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“Les violences conjugales dominent”


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Centres d’écoute pour femmes battues en Algérie

 

Le réseau “Balsam” vient de rendre publics les résultats d’une enquête sur les violences faites aux femmes en Algérie.

 

Cette étude, initiée par le Centre d’information et de documentation sur les droits de l’enfant et de la femme (Ciddef), avec la collaboration du Fonds des Nations unies pour le développement des femmes (Unifem), a été achevée en juillet dernier.

 

Elle porte sur 546 cas de violence recensés entre 2009 et 2010 par les 13 centres d’écoute du réseau Balsam : 4 centres à Alger, 2 centres à Oran, 2 centres à Constantine, 2 centres à Tizi Ouzou, 2 centres à Annaba et, enfin, 1 centre à Tébessa.

 

L’enquête confirme le maintien des tendances et témoigne, si besoin est, du caractère transitoire de la société algérienne, encore prisonnière du système patriarcal, voire de la misogynie. L’analyse annuelle des appels montre, en effet, que dans 95% des cas des victimes de violence, l’homme en est l’auteur. Elle précise néanmoins que dans 65% des cas, les femmes mariées sont les plus sujettes à la violence, principalement de leur mari (89% des victimes), alors que 23% des femmes célibataires sont battues par leur père (31% des cas), leurs frères (16%) et leur petit ami ou ex-petit ami (20%).

 

Les violences psychologiques viennent en première position (86% des cas), suivies des agressions physiques (68%), puis des violences socioéconomiques (56%), juridiques (28%) et sexuelles (un tiers des plus jeunes femmes).

 

Dans le tableau des agressions, les coups et blessures occupent la première place, dépassant les cas de séquestration, de strangulation, de tentatives de meurtre et de brûlures. L’agresseur se sert de sa main pour violenter la victime, dans 267 cas, use également de coups de pied (233 cas) et de coups de poing (90 cas). Mais, il arrive que l’auteur des violences utilise un couteau (26 cas), un bâton (11 cas), un outil de maison (5 cas) ou une arme à feu (1 seul cas recensé).

 

Le réseau Balsam souligne que sur les 546 femmes ayant recouru aux centres d’écoute, la plupart d’entre elles résident à Alger, Tizi Ouzou et Constantine. Il révèle également que 304 victimes, soit 72% des femmes recensées, ont des enfants, dont 30 femmes mariées par “fatiha” et 110 femmes divorcées.

 

Les violences conjugales, et plus largement les violences de “l’amant”, dominent, observe-t-on. D’autres éléments, parfois incomplets, sont exposés pour aider à la compréhension d’un phénomène qui vise la mise sous tutelle d’une partie de la population. C’est le cas notamment de la situation socioprofessionnelle des auteurs de violences : un quart des agresseurs est en situation de chômage. De plus, les femmes victimes de violences évoquent chez leur agresseur le problème de drogue (12% des cas) et la maladie mentale (18 cas).

 

Un aspect saillant de l’étude a trait aux conséquences des violences sur les enfants, souvent témoins ou victimes de ce phénomène.

Dans ce cadre, il est fait mention des effets psychologiques (93% des cas), des difficultés scolaires (34 %), de la violence (22%), de la malnutrition (12%), de l’absentéisme (11%), du vagabondage (7%), de la délinquance (3%) et du handicap (2%).

 

Un autre point mérite d’être relevé, celui des “modalités d’information” des femmes violentées, puisqu’il permet à ces dernières de briser un tabou et de raconter les injustices dont elles sont victimes. Ainsi, le bouche-à-oreille, grâce à un ami, un parent, une connaissance ou un usager du centre d’écoute (231 cas), joue le rôle prédominant. L’impact des médias (radios, TV, Internet et journaux) n’est du reste pas négligeable (113 cas).

 

Dans ses recommandations, le réseau Balsam insiste sur la pénalisation des “violences conjugales”, ainsi que sur le renforcement du droit au logement “en cas de divorce ou de séparation”. Il recommande en outre “une concertation périodique” des intervenants institutionnels et associatifs au niveau local, de même que la création de centres d’hébergement destinés aux femmes victimes de violence.

 

LIBERTE

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Un autre volet à ne pas négliger dans une étude pareille. Ce sont les hommes victimes de violences par des femmes.

 

Ils n'ont surement pas eu d'appels. L'homme a encore plus de mal à parler que la femme. Et dans une société patriarcale comme l'Algérie, je pense que ça sera encore plus difficile pour eux.

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Ils n'ont surement pas eu d'appels. L'homme a encore plus de mal à parler que la femme. Et dans une société patriarcale comme l'Algérie, je pense que ça sera encore plus difficile pour eux.

 

C'est vrai que c'est encore un tabou chez nous. Les hommes n'osent pas parler malgré l'ampleur du phénomène qui ne cesse de s'amplifier. Les victimes encaissent sans le moindre écho de peur d'avoir toute la société sur le dos.

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C'est vrai que c'est encore un tabou chez nous. Les hommes n'osent pas parler malgré l'ampleur du phénomène qui ne cesse de s'amplifier. Les victimes encaissent sans le moindre écho de peur d'avoir toute la société sur le dos.

 

Je ne pense pas qu'on puisse comparer, dans le cas de l'homme victime des violences de sa femme, qu'elles soient physiques ou psychologiques, l'homme a toujours le choix dans le cas où il est marié de divorcer et de refaire sa vie, tandis que la femme, elle, du fait des pressions de la société, sera plus enclin à subir les humiliations, sans réagir, car elle n'a pas vraiment le choix.

Alors oui, les femmes qui peuvent étudier, avoir un travail, un salaire suffisant peuvent à la limite opter pour le divorce et le départ, mais pour celles qui n'ont que leur mari comme "moyen de subsistance", c'est plus compliqué pour elles, et bien malheureusement, en Algérie, l'on trouve plus le deuxième cas que le premier. Et même dans le cas où la femme travaille et gagne un salaire, elle peut trouver la situation sans solution véritable puisque les pressions familiales et sociales existent.D'ailleurs, un divorce pour une femme est souvent vu comme un échec personnel grave.

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