondés en droit, et ne respectant pas les règles de procédure et de loi, alors que l’objectif était plutôt de réorganiser ces activités afin de réduire la sortie de devises… Entretien.
Reporters : Comment analysez-vous sur le plan juridique la fermeture des ports secs par la douane ?
Hind Benmiloud : Il faut d’abord rappeler les circonstances ayant entraîné ces fermetures. J’ai lu dans les journaux et Youtube comme tout le monde qu’au mois de juin 2020, durant le Conseil des ministres du 14/06/2020, le Président de la République a pris entre autres mesures celle de « la fermeture des ports secs non autorisés et l’obligation d’avoir des scanners ». Le ministre des Finances a préconisé « une révision globale du système en vigueur ». Or, la Douane s’est empressée de suspendre l’activité de certains ports secs suivie de fermeture définitive de tous les ports, sans motifs valables et légitimes fondés en droit, et ce, au mépris des règles de procédure et de la loi. En effet, l’Etat ne peut continuer à violer des règles que lui-même a édictées. La Douane sur une simple note (270/DGD/013/20) du 23 juillet 2020 a décidé de fermer les ports secs sans en évaluer les conséquences aux plans économique et social. Selon ma compréhension de ce que souhaitait le Président de la République, c’est réorganiser ces activités afin de réduire la sortie de devises du pays et d’algérianiser ces activités. Je ne suis pas certaine que ces décisions avaient pour but de mettre au chômage des milliers d’Algériens, de mettre en faillite des investisseurs tant algériens qu’étrangers, qui ont investi beaucoup d’argent dans leurs projets de ports secs. Savez-vous que ces milliers d’Algériens ne peuvent même pas se prévaloir d’un licenciement abusif pour obtenir des indemnités, car la cessation de la relation de travail étant intervenue brutalement du fait de l’administration (le fait du prince), et non de l’employeur. Comment voulez-vous que les citoyens aient confiance en leur gouvernement, en leur président, s’il n’y a pas de respect des procédures et de la loi, que des étrangers continuent ou souhaitent investir dans notre pays dans une instabilité juridique qui perdure depuis des années. L’Algérie est souveraine certes dans ses décisions de réorganiser les secteurs d’activités de services à faible valeur ajoutée dans le transfert de savoir-faire et à forte sortie de devises, mais elle se doit de le faire graduellement d’une manière procédurale, en préservant les droits de toutes les parties. La douane a-t-elle évalué les conséquences économiques de sa précipitation dans les fermetures des ports secs, de l’augmentation des montants des surestaries, des délais de dédouanement, etc.?
Les cas de fraudes enregistrés dans les ports secs, tels que les surfacturations pour transférer illégalement la devise et la sous-facturation comme forme d’évasion fiscale, justifient-ils une telle décision ?
Je ne crois pas que la surfacturation soit issue de l’utilisation des ports secs, elle a toujours existé bien avant et certaines sociétés, qui importent des biens ou des services, sont plutôt à l’origine de ces infractions. Les ports secs ont été créés à l’origine pour désengorger les principaux ports sur tout le territoire, les marchandises ne font que transiter par ces ports secs. Les facturations se font avec les sociétés importatrices bien avant l’arrivée des marchandises dans les ports secs. Cela se passe entre l’importateur et l’exportateur en amont de l’arrivée des marchandises.
Quel est l’impact de cette décision sur les plans social et de la perception du marché algérien par la communauté d’affaires internationale ?
L’impact est désastreux, car on a commencé à mettre au chômage des milliers de travailleurs et des sociétés en difficultés, car il s’agit d’une décision brutale qui intervient après la crise économique et la crise sanitaire Covid 19. Notre marché est déjà perçu comme étant d’accès difficile et peu libéral. Nous ne pouvons rester centrés sur nous-mêmes sans développement avec et à l’international. Nous sommes un pays à faible production nationale hors hydrocarbures.Comment mieux organiser ces ports secs pour qu’ils puissent jouer pleinement leur rôle dans la fluidité des flux commerciaux réceptionnés par les ports et la réduction des surestaries ?
Aujourd’hui, il ne s’agit plus de réorganiser les ports secs, ils ont été tous fermés sans aucun préalable. On pensait que l’activité de port sec serait maintenue au profit des nationaux, mais on était loin d’imaginer que cela redeviendrait un monopole de la Douane tel que le prévoit la loi de finances 2021 art 96 à 100, qui a modifié l’article 67 et suivant, qui prévoit la possibilité de créer des dépôts temporaires dans les enceintes portuaires, aéroportuaires et à l’intérieur du territoire douanier, pour le stockage des marchandises conduites en douane. Lesquels dépôts sont créés par les entreprises nationales portuaires ou par les sociétés nationales de gestion aéroportuaire.
Qu’entend-on par société nationale, qui est un terme du siècle dernier du temps du socialisme ? S’agit-il de sociétés publiques et privées à capitaux nationaux ou ces zones seront exploitées uniquement par des sociétés publiques ? Pourquoi a-t-on fermé alors des ports secs de nationaux et pourquoi la Douane n’a pas demandé la mise en conformité avec le nouveau texte publié dans la loi de finances 2021 ? Et ce, d’autant que beaucoup d‘exploitants de ports secs disposent d’infrastructures (scanners et autres pour exploiter des dépôts temporaires. A-t-on prévu un droit de priorité pour tous ses investisseurs qui se retrouvent en quasi cessation d’activité ?
