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maximus

Poesies du Monde

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Je suis enivré sans arrêt

 

Je suis enivré sans arrêt

par le parfum de tes cheveux.

 

Si tu veux embellir ce monde

pour autant que l'éternité,

Dis au vent d'écarter ton voile

de ta face, pour un instant.

 

Si tu veux abolir la loi

qui rend ce monde périssable,

Crève l'écran de tes cheveux :

il s'en répandra mille vies.

 

Hafez Shirazi (Iran)

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Guest Stalactite

Sans savoir pourquoi

j'aime ce monde

où nous venons pour mourir.

Natsume Sôseki (Japon)

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Mon Pays, c'est toi ...

 

Mon pays, c'est ton sourire d'or pur

et de pierres précieuses qui reflète

tout le trésor de ton coeur Bantou,

où chante l'amour comme un jour de fête.

C'est ta peau couleur de clair de lune

où mes doigts la nuit deviennent paroles

et te font signe dans la pénombre

malgré ces nuages sombres qui tatouent notre bonheur.

 

C'est tes mains plus douces que fleur d'hibiscus

fraîche éclose qui se posent sur la tiédeur

de ma peau pour me conter l'espoir,

ton regard, étreinte à la douceur de rosée du matin

où je me retrouve dans ta tendresse,

recommençant mon enfance sur tes seins,

ta bouche aux lèvres douceur de taffetas,

où je bois le vrai souffle de vie au sortir de tes entrailles.

 

Mon pays, c'est toi, étoile polaire de mes nuits,

où je m'égarerais pour toujours sans ta présence,

sens de ma vie à chaque instant,

Et ma maison c'est ton coeur.

 

Alain Serge Dzotap ( Cameroun)

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Guest chuka

Dans les ténèbres qui m’enserrent,

Noires comme un puits où l’on se noie,

Je rends grâce aux dieux quels qu’ils soient,

Pour mon âme invincible et fière,

 

Dans de cruelles circonstances,

Je n’ai ni gémi ni pleuré,

Meurtri par cette existence,

Je suis debout bien que blessé,

 

En ce lieu de colère et de pleurs,

Se profile l’ombre de la mort,

Et je ne sais ce que me réserve le sort,

Mais je suis et je resterai sans peur,

 

Aussi étroit soit le chemin,

Nombreux les châtiments infâmes,

Je suis le maître de mon destin,

Je suis le capitaine de mon âme.

 

William Ernest Henley (Grande-Bretagne)

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J’aime écrire

 

J’aime écrire parce que c’est

Te couvrir de caresses,

Nommer ta chair dans plus féroce au-delà,

Et boire, à même nos songes,

D’une même bouche épurée,

Ces mots fous de soleil et d’orange sanguine!

 

Poème de KHALFA Boualem (Algérie)

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La Mer !

 

La Mer ! ses horizons clairs ou voilés de brume,

Ses flots retentissants frangés du blanche écume

Sans cesse en mouvement.

 

Poème fascinant des eaux éblouissantes,

Etincelant concert des vagues bondissantes :

Douceur, enchantement !

 

La Mer ! ruissellement d'azur et de lumière

La mer ! ensorceleuse aux frais colliers de perle,

 

Qui susurre à la brise et frissonne ou déferle

Sur le sable doré.

 

Poème de Kouadri M'hamed (Algérie)

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Guest Stalactite

La face du vent

 

J'ai écrit mon identité

A la face du vent

Et j'ai oublié d'écrire mon nom.

 

Le temps ne s'arrête pas sur l'écriture

Mais il signe avec les doigts de l'eau

 

Les arbres de mon village sont poètes

Ils trempent leur pied

Dans les encriers du ciel.

 

Se fatigue le vent

Et le ciel déroule une natte pour s'y étendre.

 

La mémoire est ton ultime demeure

Mais tu ne peux l'y habiter

Qu'avec un corps devenu lui même mémoire.

 

Dans le désert de la langue

L'écriture est une ombre

Où l'on s'y abrite.

 

Le plus beau tombeau pour un poète

C'est le vide de ses mots.

