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SOLAS

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  1.  

    octobre 4, 2022 - 3:59Rédaction 18 Commentaires
     
     
    Pelosi canards marocains
    Nancy Pelosi fait partie du gang des huit. D. R.

    Une contribution de Mohsen Abdelmoumen – Depuis quelques jours, les canards marocains se font les gorges chaudes du fait qu’une poignée de députés étatsuniens, 27 sur 435, tant républicains que démocrates et tous soudoyés par l’AIPAC et par le Makhzen, à la tête desquels figure la représentante républicaine néoconservatrice Lisa McClain, ont signé une lettre destinée à Antony Blinken lui demandant d’appliquer des sanctions à l’encontre de l’Algérie en raison de ses achats d’armes à la Russie, arguant que ces achats aident à financer le gouvernement russe et sa machine de guerre. La fameuse lettre est datée du 29 septembre et comporte une accusation très grave : «Il n’y a pas d’édulcoration, les relations croissantes de l’Algérie avec la Russie constituent une menace pour toutes les nations du monde.» : https://mcclain.house.gov/press-releases?ID=86A55993-9A60-4129-ACDC-5D34154A07EA

    Dans sa missive, Madame McClain s’offusque notamment du fait que l’Algérie ait choisi d’acheter «des avions de chasse russes sophistiqués, les Sukhoi 57 qui n’avaient jamais été vendus auparavant». En effet, Madame McClain, l’Algérie a préféré acquérir un avion de chasse fiable plutôt que vos fers à repasser F-35 qui coûtent des sommes astronomiques et qui sont cloués au sol à cause du revêtement des pales des turbines des moteurs. Il semblerait que ce revêtement supporte mal le sable et la poussière, ce qui est très ennuyeux, vous en conviendrez, Madame la Députée, quand on vit dans un pays dont 90% du territoire sont constitués par le Sahara. S’il y a des pays-pigeons, comme l’entité sioniste d’Israël par exemple, qui acceptent de payer des milliards  avec l’argent des contribuables  pour des avions qui ne volent pas, tant mieux pour vous, mais, à notre avis, ils auraient dû acheter des mobylettes, cela leur aurait coûté beaucoup moins cher et, au moins, leurs pilotes auraient pu circuler, même au ras des pâquerettes. Nous relayons également un tweet de cette même Lisa McClain, daté du 30 septembre, et qui dit ceci : «Nous devons immédiatement mettre en œuvre des sanctions importantes contre l’Algérie pour envoyer un message clair au monde que le soutien à Poutine ne sera pas toléré. @SecBlinken doit sanctionner l’Algérie pour l’achat d’armes russes.»

    Une première lettre de la même veine datée du 14 septembre dernier émanant du sénateur Marco Rubio avait déjà été envoyée au secrétaire d’Etat Blinken et avait fait chou blanc. Cette fois, ce sont les députés qui ont repris le flambeau. Cette envolée de missives anti-algériennes adressées au secrétaire d’Etat Blinken n’est pas le fruit du hasard. Qui trouve-t-on derrière ces attaques contre l’Algérie ? Le Makhzen marocain qui s’active en coulisses à Washington et qui salive à l’idée de mettre l’Algérie à genoux. On voit que l’argent issu du trafic de la drogue, les subsides de l’Europe et les richesses spoliées au peuple sahraoui sont bien utilisés par le Makhzen qui s’achète les services de politiciens véreux tels que les sénateurs mercenaires Marco Rubio, représentant la Floride, et Ted Cruz, représentant le Texas, tous deux issus de l’immigration cubaine et anticastristes acharnés acoquinés à la mafia cubaine, très puissante en Floride, haïssant tout ce qui prend le parti des peuples, et corrompus jusqu’à la moelle. Partisans inconditionnels de l’entité sioniste d’Israël, ils sont soutenus financièrement par l’AIPAC et autres lobbies israéliens qui financent leurs campagnes électorales ainsi que par le Makhzen. C’est en quelque sorte le bon, la brute et la horde sauvage. Républicains, interventionnistes, proches de l’extrême-droite vénézuélienne et ayant participé à l’intronisation du pantin Juan Guaido comme président «légitime» du Venezuela, partisans des coups d’Etat et des sanctions à l’encontre des Etats réfractaires aux diktats de l’empire, ces deux larrons sont très représentatifs de la racaille qui officie dans les sphères étatsuniennes de la politique pour les intérêts du 0.01%. Et le fait qu’ils soient républicains n’entre pas en ligne de compte, car les démocrates ne valent pas mieux, on les a vus à l’œuvre sous Clinton, Obama, et on voit ce qu’ils font actuellement sous Biden, le pervers criminel sénile.

    Ce n’est pas pour rien que Rubio fait partie de ce que l’on appelle le «Gang des huit», terme tout à fait adéquat désignant un ensemble de huit dirigeants au sein du Congrès des Etats-Unis qui sont informés sur des questions de renseignement classifiées par la branche exécutive, comprenant les dirigeants de chacun des deux partis du Sénat et de la Chambre des représentants. Ils ont été les seuls à être informés de la récolte massive de données privées lors de la surveillance sans mandat des citoyens américains par la NSA sous l’administration George W. Bush, mais cela ne les a pas perturbés. Rubio est d’ailleurs favorable à l’espionnage massif et à la récolte de données de la NSA. Parmi ce Gang des huit, on trouve, entre autres, pour les plus connus, Nancy Pelosi, la fille du mafieux d’origine italienne et actuelle présidente de la Chambre des représentants, et Chuck Schumer, ce sioniste acharné. Tous les huit sont de fervents partisans de l’entité sioniste d’Israël et la plupart sont liés à des affaires de corruption, tels que pots-de-vin, détournements et autres joyeusetés. Il s’agit exactement de cela : un gang mafieux. Ce n’est pas Nancy D’Alesandro épouse Pelosi qui va nous contredire, elle qui pratique le conflit d’intérêt avec ferveur pour s’enrichir et enrichir sa famille. En effet, Pelosi et son mari ont été accusés de délit d’initié concernant les transactions de Paul Pelosi Sr. (le mari) sur les géants de la technologie que sont Apple, Amazon et Alphabet, et qui ont rapporté à la famille plus de 5 millions de dollars de bénéfices.

    Quant au fils, Paul Pelosi Jr., il est le deuxième plus grand investisseur de la société de télécommunications chinoise Borqs Technologies avec une participation de 22 milliards de dollars, et a reçu 700 000 actions de l’entreprise pour services rendus en tant que consultant. Il faut souligner que le fils Pelosi a accompagné sa mère en catimini pour gérer des affaires fructueuses lors du périple haletant de la présidente de la Chambre à Taïwan. Bon sang, on peut mentir, dit l’adage : les affaires sont les affaires, on n’est pas fille et petit-fils de mafieux pour rien. Il est utile de savoir que Nancy Pelosi gagne 223 500 dollars par an pour sa fonction de présidente à la Chambre, mais sa fortune est estimée à 252 millions de dollars, selon ses propres informations financières, ce qui laisse supposer que la société de capital-risque et de conseil financier de son mari Financial Leasing Services se gave d’informations privilégiées. Notons pour terminer ce passage sordide que les rejetons des principaux politiciens américains sont étroitement mêlés au parcours politique de leurs parents, comme on le voit avec ce Pelosi Jr. et comme on l’a vu avec Hunter Biden qui accompagnait son «Big Guy» de papa dans ses déplacements en Ukraine et qui était impliqué dans les fameux biolabs ukrainiens qui n’ont pas fini de faire parler d’eux.

    Mais revenons-en à ce réactionnaire de Marco Rubio et à sa horde sauvage que le Makhzen soudoie pour prôner une stratégie anti-algérienne. J’aimerais rappeler à ces larbins de l’empire et du sionisme que sont ces politiciens américains et les nervis marocains que l’Algérie est un Etat souverain, qu’elle a payé cher le droit de choisir sa politique en se libérant du colonialisme au prix de millions de martyrs, qu’elle a combattu seule le terrorisme islamiste quand les autres pays détournaient le regard, et, qu’enfin, primo, elle n’a de leçon à recevoir de personne et, secundo, elle n’a peur de personne. Plutôt que de vous inquiéter de l’armement de l’armée algérienne qui n’occupe aucun territoire et qui n’a déclaré la guerre à personne, Monsieur le Sénateur et Messieurs et Mesdames les Députés, vous devriez prendre le temps de vous pencher sur les nombreux crimes que vos gouvernements successifs ont commis et auxquels vous participez actuellement, comme ce que l’on voit aujourd’hui en Ukraine. Ce qu’il se passe aujourd’hui est votre œuvre, œuvre que vous avez mise en place en finançant le coup d’Etat à Kiev en février 2014, en soutenant les nazis ukrainiens, en envoyant des milliards d’armement en Ukraine pour combattre la Russie dans le but de l’affaiblir et de la disloquer pour la piller. Vous avez installé des gouvernements fantoches partout après avoir provoqué des coups d’Etat, exactement comme en Ukraine, le pays le plus corrompu du monde avec votre marionnette Zelensky, ce clown grotesque qui jouait du piano debout.

    Les Etats-Unis n’ont jamais cessé d’intervenir directement et indirectement dans tous les Etats qui refusaient de se soumettre à leurs diktats, vous avez toujours soutenu les pires crapules de la planète, et cela, depuis bien longtemps. Faut-il rappeler l’opération Paperclip où vous avez exfiltré les nazis d’Allemagne ? Vous avez financé Adolf Hitler en lui vendant du pétrole pour faire rouler ses véhicules militaires qui étaient construits par Opel, une filiale de Ford et General Motors. Hitler considérait Henry Ford comme un modèle et avait accroché son portrait dans son bureau. Vous avez des millions de morts sur la conscience, à commencer par les Amérindiens que vous avez exterminés pour prendre leurs terres. Le sang des Amérindiens et les chaînes des esclaves noirs constituent la genèse de votre empire.

    Vous êtes des nécrophages qui vous nourrissez de la chair des peuples que vous avez décimés. Vous servez une oligarchie, le 0.01%, vos bailleurs de fonds, les marionnettistes qui vous ont toujours soutenus à coups de milliards, des criminels qui ne cherchent qu’à s’enrichir toujours plus et à mettre le monde sous leur botte. Votre programme, c’est la casse sociale, la misère, le désespoir pour des millions de personnes. Vous vous moquez de voir les gens dormir dans les rues, crevant de faim et de froid, drogués à mort et complètement perdus. Non seulement vous condamnez votre propre peuple à la misère, mais vous envoyez les autres peuples dans l’enfer de la guerre et de la famine. Vous êtes des massacreurs en col blanc et vos mains sont rouges du sang des enfants coréens, vietnamiens, laotiens, indonésiens, soudanais, irakiens, afghans, palestiniens, syriens, libyens, yéménites, sahraouis, et des enfants du Donbass ! Et cette liste n’est pas exhaustive, car vos crimes se sont multipliés sur toute la planète depuis des lustres.