Remplacer les ports secs par des dépôts temporaires n’apportera pas plus de transparence, ni de contrôle des flux financiers ni moins de bureaucratie. J’aurais aimé que le ministre des Finances, au lieu de présenter un texte qui renvoie au monopole et pratiques anciennes, présente un projet dans la loi de finances 2021 plus avant-gardiste et d’actualité et propose par exemple l’utilisation de la technologie des chaînes de blocs (Blockchain) par la Douane et autres organismes présents aux frontières dans leurs efforts pour améliorer la conformité, la facilitation des échanges et la détection de la fraude (et réduire entre autres le commerce illicite, informel), et dont la Douane pourrait tirer parti du potentiel des chaînes de blocs et d’appréhender jusqu’à quel point l’avenir de la Douane pourrait être influencée par le recours aux applications fondées sur cette technologie. La Douane pourrait bénéficier d’une vision plus claire et plus large du commerce international, en particulier des liens entre le mouvement des marchandises et des envois et les flux de capitaux et surtout la baisse des coûts des services logistiques. C’est de cela dont a besoin notre pays, de commerce transparent et loyal, la voie numérique ne doit pas être un vain mot, utilisé uniquement pour les start-ups. L’économie numérique doit devenir incontournable. -
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Hedia Bensahli est écrivaine et enseignante. Elle a été récompensée par le Prix Yamina Mechakra en 2019 pour son premier roman, «Orages», qui connaîtra un grand succès auprès des lecteurs ainsi que de la critique. Egalement passionnée par la photo, elle revient dans cet entretien sur son dernier Roman «L’Agonisant» paru aux éditions Frantz Fanon. Entretien.
Propos recueillis par Leila ZAIMI
Reporters : «L’Agonisant» est un roman qui oscille entre la fiction et la réflexion sur la place de l’art et de la culture dans la société, la nôtre, sans doute. Pourquoi avez-vous fait ce choix de consacrer la création romanesque à ce thème ? Quel est le rôle de l’artiste dans la société ? En a-t-il réellement ? Le rôle messianique de l’artiste-intellectuel n’est-il pas dépassé ?
Hedia Bensahli : Il n’y a pas d’oscillation. La fiction est un support à la réflexion sur l’art, ou sur n’importe quel sujet d’ailleurs. Dans ce roman, j’ai choisi de m’intéresser à l’art parce que je considère qu’il fait partie intégrante de notre essence humaine. Depuis que l’homme est homme, représenter ce qui l’entoure et se représenter lui-même dans son environnement est apparemment important ; il n’y a qu’à voir les très nombreuses peintures et gravures rupestres qui témoignent du besoin des anciens d’immortaliser des instants de vie, d’histoire et surtout de communiquer sa propre perception du monde (manières de chasser ou croyances, etc.). Certains préhistoriens se demandent même s’il ne s’agissait pas d’un langage artistique codifié pour véhiculer une idéologie commune aux sociétés originelles. J’appartiens à ceux qui considèrent l’art comme faisant partie intégrante de la culture humaine. Dans l’Agonisant, l’art occupe une place centrale. Les personnages sont tous artistes à leur manière : peintres, poètes, etc. Le personnage principal, Hamid, initie son épouse à la poésie et entraîne son groupe d’amis dans une aventure rocambolesque parce qu’il est persuadé que seul l’art peut sauver son monde. Tout commence par une rencontre, il tombe sur une œuvre d’Egon Schiele, qui le trouble, le bouleverse, tel un commencement, telle une ébauche de vérité, c’est une reproduction de Wally. Il passe alors ses soirées «à scruter ses bras, ses jambes écartées, son corsage rutilant qui tranche avec le fond blanc du reste de la composition (…) Cette femme rend désuet tout ce qu’il a pu connaître et apprendre» (p.63). Avec cette œuvre, il se découvre lui-même et toute la société qui l’entoure. Wally devient un miroir : «Wally n’inspire pas la sensualité lascive, elle réveille chez l’impuissant, l’érection stagnant dans ses propres contradictions (…) C’est son animalité qui plaît à Hamid, la rébellion qui dérange les conventions et la morale bien huilée. Elle offre aux regards prudes, hypocrites, ce que la société voile, cache, comme une crasse repoussée sous le tapis. Wally (…) est l’incarnation de la putain désavouée qui sommeille en chacun de nous ! Son corps frêle, et rude en même temps, représente aussi l’expression crue de la corruption à laquelle tous les spectateurs effarouchés participent derrière leur zèle déployé pour plaire» (p.64). A partir de là, Hamid se sent concerné en tant que citoyen par le rôle qu’il doit jouer dans sa société et non investi d’une mission messianique.
L’art a une puissance inouïe. Par l’image, par les mots, il veut faire émerger cette force que nous avons tous. Malek précise à la page 43 : «L’art, c’est comme une langue, il est le reflet d’une vision du monde (…)». L’éducation doit servir à comprendre ce langage, initié non par la contemplation béate, mais par un questionnement ; encore faut-il être initié à la pratique du questionnement. Et c’est là que le bât blesse. Comment veut-on que l’être humain accède à l’observation, au discernement dans un contexte où sa propre obsolescence est programmée ? Je pose la question, je n’ai pas la prétention d’avoir des réponses, ni de leçon à donner d’ailleurs.
Dans votre beau roman, deux thématiques semblent vous faire écho : mal-être social et pauvreté culturelle. Y a-t-il un lien entre la misère sociale et la misère intellectuelle ?
