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caprice

La muse

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Je rêve

 

Mon amour pour avoir figuré mes désirs

Mis tes lèvres au ciel de tes mots comme un astre

Tes baisers dans la nuit vivante

Et le sillage de tes bras autour de moi

Comme une flamme en signe de conquête

Mes rêves sont au monde

Clairs et perpétuels.

 

Et quand tu n'es pas là

Je rêve que je dors je rêve que je rêve.

 

 

Paul Eluard

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Amour secret

 

Ô toi d'où me vient ma pensée,

Sois fière devant le Seigneur !

Relève ta tête abaissée,

Ô toi d'où me vient mon bonheur !

 

Quand je traverse cette lieue

Qui nous sépare, au sein des nuits,

Ta patrie étoilée et bleue

Rayonne à mes yeux éblouis.

 

C'est l'heure où cent lampes en flammes

Brillent aux célestes plafonds ;

L'heure où les astres et les âmes

Echangent des regards profonds.

 

Je sonde alors ta destinée,

Je songe à toi, qui vient des cieux,

A toi, grande âme emprisonnée,

A toi, grand coeur mystérieux !

 

Noble femme, reine asservie,

Je rêve à ce sort envieux

Qui met tant d'ombre dans ta vie,

Tant de lumière dans tes yeux.

 

Moi, je te connais tout entière

Et je te contemple à genoux ;

Mais autour de tant de lumière

Pourquoi tant d'ombre, ô sort jaloux ?

 

Dieu lui donna tout, hors l'aumône

Qu'il fait à tous dans sa bonté ;

Le ciel qui lui devait un trône

Lui refusa la liberté.

 

Oui, ton aile, que le bocage,

Que l'air joyeux réclame en vain,

Se brise aux carreaux d'une cage,

Pauvre grande âme, oiseau divin !

 

Bel ange, un joug te tient captive,

Cent préjugés sont ta prison,

Et ton attitude pensive,

Hélas, attriste ta maison.

 

Tu te sens prise par le monde

Qui t'épie, injuste et mauvais.

Dans ton amertume profonde

Souvent tu dis : si je pouvais !

 

Mais l'amour en secret te donne

Ce qu'il a de pur et de beau,

Et son invisible couronne,

Et son invisible flambeau !

 

Flambeau qui se cache à l'envie,

Qui luit, splendide et clandestin,

Et qui n'éclaire de la vie

Que l'intérieur du destin.

 

L'amour te donne, ô douce femme,

Ces plaisirs ou rien n'est amer,

Et ces regards où toute l'âme

Apparaît dans un seul éclair.

 

Et le sourire, et la caresse,

L'entretient furtif et charmant,

Et la mélancolique ivresse

D'un ineffable épanchement,

 

Et les traits chéris d'un visage,

Ombre qu'on aime et qui vous suit,

Qu'on voit le jour dans le nuage,

Qu'on voit dans le rêve de la nuit,

 

Et les extases solitaires,

Quand tout deux nous nous asseyons

Sous les rameaux pleins de mystères

Au fond des bois pleins de rayons ;

 

Purs transports que la foule ignore,

Et qui font qu'on a d'heureux jours

Tant qu'on peut espérer encore

Ce dont on se souvient toujours.

 

Va, sèche ton bel oeil qui pleure,

Ton sort n'est pas déshérité.

Ta part est encore la meilleure.

Ne te plains pas, ô ma beauté !

 

Ce qui manque est bien peu de chose

Quand on est au printemps vermeil,

Et quand on vit comme la rose,

De parfums, d'ombre et de soleil.

 

Laisse donc, ô ma douce muse,

Sans le regretter un seul jour,

Ce que le destin te refuse

Pour ce que te donne l'amour !

 

Victor Hugo

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Guest Joud

A Laure

 

Si tu ne m'aimais pas, dis-moi, fille insensée,

Que balbutiais-tu dans ces fatales nuits ?

Exerçais-tu ta langue à railler ta pensée ?

Que voulaient donc ces pleurs, cette gorge oppressée,

Ces sanglots et ces cris ?