    Vous venez de saboter les gazoducs Nord Stream 1 et 2, vouant l’Allemagne et les pays européens à la ruine industrielle et économique. Les peuples européens vont connaître le froid, la misère et le chaos, et c’est ce que vos maîtres du 0.01% voulaient. Nous nous souvenons très bien du «Fuck Europe !» de votre sorcière Victoria Nuland, du gang des Straussiens. Malheureusement pour les peuples d’Europe, ils sont représentés par une classe dirigeante issue de l’oligarchie compradore à laquelle appartient cette criminelle d’Ursula von der Leyen qui ne défend que ses propres intérêts, lesquels sont étroitement liés à ceux de l’empire que vous servez vous-mêmes. Les sous-fifres comme les Young Global Leaders et autres valets de l’empire sont juste des gens que vous avez formatés et que vous avez placés à des postes-clés dans les gouvernements européens, et que vous payez pour mettre vos directives en application, comme ces Baerbock, Truss, Scholz, De Croo ou encore ce Habeck.

    Vos laquais sont légion. Le sabotage des gazoducs de Nord Stream qui prive l’Allemagne de gaz condamne son industrie et sa population, ce qui va se répercuter sur toute l’Europe. Pourtant, ces pays vous ont obéi au doigt et à l’œil depuis des années. Vous avez implanté vos bases de l’OTAN sur leurs territoires, exigeant que les Etats paient pour votre armement offensif et, certes, pas défensif comme vous aimez à le dire. Vous avez fait de l’Europe votre colonie, lui imposant votre sous-culture de super-héros issus de bandes dessinées et de «blockbusters» hollywoodiens, alors que l’Europe avait été un centre de la culture et de l’art, vous avez imposé votre nourriture infâme de hamburgers et autres saletés, vos modes LGBTQ complètement dégénérées, et toutes vos breloques à cinq balles. Mais cela ne suffisait pas, il fallait qu’elle soit encore plus obéissante et qu’elle se mette à genoux devant votre aigle impérial. A cette fin, vous avez organisé des opérations Gladio qui ont tué des civils en Italie, avec l’attentat de Bologne, ou encore en Belgique avec les tueries du Brabant. Vous n’avez pas d’amis, vous détruisez sans état d’âme.

    Vos agents et commandos pratiquent le sabotage de manière récurrente depuis des décennies. Vous avez déjà la destruction du gazoduc transsibérien Ourengoï-Pomary-Oujhorod à votre actif en 1982. Il suffit de lire Le Journal d’un agent secret de Philip Agee, ancien agent de la CIA réfugié et décédé à Cuba, pour avoir la preuve de vos actes criminels d’espionnage, de sabotage, de menaces et de coups d’Etat. Parlons donc de l’embargo sur Cuba qui condamne depuis 60 ans le peuple cubain à se priver de beaucoup de choses qui lui seraient bien utiles, mais le peuple cubain résiste et ne se soumet pas ! Et puis parlons de l’Amérique latine et de l’Opération Condor ou de l’Opération Charly, ou encore des escadrons de la mort comme le Battalion 3-16 au Honduras, ou les groupes paramilitaires au Salvador, en Colombie, en Uruguay, au Guatemala, au Nicaragua, et j’en passe, que vous avez soutenus, financés et entraînés, comme vous l’avez fait avec le terrorisme islamiste en Syrie et avec les nazis en Ukraine.

    C’est toute l’Amérique latine, que dis-je, c’est le monde entier que vous avez martyrisé avec vos opérations «spéciales». Vous avez créé des sites noirs où vous enfermiez des gens dans le plus grand secret pour les torturer et les assassiner, vous occupez une partie de Cuba, à Guantanamo, pour y séquestrer et torturer des gens dans des conditions épouvantables, vous avez fait endurer les pires exactions aux prisonniers d’Abu Ghraib et vous y avez pris tant de plaisir que vous en avez fait des photos qui circulent sur la toile. Vous avez installé des bases militaires partout sur la planète pour maintenir les nations sous votre domination. Vous avez torturé, mutilé, assassiné, brûlé vives des millions de personnes, vous avez détruit des villes entières à coup de bombes à l’uranium, vous avez déversé de l’agent orange sur les campagnes vietnamiennes, vous avez incendié au napalm des villages du Laos et du Vietnam. En fait, il est impossible d’énumérer tous vos crimes tant ils sont nombreux. Vous avez été les seuls à utiliser la bombe atomique à deux reprises sur le Japon, soufflant les villes d’Hiroshima et de Nagasaki et leurs populations. Et quand on parle des 500 000 enfants irakiens morts à cause de vos bombardements à ce monstre de Madeleine Albright, elle répond que «cela en valait la peine». Soyez maudits.

    Quant à l’entité sioniste d’Israël et à l’entité féodale du Maroc que vous soutenez activement, elles sont issues du même moule, ce sont des voyoucraties dirigées par des gangsters criminels sans scrupules qui encouragent des colons fanatiques à occuper illégalement des terres qui ne leur appartiennent pas et qui spolient les peuples légitimes de leurs richesses. Ces régimes scélérats ne se soucient d’aucune frontière et rêvent d’expansionnisme sans se soucier du «droit international» que vous êtes si prompts à brandir à tout bout de champ, quand cela vous arrange, mais pas en ce qui concerne les crimes perpétrés contre les Palestiniens et les Sahraouis. Donc, pour en revenir à votre loi CAATSA ou the Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act à l’encontre de l’Algérie, eh bien, disons que la bienséance m’interdit d’exprimer ce que je vous conseille d’en faire. Mais je pense que vous m’avez compris.

    Nous sommes fiers en tant qu’Algériens de soutenir les causes justes que sont la libération de la Palestine et du Sahara Occidental. Notre peuple n’oublie pas qu’il a connu la nuit coloniale avec la spoliation de ses terres par les colons arrogants et/ou paternalistes, les enfants maigres et affamés, en guenilles, quand ce n’était pas les massacres, les enfumades, la torture, la «corvée de bois», la gégène, le napalm, bref, tout ce que vous pratiquez à l’encontre des populations que vous et vos suppôts opprimez. Mais le peuple algérien a résisté au colonialisme français et s’est libéré grâce au sacrifice de millions de martyrs qui ont combattu la France coloniale et l’ont éjectée d’Algérie. Tous les patriotes, ce qui revient à dire tout le peuple algérien, se tiennent aux côtés de notre grande armée et de ses services de renseignement et nous sommes prêts à répondre à tous ceux qui voudront porter atteinte à notre chère patrie.

    Vive l’Algérie ! Gloire à nos martyrs !

    M. A.

  2.  

    par Dominique Delawarde.

    Ci-après une sélection du jour sur une actualité toujours aussi riche.

    1. Une courte vidéo (4 minutes) du Xerfi, spécialisé dans l’analyse économique sectorielle en France et à l’international :

    L’Europe va payer la crise bien plus cher que les États-Unis : explication

     

     

     

    2. Un court article de géopolitique ci-après de Jean-Luc Baslé ancien directeur de City Group (New York) où il a travaillé 23 ans.

    Cet article s’appuie sur de nombreux documents de référence qui valent tous d’être consultés.

    Dominique Delawarde

    ***

    Discours et sabotage

    par Jean-Luc Baslé.

    La dernière semaine de septembre a été lourde en évènements dont il est impossible de prévoir les conséquences mais qui resteront dans l’Histoire.

    Le discours de Vladimir Poutine du 30 septembre

    En reconnaissant les républiques du Donbass, Vladimir Poutine change le caractère de la guerre en Ukraine. Il ne s’agit plus d’une opération militaire spéciale mais de la défense du territoire russe. C’est le point essentiel de ce discours. Toute attaque dirigée contre le Donbass est désormais une attaque contre la Russie. Vladimir Poutine a atteint l’un des objectifs qu’il s’était fixé : ramener dans le giron national cette brebis égaré. C’est une victoire russe et une défaite des États-Unis qui souhaitaient intégrer l’Ukraine dans l’OTAN – mais une victoire à confirmer.

    Ce discours est aussi l’affirmation de la souveraineté russe, l’exaltation du sentiment national, la dénonciation du néo-colonialiste hégémonique américain et de ses méfaits (autoritarisme, déculturations, servitude, etc.). C’est un cri de ralliement à l’adresse des nations jadis colonisées et dépouillées de leurs richesses par les Occidentaux : la Chine, l’Inde, et le Brésil. Trois nations jadis sous la tutelle occidentale qui se sont abstenues de condamner la Russie lors du dernier Conseil de sécurité de l’ONU. C’est enfin un gage donné aux « durs » de son cercle rapproché qui milite en faveur d’une politique plus agressive à l’égard des États-Unis (cf. les écrits du « pro-occidental » Medvedev).

    Sa référence au discours de la montagne de Jésus surprend dans un discours de politique étrangère. Que signifie-t-elle ?1

    Suite à ce discours, la demande de Zelensky d’une procédure accélérée d’admission dans l’OTAN a été repoussée par Jens Stoltenberg, son secrétaire général, et la déclaration du secrétaire d’État américain, Antony Blinken, reconnaissant que les États-Unis n’ont aucune preuve d’une volonté russe d’utiliser l’arme atomique en Ukraine, révèlent une évolution inattendue chez les Occidentaux. Mais, Poutine doit adopter des mesures concrètes confirmant la teneur de ses propos s’il veut conserver sa crédibilité2.

    Le sabotage de Nord Stream I & II

    Vladimir Poutine n’y fait qu’une brève allusion dans son allocution, le considérant – en apparence tout au moins – comme un évènement secondaire alors que l’occident le traite comme un fait majeur. On ne saura sans doute jamais qui a fait le coup, mais quant à savoir à qui profite le crime et qui en a les moyens, la réponse ne fait guère de doute : les États-Unis. N’oublions pas la longue opposition de Washington à Nord Stream II. La destruction du gazoduc élimine le concurrent le plus sérieux qu’ont les producteurs américains de gaz en Europe. Bien évidemment, ce n’est pas la vision que le Washington Post et le New York Times donnent de cet évènement.

    Le Washington Post déclare connaître le coupable : Moscou, mais ne fournit aucune preuve de son accusation3.

    Plus habile, le New York Times prétend ne pas connaître l’auteur mais, dans une hypocrisie remarquable, laisse entendre qu’il ne peut y avoir de doute quant au coupable : Moscou4.

    Tucker Carlson, pour sa part, ne fait pas mystère de son opinion. Il désigne le coupable : Washington – s’appuyant sur la déclaration de Joe Biden du 7 février à ce sujet – mais en se gardant de le nommer5,6.

    C’est aussi l’avis de Jacques Baud, ancien colonel de l’armée suisse, spécialiste du renseignement, et auteur de « Poutine, maître du jeu ».

    Le Monde diplomatique renchérit : « Comment saboter un gazoduc ».

