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Le chaabi,melhoun,ses poetes

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La musique populaire Algéroise et ses belles paroles venues essentiellement de Fes ,Mekness et de l'ouest Algérien pour finalement se sanctuariser au bled de Sidi Abderahmane qui a eu aussi son lot de poétes ...qui sont ils ?

Leur histoires:

http://goutdemiel.com/?p=2838

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Souvent quand écoute une chanson on comprend pas trop ses paroles,allah ghaleb on a une langue mélangée ( arabe,berbere,français,turc,espagnol,...).

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Gheder kassek ya ndim appellée aussi edahbya + youm el djemaa...

Un plaisir...

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Bayt. Bayt désigne généralement en Arabe un vers de poésie, mais devient. dans les QAÇAYD du Chaâbi-melhûn, le couplet de vers chantés accompagné d'instruments mélodiques et, surtout, d'instruments à percussions.

Çiyâh. Çiyâh, ou istikhbâr, ou encore interlude, représente un prélude improvisé, vocal ou instrumental. Il commence par un solo instrumental qui installe le Tab' (mode) introductif du chant. Le chanteur interprète alors le premier hémistiche du premier vers de l'istikhbâr auquel répond un deuxième instrument soliste; puis il reprend le premier hémistiche suivi du deuxième et un troisième instrument lui répond. Cette structure est de l'istikhbâr à l'échelle.

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On quitte el mahroussa pour aller vers les Zibans où y'a eu une grande histoire à la Romeo & Juliette :

 

 

 

 

 

Hiziya ou Hizia (arabe : حيزية) est l'héroïne d'une élégie du poète algérien Mohamed Ben Guittoun écrite au XIXe siècle et immortalisée au XXe siècle lorsqu'elle fut interprétée par les chanteurs bédouins Abdelhamid Ababsa et Khelifi Ahmed.

 

 

 

 

Historique:

 

Selon la tradition orale, Hiziya, de la famille des Bouakkaz, de la puissante tribu des Dhouaouda, descendants des tribus de Beni Hilal qui avaient envahi le Maghreb au XIe siècle, était une jeune femme d'une beauté remarquable et à l'âme limpide qui vivait à Sidi Khaled dans les Zibans occidentaux.

 

La famille, comme la majorité des habitants de la région pratiquait la transhumance vers les Hauts Plateaux durant la saison chaude et retournait à l'oasis durant la saison froide. Le parcours de transhumance s'étendait depuis Bazer Sakhra, dans la plaine de Sétif au nord jusqu'à Ouled Djellal au sud.

 

Hiziya, fille de Ahmed Ben el Bey était amoureuse de son cousin Saïd, orphelin recueilli dès sa plus jeune enfance par son oncle, puissant notable de la tribu et père de la jeune fille. Elle aurait vécu une histoire d'amour mouvementée couronnée par un mariage qui dura à peine un mois.

 

Ben Guittoun dans son poème fixe la date de sa mort à 1295 de l'Hégire, soit 1878 de l'ère chrétienne ; elle avait 23 ans. Hiziya serait donc née en 1855.

 

La cause de son décès fut et reste une énigme. Le poème ne nous révèle rien sinon que la mort fut subite ; un mal soudain entre deux haltes, à Oued Tell, une localité à 50 km au sud de Sidi Khaled, au retour de la tribu de son séjour saisonnier dans le nord.

 

Saïd eut recours, trois jours après le décès, aux services du poète Ben Guittoun pour écrire un poème à la mémoire de sa bien-aimée.

 

Plus tard, le malheureux cousin s'exilera loin de sa tribu et vivra solitaire dans l'immensité du désert des Zibans jusqu'à sa mort.

 

Quant au corps de sa bien-aimée il repose au cimetière des Douaouda à Sidi Khaled.

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Dans les fêtes chaabi,on termine la soirée par " bqaw ala khir " ...au revoir...dans un passage sont cités sidi thaalbi qui est abderamane le saint patron d'Alger et ouali dada ....enfin sidi ouali dada ,puisque c'était un saint aussi ...mais qui était ce personnage ?