Le mal-être et la pauvreté matérielle et culturelle sont liés parce qu’ils servent cette obsolescence que j’évoque plus haut. Dans l’Obsolescence de l’homme (1956), Günther Anders attire l’attention sur le conditionnement et ses répercussions dans la société «(…) en réduisant de manière drastique l’éducation». Pour lui, «un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité, et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter». Dans ce conditionnement de la masse, l’éducation devient bien entendu élitiste (des exemples chez nous foisonnent). La masse, dite ghachi, doit se satisfaire du peu qu’on daigne lui accorder ; même le «yaourt» n’est pas pour elle. Le problème est qu’elle ne réagit pas (le roman se situe à peu près entre les années 70 au cours du quatrième mandat du Président déchu.) Dans l’Agonisant, le personnage principal Hamid est révolté contre cet abandon de soi ; il s’en prend aux médias : (…) On montre à ces incultes des images primaires, ils s’imaginent admirer la Joconde. Même les fleurs en plastique les subjuguent !» déplore-t-il. Puis il ajoute par rapport à la volonté politique : «La télévision, c’est l’Etat qui s’incruste dans les maisons. (p.54) Il regrette que sa société soit sclérosée intellectuellement au point d’être incapable de réfléchir à autre chose qu’à sa subsistance ; «chacun vaque à ses occupations bassement matérielles ou digestives», laissant de côté les questions fondamentales sur ses aspirations et sa raison d’être en tant que membre d’une nation. On découvre, le long du roman, des écueils qui soulignent l’acharnement à vouloir éliminer celui qui est original, singulier ; l’autre devient indésirable parce qu’il est «incompatible avec l’élogieuse image qu’il suppose de lui-même. Même l’imam Redha est marginalisé. Il dit à la page 123 : «Je voulais m’adresser à des hommes et des femmes intelligents et libres, ils m’ont flanqué à la porte [de la mosquée] parce qu’ils voulaient des ‘guides’ qui leur expliquent comment se laver le c… !» Cette phrase est lourde de sens. Le mal-être vient du fait que l’on ne se sente pas en adéquation avec ce qu’on voudrait être. C’est ce sentiment qui se distille dans le conscient (ou l’inconscient) sans vraiment pouvoir déterminer ses causes lorsqu’on manque de discernement et surtout lorsqu’on ne sait pas se poser les bonnes questions. Je ne sais pas qui disait : il n’y a pas de problème, il n’y a que des solutions. Encore faut-il être capable de les trouver. D’où l’intérêt du questionnement.
Dans l’Agonisant, une figure, celle du peintre autrichien Egon Schiele, un peintre décadent pour certains, un artiste majeur de l’expressionnisme pour d’autres, et même un peintre subversif. Pourquoi le choix de faire intervenir ce plasticien dans la narration de votre roman ?
Je vous retourne la question. Par qui Egon Schiele est-il considéré comme un peintre «décadent» ? C’est le régime nazi qui qualifiait son travail d’«art dégénéré». C’est aussi dans les articles du Christlich Sozial (Chrétiens sociaux – parti politique créé en 1892 dans la première République autrichienne) qu’Egon est fustigé. C’est aussi l’Eglise : elle veut le punir à travers le procès de Neulenbach (p.182). Dans l’Agonisant, donc, on peut avancer que les œuvres d’Egon Schiele dérangent ceux qui veulent instaurer un ordre indiscutable qui correspond à leurs fondements idéologiques, creuser le fossé entre le peuple et l’intelligence. C’est pour cela que l’information destinée au grand public est anesthésiante, vidée de tout contenu à caractère subversif. Dans l’Agonisant, le personnage Hamid et ses amis sont eux aussi persécutés par les adeptes du conditionnement de masse. Je cite ici deux exemples parmi d’autres que je laisserai le lecteur apprécier en lisant le roman. 1) A la page 84, le «fonctionnaire» rabroue deux personnages (enseignants) ainsi : «L’éducation n’est en principe pas votre affaire, c’est un choix politique ! Vous, les enseignants, vous êtes des fonctionnaires, autrement dit, des exécutants ; vous devez vous conformer au programme officiel ! 2) Plus loin, à la page 111, le groupe d’artistes est arrêté et un autre fonctionnaire leur dit : (…) La dégénérescence ! Vous appelez ça de l’art ? Pauvre de vous ! La prison n’est pas la cellule où vous avez passé la nuit, elle est dans votre tête, façonnée par cent-trente ans de colonialisme ségrégationniste, qui a tout brûlé derrière lui, notamment votre essence identitaire arabo-musulmane. Il nous a laissé des indigènes de votre genre, des énergumènes sans structure mentale, croyant que ce monstre colonial est le summum de la civilisation. Il faut vous libérer, Messieurs, de votre indigénat». (Ce dernier passage est une version romancée d’une réplique réelle entendue).
Maintenant, pourquoi je considère Egon Schiele comme un artiste majeur ? La réponse est disséminée dans tout le roman. J’avance ici en substance quelques éléments. D’abord parce qu’il a su réinventer l’art ; son travail (et celui d’autres expressionnistes) marque un tournant dans l’histoire de l’art en apportant cette subversion qui dérange. L’art subversif est défini généralement comme «la forme d’art connue par les sociétés lors de périodes révolutionnaires et destinée à modifier le système en place par l’illustration de ses défauts ou par la promotion de valeurs différentes, voire antagonistes». C’est un art qui ambitionne de bouleverser l’ordre établi qui empêche généralement l’épanouissement intellectuel et personnel. Cet ordre peut être politique, militaire, social, culturel, artistique, etc. La subversion a donc pour but de déstabiliser ces discours et comportements sclérosés et sclérosants qui empêchent la société de se rendre compte de la déchéance dans laquelle elle est engluée.