    L’avertissement de la CIA à l’Allemagne concernant une attaque sur les gazoducs (Der Spiegel) et la décision des États-Unis d’ordonner à ses citoyens de quitter sans délai la Russie ne fait qu’accroître les suspicions à l’égard de Washington. En effet, détruire les biens d’une nation étrangère est un acte de guerre. Par ailleurs, il est difficile de comprendre pourquoi la Russie détruirait l’un des rares moyens dont elle dispose pour faire pression sur l’Europe. Rappelons aussi que l’un des premiers soucis d’un fournisseur est sa fiabilité. Poutine a souligné à maintes reprises que la Russie avait toujours tenu ses engagements. Saboter Nord Stream I & II va à l’encontre de cet objectif. Note : Vladimir Poutine est un juriste de formation. Il connaît le sens du mot « engagement ».

    La construction des gazoducs Nord Stream I & II est une décision souveraine du gouvernement allemand – soutenue par la population qui a manifesté en sa faveur. Le sabotage révèle donc un cynisme peu ordinaire chez les dirigeants américains qui ne devrait plus nous surprendre compte tenu des actions et exactions des États-Unis ces trente dernières années. Mais ce sabotage dévoile aussi une nation désespérée, prête à sacrifier ses alliés les plus proches, pour atteindre ses objectifs hégémoniques. Il n’en révèle pas moins la puissance de cette nation, pourtant sur le déclin, puisque l’Allemagne – pays le plus puissant d’Europe – n’a d’autre choix que de se coucher devant elle. Cela est d’autant plus étonnant que l’Allemagne – traditionnellement dirigée par son élite industrielle – aurait dû réagir violemment à la politique énergétique américaine qui non seulement condamne la population à la froideur de l’hiver, mais détruit aussi son industrie.

    Ce n’est pas seulement l’Allemagne, mais l’Europe toute entière qui obéit aux injonctions américaines – une attitude irrationnelle qui va à l’encontre de ses propres intérêts, lui faisant perdre toute autonomie stratégique pour le plus grand malheur de sa population et de son industrie, comme le souligne l’éditorial du Global Times (journal quasi-officiel du gouvernement chinois en langue anglaise). Les conséquences de cette insanité se font déjà sentir. Cristallerie d’Arques, fondée en 1825, employant 15.000 personnes, a mis une partie de son personnel en chômage technique en septembre. Eschenback Porcelain, en Allemagne, société fondée il y a 130 ans, est confrontée aux mêmes problèmes. La liste est longue : Aluminium Dunkerque, Arcelor Mittal, etc…

    Étrangement, les médias occidentaux prêtent peu d’attention au désastre environnemental de cet acte de sabotage.

    1. Discours intégral de Vladimir Poutine, Réseau International
    2. Gilbert Doctorow – International relations, Russian affairs
    3. « Is Putin Fully Weaponizing the Nord Stream Pipelines ? », The Washington Post
    4. « Sabotaged Pipelines and a Mystery : Who Did It ? », The New York Times
    5. « Tucker Carlson : What really happened to the Nord Stream pipeline ? », Fox News (transcript)
    6. « Tucker Carlson : This is an atrocity », YouTube
  3. vendredi
    30 septembre 2022

    Plusieurs fuites de gaz ont été identifiées en mer Baltique, au-dessus du gazoduc Nord Stream, qui relie la Russie et l’Allemagne. Les services de sécurité russes ont ouvert une enquête pour « acte de terrorisme international ». L’OTAN a dénoncé des « actes de sabotage délibérés ». Le Conseil de sécurité des Nations unies s’est réunit ce vendredi sur cette question, alors que la Russie s’apprête à annexer plusieurs régions ukrainiennes et que les bombardements se multiplient autour de la centrale nucléaire de Zaporijia.

    Le titre de l’article de Pierre Rimbert, paru il y a plus d’un an au sujet du pipeline Nord Stream 2, un projet longtemps combattu par Washington, prend ainsi une signification nouvelle dans le contexte.

    Forcing américain pour supplanter les livraisons russes

    Comment saboter un gazoduc

    La diplomatie des tubes, c’était mieux avant. Dans les années 1970, les échanges gaziers entre l’Europe occidentale et l’Union soviétique enchantent les chancelleries : stables, durables, les gazoducs jettent un pont entre les deux blocs rivaux du Vieux Continent (1). Et, lorsque les Américains s’avisent de troubler la « détente », ils doivent déchanter : en 1982, le président Ronald Reagan sanctionne plusieurs entreprises européennes impliquées dans la construction d’un gazoduc eurosibérien qui, à ses yeux, rendra l’Europe dépendante des « rouges » (2). Mais les dix membres de la Communauté économique européenne (CEE) refusent d’appliquer l’embargo, et la France réquisitionne une entreprise pour la contraindre à livrer du matériel aux Soviétiques… Quelques mois plus tard, Washington recule.

    Depuis la chute du mur de Berlin, en 1989, les infrastructures gazières sèment la discorde entre les pays membres de l’Union européenne. Elles symbolisent la dégradation des rapports avec la Russie, la divergence d’intérêts géopolitiques entre des nations théoriquement alliées, leur impuissance vis-à-vis des États-Unis. Le sort de Nord Stream 2, qui relie la Russie et l’Allemagne par la mer Baltique, illustre ce basculement.

    Contourner l’Ukraine

    Pratiquement achevé, l’assemblage de ce serpent d’acier long de 1 230 kilomètres, d’un coût de 9,5 milliards d’euros, a dû s’interrompre en décembre 2019, au milieu d’une tempête de critiques européennes et de sanctions américaines. Comment les derniers kilomètres d’une infrastructure comme il en existe des dizaines ont-ils pu semer la zizanie au sein de l’Union et ouvrir l’une des plus graves crises diplomatiques de l’après-guerre entre Washington et Berlin ?

    Au commencement, pourtant, les nuages étaient rares à l’horizon. En partenariat avec cinq gaziers européens (l’autrichien OMV, les allemands Wintershall et Uniper, le français Engie et l’anglo-néerlandais Shell), le conglomérat russe Gazprom entreprend en avril 2018 de doubler la capacité de Nord Stream 1. Inauguré en 2012, ce premier pipeline achemine déjà 55 milliards de mètres cubes de gaz par an entre la ville de Vyborg, près de Saint-Pétersbourg, et celle de Greifswald, dans le Land allemand de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Son tracé répond à une exigence stratégique du Kremlin : contourner l’Ukraine, par où transitent encore plus de la moitié des exportations de méthane sibérien destinées à l’Europe.

    Moscou reproche à Kiev de profiter exagérément des droits de passage, de détourner une partie des flux et de ne pas honorer ses dettes. Plusieurs conflits ponctués d’interruptions de livraisons ont éclaté entre 2005 et 2009. Depuis la « révolution ukrainienne » de 2014, portée à bout de bras par l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), et plus encore depuis l’annexion de la Crimée par la Russie cette même année, la situation s’envenime. Nord Stream 1 et 2 reflètent à leur manière la dégradation des rapports russo-ukrainiens : le projet du premier démarre un an après la « révolution orange » de 2004, elle aussi soutenue par l’Occident ; l’accord sur la construction de son jumeau suit de peu la crise de 2014. L’intérêt souverain de la Russie lui commande d’affranchir les exportations gazières des soubresauts politiques de son voisin : 91 % des flux à destination de l’Europe passaient par ce pays en 1994, contre moins de 41 % en 2018. Nord Stream 2 et son équivalent du sud de l’Europe, Turkish Stream, également en construction (voir carte ci-dessous), achèveraient d’affranchir Gazprom.

    Les gazoducs ont la particularité de créer une dépendance mutuelle entre les pays qu’ils relient. Celle assumée par Berlin et Moscou irrite. D’emblée, Nord Stream 2 se heurte à une coalition d’opposants qui, tous, gravitent dans l’orbite basse de la superpuissance américaine : l’Ukraine, bien sûr, mais aussi les pays baltes et la Pologne, « opposés au projet pour des motifs idéologiques antirusses », comme le reconnaît sans ambages un rapport parlementaire français (3). Toutefois, en 2018, cet axe ne fait pas le poids face aux partisans du pipeline, emmenés par l’Allemagne et par son ancien chancelier Gerhard Schröder, reconverti en lobbyiste et bombardé par Gazprom président du conseil d’administration de la société Nord Stream 2.

    Pour Berlin, premier consommateur de gaz en Europe, le nouveau gazoduc représente un enjeu d’autant plus important que la chancelière Angela Merkel a entériné la sortie du nucléaire à la fin 2022 et celle du charbon en 2038. En attendant la montée en puissance des ressources renouvelables, le « tournant énergétique » connaît des ratés : il suffit d’une vague de froid, d’un temps nuageux et sans vent pour que les centrales thermiques alimentées au lignite pulvérisent les objectifs d’émissions de gaz à effet de serre, comme en février dernier (4). D’où la nécessité d’un approvisionnement pérenne en gaz, moins polluant que le charbon, et de prix stables. Du point de vue allemand, parvenir à cet impératif en nouant un partenariat commercial avec la Russie se justifie, même si les relations entre les deux pays se détériorent depuis 2014. L’Allemagne « considère la quête de son intérêt économique comme l’indice ultime du succès de sa politique étrangère », rappelle Angela Stent, spécialiste (proaméricaine) des relations entre Washington, Berlin et Moscou (5).

    La volte-face d’Emmanuel Macron

    C’est cette même philosophie qui, mise en œuvre de manière chaotique par M. Donald Trump, va faire dérailler le projet. Pour Washington, cibler Nord Stream 2 présente des avantages mercantiles autant que géopolitiques : grâce au soutien de la Commission européenne, favorable au marché flexible du gaz naturel liquéfié (GNL) américain plutôt qu’aux gazoducs russes, et à l’appui des pays les plus atlantistes de l’Union (Pologne, Danemark…), Washington n’entend pas seulement contrecarrer les plans de Moscou, mais aussi et surtout imposer ses excédents de gaz de schiste liquéfiés sur le marché européen. Et, au passage, mettre sous pression l’Allemagne, avec laquelle les différends commerciaux s’accumulent (6). Toute la subtilité diplomatique des États-Unis se déploie à cet effet.

    M. Trump, qui, depuis son arrivée au pouvoir, menace l’Europe de sanctions douanières, obtient en juillet 2018 la capitulation de Bruxelles : l’Union accepte de revoir de fond en comble sa politique gazière en faveur du GNL « de la liberté » (dixit M. Trump) et au détriment du gazoduc « totalitaire ». La nouvelle directive gaz, adoptée l’année suivante, empile les chicanes administratives destinées à entraver Nord Stream 2, au point que ses concepteurs doivent en repenser l’architecture juridique et commerciale.

    Ce texte n’aurait pas été adopté par le Conseil européen en février 2019 sans le spectaculaire retournement du président français, dont le soutien discret assurait jusque-là aux partisans du projet (Allemagne, France, Autriche, Pays-Bas, Belgique, Grèce et Chypre) une minorité de blocage. M. Emmanuel Macron a justifié sa volte-face par la nécessité de « ne pas renforcer la dépendance à la Russie (7) » ; mais peut-être tentait-il de contraindre Berlin à considérer son projet de réforme de l’Union, accueilli outre-Rhin avec un haussement de sourcil.