Cette histoire ci dessous et son miracle qui sauva la ville , le met dans le rang de Moise qui ouvrit la mer avec son baton ...lol.

 

En 1845, l'autorité française, ayant décidé de démolir le rempart qui séparait les deux portes de Bâh 'Azzoûn, dut pourvoir à la translation des restes de Sidi Mançoûr, dont le tombeau était accolé au rempart. On connaît bien peu de chose sur Sidi Mançoûr ben Mohammed ben Salim, qui mourut en 1644 (1054 de l'hégire). Il menait une vie simple et pleine de dévotion clans une modeste boutique, que sa première sépulture devait remplacer. On le disait favorisé du don des miracles. La ,goubba actuelle de Sidi Mançoûr, soigneusement entretenue par l'oukil, qui se glorifie d'être un descendant authentique du saint, n'a pas cessé de recevoir des visites pieuses.

 

II en va de même pour celle de Ouali Dada, qui fut construite dans des circonstances analogues, mais dix-neuf ans plus tard. Celui-ci fut également victime - ou bénéficiaire - d'un déménagement posthume. Sa première sépulture, à laquelle étaient adjointes une petite mosquée et une salle de refuge pour les mendiants et les infirmes, ce qui constituait une zaouia, se trouvait dans une partie de la rue du Divan qui fut démolie en 1864. Le refuge fut transféré dans l'impasse du Palmier. Les restes du Ouali vinrent occuper la goubba qu'on avait bâtie à cet effet au-dessus de celle de Sidi 'Abd er-Rahmân.

 

Le souvenir de Ouali Dada, saint homme d'origine turque et que sa titulature funéraire nous donne pour un çoûfi, est attaché à l'un des faits les plus marquants de l'histoire d'Alger. Le 23 octobre 1541, Charles Quint, ayant débarqué ses troupes sur la rive gauche de l'Harrach, s'était avancé à travers la plaine et avait gravi la hauteur du Koudiat es-Saboun, d'où il menaçait Alger. L'armée, qui comptait des Espagnols, des Italiens, des Allemands et des Français, était très forte. Les Algérois, dit-on, songeaient' à capituler. C'est alors que Ouali Dada, ayant parcouru la ville pour relever les courages défaillants, entra dans la mer jusqu'à la ceinture et, la frappant du bâton qu'il tenait à la main, souleva la terrible

tempête...

 

On sait le reste. La pluie diluvienne et le vent glacé paralysèrent les assiégeants, qui n'avaient pu être ravitaillés. Les Algérois firent une sortie et culbutèrent ceux qui étaient les plus voisins de la mer. C'étaient des Italiens, qui refluèrent en désordre sur le gros de l'armée. Les Chevaliers de Malte, Villegaignon, Savignac et les autres, rétablirent la situation. Cependant il fallait battre en retraite, se rembarquer au milieu de la tourmente, qui, après une accalmie, devenait d'heure en heure plus furieuse. Une partie de la formidable armada, qui comptait plus de cinq cents navires, se brisa sur la côte ou sombra au large. Evénement considérable. Le désastre de Charles Quint allait, pendant longtemps, décourager l'Europe. Alger, réputée invincible, allait connaître une prospérité qu'elle n'aurait pas osé espérer jusque-là. Ouali Dada put en voir les premiers effets. Il mourut en 1554 et, pendant ces treize dernières années de sa vie, on ne signale aucun trait notable. Mais cela importe peu. Il avait eu son heure historique. Ce que le peuple d'Alger rapportait de lui pouvait lui mériter la vénération unanime, car, au moment des plus grandes épreuves, il avait, avec son bâton, fixé le destin de la Cité.

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Sublime partage sur l'histoire de notre patrimoine

mon humble contribution

 

hiziya par kh'lifi h'med

 

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Sublime partage sur l'histoire de notre patrimoine

mon humble contribution

 

hiziya par kh'lifi h'med

 

 

Prego ! Fratello mio !