 

Peut être que la lumière

T'induira en erreur

Si cela arrive

Ne craint rien, la faute est au soleil

 

Adonis

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Stalactite Bonjour

 

Bon partage Merci de ton passage .

 

Miroir de la luge noire

 

Bizarre j'aurais mis la Lune Noire

 

 

Tu as dit :

Mon visage est navire, mon corps est une île,et l’eau, organes désirants.

Tu as dit :

Ta poitrine est une vague, nuit qui déferle sous mes seins.

 

Le soleil est ma prison ancienne,

Le soleil est ma nouvelle prison,

La mort est fête et chant.

 

M’as-tu entendu ? Je suis autre que cette nuit, autre

Que son lit souple et lumineux.

Mon corps est ma couverture, tissu

Dont j’ai cousu les fils avec mon sang.

Je me suis égaré et dans mon corps était mon errance…

 

J’ai donné les vents aux feuilles,

J’ai laissé derrière moi mes cils,

De rage j’ai joué l’énigme avec la divinité

Et j’ai habité l’évangile de l’allaitement

Pour découvrir dans mes vêtements

la pierre itinérante

 

M’as-tu reconnu ? Mon corps est ma couverture,

La mort est mon chant et palais de mes cahiers,

L’encre m’est tombe et antichambre,

Mappemonde clivée par la désolation

En laquelle le ciel a vieilli,

Luge noire que traînent les pleurs et la souffrance.

 

Me suivras-tu ? Mon corps est mon ciel,

J’ai ouvert tout grand les couloirs de l’espace

J’ai dessiné derrière moi mes cils,

Routes menant vers une idole antique.

 

Me suivras-tu ? Mon corps est mon chemin.

 

ADONIS

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Le toucher

 

Le toucher de Sappho

 

Les arbres ont gardé du soleil dans leurs branches.

Voilé comme une femme, évoquant l’autrefois,

Le crépuscule passe en pleurant… Et mes doigts

Suivent en frémissant la ligne de tes hanches.

 

Mes doigts ingénieux s’attardent aux frissons

De ta chair sous la robe aux douceurs de pétale…

L’art du toucher, complexe et curieux, égale

Les rêves des parfums, le miracle des sons.

 

Je suis avec lenteur le contour de tes hanches,

Tes épaules, ton col, tes seins inapaisés.

Mon désir délicat se refuse aux baisers;

Il effleure et se pâme en des voluptés blanches.

 

Sappho (Grèce)

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Salah guemriche

 

Résolutions

 

 

Ne pas rêver.

Ne pas fuir.

Mais crever

Mais jaillir

Ne pas attendre.

Ne pas s'étendre.

Ne pas se méprendre

Mais prendre d'assaut

Les remparts de l'impossible

et du doute quotidien.

Ne plus croire tout court.

Mais croire en long en large

et en l'homme de demain

Ne plus murmurer.

Ne plus penser tout bas.

Mais mettre bas. Mais hurler.

Mais prouver.

Mais faire en sorte que vérité soit nue

 

Salah guemriche (Algérie)

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la lune blanche Tiré du recueil "La bonne chanson" de Paul Verlaine

France (1844-1896)

La lune blanche

Luit dans les bois ;

De chaque branche

Part une voix

Sous la ramée1...

 

Ô bien-aimée.

 

L'étang reflète,

Profond miroir,

La silhouette

Du saule noir

Où le vent pleure...

 

Rêvons, c'est l'heure.

 

Un vaste et tendre

Apaisement

Semble descendre

Du firmament

Que l'astre irise...

 

C'est l'heure exquise

 

spéciale dédicace à Twilight en guise de bienvenu :p

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Séphia Bonsoir

 

Résolutions

 

 

Ne pas rêver.

Ne pas fuir.

Mais crever

Mais jaillir

Ne pas attendre.

Ne pas s'étendre.

Ne pas se méprendre

Mais prendre d'assaut

Les remparts de l'impossible

et du doute quotidien.

Ne plus croire tout court.

Mais croire en long en large

et en l'homme de demain

Ne plus murmurer.