 

Ah ! si le plaisir seul t'arrachait ces tendresses,

Si ce n'était que lui qu'en ce triste moment

Sur mes lèvres en feu tu couvrais de caresses

Comme un unique amant ;

 

Si l'esprit et les sens, les baisers et les larmes,

Se tiennent par la main de ta bouche à ton coeur,

Et s'il te faut ainsi, pour y trouver des charmes,

Sur l'autel du plaisir profaner le bonheur :

 

Ah ! Laurette ! ah ! Laurette, idole de ma vie,

Si le sombre démon de tes nuits d'insomnie

Sans ce masque de feu ne saurait faire un pas,

Pourquoi l'évoquais-tu, si tu ne m'aimais pas ?

 

==================Alfred de Musset =========================

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Guest Joud

Musset et la muse ....

 

LE POETE

Est-ce toi dont la voix m'appelle,

O ma pauvre Muse! est-ce toi?

O ma fleur! O mon immortelle!

Seul etre pudique et fidèle

Ou vive encore l'amour de moi!

Oui te voila,c'est toi,ma blonde,

. C'est toi , ma maitresse et ma soeur!

Et je sens ,dans la nuit profonde,

De ta robe d'or qui m'inonde

Les rayons glisser dans mon coeur.

LA MUSE

Poete, prends ton luth: c'est moi ton immortelle,

Qui t'ai vu cette nuit triste et silencieux,

Et qui, comme un oiseau que sa couvée appelle,

Pour pleurer avec toi,descends du haut des cieux.

Viens ,tu souffres ami,Quelque ennui solitaire

Te ronge, quelque chose a gemi dans ton coeur;

Quelque amour t'est venu,comme on en voit sur terre,

 

 

 

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Je ne la connais point

 

Je ne la connais point, je ne l'ai jamais vue.

Pourquoi veut le destin que je l'aime si fort ?

Il est vrai que cent fois on m'a fait le rapport

Des rares qualités dont le ciel l'a pourvue.

 

Que sera-ce de moi quand je l'aurai connue ?

Sans doute ma raison fera naufrage au port.

Que m'en dois-je promettre, ou la vie ou la mort,

Puisque déjà son nom me fait vivre et me tue ?

 

Mais qu'est-ce que l'Amour me vient persuader ?

Une ombre m'est sensible et m'oblige à fonder

Sur un bruit incertain ma tristesse ou ma joie.

 

Loin de moi désormais ces discours superflus.

J'en veux croire mes yeux ; il faut que je la voie

Pour l'aimer davantage ou pour ne l'aimer plus.

 

Jean Ogier de Gombault

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Absence

 

Ce n'est pas dans le moment

où tu pars que tu me quittes.

Laisse-moi, va, ma petite,

Il est tard, sauve-toi vite !

Plus encor que tes visites

J'aime leurs prolongements.

Tu m'es plus présente, absente.

Tu me parles. Je te vois.

Moins proche, plus attachante,

Moins vivante, plus touchante,

Tu me hantes, tu m'enchantes !

Je n'ai plus besoin de toi.

Mais déjà pâle, irréelle,

Trouble, hésitante, infidèle,

Tu te dissous dans le temps.

Insaisissable, rebelle,

Tu m'échappes, je t'appelle.

Tu me manques, je t'attends !

 

Paul Géraldy

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Guest Joud

LA BELLE INCONNUE

 

 

 

 

Les senteurs délicates d'un parfum inconnu,

Soudain charment mon coeur, ensorcellent la rue.

 

Mes pas ralentissent, je tourne la tête,

Vision angélique, mon souffle s'arrête.

 

Elle passe, me dépasse, sa robe m'effleure,

Frissonne mon bras, comme danse une fleur.

 

Sa silhouette ondule maintenant devant moi,

Mes idées s'entrechoquent, vois mon âme en émoi.

 

Mon espace se fige en ces brefs instants,

Bouillonne mon sang, réagir mais comment ?.

 

Déjà elle s'éloigne et ma main qui se tend,

Ma gorge se serre, mes esprits je reprends.

 

Je m'élance ardemment, le soleil au zénith,

entraîne ma course, encourage le rite.

 

Une porte se ferme, elle a disparu,

Je reste derrière, avais-je bien vu ?.