J'avoue que je ne suis pas trés musique ta3 el gheyta , plutot chaabi .,.mais cela fait partie du patrimoine culturel du pays ,je ne savais même pas que cette histoire de hizia avait existée ....

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Pour revenir un peu au sujet, le chaabi vient de l'andalou ...apres la reconquista les arabo- andalous ont été chassés de l'Andalousie vers l' Afrique du nord....

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....Parmi ces exilés ,y'avait des poétes ...leurs paroles ont été immortalisées par des chansons ...des qacayed....

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wach dani lach mchit

fi bled ghriba 7atit

yattara nwali nchouf l bit w nchouf bledi ki walet

 

khelit a7hbabi w sadkan

bihoum al 3achra tazyan

7hayat 7ilwa fi laaman ma3a khwani ma 3adit

.

fi ba7ar wa chtoto dhahban

al shra ta7hla ma3a lakhwan

al mossiqa bel mizan

hakdha yata7fou al 7alat

 

ma7la al ka3da fi sidi frej

m3a wlad al 7alal atfaraj

sa3id w sidahmed

wa 3zyouz zine al ka3dat

yssiyir w yssa3af el awkat...

 

zid men tama lbousmail

mohamed w omar b dalil

kol w achrab a a3mal nachwat

 

sahra fi zman a sif

ali n7abou nachat w drif

fi klamou messrare w khfife

zado ta7fou el moudjette

 

hakda nathana w n3ich

hakda 3ini matabkich

rabi rzak w ma yakhtich

3awnouna ya ahl al da3wate

 

kolo m3aya ya l khwane

inchalah el bahdja tazyan

eli mgharab fi makan....

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*

 

**El BAREH est une chanson qui parle de la jeunesse, de ses vingt ans, de la fleur de l'âge. Elle parle de l'assurance en soi, de l'amour, et aussi du regret de voir ses 20 ans s'enfuir avec le temps qui ne fait jamais d'escales.

*

**En hommage au très grand artiste du chaabi, El Hachemi GUEROUABI, né comme notre chanteur en 1938 et disparu le 17 juillet 2006, Enrico Macias, a repris lors de l'Olympia 2006 ce titre phare.

Avec un certain Mahboub Safi BATI, grand compositeur Algérien, El Hachemi Guerouabi a osé et réussi à imposer les instruments modernes dans le chaabi tout en*lui donnant un aspect léger, harmonique et convivial*afin de plaire à*la jeunesse de l'époque, avide de musiques occidentales et qui s'éloignait un peu de ce style, le trouvant "languissant et trop sérieux".

**Mahboub BATI avait composé " EL BAREH"* pour un autre chanteur algérien célèbre, Mohamed LAMMARI, qui l'avait refusé, on ne sait pourquoi. Il ne pouvait pas deviner que ça allait devenir un chef-d'oeuvre et inscrire

Guerouabi dans l'histoire d'une musique, d'un peuple, et tout simplement dans la mémoire de l'humanité*puisqu' Enrico l'enregistre dans son répertoire.

*

 

EL BAREH

Comme pour tous les autres textes, la traduction qui suit est littérale

 

Refrain

 

El bareh

Wana b'chababi fareh

Bechouk wel hawa sareh

Ken fi omri aachrine

 

Hier

Fier de mon célibat

Vivant d'amour et de passions

J'avais vingt ans

 

El bareh

Kanet lemoual tetlaoueh

Sahhat lebdane tetrayeh

Ya zahret essinine

 

Hier

Je n'avais pas de soucis d'argent

Et jouissant d'une bonne sante

Oh, fleur de l'âge !

*

El bareh, el bareh, ken fi omri aachrine

Hier, hier, j'avais vingt ans.

*

1

El bareh

*Wana zahi b'chababi***

Maa djemlet ahbabi

Ellil weddoudja wemhanou

Wahnaya sahranine

Ebdaat ferryam gharami

Lafdhi r'kik arabi

Elli n'houzha wenkellemha katdebbel el ain.