    Après la semonce, le canon : comme s’il coulait de source que la politique énergétique européenne se décide à Washington, les parlementaires américains des deux bords votent en décembre 2019 la loi protégeant la sécurité énergétique de l’Europe, une salve de « sanctions gelant les visas et les avoirs de toute personne étrangère qui aiderait sciemment des navires poseurs de tubes à construire des pipelines d’origine russe aboutissant en Allemagne ou en Turquie », ainsi que le résume le Congrès américain. Ces mesures extraterritoriales, dépourvues de fondements juridiques au regard du droit international, provoquent l’arrêt immédiat du chantier Nord Stream 2. Elles seront durcies et élargies aux entreprises l’année suivante. La plupart des sociétés d’assistance technique et des assureurs quittent le navire.

    Décidés à anéantir financièrement toute entité prêtant son concours au projet russe, les États-Unis annoncent en juillet 2020 que Nord Stream 2 entre désormais dans le champ de la loi de 2017 baptisée « Contrer les adversaires de l’Amérique par des sanctions », qui visait initialement la Russie, l’Iran et la Corée du Nord. Cette fois, les contrevenants menacés de se voir couper l’accès au système dollar se recrutent parmi des entreprises, des citoyens et des villes d’Allemagne, pays membre de l’OTAN et plus puissant allié des États-Unis au sein de l’Union. Dans une lettre du 5 août 2020, trois parlementaires américains intiment ainsi l’ordre aux directeurs de deux ports allemands, ainsi qu’à leurs actionnaires (la ville et le Land), de cesser toute implication dans Nord Stream 2, sous peine de « détruire la viabilité financière de [leur] entreprise », de « dévaster [leur] valeur actionnariale », de geler leurs avoirs et de leur interdire de poser le pied sur le sol américain. Des mesures et une tonalité d’ordinaire réservées au Venezuela ou à Cuba…

    Face à une telle humiliation, le ministre des affaires étrangères allemand, le social-démocrate Heiko Maas, observe : « Nous ne critiquons pas les États-Unis pour avoir plus que doublé leurs importations de pétrole en provenance de Russie au cours de l’année dernière. Les États-Unis exercent leur droit à une politique énergétique indépendante. Nous aussi. » Et M. Frank-Walter Steinmeier, le président de la République fédérale, soutient l’achèvement de « l’un des derniers ponts entre la Russie et l’Europe », en invoquant les « plus de vingt millions de victimes soviétiques de la seconde guerre mondiale » (8).

    Mais, dans l’ensemble, les dirigeants allemands adoptent un profil bas. Si les forces politiques soutiennent majoritairement le projet, le paysage se fracture. L’Union chrétienne-démocrate (CDU) appuie toujours Nord Stream, tout comme le Parti social-démocrate (SPD), Die Linke (gauche) et l’Alternative pour l’Allemagne (AfD, extrême droite). Mais les chrétiens-démocrates les plus antirusses, emmenés par M. Manfred Weber, chef de file du Parti populaire au Parlement européen, multiplient les déclarations incendiaires. Les libéraux, d’abord sensibles aux aspects économiques, ont basculé avec l’affaire de l’empoisonnement de l’opposant russe Alexeï Navalny et réclament désormais un moratoire. Déjà hostiles à Nord Stream 1, les Verts ne veulent pas entendre parler d’un second tube. Leur intransigeance est renforcée par une résolution contre le gazoduc votée au Parlement européen le 21 janvier dernier, par la mobilisation des associations environnementales et par l’obsession antirusse de la presse occidentale. Combinée à la puissance de l’influence américaine, la popularité du sentiment écologiste rend le dossier radioactif et pousse le gouvernement allemand à des concessions.

    Dès 2019, la chancelière accordait aux États-Unis le financement de deux terminaux de regazéification destinés à accueillir du GNL sur les côtes allemandes, à condition que Washington cesse de s’acharner sur Nord Stream 2. Las, l’empoisonnement de M. Navalny à l’été 2020 puis son incarcération en janvier 2021 (9) ont fourni aux adversaires du gazoduc un argument d’autant plus percutant que Berlin s’était vigoureusement engagé en faveur de l’opposant russe : de Varsovie à Paris en passant par Bruxelles, les responsables somment la chancelière d’inclure l’arrêt du projet parmi les sanctions infligées à Moscou. L’arrivée à la Maison Blanche de M. Joseph Biden a décomplexé les libéraux angoissés à l’idée de s’aligner sur les positions de M. Trump : la nouvelle administration semble aussi décidée que l’ancienne à tuer Nord Stream 2.

    La saga du serpent se poursuit néanmoins. Des navires russes ont repris la pose des tubes sur le plancher baltique ; l’Allemagne garde l’espoir d’amadouer la Maison Blanche. Et, afin de contourner les sanctions, le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (dirigé par le SPD) a créé une Fondation pour la protection du climat et de l’environnement qui compte parmi ses objectifs l’achèvement du gazoduc. Ironie du sort, le calendrier de la fin des travaux pourrait percuter celui des négociations pour former une coalition gouvernementale après les élections allemandes du 26 septembre prochain. Les Verts, à qui les sondages promettent un score flatteur et une position de force dans les discussions, avaleraient-ils alors la couleuvre ?

    Pierre Rimbert

  4.  

    septembre 23, 2022 - 4:34Rédaction 0 Commentaire
     
     
    roi Maroc Haaretz
    Le roi du Maroc ne dirige plus le pays. D. R.

    Par Kamel M. – Les vérités assénées par Haaretz font grincer des dents à Rabat, d’autant qu’elles émanent d’un média appartenant à un pays avec lequel le Makhzen entretient une alliance, il faut le dire, fragile, contestée par l’écrasante majorité des Marocains et perçue comme une menace pour la sécurité de la région par les Etats voisins, notamment l’Algérie. Dans un article au vitriol, intitulé «L’économie du Maroc s’effondre, mais son roi préfère les lumières de Paris», le journal israélien de gauche note que le royaume «a dépensé des millions de dollars en matériel militaire mais ne s’est toujours pas remis des effets d’une grave sécheresse et de la pandémie de Covid», soulignant que le chômage des jeunes «monte en flèche, ainsi que les prix des loyers et l’indignation de la population».

    «Le roi du Maroc, Mohammed VI, est un homme malade. Il a subi une opération cardiaque il y a deux ans. Ces derniers mois, il a passé plus de temps en France que dans son propre pays – donnant des instructions à ses assistants et à son Premier ministre soit par téléphone, soit via zoom», note le quotidien israélien, pour lequel «ses problèmes ne se limitent cependant pas à ses soucis de santé», puisqu’«il y a deux mois, il a été filmé en compagnie d’amis alors qu’il semblait ivre et tenait un verre à la main». «Cela avait été précédé d’un autre scandale, après que trois lutteurs allemands d’origine marocaine eurent été accueillis au palais royal et furent photographiés en présence du roi. Cela n’aurait pas suscité de controverse si les frères n’avaient pas exploité les photos à leur profit – pour acheter des terres à prix réduit et obtenir des licences commerciales en faisant prévaloir leur relation privilégiée avec le roi», ajoute Haaretz.

    «Mohammed VI n’a pas assisté aux funérailles de la reine Elizabeth et a délégué le prince héritier Moulay Hassan, un choix censé montrer que c’est son fils qui devra lui succéder», souligne le journal qui confirme ainsi implicitement la guerre de succession qui fait rage au sein du palais où des indiscrétions affirment qu’une des sœurs du souverain absent aurait accaparé de nombreuses prérogatives de celui-ci. «La situation du Maroc n’est pas meilleure. Le gouvernement a investi massivement dans l’achat d’armes, de missiles et autres matériels militaires, y compris le système antimissile Iron Dome et les missiles air-sol de fabrication israélienne, mais le pays ne s’est pas remis du double choc du coronavirus et d’une grave sécheresse», constate Haaretz, qui rappelle que le royaume importe 90% du pétrole et du gaz naturel qu’il consomme, dont le coût a fortement augmenté depuis l’opération militaire russe en Ukraine, «creusant ainsi un grand trou dans le budget national du Maroc».

    «Les chiffres officiels situent le taux de chômage du pays à plus de 12%, mais chez les jeunes, le chiffre est plus proche de 30%. Une grave sécheresse a provoqué un exode des habitants des zones rurales vers les villes, réduisant l’emploi dans le secteur agricole qui représente plus de 14% du PIB du Maroc et emploie 40% de la population. Selon des enquêtes récentes, les zones rurales périphériques ont perdu plus de 150 000 emplois au profit des grandes villes», relève encore le journal, qui ajoute que cela a également des implications majeures pour le secteur immobilier, pour les prix des loyers et le coût du logement en général. «De plus, les grandes villes ne sont pas équipées pour accueillir des centaines de milliers de migrants ruraux et leur fournir les soins de santé, l’éducation et l’assainissement», souligne Haaretz. «La situation s’est également traduite par de la frustration et de la colère face à la baisse spectaculaire de la qualité de vie», poursuit le quotidien.

    C’est dans ce contexte que les liens entre le Maroc et Israël se sont renforcés, notamment dans le domaine militaire mais, précise Haaretz, les échanges commerciaux entre les deux pays sont loin d’égaler les contrats signés entre Tel-Aviv et Abou Dhabi, atteignant 1,4 milliard de dollars contre à peine 90 millions avec Rabat. Et de conclure que ce n’est pas demain la veille que le Maroc engrangera les dividendes qu’il escomptait de sa normalisation avec l’Etat hébreu.

    K. M.

  5. Haaretz | Middle East News

    Morocco’s Economy Is Sinking, but Its King Prefers the Bright Lights of Paris

    The country has been spending millions of dollars on military hardware but still hasn’t recovered from the effects of a serious drought and the COVID pandemic. Youth unemployment is soaring, along with rental prices and public outrage

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    Morrocan King Mohaamed V1 with his son Crown Prince Moulay Hassan, left, and his brother Prince Moulay Rashid in the Royal Palace, 2019 (AP)
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    Sep 22, 2022 8:54 pm IDT
     

    The king of Morocco, Mohammed VI, is a sick man. He underwent heart surgery two years ago and this year came down with the coronavirus. In recent months, he has been spending more time in Paris than in his own country – issuing instructions to his assistants and his prime minister either by phone or on Zoom.

     

    His troubles aren’t limited to his health problems though. Two months ago, he was seen on camera in the company of friends whilst appearing to be drunk, and holding a drink in his hand. His bodyguards tried to stop the filming, but the video clip surfaced on social media.

     
     

    That had been preceded by another scandal, after three German wrestlers of Moroccan origin, the Zuaiter brothers, were hosted in the royal palace and photographed in the king’s presence. That wouldn’t have prompted controversy if the brothers hadn’t exploited the photos for their own benefit – to buy land at a discount and obtain business licenses, all based on their relationship with the king.