Twayn2...

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A Mademoiselle

 

Oui, femme, quoi qu'on puisse dire

Vous avez le fatal pouvoir

De nous jeter par un sourire

Dans l'ivresse ou le désespoir.

 

Oui, deux mots, le silence même,

Un regard distrait ou moqueur,

Peuvent donner à qui vous aime

Un coup de poignard dans le coeur.

 

Oui, votre orgeuil doit être immense,

Car, grâce à notre lâcheté,

Rien n'égale votre puissance,

Sinon, votre fragilité.

 

Mais toute puissance sur terre

Meurt quand l'abus en est trop grand,

Et qui sait souffrir et se taire

S'éloigne de vous en pleurant.

 

Quel que soit le mal qu'il endure,

Son triste sort est le plus beau

J'aime encore mieux notre torture

Que votre métier de bourreau.

 

Alfred de Musset

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Guest Joud

HYMNE A LA BEAUTE

 

Viens-tu du ciel profond ou sors-tu de l'abîme,

O Beauté? ton regard, infernal et divin,

Verse confusément le bienfait et le crime,

Et l'on peut pour cela te comparer au vin.

 

Tu contiens dans ton oeil le couchant et l'aurore;

Tu répands des parfums comme un soir orageux;

Tes baisers sont un philtre et ta bouche une amphore

Qui font le héros lâche et l'enfant courageux.

 

Sors-tu du gouffre noir ou descends-tu des astres?

Le Destin charmé suit tes jupons comme un chien;

Tu sèmes au hasard la joie et les désastres,

Et tu gouvernes tout et ne réponds de rien.

 

Tu marches sur des morts, Beauté, dont tu te moques;

De tes bijoux l'Horreur n'est pas le moins charmant,

Et le Meurtre, parmi tes plus chères breloques,

Sur ton ventre orgueilleux danse amoureusement.

 

L'éphémère ébloui vole vers toi, chandelle,

Crépite, flambe et dit: Bénissons ce flambeau!

L'amoureux pantelant incliné sur sa belle

A l'air d'un moribond caressant son tombeau.

 

Que tu viennes du ciel ou de l'enfer, qu'importe,

O Beauté! monstre énorme, effrayant, ingénu!

Si ton oeil, ton souris, ton pied, m'ouvrent la porte

D'un Infini que j'aime et n'ai jamais connu?

 

De Satan ou de Dieu, qu'importe? Ange ou Sirène,

Qu'importe, si tu rends, - fée aux yeux de velours,

Rythme, parfum, lueur, ô mon unique reine! -

L'univers moins hideux et les instants moins lourds?

 

======== CHARLES BAUDELAIRE ============

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Ta forme est un éclair...

 

Ta forme est un éclair qui laisse les bras vides,

Ton sourire est l'instant que l"on ne peut saisir...

Tu fuis, lorsque l'appel de mes lèvres avides

T'implore, ô mon Désir !

 

Plus froide que l'Espoir, ta caresse est cruelle

Passe comme un parfum et meurt comme un reflet.

Ah ! l'éternelle faim et soif éternelle

Et l'éternel regret !

 

Tu frôles sans étreindre, ainsi que la Chimère

Vers qui tendent toujours les voeux inapaisés...

Rien ne vaut ce tourment ni cette extase amère

De tes rares baisers !

 

Renée Vivien

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Guest Tiziri Bleue
Voeu d'amour

 

Nous étions plus que des étrangers ;

Nous étions fantaisies bien protégées ;

Pourtant, nous voici plus qu'amis ;

Du moins, j'aime croire cette autre fantaisie.

 

Tu es venu à moi comme l'ombre dans la nuit,

Mais tu brilles comme une étoile à minuit ;

Au dela de mes rêves, tu es le fruit

De mes méditations à propos d'autrui.

 

N'est-ce pas ironie de la vie ?

Ou serait-ce l'esquisse d'un paradis ?

Pourtant, je ne cherchais que ta protection

Et non cette incontrollable affection.

 

Comment t'avouer que je t'aime ?

Que sans toi, je ne serai plus la même ?

La vie avec toi sera douceur éternelle

Et mon amour pour toi sera fièvre perpétuelle.