Ne plus penser tout bas.

Mais mettre bas. Mais hurler.

Mais prouver.

Mais faire en sorte que vérité soit nue

 

Salah guemriche (Algérie)

 

 

Tres bon choix beau partage Merci

 

je dirais

 

 

Je dirai.

mon amour ce qu'il reste

de nos premiers balbutiements

mon premier scrupule né de ta dernière pudeur

nos corps-à-corps quotidiens à se mesurer

dans la nudité insaisissable de la confiance

once à once usurpée

 

Je dirai

mon amour l'Amour du SOLEIL FRATERNEL

impossible à contenir

pour une terre qui n'a pas fini d'en réclamer

 

Salah Guemriche (Algérie)

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Guest Damnée
la lune blanche Tiré du recueil "La bonne chanson" de Paul Verlaine

France (1844-1896)

La lune blanche

Luit dans les bois ;

De chaque branche

Part une voix

Sous la ramée1...

 

Ô bien-aimée.

 

L'étang reflète,

Profond miroir,

La silhouette

Du saule noir

Où le vent pleure...

 

Rêvons, c'est l'heure.

 

Un vaste et tendre

Apaisement

Semble descendre

Du firmament

Que l'astre irise...

 

C'est l'heure exquise

 

spéciale dédicace à Twilight en guise de bienvenu :p

 

Oh merci Armine pour cette belle dédicace en plus j'aime Paule Verlaine, je viens d'apercevoir ton poste par hasard :wub::40:

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Armine Bonsoir

 

la lune blanche Tiré du recueil "La bonne chanson" de Paul Verlaine

France (1844-1896)

La lune blanche

Luit dans les bois ;

De chaque branche

Part une voix

Sous la ramée1...

 

Ô bien-aimée.

 

L'étang reflète,

Profond miroir,

La silhouette

Du saule noir

Où le vent pleure...

 

Rêvons, c'est l'heure.

 

Un vaste et tendre

Apaisement

Semble descendre

Du firmament

Que l'astre irise...

 

C'est l'heure exquise

 

spéciale dédicace à Twilight en guise de bienvenu :p

 

Alors je me joint a toi malgré que je ne connais pas Twilight

Merci de ce joli poème .

 

Pour l'amour de Dieu Ô chandelle dis-moi

 

 

Istkhbâr

Ô combien il est difficile de supporter la séparation ;

c'est un fardeau insoutenable.

Mon goût de vivre et mon coeur sont épuisés par mes désirs insatisfaits.

Ma patience étouffée par les épreuves est à bout de force.

Mon fardeau plus lourd qu' un poids écrasant a longtemps pesé sur moi.

Ma résistance comme une corde solide s'est à la longue effilochée.

Cette séparation (de ma bien-aimée) m' a paralysé.

C'est à toi Seigneur. le Généraux, l 'Eternel que j'adresse ma plainte.

refrain

Pour l'amour de Dieu, ô chandelle,

dis-moi pourquoi tous ces pleurs quand d'autres sont en joie ?

Pourquoi tes larmes coulent-elles sans cesse

telle une bougie fondante sur son chandelier ?

ô toi l'amoureux jeune majestueuse beauté

qui serais touché par le vent de la passion

d'un amour excessif et sans issue (sache) que tu seras compris

refrain - bayt

La bien-aimée qui partageait ta vie

t'a abandonné pour ne plus réapparaître

ne mesure pas l'étendue de sa trahison ; pour cet acte indigne, oublie-la.

refrain - bayt

Si vous etes jaloux des belles au cou tatoué

allez buvez des coupes de vin jusqu'r avoir des joues empourprées,

mais toi, je ne te ferais pas goutter r rues cajoleries.

Si tu veux vraiment danser

comme ont su le faire nos belles accompagnées de musique.

(alors) Ô maître, divertis-nous durant cette nuit.

 

 

Ben çoghir el-sûri

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Guest Damnée
Alors je me joint a toi malgré que je ne connais pas Twilight

Merci de ce joli poème .