El bareh, el bareh, ken fi omri aachrine

 

Hier

Heureux de ma jeunesse

Avec tous mes amis.

La nuit, l'obscurité et ses peines

ne nous empêchaient pas de veiller.

Je séduisais toutes les femmes

Avec mon accent arabe fin

Chacune d'elle que j'isolais et interpellais me faisait les yeux doux.

Hier, hier, j'avais vingt ans.

 

Refrain

 

2

El bareh

Chatt el b'hour mouadji

Ken el ghram tehiyadji

Ensarref chaaour echagra

Wou nelteha beloukhrine

Wana maa lehbab entadji

Essoughr wel aakal ennadji

Enkhateb el kamar we n'djoumou tefhem ghir bel ain.

El bareh, el bareh, ken fi omri aachrine.

*

Hier

Les vagues de la plage*n'étaient que pour moi

Et l'amour me donnait de grands élans

Je caressais les cheveux de la rousse

Et je m'occupais des autres filles.

Et avec mes amis je bénissais

La jeunesse et l'ésprit.

J'interpellais la lune et ses étoiles qui me comprenaient à l'oeil.

Hier, hier, j'avais vingt ans

 

3*

El bareh

Ken ezzamane soltani

Wel youm ki sar khellani

Hatta chib beddel louni

R'ma ddelam fel ain

Hassit belkebor zamani

Ezahou wessoughor enssani

Webkitt enkhammem aala dek el khelass meskine.

El bareh, el bareh, ken fi omri aachrine

 

Hier

J'étais maître de mon temps

Mais aujourd'hui, je ne le maitrise plus.

La vieillesse a changé mon apparence

Et a jeté du noir dans mes yeux

J'ai senti le poids des années

Et l'oisivité et la jeunesse m'ont abandonné.

L'idée de ma pauvre fin m'obsède.

Hier, hier, j'avais vingt ans.

 

 

http://www.enricomaciasloriental.fr/pageshtml1/004chansons/00402chansonsarabes/004021Textearabe/00402104elbareh.html

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« Ya Krim El Kourama », connue dans le chaâbi algérien sous le nom « El Ferradjia », a une relation particulière avec Kénadsa.ce poème lyrique se décline en une déchirante invocation de la clémence divine. On dit qu'après avoir terminé de l'écrire, Sidi Kaddour El Alami l'aurait envoyée à Sidi Mébarek, alors cheikh de la zaouïa Ziania. Il était de tradition que les poètes soumettent aux hommes saints et aux cheikhs les qaçaïd où Dieu et Son prophète sont évoqués. Les saints apportent les correctifs éventuels relatifs à la dimension religieuse de la qacida. C'est dans ce but que Sidi Kaddour El Alami a envoyé son poème à Sidi Mébarek, poète par ailleurs, qui l'a prolongé par le « zerb » « Ya L'Bassir » connu depuis par les seuls Kénadsiens et introuvable dans les versions chaabi et melhoun de « Ya Krim El Kourama ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Traduction d'une partie de « Ya Krim El Kourama »

 

 

 

O Toi le plus Généreux des généreux, apporte - nous le soulagement,

 

Jamais ne sera déçu celui qui croit en toi,

 

 

 

 

Nul autre dieu que Toi n'est Proche, Indulgent et Omniprésent,

 

C'est Toi le Bienveillant, le Juste, l'Adoré

 

Si, à l'unisson, tous Tes sujets exprimaient des vœux,

 

Avec équité et à l'instant, Ta bonté les exaucera

 

Tel le feu du flambeau allumant la mèche de la bougie.

 

 

Jamais ne sera déçu celui qui croit en toi.

 

Trouvera le salut et sera préservé celui qui cherche refuge chez Toi,

 

O Seigneur, c'est Toi qui donne et c'est Toi qui reprend,

 

Ce n'est que par négligence que moi ton serviteur je suis dans le péché,

 

Mais je sais que Ta large bonté est éternelle,

 

Que le voile de ta lueur couvre misérable et bienheureux,

 

Que celui dont la prière est entendue se rapproche de Ta fortune et échappe au besoin.