 

Dans tes yeux, je vois ce même sentiment

Que tu essaies de bannir tout simplement.

Ne vois-tu pas que tu es plus qu'ornements de mes nuits ?

Que je ne veux que vivre mes indolentes songeries ?

 

 

Tres beau poème : merci Caprice :)

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Tres beau poème : merci Caprice :)

 

De rien Sarah1014, c'est un plaisir et merci pour la visite :)

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Green

 

Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches

Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.

Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches

Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.

 

J'arrive tout couvert encore de rosée

Que le vent du matin vient glacer à mon front.

Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée

Rêve des chers instants qui la délasseront.

 

Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête

Toute sonore encor de vos derniers baisers ;

Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête.

Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

 

Paul Verlaine

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Elle se penche sur moi

 

Elle se penche sur moi

Le coeur ignorant

Pour voir si je l'aime

Elle a confiance elle oublie

Sous les nuages de ses paupières

Sa tête s'endort dans mes mains

Où sommes-nous

Ensemble inséparables

Vivants vivants

Vivant vivante

Et ma tête roule en ses rêves.

 

Paul Eluard

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Guest Joud

Lorsque ma main frémit si elle effleure la tienne

 

 

Lorsque ma main frémit si la tienne l'effleure,

Quand tu me vois pâlir, femme aux cheveux dorés,

Comme le premier jour, comme la première heure,

Rien qu'en touchant ta robe et ses plis adorés ;

 

Quand tu vois que les mots me manquent pour te dire

Tout ce dont tu remplis mon sein tumultueux ;

Lorsqu'en me regardant tu sens que ton sourire

M'enivre par degrés et fait briller mes yeux ;

 

Quand ma voix, sous le feu de ta douce prunelle,

Tremble en ma bouche émue impuissante à parler,

Comme un craintif oiseau tout à coup pris par l'aile

Qui frissonne éperdu sans pouvoir s'envoler ;

 

Ô bel être créé pour des sphères meilleures,

Dis, après tant de deuils, de désespoirs, d'ennuis,

Et tant d'amers chagrins et tant de tristes heures

Qui souvent font tes jours plus mornes que des nuits ;

 

Oh ! dis, ne sens-tu pas se lever dans ton âme

L'amour vrai, l'amour pur, adorable lueur,

L'amour, flambeau de l'homme, étoile de la femme,

Mystérieux soleil du monde intérieur !

Ne sens-tu pas, dis-moi, passer sur ta paupière

Le souffle du matin, des ténèbres vainqueur ?

Ne vient-il pas des voix tout bas te dire : espère !

N'entends-tu pas un chant dans l'ombre de ton coeur

 

Oh ! recueille ce chant, âme blessée et fière !

Cette aube qui se lève en toi, c'est le vrai jour.

Ne crains plus rien ! Dieu fit tes yeux pour la lumière,

Ton âme pour le ciel et ton coeur pour l'amour !

 

Regarde rayonner sur ton destin moins sombre

Ce soleil de l'amour qui pour jamais te luit,

Qui, même après la mort, brille sorti de l'ombre,

Qui n'a pas de couchant et n'aura pas de nuit

=============Victor Hugo ===================================

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L'invitation

 

Le rythme séducteur nous appelle ; venez

Lui répondre en mes bras, jeune fille inconnue.

Valsons légèrement de tous côtés cernés,

Et qu'en nous la clameur des besoins s'atténue.

 

Pendant que nous serons ensemble, je ne veux

Ni sonder vos secrets, ni dévoiler mon âme,

Mais simplement pencher mon front sur vos cheveux,

Tourner dans un remous de lumière et de femmes.

 

Nos corps souples créeront un élégant dessin.

Vous aurez cette joie où le désir subsiste

Et moi, qui sentirai sur mon coeur votre sein,

Je ferai, nonchalant, des rêves doux et tristes.

 

Je me tairai. Le charme, éventé, peut mourir.

Sans vous connaître mieux après qu'avant la danse,

Je vous dirais : "Merci." Je n'ai d'autre éxigence

Que peupler mon sommeil d'aimables souvenirs.

