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Forum Algerie, forum de discussions entre algeriens
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Guest asteroideB612

A vos textes....

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Guest Stalactite

Eloge du rien de Christian Bobin

 

 

Pourquoi faudrait-il un sens à nos jours ? Pour les sauver ? Mais ils n'ont pas besoin de l'être. Il n'y a pas de perte dans nos vies, puisque nos vies sont perdues d'avance, puisqu'elles passent un peu plus, chaque seconde.

 

Sans doute l 'avez-vous remarqué : notre attente - d'un amour, d'un printemps, d'un repos - est toujours comblée par surprise. Comme si ce que nous espérions était toujours inespéré. Comme si la vraie formule d'attendre était celle-ci : ne rien prévoir, sinon l'imprévisible. Ne rien attendre, sinon l'inattendu.

 

Reste l'amour qui nous enlève de tout, sans nous sauver de rien. La solitude est en nous comme une lame, profondément enfoncée dans les chairs. On ne pourrait nous l'enlever sans nous tuer aussitôt. L'amour ne révoque pas la solitude. Il la parfait. Il lui ouvre tout l'espace pour brûler. L'amour n'est rien de plus que cette brûlure, comme au blanc d'une flamme. Une éclaircie dans le sang. Une lumière dans le souffle. Rien de plus. Et pourtant il me semble que tout une vie serait légère, penchée sur ce rien. Légère, limpide : l'amour n'assombrit pas ce qu'il aime. Il ne l'assombrit pas parce qu'il ne cherche pas à le prendre. Il le touche sans le prendre. Il le laisse aller et venir. Il le regarde s'éloigner, d'un pas si fin qu'on ne l'entend pas mourir : éloge du peu, louange du faible. L'amour s'en vient, l'amour s'en va. Toujours à son heure, jamais à la vôtre.

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Guest Stalactite

Vingt-quatre heures de la vie d'une femme de Stefan Zweig

 

Car… maintenant je ne m’abuse plus…, si cet homme m’avait alors saisie, s’il m’avait demandé de le suivre, je serais allée avec lui jusqu’au bout du monde ; j’aurais déshonoré mon nom et celui de mes enfants… Indifférente aux discours des gens et à la raison intérieure, je me serais enfuie avec lui, comme cette Mme Henriette avec le jeune Français que, la veille, elle ne connaissait pas encore…Je n’aurais pas demandé ni où j’allais, ni pour combien de temps ; je n’aurais pas jeté un seul regard derrière moi, sur ma vie passée… mon nom, ma fortune, mon honneur… Je serais allé mendier, et probablement il n’y a pas de bassesse au monde à laquelle il ne m’eût amenée à consentir. J’aurais rejeté tout ce que dans la société on nomme pudeur et réserve ; si seulement il s’était avancé vers moi, en disant un parole ou en faisant un seul pas, s’il avait tenté de me prendre, à cette seconde j’étais perdue et liée à lui pour toujours.

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Guest Stalactite

L'ignorance de Milan Kundera

 

Sur l'avenir, tout le monde se trompe. L'homme ne peut être sûr que du moment présent. Mais est-ce bien vrai? Peut-il vraiment le connaitre, le présent? Est-il capable de le juger? Bien sûr que non. Car comment celui qui ne connait pas l'avenir portait-il comprendre le sens du présentent? Si nous ne savons pas vers quel avenir le présent nous mène, comment pourrions-nous dire que ce présent est bon ou mauvais, qu'il mérite notre adhésion, notre méfiance ou notre haine?

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Guest Miss angel

L'Olympe des infortunes de Yasmina Khadra

 

"Coincée entre une décharge publique et la mer, hors du temps et de toute géographie, l'Olympe des Infortunes est un terrain vague peuplé de vagabonds et de laissés-pour-compte ayant choisi de tourner le dos à la société. Là vivent Ach le Borgne, Junior le Simplet, Mama la Fantomatique, le Pacha, sa cour de soûlards et bien d'autres personnages aussi obscurs qu'attachants. C'est un pays de mirages et de grande solitude où toutes les hontes sont bues comme sont tus les secrets les plus terribles. Ach le Borgne, aussi appelé 'le Musicien' parce qu'il sait, en quelques accords de banjo, faire chanter la lune, a pris sous son aile un jeune et naïf va-nu-pieds qui lui voue une admiration sans limites. Auprès de Ach, Junior s'initie à la philosophie des Horr. Le Horr est un clochard volontaire qui a pris le parti de vivre en marge de la ville en rejetant toutes ses valeurs : argent, travail, famille. Refusant jusqu'à la mendicité, le Horr se croit libre de toute attache. Mais lorsqu'une affection, souvent plus profonde qu'il n'y paraît, vient à naître entre les membres de cette communauté d'ivrognes et de bras-cassés, tout détachement s'avère alors bien illusoire."