     
     

    Mohammed VI didn’t attend the funeral of Queen Elizabeth, opting to send his son, Crown Prince Moulay Hassan, in the process hinting at who is expected to succeed him to the throne. The king’s advisors said that he didn’t go to London for the funeral due to his health condition. Unofficially it was also explained that he was attending to his ill mother in Paris.

     

     

     

    Morocco’s own condition is no better than the king’s. It has invested heavily in purchasing arms, missiles and other military hardware, including the Iron Dome antimissile system and air-to-ground missiles from Israel, but the country hasn’t recovered from the twin shocks of the coronavirus and a serious drought. At the beginning of the year, the World Bank forecast the annual growth of the country’s economy at 3.2 percent, but that was recently downgraded to just 1.5 percent.

     
     

    The kingdom imports 90 percent of the oil and natural gas that it consumes, the cost of which has risen sharply since the invasion of Ukraine, punching a major hole in Morocco’s national budget. Tourism to the country may be gradually recovering, but revenues from the sector – $2.7 billion in the first half of this year – fell substantially lower than expectations and below pre-pandemic levels. Tens of thousands of workers in the sector had lost their jobs and many of them still haven’t returned to work. The country’s hotel occupancy rate is estimated at under 50 percent.

     
     

    Against this backdrop, one can understand the massive public anger when the country’s tourism minister, Fatim-Zahra Ammor, chose to spend her vacation in Zanzibar rather than in Morocco. “The minister turned her back on her country when she went to spend her vacation in Zanzibar, where she pays her expenses in hard currency,” Ismail al-Halwati wrote in an angry article on the Akhbarona website. And he wasn’t the only one to object.

     
    Tweeted footage of the Moroccan King Mohammed VI appearing to be drunk with friends

    Official figures put the country’s unemployment rate at more than 12 percent, but among young people, the figure is closer to 30 percent. Serious drought has driven people from rural areas to the cities, cutting employment in the agricultural sector, which has accounted for more than 14 percent of Morocco’s GDP, employing 40 percent of the population. According to recent surveys, outlying rural areas have lost more than 150,000 jobs to the big cities.

     
     

    That also has major implications for the real estate sector, for rental prices and the cost of housing more generally. In addition, the major cities aren’t equipped to accommodate hundreds of thousands of rural migrants and provide them with health care, education and sanitation.

     
     

    The real estate sector, which has served as a gauge of the country’s economic health and growth, has been showing signs of collapse. There is a housing supply, but most of it is upscale and not appropriate for middle – and lower-income people — who represent most of those seeking housing — and sales of which have dropped 17 percent in the first half of the year. The drop is also the result of the cancellation of a 50 percent exemption on registration fees.

     

    The increased cost of construction materials, particularly iron, aluminum and cement, as a result of the war in Ukraine, has also made things worse for large numbers of people who cannot afford to buy an apartment. Now they are forced to rent at prices that are much higher than a year or two.

     

    The situation has also translated into frustration and anger over the dramatic drop in the quality of life. In April, the government planning department published data showing that more than 76 percent of those polled reported a substantial drop in their quality of life. Eighty-seven percent expected the jobless rate to worsen, and 47 percent have needed loans to finish out the month.

     

    A year ago, the king appointed Aziz Akhannouch, who is apparently the wealthiest person in Morocco, as prime minister. His wealth is estimated at $1.5 billion, and he controls roughly 50 companies. His appointment sparked hope that his business experience and royal backing would propel the economy forward and extract the country from its crisis. Among his decisions was boosting the public sector minimum wage by 10 percent over two years to roughly $320 per month. Since then, for the first time since 2008, inflation in August surged to 8 percent over August 2021 – in the process substantially eroding the pay raise.

     

    The hopes that the citizenry pinned on the new prime minister appear at this point to be on paper alone, and there have already been articles calling upon him to resign. In the face of the criticism, the king might accede to the demands and replace Akhannouch, who won’t offer a miracle cure in any event. But his appointment created the impression that at least the king was receptive to the public – even from Paris.

     

     

     

    Warmer ties with Israel

     

    In the meantime, ties between Morocco and Israel have been strengthening, particularly in the military field. Morocco is interested in buying advanced Israeli military technology – in addition to the weaponry that it has already purchased. A trade agreement was signed between the countries in February and there have been visits by trade missions between the two.

     

    In November, Defense Minister Benny Gantz’s first official visit to Morocco included the signing of the countries’ first cooperation agreement. And in July, Israel Defense Forces Chief of Staff Aviv Kochavi visited the North African country. That was followed by a visit to Israel of Morocco’s military chief, El-Farouk Belkhir, who was joined by a military procurement delegation.

     

    The reciprocal visits have laid the official foundation for military cooperation that in practice existed well before the signing of the Abraham Accords, in which under American auspices, Morocco followed the United Arab Emirates and Bahrain in forging diplomatic relations with Israel. Morocco purchased Heron drones from Israel, which it uses to fight the Polisario Front in Western Sahara.

     

    Israel and Morocco are hoping to increase bilateral annual trade to $500 million from $90 million last year. Those are relatively modest aspirations compared to the volume of trade that Israel has developed with the UAE, which reached $1.4 billion in the first seven months of this year. Excluding oil and gas, the goal is closer to Israel’s annual trade with Egypt -- $300 million – but there are hopes of doubling it by 2025.

     

    The full extent of the benefits of the normalization of trade between Israel and Morocco still appears distant.

  6.  

    Par Jean-Baptiste AndréPublié le 23/09/2022 à 16h21

    • La fin de semaine est rouge vif sur les marchés boursiers mais elle est bien noire sur le marché pétrolier...
    Les cours du pétrole plongent, le WTI sous les 80 dollars !
    Crédit photo © Reuters

    (Boursier.com) — La fin de semaine est rouge vif sur les marchés boursiers mais elle est bien noire sur le marché pétrolier. Le baril de brut léger américain pour livraison novembre plonge actuellement de 5,6% à 78,8 dollars sur le Nymex alors que le baril de Brent de la mer du Nord (échéance novembre) abandonne 4,8% à 86$. Le West Texas Intermediate évolue ainsi sous la barre des 80$ pour la première fois depuis janvier et devrait aligner une quatrième semaine de baisse, du jamais vu cette année.

     

    Comme pour les actions, les opérateurs s'inquiètent d'une baisse de la consommation de brut sur fond de ralentissement de l'économie mondiale, voire de récession, alors que les grandes Banques centrales sont engagées dans une lutte sans merci contre l'inflation. "Les craintes d'un atterrissage brutal de l'économie américaine et de l'ensemble de l'économie mondiale se frayent un chemin dans le système", explique à 'Bloomberg' John Kilduff, associé fondateur d'Again Capital. L'utilisation des taux d'intérêt comme "un maillet pour l'économie mondiale" peut réduire considérablement l'activité économique. "C'est la raison pour laquelle on assiste à un effondrement des cours".

    Les cours de l'or noir sont également poussés à la baisse par la flambée du dollar, l'indice Bloomberg Dollar Spot ayant atteint un niveau record ce vendredi. Cette vigueur de la monnaie de l'oncle Sam rend en effet les matières premières libellées dans la devise américaine plus chères pour les investisseurs munies d'autres monnaies.

    Malgré le contexte pesant actuel, certaines des plus grandes banques prévoient un rebond des prix en raison de la faiblesse des stocks et d'une demande soutenue malgré les craintes de récession. JPMorgan Chase & Co prévoit par exemple un Brent à 101 dollars le baril pour le dernier trimestre de 2022, tandis que Goldman Sachs Group table sur 125 dollars. "Cela va être un dernier trimestre très, très volatil", estime Amrita Sen, analyste prétrole chez Energy Aspects. Il y a "tout simplement trop de facteurs différents et contradictoires qui déterminent les prix en ce moment".

  7.  

    publié le 19 septembre 2022
    •  

    Contenu

    A l’occasion du 60eme anniversaire de l’Indépendance algérienne, la revue Orient XXI publie un copieux dossier sur plusieurs aspects de la longue histoire de l’Algérie coloniale, traités par des spécialistes. Après l’introduction et le sommaire de ce dossier, nous reproduisons ici l’un des articles dans lequel l’historien Hosni Kitouni livre une synthèse de ses recherches sur la spoliation coloniale des terres, élément essentiel de la domination française en Algérie. Archives à l’appui, il y montre avec précision l’étendue de la dépossession foncière en Kabylie. Il indique que les populations spoliées et déplacées de force, réduites à la misère, furent souvent contraintes de travailler pour les nouveaux propriétaires de leurs propres terres. Et il souligne que ces régions furent un puissant foyer de lutte contre la colonisation.

    France-Algérie, deux siècles d’histoire

    par Orient XXI , introduction du dossier publié le 18 mars 2022.
    Source

    L’année 2022 marque les 60 ans de l’indépendance de l’Algérie. Deux générations se sont succédé et pourtant, ce qui s’est joué pendant cette période coloniale n’en finit pas de façonner la société et la scène politique française, comme en témoignent certaines initiatives prises par le président Emmanuel Macron et les débats qu’elles ont suscitées des deux côtés de la Méditerranée. La prédominance des thématiques relatives à l’islam et à l’immigration, la mobilisation du gouvernement contre la « décolonisation des savoirs » en disent long aussi sur la pérennité d’un imaginaire hérité de la colonisation en général, et de celle de l’Algérie en particulier.

    Trop souvent, la colonisation française en Algérie est réduite à « la guerre d’Algérie » (1954-1962), reléguant au second plan deux siècles d’histoire, tout ce qui a eu lieu depuis la conquête de 1830. C’est le retour le plus vaste possible, faute d’être le plus exhaustif, sur la période allant de 1830 à 1962 que souhaite présenter Orient XXI à travers ce dossier sur l’Algérie, lancé à l’occasion du 60e anniversaire des accords d’Évian, et qui sera nourri au fil des mois qui viennent.

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    Une rue de la Casbah à Alger en juillet 1962 - Fernand Parizot/AFP

    Dans le souci d’avoir un large éventail de contributeurs et de contributrices qui traitent des multiples facettes de cette période, nous faisons appel à des historiens de France, d’Algérie et d’ailleurs, qui remettront en lumière des aspects parfois méconnus de cette histoire coloniale, et tisseront des liens que l’on ne soupçonne pas toujours entre la lutte du peuple algérien et celles d’autres populations à travers la planète.

    Il s’agit également de l’histoire de la France, de ses institutions républicaines, de sa police et de son rapport au fait religieux musulman, qu’il convient d’approcher pour mieux comprendre ce qui s’est joué pendant les 132 ans de colonisation, en Algérie comme en France, et qui continue à peser dans la vie politique et intellectuelle.

     


     

    Sommaire


    • Ce que l’Algérie doit à la lutte d’indépendance de l’Irlande, par Slimane Hargas.