Egon Schiele manifeste sa rage de changer en remettant en cause l’académisme qui utilise sa puissance pour décréter ce qui peut mériter d’être considéré comme de l’art, rejetant du même fait toutes autres formes d’expression ne correspondant pas à ses canons. C’est donc symboliquement le totalitarisme de la pensée qui est remis en cause. Egon Schiele présente une «réalité» qui n’est pas enjolivée, idéalisée, mais dans sa nudité la plus absolue. Dans ses œuvres, il offre à ses contemporains la représentation de leur propre image, désemparée, dans une société à la veille de la Première Guerre mondiale, celle qui va disloquer l’empire austro-hongrois et les broyer du même coup. Toutes ses œuvres sont pour moi magistrales, quelques-unes sont présentées dans ce roman. J’invite vos lecteurs à les découvrir. Donc mon choix n’est pas fortuit.
Dans votre texte, vous jouez beaucoup avec la ponctuation comme les points d’interrogation et d’exclamation ; vous faites intervenir aussi les dialogues où le style indirect libre. Ceci ramène à la question de l’écriture et ses strates de sens. Quel est le secret de ce parti pris scriptural et comment définissez-vous la littérature ?
Il me semble que l’écriture, comme tout art, est une participation à la création : cela veut dire que l’auteur donne à voir un pan de sa perception du monde dans une composition où seront mêlés : imaginaire, sens, sous-sens, support esthétique. L’écriture devient une vision complexe et originale d’une parcelle du monde imprégnée de la subjectivité de l’auteur qui lui confère son originalité. C’est dans cette perspective que l’on peut commencer à parler de «création». Je travaille beaucoup mes textes parce que l’écriture est une construction complexe, à l’image de la société et plus largement du monde. Pour moi, si le roman doit porter une histoire plaisante, il se doit d’être structuré dans une complexité cohérente qui permet plusieurs niveaux de lecture, mais aussi pour bousculer en s’adressant au plus grand nombre. Sur le plan discursif, je suis une adepte du langage abrupt, interrogatif, expressif ; les émotions sont à nu, ce qui donne ce sentiment de rudesse à l’ensemble. Maïssa Bey avait qualifié mon roman Orages (2019) de «roman choc». Ce n’est pas juste un jeu, c’est ma posture. Pour écrire, je me soumets en amont à des interrogations : Qu’ai-je à dire ? Pourquoi ? Et par qui cette parole va-t-elle être lue ? Je fais des recherches (je lis beaucoup, j’écoute et je cite mes prédécesseurs). Je n’adhère pas à l’idée qu’un texte est une simple histoire sortie de l’imaginaire et qui se déroule au fil des pages. C’est une histoire complexe, construite, qui porte des idées à interroger. Je ne cherche jamais à défendre une thèse ! Pendant l’écriture, je reste attentive à plusieurs paramètres en même temps, j’accorde de l’importance aux mots, à la fluidité et aux sonorités en fonction des émotions, mais aussi aux personnages, leur psychologie… qui doivent être en adéquation avec leur aventure, leurs propos et leurs humeurs. J’accorde une grande importance à l’échange : «dire» est l’occasion de confronter ses idées avec celles des autres, questionner, s’offusquer, convaincre, mettre en doute sa pensée, la faire évoluer. A ce propos, c’est ce qui se passe (entre autres) entre Hamid et ses amis dans le chapitre 3 (p.36, etc.).
En dehors des dialogues, dans les parties narratives, j’opte souvent pour le style indirect libre (d’où la ponctuation expressive) parce qu’il permet, d’une part, d’estomper l’omniscience du narrateur en laissant plus de champ aux personnages, d’autre part, à intégrer le narrataire (disons le lecteur) dans le duel discursif : il est invité à prendre part (position) au processus de réflexion, puisque sans lui pour déconstruire et reconstruire le texte, le roman n’existe pas.
En ce sens, la littérature (comme toute création artistique) doit offrir la possibilité de dépasser le cadre d’un premier niveau de lecture comme une thèse évidente (que j’exclus) défendue sans nuance (qui ne prêche que pour les convertis), ou un roman dit de «gare» (sans jugement de valeur), qui laisse le lecteur à la dernière page comme il l’a trouvé à la première. Pour moi, «le discours est action» (J. L. Austin) et le pouvoir de la parole est indéniable. De manière générale, je me rapproche un peu de J.P. Sartre dans Qu’est-ce que la littérature ? (essai publié en 1948) pour qui «parler, c’est agir», c’est révéler, dévoiler, bousculer : La littérature est une baie ouverte pour celui qui veut s’y pencher et se laisser entraîner, mais elle ne doit surtout pas être une porte ouverte sur un dogmatisme qui paralyse la pensée ou une niaiserie soporifique. C’est un combat d’idées.
En plus de votre talent de romancière, vous êtes intéressée par la photo. Qu’est-ce qui vous fascine au juste dans la photo ? Quels grands photographes aimez-vous ?
La photographie est un art à part entière. Si le bon coup d’œil est nécessaire, la charge émotionnelle de la photographie est aussi importante. C’est un mode d’expression et donc de communication non verbale qui permet, par les choix du sujet et des conditions de la prise, de donner à voir, comme la littérature, une vision du monde. Plusieurs photographes me bouleversent. Je voue cependant une admiration particulière à la photographe Diane Arbus (1923-1971). Cette artiste que l’on a surnommée la «photographe de l’étrange» a réalisé des clichés en noir et blanc de personnes totalement anonymes et de toutes les conditions sociales aux USA et dans le monde. Les portraits qu’elle a réalisés sont très surprenants, et même jugés dérangeants parce qu’ils donnent le sentiment de lever le voile sur l’intimité de la personne, sur son moi intérieur ; le modèle semble être happé par l’objectif sans aucune possibilité de préparation, dans la nudité des expressions de son visage, avec ses failles qui le caractérisent comme individu… J’invite vos lecteurs à découvrir son travail.