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Guest chuka

Je n'ai jamais voulu lire du Yasmina Khadra, je découvre une belle écriture.

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Guest Miss angel

tu avais des préjugés sur lui, Chuka ?

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Guest chuka

oui et non, j'ai voulu le lire mais j'ai eu de mauvais retour de la part de mon entourage, j'ai supposé que je risquai aussi d'être déçu par les opinions qu'il pouvait se faire au sujet de la décennie noire en Algérie

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Guest Miss angel

j'ai lu deux ou trois livres de lui, jusqu'à maintenant je n'ai pas été déçu.

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Guest chuka

Je suis pas prête d'en lire là tout de suite mais lequel de ses livres t'as marqué ?

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Guest Miss angel

Les hirondelles de Kaboul, j'ai beaucoup aimé.

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Guest Miss angel

ce n'est pas un gros livre, il se lit bien.

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Guest Stalactite

Le journal de Kurt Cobain

 

Juste avant de m'endormir, quand je m'emmerde vraiment je... m'allonge et cogite un moment jusqu'à sombrer dans un état de semi-conscience hypnotique, que certains appellent le rêve éveillé, d'autres planer. J'ai l'impression de ne pas être là et ça n'a aucune importance parce que j'en ai marre de me trouver dans des situations et des conversations ennuyeuses, chaque jour ressemble à un sitcom de base, certains appellent ça la pensée mais quand je suis dans cet état d'esprit particulier j'oublie de penser et tout devient pure observation.

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Guest chuka

J'aime bien. Son journal a été publié de son vivant ? j'imagine que non ?..

Il y a une citation de lui que j'aime beaucoup et qu'on trouve un peu partout sur la toile : "I'd rather be hated for who I am, than loved for who I am not"

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Guest Stalactite
J'aime bien. Son journal a été publié de son vivant ? j'imagine que non ?..

Il y a une citation de lui que j'aime beaucoup et qu'on trouve un peu partout sur la toile : "I'd rather be hated for who I am, than loved for who I am not"

 

Je pense qu'il a été publié après sa mort ( mais je vais demander confirmation à une amie de ma fille ! )

 

Trés belle citation et tellement vraie : n'aspire t-on pas tous à être aimé pour ce que nous sommes vraiment ( pour nos défauts plus que pour nos qualités )

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Guest Stalactite

A d'autres moments tu disais que cela te suffisait d'avoir eu ces heures, ces après-midi ; d'avoir été une maîtresse perpétuelle, une doublure. Cela n'aurait pas dû. Pourtant c'était le cas. Et peut-être, d'une certaine façon, était-ce aussi une libération. L'île déserte des épouses. Le récurage à la brosse à ongles, les espoirs déçus raccommodés, le shilling économisé sur le ménage et dissimulé, les restes réchauffés, les soupers silencieux, la pendule contemplée tard le soir et le rôti découpé en tranches fines - c'eût été comme s'enterrer ensemble dans le même cercueil de convenances. Ce n'était pas pour moi. Je devrais m'en sentir reconnaissante. Ce n'était pas ce que je désirais vivre avec lui.

 

Muse de Joseph O'connor ( terminé il y a peu: histoire d'amour et bouleversante d'une actrice déchue )

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Baggares sous la couvertures

 

De zaki

 

Pousses toi tu colles ..tu ne veux pas cessé, tu m'as tout videz..

Non pas ce soir merde

Tu le'tuer ou quoi..??

Pousses toi me,,de..?

Tu'as reveillez'l'enfant..?

Noudhi esshour rah krib et je risque de ratrapper cette journé?

Foule ton slip'. me''de le adhane est proche...

 

Ne bouges surtout pas

Tournes tes jambes autours des mien

Calles toi bien

Creuse ton dos

 

Ils appeler au priéres

Je m'enfiche on va ratraper ce jour de ramdhan apres:-)

 

Vous voyez cette scene n'est jamais gouté par un libanais chretien

 

Le ramadhan s'approche

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Baggares sous la couvertures

 

De zaki

 

Pousses toi tu colles ..tu ne veux pas cessé, tu m'as tout videz..