     Ce que la colonisation doit détruire pour s’imposer, par Hosni Kitouni

    • Des violences policières inscrites dans l’histoire coloniale, par Mathieu Rigouste

     Hélène Cuénat. Portrait d’une porteuse de valises, par Sylvie Braibant

     Les camps de regroupement, entreprise de destructuration du monde rural algérien, par Fabien Sacriste

     Les ratonnades, une histoire du racisme colonial, par Sylvie Thénault

     L’image, arme de la guerre d’indépendance algérienne, par Marie Chominot

     Malika Rahal. Ce passé algérien qui hante la France, par Jean-Pierre Sereni, Sarra Grira, Malika Rahal

     Quand le cinéma restaure la mémoire des communistes algériens, par Meryem Belkaid

     Quand l’armée française « pacifiait » au napalm, par Raphaëlle Branche

     


     

    Ce que la colonisation doit détruire pour s’imposer

    par Hosni Kitouni, publié par Orient XXI dans le dossier « France-Algérie, deux siècles d’histoire », le 18 mars 2022.
    Source


    Hosni Kitouni est historien, chercheur associé en histoire à l’Université d’Exeter, en Angleterre.
     


    En Algérie, la mission coloniale se fixait pour but de créer une nouvelle nation « civilisée », mais elle a passé sous silence l’entreprise de destruction que cela supposait. La spoliation légalisée des terres mise en place par l’administration coloniale a entraîné une dispersion de la population autochtone et la destruction de la structure sociale tribale.
     

    « […] le véritable but de l’entreprise africaine, celui qui seul promet une récompense à nos efforts, de la gloire à notre pays, c’est de peupler le nord de l’Afrique, de le féconder par le travail européen, d’ouvrir à la nation française, aux autres peuples civilisés, surtout à ceux de langue romane, comme l’Italie et l’Espagne, un champ nouveau d’activité, et peut-être un moyen de régénération !

    La France a donc pour mission de présider à la formation d’une nouvelle nation civilisée, chrétienne, en regard de ses rivages […].

    Quant aux moyens qui doivent conduire à ce résultat, ils se résument en deux principaux, malgré leur infinie diversité : et ces deux moyens sont la guerre et la colonisation. »


    Ces lignes d’Eugène Buret tirées de son exposé De la double conquête de l’Algérie par la guerre et la colonisation (1842, réed. Collection XIX, 2016) résument le projet colonial engagé par la France en Algérie dès 1830. Si le sieur Buret décrit fort bien ce que la colonisation doit construire, il s’abstient néanmoins d’évoquer ce qu’elle doit détruire pour parvenir à son but. Cet angle mort de sa pensée marque largement l’historiographie de la colonisation.

    L’entreprise décrite par Eugène Buret, nous la désignons aujourd’hui par le concept de « colonisation de peuplement » (settler colonialism), terme emprunté aux travaux des chercheurs australiens Patrick Woolf et Lorenzo Veracini, qui ont fourni aux historiens un puissant instrument pour l’analyse de situations coloniales caractérisées par l’arrivée en masse de colons exogènes, et le transfert des terres des mains des populations autochtones aux immigrants. Ce qui se passe dès 1830 s’inscrit bien plus dans la perspective de ce qui s’est passé en Amérique du Nord et en Australie que dans celle des colonisations extractives de la fin du XIXe siècle. Il faut insister sur ce point, car cela permet de mieux comprendre l’origine et la fonction du peuplement colonial et son rôle dans la formation de la société qui, au-delà de la décolonisation, continue de travailler nos imaginaires, nos comportements et notre être social.

    Spoliations et dépossessions

    L’arrivée des colons et la spoliation des terres sont des phénomènes interdépendants. Par le séquestre, le cantonnement, les lois foncières, l’administration coloniale réussit entre 1830 et 1930 à s’emparer de plus de 14 millions d’hectares, soit 66 % des terres utiles de l’Algérie. Un million six cent mille hectares sont concédés aux migrants européens, généralement à titre gracieux. Ils forment les 975 centres de colonisation créés ou agrandis entre 1840 et 1937. Ce processus de spoliation violente s’accompagne de l’accroissement du peuplement colonial, dont le nombre passe de 7 000 en 1836 à 881 000 en 1931.

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    La création du cadastre en Algérie dès les années 1830 permet la colonisation foncière. Source : Légendes Cartographie @LegendeCarto

    L’histoire de cette dépossession, avec l’agriculture européenne, ses performances, en un mot ce que la colonisation a construit en Algérie, a fait l’objet d’une prolifique littérature, qui d’ailleurs continue à être alimentée par des études, des récits, des films, etc. Ce que nous connaissons moins, c’est ce qui a été détruit et ce que sont devenues les victimes de cette destruction.

    En travaillant sur l’histoire de la Kabylie orientale, nous avons mis au jour, au service des archives de la wilaya de Constantine, des documents rescapés du transfert des archives coloniales en France. Ils concernent les tribus de la région de Djidjelli (aujourd’hui Jijel, dans le nord-est du pays). Accusées d’avoir activement participé à l’insurrection de 1871, celles-ci ont été « punies » par une confiscation collective de leurs terres, comme 306 autres collectivités dans le reste de l’Algérie. C’est cette documentation, complétée par des archives conservées aux Archives nationales d’outre-mer (ANOM) d’Aix-en-Provence, que nous avons exploitée pour exposer le cas de trois tribus de Djidjelli emportées par la tempête des spoliations.

    Le monde d’avant la débâcle

    En avril 1872, le gouverneur général Louis Henri de Gueydon, en visite à Djidjelli, ordonne d’entamer les travaux de création de deux centres de peuplement, Duquesne et Strasbourg, destinés à accueillir en urgence des Alsaciens-Lorrains et des immigrés français. Le territoire des Ouled Belafou, Bni Amrane et Cheddia est retenu pour ce projet. Les trois tribus doivent donc immédiatement quitter leurs terres. Mais qui sont ces expulsés ?

    Une enquête de 1868 présente la tribu des Ouled Belafou comme la plus prospère de la région. Sa population de 1 588 individus occupe 384 maisons formant plusieurs hameaux ou kharrouba. La terre est possédée à titre privé, mais elle reste souvent indivise entre les membres d’une même famille ou de plusieurs familles alliées. Mille sept cent soixante-dix hectares sont réservés aux cultures, 201 autres aux parcours. On y trouve cinq cimetières, quatre mosquées, une forêt de 43 hectares à usage collectif, etc. Tirant avantage d’un pays de montagnes, les cultures s’adaptent judicieusement à la variété du paysage et au climat.

    La tribu d’Ouled Belafou possède en outre 86 chevaux, 231 juments, 75 poulains, 27 mulets, 2 479 bœufs, 1 442 moutons, 877 chèvres et 71 ruches. C’est un patrimoine considérable si on le rapporte au nombre d’habitants. Ils élèvent une race de petits chevaux très estimés (aujourd’hui disparue), et sont renommés pour leur travail du cuir.

    Leurs voisins, les Bni Amrane, tribu de 2 337 individus, possèdent 3 000 hectares de terres en propriété et habitent 464 gourbis formant 28 hameaux. Leur patrimoine est constitué de 244 chevaux ou juments, 73 mulets, 2 739 bœufs, 2 430 moutons, 2 222 chèvres et 36 ruches. Manifestation de leur profond et ancien enracinement au sol, ils possèdent 18 cimetières, dont 11 jouxtent des massala (lieux de prière).

    Les Cheddia occupent quant à eux un territoire utile de 2 419 ha, possèdent 3 982 oliviers, 900 arbres fruitiers et 230 maisons.

    Dans ce monde plutôt austère, voire ascétique, l’olivier est l’alpha et l’oméga de la vie. Si l’homme se consacre à son entretien, la femme recueille son fruit, en tire l’huile, essentielle à la vie. Qui n’a pas d’olivier n’a pas de place dans la djemaa (assemblée du village). Les trois tribus en possèdent 11 506 plants, soit plus de deux oliviers par habitant. Issues de la grande confédération des Kutuma, localisée dans ce pays depuis la haute antiquité, les trois tribus représentent un chainon essentiel de la culture et de l’histoire de la Kabylie orientale.

    L’espoir du retour

    En vertu du séquestre apposé à leur terre, les trois tribus sont sommées de quitter les lieux. Dès septembre 1872, le chef du cercle de Djidjelli commence à réunir les 1 300 mulets pour transporter les déplacés. Il sera nécessaire de faire plusieurs voyages à travers un pays rude, forestier, montagneux pour atteindre le Ferdjioua (90 kilomètres au sud de Djidjelli) où les déplacés ont reçu des terres de compensation.

    Malgré les ordres formels, les gens espèrent toujours rester sur leurs terres : « Ils se disent trop pauvres pour aller cultiver dans un pays où ils auront tout à créer, même les abris. Toutes les raisons données pour les décider à partir n’ont pu vaincre leur résistance », admet le colonel chef du cercle de Djdijelli, s’adressant à ses supérieurs de la subdivision de Constantine. « Ils cèderont évidemment devant la force », sans aller bien sûr jusqu’à « l’incendie des gourbis et la destruction des villages » qu’il faut impérativement préserver au profit des colons.

    Plus la date du départ approche, plus la fièvre s’empare des habitants. Les familles vendent leurs bestiaux, leur blé, leurs volailles, tentent de placer leurs meubles chez les voisins des autres tribus. C’est que tous croient dur comme fer qu’ils vont bientôt revenir. Alors, on cherche à préserver l’essentiel, on entoure le jardin de haies de ronces, on bouche les issues. D’autres au contraire tentent de tout couper, tout brûler, ne rien laisser debout derrière eux. Pour échapper à la réquisition, des familles se réfugient dans la forêt, s’enferment dans leurs maisons et refusent d’en sortir. Le colonel avoue employer « des manières de rigueur » pour remettre de l’ordre.

    En septembre, début de la saison des pluies, dans une ambiance dramatique et en présence d’un déploiement considérable de forces armées, l’évacuation commence. Elle s’achèvera quatre mois plus tard.

    « Aujourd’hui l’évacuation est aussi complète que possible », annoncera triomphal le colonel, « mais sur ce territoire aujourd’hui désert, sauf le petit centre de Duquesne, il est nécessaire d’avoir une surveillance constante et journalière. Les patrouilles amènent chaque jour des arrestations, il s’agit de délits spéciaux, tels retour pour s’occuper des récoltes abandonnées, destruction d’immeubles par les anciens propriétaires, etc. ». Faisant le bilan des évacuations, il constate « qu’outre les 800 hectares compris dans le périmètre de Strasbourg et Duquesne, l’évacuation avait porté sur 1 200 hectares qui ne sont point compris dans les terrains à affecter immédiatement à la colonisation ». De plus, « il y a 1 500 gourbis vacants qu’il importe de conserver, conformément aux vœux que vous m’avez donnés ». Les colons peuvent les occuper, la moitié d’entre eux « sont immédiatement habitables ».

    Zouaves ou caïd, pas d’exception

    Dans le désordre général, les évacuations ont également touché des indigènes exemptés du séquestre. Voici ce qu’écrit à ce propos écrit le colonel Loverey :

    La commission d’enquête avait reconnu en principe que les indigènes restés fidèles à notre cause ne seraient point atteints par le séquestre […]. Néanmoins, conformément aux ordres reçus, j’ai dû leur faire suivre le mouvement de leur tribu […].