Quels sont vos projets ?
Et pourquoi avoir choisi les éditions Frantz-Fanon ?
En deux ans, j’ai écrit deux romans Orages et l’Agonisant (2019 et 2020) et participé à un ouvrage collectif, la Révolution du sourire ; je me sens un peu vidée de ma substance. Je prépare tranquillement un recueil de nouvelles et un essai pour l’année prochaine peut-être, j’espère pouvoir en venir à bout.
Le choix des éditions Frantz-Fanon est très simple, elles sont portées à bout de bras par deux jeunes engagés, qui osent et qui vont au bout de leurs convictions.Partagez :
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Petit rappel
nous n avons pas fait la guerre uniquement contre la france mais aussi contre l otan
sans l aide de l otan la victoire contre la france aurait ete pliee en 57
dans moins d un an l uranium du niger tombera dans d autres mains
l hiver prochain les gens mourront de froid
nous avons du gaz ..
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Le ministère de l’Intérieur engage des procédures judiciaires contre le parti UCP
ShareLe ministère de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire a annoncé jeudi, dans un communiqué, le lancement de procédures judiciaires contre le parti Union pour le Changement et le Progrès (UCP), n’ayant pas donné suite à la mise en demeure qui lui a été adressée concernant la conformité de son statut juridique. Les services du ministère de l’Intérieur ont relevé « la situation illégale du parti UCP dont les activités ne sont pas conformes à la législation en vigueur, notamment la loi organique 12-04 relative aux partis politiques », outre « la poursuite par Mme. Zoubida Assoul de l’exercice d’activités en tant que présidente de l’UCP, en dépit de la cessation de son statut juridique, conformément aux dispositions des statuts du parti, ainsi que les agissements de la personne en question qui sont contraires aux dispositions juridiques encadrant l’action politique », a précisé le communiqué. « Le ministère a engagé les procédures stipulées par la loi devant les juridictions compétentes », souligne la même source, rappelant la concernée (Zoubida Assoul) à l’impératif d’assumer l’entière responsabilité des retombées de la situation illégale actuelle et de ces agissements ».
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un muet a dit a un sourd qu un aveugle le regarder
100km autour de guelma ca fait tout de meme tout le pays chaoui...
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Marché gazier : Forte hausse des prix au premier trimestre 2021
SharePar Feriel Nourine
Les prix du gaz ont connu une forte hausse durant le premier trimestre 2021. Ils ont carrément doublé par rapport à la même période de l’année dernière, indique le Centre d’information international sur le gaz naturel Cedigaz dans sa dernière analyse trimestrielle du marché gazier, justifiant cette tendance haussière par les gros stockages opérés face à une forte demande hivernale de ce produit énergétique.
«Au premier trimestre 2021, le marché du gaz a été relativement tendu et les prix du marché ont été en moyenne deux fois plus élevés qu’au premier trimestre de l’an passé, et cela dans un contexte de forte demande hivernale qui a nécessité un recours accru aux stockages», relève, en effet, Cedigaz.
Et de préciser qu’à la mi-janvier, les prix spot asiatiques se sont envolés à des niveaux historiques (30 $/MBtu) lors d’une vague de froid extrême, en particulier en Chine. Le prix spot européen TTF a, lui aussi, bondi en début d’année jusqu’à un pic de 9 $/MBtu le 12 janvier, son plus haut niveau depuis décembre 2019.
Ces prix se sont repliés par la suite avec la remontée des températures et au moment où les acheteurs commençaient à anticiper les livraisons pour le printemps prochain, une période qu’ils considèrent moins tendue, note encore le rapport. En février, poursuit-on, la vague de froid polaire historique qui a frappé les Etats-Unis a conduit à des niveaux record de prix. Un pic à 23 $/MBtu a été atteint le 17 février, Le Henry Hub s’est établi en moyenne à 5,4 $/MBtu en février, son plus haut niveau depuis février 2014.
Le prix spot européen TTF est resté à un niveau élevé en mars à plus de 6 $/MBtu, un niveau proche du prix spot asiatique. Durant la première quinzaine de mars, le TTF a même dépassé le prix spot asiatique pour la première fois depuis mai 2020. «Ceci a contribué à la robustesse des prix asiatiques, qui restent sous tension à la hausse du fait de la forte demande chinoise et de l’augmentation des prix du pétrole», souligne Cedigaz.
L’évolution à la hausse du marché gazier durant les trois premiers mois de 2021 devrait se poursuivre, prévoit-on. Les niveaux de prix seront «toujours élevés» dans les prochains mois, ce qui maintiendra les prix de marché européens et asiatiques «à des niveaux environ deux fois plus élevés» qu’en 2020, lit-on dans le rapport. Lequel table également sur une évolution dans la même tendance du prix américain Henry Hub, avec un taux de 53% «en raison de l’augmentation des exportations de GNL combinée à une production gazière domestique stable», explique-t-il.
Les prévisions de Cedigaz sont justifiées par les perspectives positives du côté de la demande. Celle-ci devrait augmenter grâce à la levée des restrictions sur l’industrie et l’activité économique attendue des taux de vaccination anti-coronavirus en hausse, explique le centre, avant de noter une évolution également haussière pour les prix des contrats long terme indexés aux prix du pétrole, et ce depuis octobre 2020.