 

Alphonse Beauregard

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Mon âme amoureuse

 

Je bénis le sommeil, lui seul peut déformer

Par sa ténèbre étroite, habile et travailleuse,

Les traits de ton image où mon âme amoureuse,

Sachant tout tes défauts, ne voit rien à blamer !

 

Je m'endors agitée, et, pareille aux voyages,

Débordante d'espoirs, d'attente, de projets;

Et puis, à mon réveil, engourdie encor j'ai

La douceur de trouver ma raison lasse et sage.

 

Je ne souhaite rien ; fidèle à mes soucis

Je songe tendrement à la tombe loyale

Où, descendue enfin dans la paix sans rivale,

J'oublierai les désirs dont j'ai tant souffert ici;

 

Et je ne cherche pas à me tromper moi-même

Sur le dur sentiment que tu m'as inspiré;

Non, je ne t'aime pas avec l'honneur sacré,

Avec l'esprit ravi ! Non, pauvre homme, je t'aime...

 

Et si ton hésitant, faible et modique orgueil

Ne peut s'accommoder de l'animale flamme,

Moi, du moins, j'eus le droit de voir périr des âmes

Pour les lèvres, les bras, les noirs cheveux et l'oeil !

 

Anna de Noailles

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Que diras-tu ce soir...

 

Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire,

Que diras-tu, mon coeur, coeur autrefois flétri,

A la très belle, à la très bonne, à la très chère,

Dont le regard divin t'a soudain refleuri ?

 

-Nous mettrons notre orgueil à chanter ses louanges :

Rien ne vaut la douceur de son autorité

Sa chair spirituelle a le parfum des Anges

Et son oeil nous revêt d'un habit de clarté.

 

Que ce soit dans la nuit et dans la solitude

Que ce soit dans la rue et dans la multitude

Son fantôme dans l'air danse comme un flambeau.

 

Parfois il parle et dit :"Je suis belle, et j'ordonne

Que pour l'amour de moi vous n'aimiez que le Beau ;

Je suis l'Ange gardien, la Muse et la Madone ."

 

Charles Baudelaire

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A qui rêves-tu ?

 

A qui rêves-tu si tu rêves

Front bombé que j'adore et voudrais entr'ouvrir,

Entr'ouvrir d'un baiser pénétrant comme un glaive,

Pour voir si c'est à moi, -- que tu fais tant souffir !

O front idolâtré, mais fermé, -- noir mystère,

Plus noir que ces yeux noirs qui font la Nuit en moi,

Et dont le sombre feu nourrit et désespère

L'amour affreux que j'ai pour toi !

 

Je n'ai su jamais si tu penses,

Si tu sens, -- si ton coeur bat comme un autre coeur,

Et s'il est quelque chose au fond de ton silence

Obstinément gardé, cruellement boudeur !

 

Non ! Je n'ai jamais su s'il était dans ton âme

Une place où plus tard pût naître un sentiment,

Ou si tu dois rester une enfant, quoique femme,

Une enfant ! pas même ! -- un néant !

 

Un néant qui semble la vie !

Mais qui fait tout oser aux coeurs comme le mien ;

Car l'être inanimé qu'on aime, nous défie !

On brûlerait le marbre en l'aimant ! --Mais le rien !

Le rien vêtu d'un corps...

 

Jules D'Aurevilly

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A ce qui n'est plus

 

Pourquoi revenez-vous creuser mon souvenir,

ô jours trop tôt perdus, ô trop chères pensées,

Images que le temps doit avoir éffacées,

Mots que mon coeur jalouse et ne peut contenir,

Pourquoi revenez-vous creuser mon souvenir ?

 

J'avais promis l'oubli qui console et qui tue,

L'oubli muet et calme, aux flots profonds et lourds.

Les heures ont passé, je me souviens toujours ;

Vous agitez encor mon âme combattue.

J'avais promis l'oubli qui console et qui tue.

 

Mon espoir est un rêve et mon rêve un secret.

Mes vers en sont l'écho, mais non la voix vibrante.

J'aime aux bois soleillés la vapeur transparente,

J'aime aux yeux les plus beaux un plus subtil attrait.

Mon espoir est un rêve et mon rêve un secret.