 

 

Jamais ne sera déçu celui qui croit en toi.

 

 

 

 

Si tous les êtres, arabes et étrangers,

 

Hommes, djinns et anges s'entendaient,

 

Ils ne délivreraient personne de Ta sentence

 

Et ne priveraient personne de Ta bonté et de Ton agrément.

 

Dans tout l'univers, les hommes et les choses

 

Ne perçoivent que Ton trône flamboyant et tenace.

 

Ta récompense atteindra le fidèle,

 

Alors, garnis mon âme comme Tu as embellis la nuit par les astres.

 

 

Jamais ne sera déçu celui qui croit en toi.

 

 

 

 

Celui que Tu assistes et que Tu guides ne verras plus le mal

 

Par ceux qui savent, Prends ma main,

 

Réponds à ma prière, Seigneur,

 

Soulage l'angoisse de ma solitude, Tu es mon seul soutien,

 

Nul philosophe ou souverain, nul tribun ou sage ne peut le faire,

 

Nul vizir et nul brave,

 

Sauf Toi, très Puissant, Toi la source de toute fierté.

 

 

 

 

Jamais ne sera déçu celui qui croit en toi.

 

 

Tu es au courrant de tout ce que je cache,

 

Tu connais les secrets de mon cœur,

 

Alors, Seigneur, Pardonne mes péchés.

 

Qui épargne et aide les faibles comme moi,

 

Qui les sort de leur misère,

 

Sauf Toi, Seigneur, qui as sauvé Ibrahim des flammes.

 

 

Jamais ne sera déçu celui qui croit en toi.

 

 

 

 

 

Musique arabe overblog

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Bonjour,

J'aimerais parler un peu de l'instigateur de cette musique qu'est le chaabi dziri,pour citer son maître , surnommé le cardinal,le lynx,le maitre des maîtres ....il s'agit d'El hadj El anka ,zayed fi bab ejdid dans la haute casbah , rue Tambouctou .....

 

Sa biographie :

 

Hadj M’hamed El Anka: La légende du siècle

 

 

Originaires d’Azzefoun, les parents d’El Anka se sont, très tôt, installés à La Casbah d’Alger. Ce fut dans ce quartier populaire : 4, rue Tombouctou, qu’est né, un certain 20 mai 1907, au sein d'une famille modeste, celui qui deviendra le précurseur du chaâbi.

Son vrai nom est Aït Ouarab M’hamed Ouidir Halo. Son père Mohamed Ben Hadj Saîd, souffrant le jour de sa naissance, dut être suppléé par un parent maternel pour la déclaration à l'état civil. C'est ainsi que par inadvertance naquit un quiproquo au sujet du nom patronymique d'El Anka. Son oncle maternel, chargé de l’inscription a répondu « Khalou » (Ana Khalou : je suis son oncle) au préposé au guichet qui cherchait à compléter le nom du petit. Ainsi, Khalou fut traduit par Halo sur le registre de l’état civil.

Sa mère Fatma Bent Boudjemaâ l'entourait de toute l'affection qu'une mère pouvait donner. Elle était attentive a son éducation et à son instruction. Trois écoles l'accueillent successivement de 1912 à 1918: coranique (1912-1914), Brahim Fatah (Casbah) de 1914 à 1917 et une autre à Bouzaréah jusqu'en 1918.

Quand il quitte l'école définitivement pour se consacrer au travail, il n'avait pas encore souffle sa 11 ème bougie.

C'est sur recommandation de Si Said Larbi, un musicien de renom, jouant au sein de l'orchestre de Mustapha Nador, que le jeune M'hamed obtenait le privilège d'assister aux fêtes animées par ce Grand maître qu'il vénérait. C'est ainsi que durant le mois de Ramadhan de l’année 1917, le cheikh remarque la passion du jeune M'hamed et son sens inné pour le rythme et lui permit de tenir le tar (tambourin) au sein de son orchestre (à peine âgé de treize ans). Après cela, il se prit de passion pour la mandoline. Sous l’œil attentif du maître, il ne tarda pas à percer tous les secrets de cet instrument qui avait une place de choix dans les ensembles musicaux de l’époque.