Le rapport du centre d’informations spécialisé dans le marché gazier note, cependant, une baisse de l’offre mondiale de GNL durant le premier trimestre de l’année en cours. Laquelle est estimée à 3% par rapport à 2020. «C’est en janvier que la baisse a été la plus marquée (- 8 %). L’offre de GNL disponible a été limitée à cause notamment d’une interruption prolongée sur l’usine norvégienne de Hammerfest et des problèmes récurrents sur certaines unités australiennes (Gorgon, Wheatstone)», précise-t-on. S’en est suivie une reprise en février, puis en mars, avec un retour de la demande mondiale de GNL qui est revenue au niveau de l’année précédente pour la première fois depuis octobre avec des livraisons en hausse vers tous les grands marchés consommateurs, ajoute-t-on.
«Le commerce du GNL est amené à connaître un dynamisme croissant dans les mois à venir, l’offre de GNL étant fortement soutenue par les usines américaines. Ces perspectives haussières du côté des exportations américaines contribuent à limiter la hausse des prix du gaz envisagée cette année», prévoit, à ce propos, la même source, et les importations européennes de GNL, qui ont déjà fortement augmenté en mars, devraient donc rester élevées cet été, risquant même de créer une concurrence avec l’Asie», souligne le rapport. «L’évolution de l’approvisionnement européen et les tendances des prix dépendront fortement de la stratégie commerciale de Gazprom qui peut faire concurrence au GNL», conclut-il. -
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Par Lyes Sakhi
Un imam de la mosquée Sidi El-Mouhoub, au cœur de Béjaïa, et la gérante d’un nouveau salon de thé devront s’expliquer prochainement devant la justice. La loi devra se prononcer sur le cas de ce religieux qui a lancé une pétition contre la gestionnaire du futur établissement à laquelle il refuse, lui et des voisins, de poursuivre son commerce dans le quartier.
L’histoire de cet imam rageusement emporté contre une gestionnaire d’un salon de thé a de quoi être «casée» dans la rubrique du fait divers vite oublié ou récupéré par un génial faiseur de sketch ou de soap comme on en consomme beaucoup en ce mois de Ramadan. Mais ce n’est pas du tout le cas. C’est même plus inquiétant. Car, contre la dame qui veut exploiter son salon de thé et n’entend pas renoncer à ses droits, il y a eu des faits d’intimidation et de violence signalés, selon des témoignages. Le collectif libre et indépendant des femmes de Béjaïa, un groupe de féministes en activité depuis novembre 2017, ainsi que le Comité de défense des libertés (CDL), créé en décembre 2020, ont même réagi, mardi 20 avril, à cette préoccupante affaire. Il s’interroge s’il ne faut pas «s’alarmer de l’effroyable montée des idées rétrogrades dans la ville de Béjaïa». La raison de cette interrogation, affirme les deux collectifs dans un texte commun, c’est parce que le salon de thé «est tout simplement géré par une femme», ce que l’imam ne conçoit pas.
On apprend que la pugnace gérante qui subit l’hostilité du religieux, avec l’aide de personnes du quartier, s’est rendue auprès du directeur des affaires religieuses, M. Djouhri, qui lui aurait affirmé qu’elle était dans son droit et qu’il interviendrait pour que l’imam annule sa pétition. Mais ce dernier ne l’a pas fait et s’est radicalisé. «M. Djouhri a-t-il réellement exigé de l’imam de laisser en paix la dame ?», questionnent le collectif féministe de Béjaïa et le CDL. «Au vu de son comportement hostile envers la gérante, rien n’indique qu’il aurait reçu des consignes fermes», estiment-ils. «Le drame dans cette histoire absurde, c’est que le jour de l’inauguration du salon de thé, la police afflue vers les lieux pour intimider la gérante, se mettant ainsi au service de l’injustice la plus lâche qui soit. Les invités étaient complètement abasourdis», avancent les deux collectifs sur la foi du témoignage de la gérante.
On sait aussi que celle-ci a sollicité le P/APC-FFS de Béjaïa, Abdenour Tafougt, mais ce dernier lui a dit, selon son témoignage : «Je ne peux pas casser la parole de l’imam». Pour le collectif, qui indique vouloir interpeller le parti sur la réaction de son élu, le P/APC «n’a pas cherché à savoir qui a tort qui a raison» alors que la gérante est en règle.
Cette effrayante affaire se corse quand un voisin occupant une loge mitoyenne du salon de thé a brandi une hache et s’est lancé contre la dame, rapporte encore le collectif. L’agresseur a été arrêté, mais a récidivé en urinant cette fois pendant la nuit devant la porte du salon de thé, à la suite d’un dépôt de plainte de l’avocat de la gérante. Selon le collectif féministe, l’imam a demandé l’annulation de la plainte. Le défenseur de la gérante, lui, a réclamé à son tour de retirer sa pétition, ce qu’il n’a pas accepté, conduisant l’affaire à passer au Tribunal. La «moralité» pour le collectif est «si l’imam ne s’occupait que de sa fonction spirituelle et si la police avait fait son travail, la situation n’aurait pas connu un tel développement». A suivre. -
«De mémoire d’homme, une vie, deux combats» aux éditions Frantz Fanon : Récit de vie et de combat de Nadir Marouf
SharePar Leila ZAIMI
«De mémoire d’homme, une vie, deux combats» est le dernier ouvrage-récit qu’a publié, en février dernier, Nadir Marouf, le sociologue et l’anthropologue algérien aux éditions Frantz Fanon.