    C’est le cas du zouave Salah Ben Ali Ben Kaafous qui a défendu Paris en 1870 [1]. Fait prisonnier par les Prussiens, il est amputé d’une jambe à la suite d’une blessure lors de la bataille de Frœschwiller-Woerth (le 6 août 1870 en Alsace). Libéré après sept mois de captivité, il rentre dans sa tribu et se retrouve, avec sa famille, parmi les évacués pour Ferdjioua. En outre, il doit payer à la djemaa 65 francs par an, sa quote-part du tribut de guerre. Il y a aussi le cas de Ben Si Khalfa, qui écrit au préfet de Constantine pour se plaindre de l’injustice dont il est l’objet :

    « Tous les habitants qui se sont révoltés, le gouvernement leur a enlevé leurs terres… Et moi, monsieur le préfet, je ne me suis pas révolté et qui ai combattu contre ma patrie, le gouvernement m’a enlevé ma terre. »


    Même le caïd Salah Ben Sedira, fidèle allié des Français, perd une partie de ses terres à Cheddia. Au total, plus de 300 indigènes se retrouvent, pour des raisons diverses, logés à la même enseigne.

    Des paysans sans terre

    Les déplacés dans la région de Mila reçoivent en compensation un territoire de 5890 ha d’où d’autres tribus ont été chassées, et que l’administrateur du Ferdjioua décrit en ces termes :

    Les portions qui ont servi de compensation ont une configuration accidentée et mouvementée. À de rares exceptions, la déclivité des pentes est telle que la charrue arabe seule peut y fonctionner. On y compte un certain nombre de sources, mais elles sont éloignées les unes des autres et aucune d’elle n’offrirait un débit suffisant pour alimenter un centre européen.


    Pour l’administrateur, « sauf sur quelques parties peu étendues, les terres sont de qualité médiocre ».

    Plus grave encore, les terrains ne sont pas lotis. Les évacués cherchent des solutions individuelles. Un mouvement de dispersion s’engage. Il y a, note le chef militaire, « une tendance des indigènes qu’on venait d’installer au Ferdjioua à abandonner leurs nouvelles propriétés pour retourner au cercle de Djidjelli ». Ce mouvement est total pour les Ouled Belafou et le douar Bni Amrane : « Presque tous les intéressés ont obstinément refusé de souscrire tout engagement, malgré les démarches pressantes faites auprès d’eux par les autorités locales. Ils n’ont du reste jamais occupé effectivement les terrains qui leur étaient accordés dans le Ferdjioua ». À la fin de 1879, seules sept familles des Ouled Belafou et quatorze des Bni Amrane sont demeurées sur place. Mille quarante-quatre familles se sont dispersées à travers la Kabylie orientale ou ailleurs, sans laisser de traces. De nombreuses familles sont revenues sur leurs anciens territoires où elles ont pu difficilement se placer chez les nouveaux colons, ou sur les terres des autres tribus. Devenus des paysans sans terre, sans bétail, sans abris, n’ayant que la force de leurs bras à vendre, ils vont alimenter la masse des candidats à toutes les servitudes.

    Un futur foyer de résistance

    Le centre Duquesne accueille ses premiers colons en 1873. Il occupe 2 500 hectares répartis en 70 concessions agricoles, et des lots de ferme, concédés à 34 Alsaciens-Lorrains, deux métropolitains et 30 locaux. Sa population atteint 180 habitants en 1881, et passe à 184 en 1902. Seulement 766 hectares sont cultivés, le reste des terres est loué à des paysans sans terre. L’enquête sur les résultats de la colonisation officielle menée par le haut fonctionnaire Henri de Peyerimhoff explique l’échec de Duquesne par l’inaptitude des Alsaciens-Lorrains à tirer parti des terres : « la proximité de Djidjelli était une tentation d’abandonner à la première crise. L’abus du crédit a fait le reste ».

    Le sort de Strasbourg n’est pas meilleur : sur les 3 555 hectares attribués à 80 colons, seuls 410 hectares sont cultivés en 1902. Le même rapport indique que le centre est en dépérissement jusqu’en 1900. « Les causes de son insuccès sont dues en grande partie à la qualité assez médiocre des terres et à la petite superficie de chaque attribution ».

    En 1902, il n’y a plus que 325 Européens dans ces centres devenus des communes de plein droit. Les Algériens sont revenus en masse pour occuper le territoire de la commune, ils sont passés de 0 à 4 535 habitants, soit presque le niveau de peuplement de 1871. Locataires chez les colons ou occupants tolérés, ils constituent une source d’impôt arabe (sur les cultures et le bétail, exclusivement payés par les Algériens), indispensables pour le budget des communes. Mais dans sa recomposition, la population n’est plus qu’un rassemblement des « débris » des anciennes tribus que les hasards des aventures individuelles et familiales ont fait se rencontrer sur un territoire recomposé. Il est facile d’imaginer le désastre culturel et sociologique accompagnant cette métamorphose.

    En s’attaquant de manière brutale et inconsidérée aux zones montagneuses (Dahra et les trois Kabylies), région densément peuplée et où l’agriculture s’est adaptée par un travail long et laborieux à un milieu écologique très particulier, la colonisation a détruit des équilibres démographiques et sociaux fragiles, et du même coup ruiné un écosystème vital pour le tiers de la population algérienne. Est-ce un hasard si le nationalisme libérateur a trouvé dans ces zones le foyer inextinguible de sa résistance ?

    Soixante ans après l’indépendance, et 151 ans après le séquestre des tribus de Djidjelli, les terres continuent d’être l’objet de très nombreux litiges et de revendications de la part des descendants des familles spoliées qui veulent se réapproprier un espace plus symbolique qu’économique. Mais comment le faire après les chamboulements qu’a connus le pays, et l’absence de toute trace écrite du changement de propriété ? Comment le faire en outre quand on a perdu jusqu’au nom patronymique de ses ancêtres par suite de l’application de la loi sur l’état civil (23 mars 1882) qui a démembré les anciennes grandes familles en de multiples branches, auxquelles ont été accolés d’autorité des patronymes inventés de toutes pièces par les recenseurs ?

    En dépit de tout cela, un désir obscur et tenace semble animer ces nostalgiques d’un monde perdu, celui du temps où les magnifiques chevaux des Ouled Belafou tenaient encore leur légendaire réputation.

    Pour aller plus loin


    ➞ Kitouni Hosni, Le désordre colonial. L’Algérie à l’épreuve de la colonisation de peuplement, Casbah-L’Harmattan, Alger-Paris, 2018.
    ➞ Kitouni Hosni, La Kabylie orientale dans l’histoire. Pays des Kutuma et guerre coloniale, L’Harmattan, Paris, 2013.

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  8.  

    PAR RAMZY BAROUD

    « Venger Sabra et Chatila » : sur les massacres israéliens et la résistance palestinienne, image №1
     
     
    « Venger Sabra et Chatila » : sur les massacres israéliens et la résistance palestinienne, image №2
     
     

    Le 16 septembre marque le 40e anniversaire du massacre de Sabra et Chatila , le massacre d'environ 3 000 Palestiniens aux mains des milices phalangistes libanaises opérant sous le commandement de l'armée israélienne.

    Quatre décennies se sont écoulées, mais aucune mesure de justice n'a été rendue aux survivants du massacre. Beaucoup d'entre eux sont morts, et d'autres vieillissent tandis qu'ils portent les cicatrices de blessures physiques et psychologiques, dans l'espoir que, peut-être, de leur vivant, ils verront leurs bourreaux derrière les barreaux.

    Cependant, de nombreux commandants israéliens et Phalange qui avaient ordonné l'invasion du Liban, orchestré ou perpétré les massacres odieux dans les deux camps de réfugiés palestiniens en 1982, sont déjà morts. Ariel Sharon, qui a été mis en cause par la commission officielle israélienne Kahan un an plus tard pour sa « responsabilité indirecte » dans les massacres et les viols macabres, a ensuite gravi les échelons pour devenir , en 2001, Premier ministre d'Israël.

    Même avant le massacre de Sabra et Chatila, le nom de Sharon a toujours été associé aux meurtres de masse et à la destruction à grande échelle. C'est dans la soi-disant « Opération Shoshana », dans le village palestinien de Qibya en Cisjordanie en 1953, que Sharon a acquis sa tristement célèbre réputation. Suite à l'occupation israélienne de Gaza en 1967, le général israélien est devenu connu sous le nom de "Le Bulldozer", et après Sabra et Chatila, "Le Boucher".

    Le Premier ministre israélien de l'époque, Menachim Begin, est également mort, ne montrant aucun remords pour le meurtre de plus de 17 000 Libanais, Palestiniens et Syriens lors de l'invasion du Liban en 1982. Sa réponse nonchalante aux massacres dans les camps de réfugiés de Beyrouth Ouest incarne l'attitude d'Israël envers tous les massacres et tous les massacres perpétrés contre les Palestiniens au cours des 75 dernières années. « Les Goyim tuent les Goyim, et ils blâment les Juifs », a-t-il dit .

    Les témoignages de ceux qui sont arrivés dans les camps de réfugiés après les jours de massacre dépeignent une réalité qui nécessite une profonde réflexion, non seulement parmi les Palestiniens, les Arabes et surtout les Israéliens, mais aussi l'humanité dans son ensemble.

    La défunte journaliste américaine Janet Lee Stevens a décrit ce dont elle avait été témoin :

    « J'ai vu des femmes mortes dans leurs maisons avec leurs jupes jusqu'à la taille et leurs jambes écartées ; des dizaines de jeunes hommes abattus après avoir été alignés contre un mur de ruelle ; des enfants égorgés, une femme enceinte au ventre ouvert, les yeux encore grands ouverts, son visage noirci hurlant silencieusement d'horreur ; d'innombrables bébés et tout-petits qui avaient été poignardés ou déchirés et qui avaient été jetés dans des tas d'ordures.

    Le Dr Swee Chai Ang venait d'arriver au Liban en tant que chirurgien bénévole, en poste à la Société du Croissant-Rouge à l'hôpital de Gaza à Sabra et Chatila. Son livre , « De Beyrouth à Jérusalem : une femme chirurgienne avec les Palestiniens », reste l'une des lectures les plus critiques sur le sujet.

    Dans un article récent , le Dr Swee a écrit qu'à la suite de la publication de photographies des « tas de cadavres dans les allées du camp », une indignation mondiale s'en est suivie, mais elle a été de courte durée : « Les familles des victimes et les survivants ont été bientôt laissés seuls pour continuer leur vie et revivre le souvenir de cette double tragédie du massacre, et des dix semaines précédentes de bombardements terrestres, aériens et maritimes intensifs et de blocus de Beyrouth pendant l'invasion.

    Les pertes libanaises et palestiniennes dans la guerre israélienne sont dévastatrices en termes de nombre. Cependant, la guerre a également changé le Liban à jamais et, suite à l' exil forcé de milliers d'hommes palestiniens ainsi que de l'ensemble des dirigeants de l'OLP, les communautés palestiniennes au Liban se sont retrouvées politiquement vulnérables, socialement défavorisées et économiquement isolées.