A partir de la, ce fut Kehioudji, un demi-frère de Hadj Mrizek, qui le reçoit en qualité de musicien a plein temps au sein de l'orchestre, qui animait les cérémonies de henné réservées généralement aux artistes débutants.

Le chaâbi, sous sa forme actuelle, doit son existence à Hadj M’hamed El Anka. Il est le créateur incontestable de ce genre particulier de musique populaire qui tire son origine du Moghrabi dont le maître fut cheikh Mustapha Nador ; le premier aussi à utiliser la Mandole et non pas le luth.

En se frottant aux grands noms du milieu artistique, il a réussi à peaufiner ses différents talents grâce à ses capacités d’assimilation et à ses dons multiples en la matière. Au départ, il puisait dans le répertoire du medh, chansons religieuses en louanges à la gloire du prophète et des saints de l’Islam, ce qui l’amena à s’imprégner davantage des anciens textes transmis oralement de génération en génération.

Le futur cheikh se chargea d’amender la transcription de certains d’entre eux car ils étaient fortement rongés par le temps. La tradition du medh s’est vue ainsi rénovée et enrichie d’un apport nouveau : la musique andalouse. Mis à part cheikh Nador, son père spirituel, El Anka a eu à visiter plusieurs sources et ce, afin de parfaire, au mieux, sa formation dans ce genre musical fort particulier. De là, il s’est pris de passion pour les œuvres des grands cheikhs à l’instar de Saïdi Abderrahmane, cheikha Yamna Bent El Hadj El Mahdi, Ben Ali Sfindja et Saïd Derraz.

En 1926, lorsque survînt la mort de cheikh Nador, par la force des choses, le flambeau fut repris par El Anka qui est devenu, de la sorte, le chef de file reconnu et fort apprécié par ses pairs. Pour assurer beauté et richesse à ses textes, il s’est fait entourer de deux spécialistes en la matière. Méticuleux dans son travail, ne laissant rien au hasard, il a pris soin d’intégrer dans sa troupe les meilleurs musiciens de l’époque ; l'orchestre était constitué de Si Saîd Larbi, de son vrai nom Birou, d'Omar Bébéo (Slimane Allane) et de Mustapha Oulid El Meddah entre autres. C'est en 1927 qu'il participa aux cours prodigués par le cheikh Sid Ahmed Oulid Lakehal, enseignement qu'il suivit avec assiduité jusqu'en 1932.

A partir de 1928, année charnière de sa carrière artistique, il entre en contact avec Columbia, une grande maison d’édition où furent enregistrés 27 disques (78 tours)

Il participa à l’inauguration de l’ENRS (ex-Radio PTT d’Alger)

Le 5 août 1931, cheikh Abderrahmane Saîdi venait de s'éteindre. Ce Grand cheikh disparu, El Anka se retrouvera seul dans le genre mdih.

En 1932, à l’occasion de la fête du Trône, le roi du Maroc l’a reçu en invité de marque. Son pèlerinage aux Lieux saints de l’Islam s’est réalisé en 1936 et, en la circonstance, il composa la sublime chanson El Houdja. Dès son retour, il se lança à nouveau dans d’innombrables tournées aux quatre coins du pays et au sein de l’émigration, en France.

Des son retour de La Mecque, en 1937, il reprit ses tournées en Algérie et en France et renouvela sa formation en intégrant HadJ Abderrahmane Guechoud, Kaddour Cherchalli (Abdelkader Bouheraoua décédé en 1968 à Alger), Chabane Chaouch à la derbouka et Rachid Rebahi au tar en remplacement de cheikh Hadj Menouer qui créa son propre orchestre.

Durant la seconde guerre mondiale, il a eu à traverser une période difficile. Il a fallu attendre 1946 pour le voir renouer avec son grand amour et prendre la direction de l’orchestre populaire de la station radiophonique d’Alger.