C’est à la demande de mes enfants que le présent ouvrage a pu voir le jour, en février dernier, après plusieurs tentatives avortées, dit et écrit Nadir Marouf. Pour raconter son récit de vie, notre auteur s’est choisi le nom de Mohamed. L’arabe algérien. L’écrivain, qui a connu plusieurs Algéries -commençant par l’Algérie française quelques années avant la guerre de libération, l’Algérie indépendante ou post-indépendante et l’Algérie contemporaine ou actuelle – raconte les détails marquants de son enfance et sa jeunesse. Il décrypte sa société, les comportements de ses proches avec une approche sociologique. Mohamed alors enfant a été agressé par ses copains qui l’ont traité de «Nedromi», une insulte. Cette appellation l’avait marquée et stigmatisée. Le présent récit traduit le vécu et l’expérience de l’auteur très jeune. Une fois chercheur, Nadir Marouf essaie d’interpréter et de comprendre les événements qu’il a vécus, souvent intenses et plus forts par rapport à son âge. Il essaie d’apporter, par ses écrits, des réponses aux questions relatives à la vie de l’homme dans une société. Le sociologue et anthropologue faisait partie des Algériens qui ont occupé les administrations du pays alors vides après le départ des Français en 1962. Il a porté, avec d’autres, le pays et ses problèmes sur ses épaules, alors qu’il n’avait que 22 ans à la veille de l’indépendance.
Le récit est accompagné, dans le même ouvrage, d’une petite partie dédiée à «la grande interview», où l’auteur du livre, qualifié de doyen des sociologues algériens, répond aux questions de deux universitaires. Une partie substantielle de cet entretien constitue la suite logique de la première partie du présent ouvrage. L’entretien portait notamment sur la vie académique dédiée à la pensée sociologique.
Passé et présent de l’Algérie indépendante
Les dernières pages du récit ont été consacrées à l’opinion du grand sociologue sur l’Algérie depuis 1962. Il parle de la gestion et la maîtrise du groupe dans une ville, du voisinage et des mutations sociales que connaissent les Algériens. Il cite, entre autres, les fruits du système en place en matière sociologique, à savoir le mal-être, le handicap du vivre-ensemble et le déficit de citoyenneté, selon ses dires. «La mosquée est là pour servir de thérapie de groupe, mais son effet s’arrête bien souvent à la sortie», a-t-il écrit en page 161. Dans un style et un vocabulaire académiques, il souligne le fossé séparant l’Etat et la société, et ce, depuis l’Indépendance. Il dit : «Contrairement aux sociétés occidentales, c’est l’Etat qui a fabriqué la société, la réduisant au rôle de consommatrice des normes venues d’en haut, et lui enjoignant de les respecter sous peine d’être mise hors-la-loi».
Les dernières lignes de cet ouvrage sont dédiées aux propositions pour réordonner la société algérienne. L’anthropologue et sociologue propose la réinstauration d’un organe de planification dans le but de localiser les opérations d’investissement en fonction des spécificités régionales. Son deuxième vœu, dit-il, concerne la politique de régionalisation en Algérie. Il suggère que l’action du Plan, couplée à la politique de régionalisation (régions regroupant plusieurs wilayas sous un conseil régional à la française), serait un garde-fou indispensable contre l’improvisation et le court-termisme. La troisième et dernière proposition est dédiée à la politique d’enseignement supérieur et de la recherche. C’est-à-dire, retrouver la vraie vocation de l’Université, qui est la recherche. nNadir Marouf, «De mémoire d’homme,
Une vie, deux combats», Préface de Karima Lazali – Editions Frantz Fanon, Boumerdes, 2020.
600 dinars. -
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L’historien français Marc Ferro, spécialiste de l’histoire de la colonisation et défenseur de la cause algérienne, est décédé dans la nuit de mercredi à jeudi à l’âge de 96 ans, ont rapporté des médias français. Historien de réputation internationale, Marc Ferro, né à Paris en 1924, était un spécialiste de l’URSS et de la Russie mais aussi des guerres du XXe siècle, de la colonisation et du cinéma. Il était aussi un auteur prolifique. Il avait publié l’an dernier son 65e ouvrage, « L’entrée dans la vie », sur le destin de grandes personnalités. Après qu’il a échappé aux nazis durant la deuxième guerre mondiale, il a été affecté à Oran, alors sous la colonisation française, pour y enseigner, de 1948 à 1956. Il s’engage en faveur de l’indépendance de l’Algérie. Son livre « Le Livre noir du colonialisme, XVI-XXI siècle: de l’extermination à la repentance » (2003) est l’ouvrage de référence sur les pages sanglantes, les excès, les méfaits mais aussi les discours de légitimation de la colonisation française et occidentale. En 1960, il regagne Paris, où il enseigne et prépare une thèse de doctorat consacrée à la Révolution russe de 1917. Plus tard, il enseigne à l’Ecole Polytechnique avant de diriger le groupe de recherches « Cinéma et Histoire » à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS). Bien qu’ayant échoué sept fois à l’agrégation, il poursuit sa carrière universitaire, durant laquelle il cherche à analyser les événements et la société sans porter de jugement, et dirige même à partir des années 1970, la prestigieuse revue des Annales. Directeur de recherche émérite à l’EHESS, il innove à la fin des années 1980 en mettant à la portée du grand public les archives cinématographiques des grands moments de l’Histoire contemporaine, comme la période 1939-45 et la Guerre froide.
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Par REPORTERS -22 avril 202176
Nadir Marouf, le sociologue et l’anthropologue de renommée mondiale, répond à nos questions à l’occasion d’une rencontre-dédicace, organisée récemment à la librairie Tiers-Monde d’Algérie, un mois après la sortie de son livre «De mémoire d’homme, Une vie, deux combats», où il nous livre son témoignage.Entretien réalisé par Leila ZAIMI
Reporters : Que représente pour vous ce livre de mémoires ? Un testament ?