Non pas ce soir merde

Tu le'tuer ou quoi..??

Pousses toi me,,de..?

Tu'as reveillez'l'enfant..?

Noudhi esshour rah krib et je risque de ratrapper cette journé?

Foule ton slip'. me''de le adhane est proche...

 

Ne bouges surtout pas

Tournes tes jambes autours des mien

Calles toi bien

Creuse ton dos

 

Ils appeler au priéres

Je m'enfiche on va ratraper ce jour de ramdhan apres:-)

 

Vous voyez cette scene n'est jamais gouté par un libanais chretien

 

Le ramadhan s'approche

 

... Le marquis de Sade peut aller se rhabiller...

 

:D :D

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Guest Stalactite

Les désorientés d'Amin Maalouf

 

"Qu'est-ce qui vous a réunis ?"demanda l'étrangère. Albert réféchit. "Il y a plusieurs réponses possibles. La première qui me vienne à l'esprit, c'est qu'aucun d'entre nous ne ressemblait vraiment à sa communauté".[...] "Mon meilleur ami parmi les juifs, c'était Naïm et mon meilleur ami parmi les chrétiens, c'était Adam. Bien entendu, tous les chrétiens n'étaient pas comme Adam, ni tous les musulmans comme Ramez, ni tous les juifs comme Naïm. Mais moi, je voyais d'abord mes amis. Ils étaient mes oeillères, ou, si tu préfères, ils étaient les arbres qui me cachaient la forêt;" [...]

 

"C'est à ça que servent les amis?" "Oui, je le crois. Tes amis servent à te préserver tes illusions le plus longtemps possible." "Mais tu finis quand même par les perdre, tes illusions." "Bien sûr, avec le temps, tu finis par les perdre. Mais il vaut mieux que ça n'arrive pas trop tôt. Sinon, tu perds aussi le courage de vivre."

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Guest Stalactite

L'oracle della Luna : Le tragique et lumineux destin de Giovanni Tratore de Frédéric Lenoir.

 

Exister est un fait mais vivre est un art.

 

...//...

 

Telle une œuvre d’art, nous devons tout d’abord la vouloir ; puis l’imaginer, la penser ; enfin la réaliser, la modeler, la sculpter, et cela à travers tous les évènements heureux ou malheureux, qui surviennent sans que nous y puissions rien. On apprend à vivre, comme on apprend à philosopher ou à faire la cuisine. Et le meilleur éducateur de la vie, c’est la vie elle-même et l’expérience qu’on peut en tirer…

 

Nous avons parfois peur de nous ouvrir pleinement à la vie, d’accueillir son flot impétueux. Nous préférons contrôler nos existences en menant une vie étroite, balisée, avec le moins de surprises possibles… L’être humain a peur de la vie et il est en quête de la sécurité de l’existence. Il cherche, tout compte fait davantage à survivre qu’à vivre. Or, survivre, c’est exister sans vivre,.... c’est déjà mourir. Passer de la survie à la vie, c’est une des choses les plus difficiles qui soient !

 

De même, est-il si difficile et effrayant d’accepter d’ être les créateurs de notre vie ! Nous préférons vivre comme des brebis, sans trop réfléchir, sans trop prendre de risques, sans trop oser aller vers nos rêves les plus profonds, qui sont pourtant nos meilleurs raisons de vivre.

Certes, tu existes, mais la question à te poser, c’est : suis-je vivant ?

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Guest Stalactite

La Règle du goût de David Hume

 

 

" Rien n'est plus propre à adoucir l'humeur que l'étude des beautés, soit de la poésie, soit de l'éloquence, soit de la musique, soit de la peinture : cette étude donne au sentiment une certaine élégance que sans elle personne ne saurait acquérir ; ils retirent l’esprit du trouble des affaires, lui inspirent le désintéressement, répandent des charmes sur la méditation, nous font aimer la vie tranquille, et nous plongent dans cette douce mélancolie, qui de toutes les dispositions d'esprit est la plus favorable à la naissance de l'amour et l'amitié."

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extrait

 

La Vieille allume la lampe à gaz. Elle va tirer le Vieux par la manche.

 

LA VIEILLE : Allons, mon chou, ferme la fenêtre, ça sent mauvais l'eau qui croupit et puis il entre des moustiques.