 

Le coeur a des retours vers les choses anciennes,

Des retours imprévus, séduisants, caressants ;

Le poète s'éveille à de si doux accents

Et s'abandonne à ces langueurs qui sont les siennes.

Le coeur a des retours vers les choses anciennes.

 

ô jours trop tôt perdus, ô jours trop regrettés !

Puisse l'enivrement de vos mélancolies,

Reflets mystérieux des aurores pâlies,

Longuement éblouir mes regards attristés,

Ô jours trop tôt perdus, ô jours trop regrettés !

 

Louisa Siefert

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La lune s'attristait...

 

La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs

Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs

Vaporeuses, tiraient de mourantes violes

De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.

C'était le jour béni de ton premier baiser.

Ma songerie aimant à me martyriser

S'enivrait savamment du parfum de tristesse

Que même sans regret et sans déboire laisse

La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.

J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli

Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue

Et dans le soir, tu m'es en riant apparue

Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté

Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté

Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées

Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.

 

Stéphane Mallarmé

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Que fais-tu de ta passion ?

 

EROS

 

Les volets, les rideaux, les portes

Ont protégé notre bonheur;

Mais, ô mon amie, ô ma morte,

Toi qui meurs, qui vis et remeurs,

En ce moment où monte à peine

Ta lasse respiration,

Que fais-tu de ta passion ?

Quel est ton plaisir où ta peine ?

 

ECHO

 

Ne demande rien , mon amour,

Ne bouge pas, reste en ta place;

Que ta suave odeur tenace

M'ombrage de son net contour.

Je ne pense à rien, je suis telle

Que quelque mourante immortelle

Qui sent en son coeur tournoyer

Les flêches qui l'ont abattue,

Et sans pouvoir tuer la tuent.

Dans cette ivresse de souffrir

Avec complaisance, ô prodige !

J'observe aux confins du vertige

La stupeur de ne pas mourir...

 

Anna de Noailles

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J'ai rêvé de toi...

 

Ton image est restée gravée dans ma mémoire

J'ai voulu t'échapper, te sortir de ma vie

Mais partout où je vais je ne pense qu'à toi

Et pourtant tu ignores combien je suis épris...

 

Ta démarche si légère hypnotise mon regard.

Tes longs cheveux qui flottent soulevés par le vent

Et dansent sur tes épaules accentuant le charme

D'une auréole dorée venue d'un autre temps...

 

J'aime ton sourire qui éclaire ton visage

Et le son de ta voix qui fait vibrer mon coeur,

Comme le chant d'une sirène. Il faut que je reste sage

De peur que je succombe devant tant de splendeurs.

 

Ton regard si profond a pénétré mon âme

Tes yeux pleins de lumière ont changé toute ma vie

J'aime ton beau décolleté qui rempli mes fantasmes

Tes dents blanches éclatantes qui illuminent mes nuits.

 

Un jour tu es venue dans mon jardin secret

Sous une pluie de roses, par des chemins fleuris,

Tu m'as donné ta main et un baiser discret ...

Mais je m'suis réveillé et tu étais partie...

 

Peut-être bien qu'un jour tu liras ce poème ,

Il n'est jamais trop tard pour dire ses sentiments

Je voulais tout simplement te dire : Je t'aime

Comme te l'aurais dit un jour le beau Prince Charmant...

 

Jean-Claude Brinette

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Les mots que tu penses.

 

Puisque je ne puis pas savoir

Ce que tu penses, je t'écoute ;

Ta voix en vain peut se mouvoir,

Je poursuis mon songe et mon doute.

 

Tu m'étonnes en étant toi,

En ayant ton élan, ta vie ;

Je me sens toujours desservie

Par ce que tu prétends ou crois.

 

Mais quelquefois, dans le silence,

Je sens, comme une calme chance,

Se révéler notre unité,

Et j'entends les mots que tu penses

Et que je n'ai pas écoutés...

 

Anna de Noailles

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fief

affectif

relief

maladif

émotif

vif

corrosif

impulsif

explosif

motif

du vide

avide

de l’esprit

vie

qui converti

en zombi

ththZombie.gif

 

Louis Taiwan Hors-tout

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