En 1955. il fait son entrée au Conservatoire municipal d'Alger en qualité de professeur charge de l'enseignement du chaâbi. Ses premiers élèves vont devenir tous des cheikhs à leur tour, assurant ainsi une relève prospère et forte, entre autres, Amar Lâachab, Hassen Said, Rachid Souki, etc.

Une longue traversée du désert eut également lieu pendant la Révolution.

A l’indépendance, il reprit en main l’orchestre de la RTA qu’il quittât définitivement en 1964 pour incompatibilité d’humeur avec les responsables de l’époque.

Pour El Anka, la dignité humaine ne se marchande pas. Il n’était pas du genre à se laisser marcher sur les pieds. Au départ, El Anka s’est essayé à la chanson kabyle. Quelques œuvres ont été répertoriées dont la plus célèbre s’intitule A mmi âzizen (Ô, cher fils), chanson composée en 1936 et qui est reprise par certains chanteurs en son hommage. L’autre grand mérite d’El Anka est d’avoir réussi le pari de sortir le chaâbi des cafés et autres lieux de rencontre, en le rendant accessible au grand public.

Ce monument de la culture populaire a, à titre indicatif, interprété près de 360 poésies ( qaca'id ) et produit environ 130 disques. Après Columbia, il réalise avec Algériaphone une dizaine de 78 t en 1932 et une autre dizaine avec Polyphone.

EI-Hadj M'Hamed El-Anka a bien pris à cœur son art: il a appris ses textes si couramment qu'il s'en est bien imprégné ne faisant alors qu'un seul corps dans une symbiose et une harmonie exceptionnelle qui font tout le génie créateur de l'artiste en allant jusqu'à personnifier, souvent malgré lui, le contenu des poésies qu'il interprète; les chefs-d’œuvre Lahmam lirabitou, Sebhan ellah ya ltif sont assez édifiants et suffisent pour nous renseigner sur la grandeur d’un des plus grands piliers de la culture algérienne. L’unique source de référence qui existe sur ce vénéré « cheikh des cheikhs » est le livre-portrait du journaliste-écrivain Rabah Saâdallah, un de ses plus proches amis, et comble de l’absurde, l’ENTV ne dispose que de deux enregistrements filmés de cette légende du siècle.

La grande innovation apportée par EI-Hadj El-Anka demeure incontestablement la note de fraîcheur introduite dans une musique réputée monovocale qui ne répondait plus au goût du jour- Son jeu instrumental devient plus pétillant, allégé de sa nonchalance. Sa manière de mettre la mélodie au service du verbe était tout simplement unique. Après plus de cinquante ans au service de l'art, El Anka animera les deux dernières soirées de sa carrière jusqu'à l'aube, en 1976, à Cherchell, pour le mariage du petit-fils de son maître cheikh Mustapha Nador et, en 1977, a El-Biar, chez des familles qui lui étaient très attachées.

Après avoir consacré plus d’un demi-siècle à sa passion artistique, Hadj M’hamed El Anka rendît l’âme le 23 novembre 1978 à Alger et fut enterré au cimetière d’El Kettar. Ainsi est né le mythe El Anka !

 

 

F.S.CHAABI

Edited by As

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El Anka, petites réminiscences

 

En ce lointain et torride crépuscule, rien ne pouvait tirer de leur torpeur le groupe d’enfants que nous étions. Une étrange idée vint, cependant, occuper nos petites têtes : qui a commis cette vieille faute grammaticale sur le pan de mur, face à la mosquée de notre quartier ? Etait-ce un militant du PPA ou quelqu’un de l’Association des oulémas ? Une calligraphie maghrébine, malmenée par le passage des ans, glorifiait le peuple algérien.