LE VIEUX : Laisse-moi tranquille !

LA VIEILLE : Allons, allons, mon chou, viens t'asseoir. Ne te penche pas, tu pourrais tomber dans l'eau. Tu sais ce qui est arrivé à François Ier. Faut faire attention.

LE VIEUX : Encore des exemples historiques ! Ma crotte, je suis fatigué de l'histoire française. Je veux voir ; les barques sur l'eau font des taches au soleil.

LA VIEILLE : Tu ne peux pas les voir, il n'y a pas de soleil, c’est la nuit, mon chou.

LE VIEUX : Il en reste l’ombre.

 

Il se penche très fort.

 

LA VIEILLE, elle le tire de toutes ses forces : Ah !... tu me fais peur, mon chou... viens t'asseoir, tu ne les verras pas venir. C’est pas la peine. Il fait nuit...

 

Le Vieux se laisse traîner à regret.

 

LE VIEUX : Je voulais voir, j'aime tellement voir l'eau.

LA VIEILLE : Comment peux-tu, mon chou ?... Ça me donne le vertige. Ah ! cette maison, cette île, je ne peux m'y habituer. Tout entourée d’eau... de l'eau sous les fenêtres, jusqu'à l'horizon...

 

La Vieille et le Vieux, la Vieille traînant le Vieux, se dirigent vers les deux chaises. Le Vieux s'assoit tout naturellement sur les genoux de la Vieille.

 

LE VIEUX : Il est 6 heures de l'après-midi... il fait déjà nuit. Tu te rappelles, jadis, ce n'était pas ainsi ; il faisait encore jour à 9 heures du soir, à 10 heures, à minuit.

LA VIEILLE : C’est pourtant vrai, quelle mémoire !

LE VIEUX : Ça a bien changé.

LA VIEILLE : Pourquoi donc, selon toi ?

LE VIEUX : Je ne sais pas, Sémiramis, ma crotte... Peut-être, parce que plus on va, plus on s'enfonce. C’est à cause de la terre qui tourne, tourne, tourne, tourne...

LA VIEILLE : Tourne, tourne, mon petit chou... Ah ! oui, tu es certainement un grand savant. Tu es très doué, mon chou. Tu aurais pu être Président chef, Roi chef, ou même Docteur chef, Maréchal chef, si tu avais voulu, si tu avais eu un peu d’ambition dans la vie...

LE VIEUX : A quoi cela nous aurait-il servi ? On n'en aurait pas mieux vécu... et puis, nous avons une situation, je suis Maréchal tout de même, des logis, puisque je suis concierge.

LA VIEILLE, elle caresse le Vieux comme on caresse un enfant : Mon petit chou, mon mignon...

LE VIEUX : Je m'ennuie beaucoup.

LA VIEILLE : Tu étais plus gai, quand tu regardais l’eau... Pour nous distraire, fais semblant comme l'autre soir.

LE VIEUX : Fais semblant toi-même, c’est ton tour.

LA VIEILLE : C'est ton tour.

LE VIEUX : Ton tour.

LA VIEILLE : Ton tour.

LE VIEUX : Ton tour.

LA VIEILLE : Ton tour.

LE VIEUX : Bois ton thé, Sémiramis. Il n'y a pas de thé, évidemment.

LA VIEILLE : Alors, imite le mois de février.

LE VIEUX : Je n’aime pas les mois de l'année.

LA VIEILLE : Pour l'instant, il n’y en a pas d'autres. Allons, pour me faire plaisir...

LE VIEUX : Tiens, voilà le mois de février. Il se gratte la tête, comme Stan Laurel.

LA VIEILLE, riant, applaudissant : C’est ça. Merci, merci, tu es mignon comme tout, mon chou. Oh ! tu es très doué, tu aurais pu être au moins Maréchal chef, si tu avais voulu...

LE VIEUX : Je suis concierge, Maréchal des logis.

 

 

Les chaises

Eugène Ionesco

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Bonjour Perle Sissa :40:

 

Merci ! Enorme ! Émouvant Saisissant du moins pour moi ... c'est toujours comme avant, il y a la tendresse, la dépendance et non la soumission à l'autre il y a le bonheur du dialogue qui transforme, ... il y a l'amour que je ne peux troqué contre rien au monde tant c'est ma raison de vivre certes de la mélancolie cependant il y a le rêve

 

oui très beau texte

 

il y a toi mon amie :o :clover:

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