 

Pour l'amour de Dieu Ô chandelle dis-moi

 

 

Istkhbâr

Ô combien il est difficile de supporter la séparation ;

c'est un fardeau insoutenable.

Mon goût de vivre et mon coeur sont épuisés par mes désirs insatisfaits.

Ma patience étouffée par les épreuves est à bout de force.

Mon fardeau plus lourd qu' un poids écrasant a longtemps pesé sur moi.

Ma résistance comme une corde solide s'est à la longue effilochée.

Cette séparation (de ma bien-aimée) m' a paralysé.

C'est à toi Seigneur. le Généraux, l 'Eternel que j'adresse ma plainte.

refrain

Pour l'amour de Dieu, ô chandelle,

dis-moi pourquoi tous ces pleurs quand d'autres sont en joie ?

Pourquoi tes larmes coulent-elles sans cesse

telle une bougie fondante sur son chandelier ?

ô toi l'amoureux jeune majestueuse beauté

qui serais touché par le vent de la passion

d'un amour excessif et sans issue (sache) que tu seras compris

refrain - bayt

La bien-aimée qui partageait ta vie

t'a abandonné pour ne plus réapparaître

ne mesure pas l'étendue de sa trahison ; pour cet acte indigne, oublie-la.

refrain - bayt

Si vous etes jaloux des belles au cou tatoué

allez buvez des coupes de vin jusqu'r avoir des joues empourprées,

mais toi, je ne te ferais pas goutter r rues cajoleries.

Si tu veux vraiment danser

comme ont su le faire nos belles accompagnées de musique.

(alors) Ô maître, divertis-nous durant cette nuit.

 

 

Ben çoghir el-sûri

 

Merci Maximus on se connait pas mais y a un début à tout, merci pour le partage des poèmes :40:

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Twilight Bonsoir

 

Merci Maximus on se connait pas mais y a un début à tout, merci pour le partage des poèmes :40:

 

Tous le plaisir et pour moi de me lire

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je me retrouvais enfin dans le désert et le silence...

 

Tout était là; tout lisse, tout était nu et sans bruit. Je connaissais enfin la possibilité exaltante d'être une pierre, un grain de sable ou le filet d'un souffle d'air.

 

PS.j'ai posté ce texte de Nicolas Kurtovich il y a quelques jours, mais il est si profond que je ne résiste pas à le citer à nouveau.

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Bonjour

 

je me retrouvais enfin dans le désert et le silence...

 

Tout était là; tout lisse, tout était nu et sans bruit. Je connaissais enfin la possibilité exaltante d'être une pierre, un grain de sable ou le filet d'un souffle d'air.

 

PS.j'ai posté ce texte de Nicolas Kurtovich il y a quelques jours, mais il est si profond que je ne résiste pas à le citer à nouveau.

 

Trés beau texte saisissant a la fois

Merci pour ta contribution ...

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Trés beau texte saisissant a la fois

Merci pour ta contribution ...

 

Bonjour maximus, les textes que l'on partage sur ce fil sont tellement beaux et profonds qu'on se laisserait emporter (pas trop loin)!!!

 

Le silence du désert nous dépouille.

Par là, vous devenez vous-mêmes.

C'est à dire: rien...

Mais un rien qui écoute.

 

Edmond Jabès

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Bonjour maximus, les textes que l'on partage sur ce fil sont tellement beaux et profonds qu'on se laisserait emporter (pas trop loin)!!!

 

Le silence du désert nous dépouille.

Par là, vous devenez vous-mêmes.

C'est à dire: rien...

Mais un rien qui écoute.

 

Edmond Jabès

 

Oui c'est vrai le monde regorge de Poetes Merci a toi cher ami

 

 

J'ai dit mon mal et mes soucis

à tous les vents, au monde entier,

À l'occident et à l'orient,

et à mon roi et à mon peuple

Que puis-je donc faire un geste de plus,

faut-il mourir devant ton seuil ?