 

Mais son auteur, selon notre petit savoir d’alors, n’avait tenu compte ni des signes diacritiques, encore moins des règles de la grammaire arabe. Un passe-temps bien drôle dans l’attente du maître, entendez * El-Hadj M’hamed El Anka ! Dans notre quartier de Fontaine fraîche, Monsieur Zara, le Maltais qui se prenait pour un Français de pure souche, attendait le retour de son fils Jeannot d’Indochine. Les nouvelles étaient bien mauvaises : les généraux français venaient de subir une débâcle sans précédent à Diên Biên Phu face aux combattants du Viêt-minh. « Nass El Houma », quant à eux, ne s’étaient pas encore remis de ce crime commis quelques jours auparavant sur la personne d’un docker, dans sa propre maison. El Anka devait animer une fête en plein centre du quartier à l’occasion de la circoncision de deux frères. Le père n’était autre que Ammi Omar, dit « Bébéo », ancien banjo du maître dans les années vingt avant son terrible accident qui lui coûta une de ses jambes. Un homme du bon vieux temps : blouse marseillaise sur un ensemble bleu de Chine. Taciturne, aux yeux des enfants que nous étions, mais d’une jovialité extrême ailleurs, surtout lorsqu’il réussissait son coup aux courses hippiques. A la nuit tombante, nous crûmes que la soirée allait être gâchée. Le maître ne pouvait pas chanter avec cette poussière dont on ignorait la provenance : du chantier commencé, en contrebas, pour la construction d’une nouvelle cité, ou de la fameuse carrière Jobert qui a toujours fait face à notre quartier. Poussière, chaleur ou pluies torrentielles, rien n’y fit. Tout le vieil Alger était là, dans le spacieux jardin de Dar Ennakhla, au beau milieu du quartier. Nous entendions fuser, de-ci, de-là, des tournures langagières qui, malheureusement, n’ont plus cours aujourd’hui avec la disparition de cette belle génération. Des youyous, puis se fit un silence absolu durant lequel des bocaux d’eau, agrémentés de jasmin, circulèrent parmi l’assistance. Le maître était là, avec son petit orchestre, Alilou, le tambourineur, en tête. Amitié oblige, nous crûmes entendre Ammi Omar dire à El-Anka : « Je te ferai manger du plomb ! » Et celui-ci de rire et de mettre un collier de jasmin autour du cou tout en ajustant sa « chéchia s’tamboul ». La superbe touchia exécutée par l’orchestre ne put empêcher certains invités de commenter les événements politiques de l’heure. On ne savait pas encore ce que pouvait signifier le Premier Novembre. Le regretté Sid Ahmed Lakhdari, virtuose du mandole, puis du banjo, était au premier rang, silencieux et contemplateur comme d’habitude. C’est que dans le quartier, qui tenait de la campagne et de la ville à la fois, il y avait un certain nombre de bons musiciens : Ammi Méziane, Ammi Mohamed El Halouadji, l’élégant Ammi Ali S’nitra qui rendait visite à sa famille de temps à autre, Mohammed dit Chafaâ’tou et autres mélomanes. Lorsqu’il s’agissait de parler de musique, celle-ci allait d’El Anka à Kh’lifa Belkacem, assassiné en 1951, de Hadj M’nouar à Omar Mekraza, ou encore de Slimane Azem à Abdelkrim Dali, le maître du haouzi. Depuis cette date, nous ne revîmes plus El Anka dans notre quartier. La lutte pour la libération du pays devait imposer silence à nos artistes, surtout à ceux qui animaient des fêtes en direct pour ainsi dire. La faute grammaticale, quant à elle, qui avait trituré nos esprits en cette soirée mémorable, demeura à sa place, jusqu’en 1962. Ce n’est que dans le milieu des années soixante que le maître refit surface, mais cette fois-ci, dans le quartier voisin, celui de « Paul Bert » où il anima la fête de mariage du regretté Omar Hammadi, un des héros de la Bataille d’Alger. Il devait revenir une dernière fois chez nous, en 1966, à l’occasion du mariage de notre ami, Ahmed Djebbar, au profit duquel l’artère centrale fut carrément bloquée pour la circonstance. El Anka, cet oiseau fabuleux, est toujours égal à sa légende.

 

Merzac Bagtache

 

*Écoutez.

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