Nadir Marouf : Non, non, même pas. C’est un petit ouvrage, je n’ai pas investi grand-chose du point de vue intellectuel. C’est un cadeau, une réponse que j’ai faite à mes enfants qui m’ont toujours demandé d’écrire quelque chose sur ma vie antérieure. Ils ne comprenaient pas pourquoi il y a tant d’ouvrages de personnes qui ont fait des autobiographies et pourquoi pas moi. Moi, en toute modestie, ce n’est pas un concours Lépine sur le meilleur compatriote ou le meilleur guerrier. J’estime que je n’ai pas fait grand-chose par rapport aux autres, je le dis en toute humilité. Mais ce que j’ai vécu en ce temps relativement court était très intense, et cela m’a poursuivi, j’allais dire toute ma vie.Pourquoi avez-vous hésité à l’écrire plus tôt ?
J’ai hésité parce que… j’ai écrit une trentaine de livres, mais qui sont académiques. Dès que j’ai commencé à écrire, c’était des concepts. J’ai essayé d’écrire ce récit et je me suis rendu compte qu’il n’est pas évident d’écrire dans l’ordre du récit ordinaire, disant. Vous savez, c’est difficile d’écrire simple, de faire simple…Pourquoi avoir choisi les éditions Fanon ?
Heu… d’abord le nom Frantz Fanon est un nom très cher pour nous Algériens. C’est un nom quasiment prophétique. L’opportunité s’est faite sentir pour la maison d’édition Frantz-Fanon parce que j’ai lu quelques publications et j’ai trouvé quelque chose qui entre dans mes cordes.Vous êtes un grand observateur de la société algérienne depuis une quarantaine d’années, voire davantage. Que remarquez-vous comme grands changements ? Et qu’en pensez-vous ?
Je trouve qu’il y a un recul au niveau du rapport à la connaissance. On entre de plus en plus dans un espace de discours normatif. Normatif, c’est-à-dire cela est bien, cela est mauvais. On privilégie des formations professionnalisantes, c’est normal, d’un côté, parce que les gens ont besoin de vivre. Mais, il y a un recul de la pensée intellectuelle au profit d’une vision mystico-religieuse. Je souligne que je ne suis pas contre le mystique ni la religion. Mais ce que nous appelons la pensée sécularisée et libre est en train de régresser et c’est peut-être la raison pour laquelle nos intellectuels préfèrent se faire éditer à l’étranger qu’en Algérie.Quel regard portez-vous sur la recherche en anthropologie en Algérie ?
Houlà… D’abord, j’ai l’humilité de rappeler que je suis le fondateur du CRASC, en 1983. Et puis j’ai donné la main à Mme Noria Benghabrit, l’ex-ministre de l’Education nationale, qui était mon ancienne étudiante. Nous avons créé ce centre parce que nous pensions qu’à côté de la recherche utile, pragmatique qui peut servir de manière concrète, le gouvernement algérien a toujours voulu que les sciences sociales soient des disciplines permettant de répondre aux questions immédiates et pragmatiques, ce qui est tout à fait utopique. Chacun son métier, nous ne pouvons pas transformer les chercheurs en plombiers spécialisés. En France, tout ce qui est formation sur court et moyen termes, c’est-à-dire avec des options dites pragmatiques, ce sont les petites, moyennes et grandes écoles. L’Université, par contre, a toujours poursuivi sa vocation universaliste. Nous, en Algérie, nous avons tout mélangé. Chez nous, l’Université doit tout fabriquer. Ici, il y a une confusion en ce qui concerne la vocation de l’Université. Alors qu’il y a des institutions qui sont faites pour cela. Aujourd’hui, je ne suis pas bien informé sur la stratégie du gouvernement en la matière, mais je pense que nous sommes complètement à côté de la plaque.Et sur l’évolution politique du pays…
Je pense qu’à propos de la question de la sécularité, c’est-à-dire poser le problème du politique et de la culture, il faudrait qu’il y ait une séparation entre les deux. Et éviter que tout avis personnel qui n’engage que celui qui le produit soit automatiquement considéré comme une hérésie. Il faut cesser de créer «le terrorisme de la pensée» et que les gens puissent réfléchir librement, comme cela se fait chez nos voisins, tout simplement. Il y a un manque de tolérance, à mon avis, que je trouve regrettable. Je cite l’exemple de Saïd Djabelkheir, l’islamologue qui, actuellement, doit se justifier devant les tribunaux parce que quelqu’un a porté plainte contre lui. Et le tribunal a accepté la plainte. Où est-ce que nous avons vu cela ? Même au Moyen-Age, dans la longue histoire du Monde musulman, il y a toujours eu des penseurs qui avaient des idées qui n’étaient pas forcément celles de la Oumma, de la majorité. C’est grave ce qui se passe.Lire : «De mémoire d’homme, une vie, deux combats» aux éditions Frantz Fanon : Récit de vie et de combat de Nadir Marouf






Djamila Boupacha conduit une action contre la «déstabilisation de l’Algérie»
in Actualité algérienne
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qui réprime des manifestants pacifiques et ne veut pas écouter leurs revendications.
oui oui seulement si
s ils travaillent 8 heures effectives
et puis si la revendication c la justice sociale nous sommes les plus gates au monde
ils veulent quoi le beurre et le beurre de la cremiere
ou une algerie islamiste