(Sayat-Nova)

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Oui c'est vrai le monde regorge de Poetes Merci a toi cher ami

 

 

J'ai dit mon mal et mes soucis

à tous les vents, au monde entier,

À l'occident et à l'orient,

et à mon roi et à mon peuple

Que puis-je donc faire un geste de plus,

faut-il mourir devant ton seuil ?

(Sayat-Nova)

 

J'ai toujours aimé le désert.

 

On s'assoit sur une dune de sable.

On ne voit rien.

On n'entend rien.

Et cependant quelque chose rayonne en ce silence.

 

Antoine de Saint Exupéry

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Bonjour

 

J'ai toujours aimé le désert.

 

On s'assoit sur une dune de sable.

On ne voit rien.

On n'entend rien.

Et cependant quelque chose rayonne en ce silence.

 

Antoine de Saint Exupéry

 

Merci de ta contribution ...

 

Le désert

Quand le Bédouin qui va de l'Horeb en Syrie

Lie au tronc du dattier sa cavale amaigrie,

Et, sous l'ombre poudreuse où sèche le fruit mort,

Dans son rude manteau s'enveloppe et s'endort,

Revoit-il, faisant trêve aux ardentes fatigues,

La lointaine oasis où rougissent les figues,

Et l'étroite vallée où campe sa tribu,

Et la source courante où ses lèvres ont bu,

Et les brebis bêlant, et les boeufs à leurs crèches,

Et les femmes causant près des citernes fraîches,

Ou, sur le sable, en rond, les chameliers assis,

Aux lueurs de la lune écoutant les récits ?

Non, par delà le cours des heures éphémères,

Son âme est en voyage au pays des chimères.

Il rêve qu'Al-Borak, le cheval glorieux,

L'emporte en hennissant dans la hauteur des cieux ;

Il tressaille, et croit voir, par les nuits enflammées,

Les filles de Djennet à ses côtés pâmées.

De leurs cheveux plus noirs que la nuit de l'enfer

Monte un âcre parfum qui lui brûle la chair ;

Il crie, il veut saisir, presser sur sa poitrine,

Entre ses bras tendus, sa vision divine.

Mais sur la dune au loin le chacal a hurlé,

Sa cavale piétine, et son rêve est troublé ;

Plus de Djennet, partout la flamme et le silence,

Et le grand ciel cuivré sur l'étendue immense

Charles-Marie LECONTE DE LISLE (1818-1894)

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Merci de ta contribution ...

 

Le désert

Quand le Bédouin qui va de l'Horeb en Syrie

Lie au tronc du dattier sa cavale amaigrie,

Et, sous l'ombre poudreuse où sèche le fruit mort,

Dans son rude manteau s'enveloppe et s'endort,

Revoit-il, faisant trêve aux ardentes fatigues,

La lointaine oasis où rougissent les figues,

Et l'étroite vallée où campe sa tribu,

Et la source courante où ses lèvres ont bu,

Et les brebis bêlant, et les boeufs à leurs crèches,

Et les femmes causant près des citernes fraîches,

Ou, sur le sable, en rond, les chameliers assis,

Aux lueurs de la lune écoutant les récits ?

Non, par delà le cours des heures éphémères,

Son âme est en voyage au pays des chimères.

Il rêve qu'Al-Borak, le cheval glorieux,

L'emporte en hennissant dans la hauteur des cieux ;

Il tressaille, et croit voir, par les nuits enflammées,

Les filles de Djennet à ses côtés pâmées.

De leurs cheveux plus noirs que la nuit de l'enfer

Monte un âcre parfum qui lui brûle la chair ;

Il crie, il veut saisir, presser sur sa poitrine,

Entre ses bras tendus, sa vision divine.

Mais sur la dune au loin le chacal a hurlé,

Sa cavale piétine, et son rêve est troublé ;

Plus de Djennet, partout la flamme et le silence,

Et le grand ciel cuivré sur l'étendue immense

Charles-Marie LECONTE DE LISLE (1818-1894)

 

C'est ta contribution qui appelle la mienne et ce sont elles qui avancent, dans le désert et au-delà...

 

Nous ne sommes véritablement nous-même

qu'au plus aride de notre solitude.

 

Edmond Jabès

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