    L'histoire de Sabra et Chatila n'était pas simplement un chapitre sombre d'une époque révolue, mais une crise morale continue qui continue de définir la relation d'Israël avec les Palestiniens, de mettre en évidence le piège démographique et politique dans lequel vivent de nombreuses communautés palestiniennes au Moyen-Orient et d'accentuer l'hypocrisie de la communauté internationale dominée par l'Occident. Ce dernier semble ne s'occuper que de certains types de victimes, et pas des autres.

    Dans le cas des Palestiniens, les victimes sont souvent décrites par les gouvernements et les médias occidentaux comme des agresseurs. Même pendant cette horrible guerre israélienne contre le Liban il y a 40 ans, certains dirigeants occidentaux ont répété le mantra fatigué : « Israël a le droit de se défendre ». C'est ce soutien indéfectible à Israël qui a rendu l'occupation israélienne, l'apartheid et le siège de la Cisjordanie et de Gaza politiquement possibles et financièrement viables – en fait, rentables.

    Israël aurait-il pu envahir et massacrer à volonté s'il n'y avait pas eu le soutien militaire, financier et politique des États-Unis et de l'Occident ? La réponse est un "non" affirmatif. Ceux qui doutent d'une telle conclusion n'ont qu'à considérer la tentative, en 2002, des rescapés du massacre des camps de réfugiés du Liban de demander des comptes à Ariel Sharon. Ils ont porté leur affaire en Belgique, profitant d'une loi belge qui autorisait la poursuite des criminels de guerre internationaux présumés. Après de nombreux marchandages, des retards et d'intenses pressions de la part du gouvernement américain, le tribunal belge a finalement abandonné l'affaire. En fin de compte, Bruxelles a modifié ses propres lois pour garantir que de telles crises diplomatiques avec Washington et Tel-Aviv ne se reproduisent pas.

    Pour les Palestiniens, cependant, l'affaire ne sera jamais abandonnée. Dans son essai , « Venger Sabra et Chatila », Kifah Sobhi Afifi' a décrit l'attaque conjointe phalangiste-israélienne contre son camp de réfugiés alors qu'elle n'avait que 12 ans.

    "Alors nous avons couru, en essayant de rester aussi près que possible des murs du camp", a-t-elle écrit. « C'est alors que j'ai vu les tas de cadavres tout autour. Des enfants, des femmes et des hommes, mutilés ou gémissant de douleur en mourant. Les balles volaient partout. Les gens tombaient tout autour de moi. J'ai vu un père utiliser son corps pour protéger ses enfants, mais ils ont tous été abattus et tués de toute façon.

    Kifah a perdu plusieurs membres de sa famille. Des années plus tard, elle a rejoint un groupe de résistance palestinien et, suite à un raid à la frontière libano-israélienne, a été arrêtée et torturée en Israël.

    Bien que les massacres israéliens soient censés mettre fin à la résistance palestinienne, ils l'alimentent involontairement. Alors qu'Israël continue d'agir en toute impunité, les Palestiniens continuent également de résister. Ce n'est pas seulement la leçon de Sabra et Chatila, mais aussi la plus grande leçon de l'occupation israélienne de la Palestine.

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    Ramzy Baroud est journaliste et rédacteur en chef de The Palestine Chronicle. Il est l'auteur de cinq livres. Son dernier en date est « Ces chaînes seront brisées : Histoires palestiniennes de lutte et de défi dans les prisons israéliennes » (Clarity Press, Atlanta). Le Dr Baroud est chercheur principal non résident au Centre pour l'islam et les affaires mondiales (CIGA) de l'Université Zaim d'Istanbul (IZU). Son site internet est www.ramzybaroud.net

  9.  

    DE ANIS CHOWDHURY / JOMO KWAME SUNDARAM

    14 Sep 2022

    Comment la France maintient l’Afrique dans un état de sous-développement, image №1
     
     

    La plupart des colonies françaises d’Afrique sub-saharienne ont accédé à leur indépendance formelle dans les années 1960. Leurs économies n’ont toutefois que peu progressé depuis. La majorité de leur population est abandonnée à la pauvreté et s’en sort en général moins bien que dans les autres économies de l’Afrique post-coloniale.

    Vous avez dit décolonisation?

    Les arrangements monétaires mis en place dans les colonies avant la Seconde Guerre mondiale ont été consolidés par la création de la zone du franc CFA (franc des Colonies françaises d’Afrique, FCFA) le 26 décembre 1945.

    Après la défaite française de Diên Biên Phu en 1954 puis le retrait de l’Algérie une décennie plus tard, le processus de décolonisation devint inévitable. La France insista sur le fait que la décolonisation devait s’accompagner d’une interdépendance – selon toute probabilité asymétrique plutôt qu’entre partenaires égaux – et non d’une vraie souveraineté. Ainsi, en échange de leur accession à l’indépendance, la France exigea des colonies leur adhésion à la Communauté française d’Afrique, créée en 1958 en remplaçant le terme colonies par celui de communauté (et en conservant le même sigle CFA).

    Les pays de la Communauté Française d’Afrique sont répartis aujourd’hui au sein de deux unions monétaires distinctes. Le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo appartiennent à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). La Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC) regroupe pour sa part le Cameroun, la République centrafricaine, la République du Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad. Seuls deux pays ne sont pas d’anciennes colonies françaises. La Guinée équatoriale, anciennement espagnole, a adhéré en 1985, et la Guinée-Bissau, ancienne colonie portugaise, en 1997. Les deux unions utilisent le franc CFA.

    Les conditions imposées à ces pays ont permis à la France de continuer l’exploitation de leurs ressources. Onze des quatorze anciennes colonies qui composent ces unions font toujours partie des Pays les moins avancés (PMA) et présentent le plus bas Indice de développement humain (IDH) tel que défini par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD).

    Les colonies africaines de la France

    La Guinée a été le premier pays à se soustraire à la CFA en 1960. Devant ses concitoyens, le Président Sékou Touré a déclaré au Président français Charles de Gaulle en visite en 1958 : « Nous préférons vivre pauvres, mais libres plutôt que riches en esclavage ».

    La Guinée a rapidement dû faire face aux efforts de déstabilisation de la France. De faux billets furent imprimés et mis en circulation en Guinée avec des conséquences prévisibles. Cette fraude massive mit à genou d’économie guinéenne.

    La France retira plus de 4000 fonctionnaires, juges, enseignants, médecins et techniciens en les incitant à saboter tout ce qu’ils laissaient sur place : « un divorce sans pension alimentaire » selon un commentateur de l’époque.

    Le chef du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage, ou SDECE, Maurice Robert a reconnu plus tard que « La France a lancé une série d’opérations armées, menées par des mercenaires dans le but de créer un climat d’insécurité et, si possible, de provoquer le renversement de Sékou Touré. »

    En 1962, le Premier ministre Georges Pompidou mit en garde les colonies africaines tentées de quitter la zone du franc CFA : « Laissons l’expérience de Sékou Touré suivre son cours. De nombreux Africains commencent à penser que la politique guinéenne est suicidaire et contraire aux intérêts de toute l’Afrique. »

    Le leader de l’indépendance au Togo, le Président Sylvanus Olympio a été assassiné devant l’ambassade des États-Unis le 13 janvier 1963, tout juste un mois après qu’il eut fondé une banque centrale émettant le franc togolais comme monnaie légale. Et bien sûr, le Togo resta dans la CFA.

    Le Mali quitta la CFA en 1962 et remplaça le franc CFA par le franc malien. Mais un coup d’État renversa son premier président, le leader radical de l’indépendance Modibo Keita. Sans surprise, le Mali finit par revenir dans la CFA en 1984.

    Des pays riches en ressources

    Les huit économies de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) reposent sur l’importation de pétrole et l’exportation d’or et de produits agricoles comme le coton ou le cacao.

    En revanche, les six économies de la Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale (CEMAC), à l’exception de la République centrafricaine, reposent majoritairement sur l’exportation de pétrole.

    Les tenants de la CFA affirment qu’arrimer le franc CFA au franc français, puis à l’euro, a permis de maintenir l’inflation à un faible niveau. Mais une inflation faible entraîne également une croissance par tête plus lente et une moindre réduction de la pauvreté que dans les autres pays africains.

    Les membres de la CFA ont ainsi « échangé un faible taux d’inflation contre des contraintes fiscales et des options macro-économiques limitées ». De fait, les taux de croissance des membres de la CFA ont été en moyenne plus faibles que ceux des pays non adhérents.

    La Guinée équatoriale, grosse productrice de pétrole, bénéficie d’un des plus gros revenus d’Afrique ; elle est le seul pays à être sorti du statut de PMA en 2017, et encore, seulement en ce qui concerne le critère du revenu national brut par habitant.

    L’essor pétrolier du pays a assuré une croissance annuelle moyenne de 23,4 % entre les années 2000 et 2008. Mais cette croissance a chuté depuis, se contractant au rythme annuel de 5 % entre 2013 et 2021 ! Son indice de développement humain (IDH) était de 0,592 en 2019, le classant 145e sur un total de 189 pays, c’est-à-dire sous la moyenne (0,631) des pays de classement intermédiaire.

    Une population pauvre

    Les inégalités sont extrêmement fortes en Guinée équatoriale. Plus de 70 % de la population est pauvre, plus de 40 % extrêmement pauvre. Les 1 % les plus riches ont empoché 17 % du revenu national avant impôts en 2021, alors que les 50 % les plus pauvres ont récolté 11,5 % !

    Quatre enfants de 6 à 12 ans sur dix ne sont pas allés à l’école en Guinée équatoriale en 2012, une proportion beaucoup plus élevée que dans les pays africains plus pauvres. La moitié des enfants ne terminent pas le cycle de l’école primaire et moins d’un quart accèdent au second degré.

    Le Gabon, également membre de la CFA, est le cinquième producteur de pétrole d’Afrique et un pays à revenu intermédiaire de tranche supérieure. Le pétrole représentant 80 % des exportations, 45 % du PIB et 60 % du revenu fiscal ; le pays est très vulnérable à la volatilité des prix du pétrole.

    Un Gabonais sur trois vivait dans la pauvreté en 2017 et un sur dix dans l’extrême pauvreté. Plus de la moitié des ruraux étaient pauvres, avec un niveau de pauvreté trois fois supérieur à celui observé dans les zones urbaines.

    La Côte d’Ivoire, un membre de la CFA qui ne fait pas partie des pays les moins avancés, bénéficiait d’une forte croissance, avec un pic à 10,8 % en 2013. La croissance chuta à 2 % en 2020 suite à la baisse des prix du cacao et à l’émergence du Covid 19. En 2019, 46 % des Ivoiriens vivaient avec moins de 750 FCFA par jour (environ $1,30) et l’indice de développement humain (IDH) du pays le classait 162e sur 189.

    Le rôle néocolonial de la CFA

    À l’évidence, la CFA « promeut l’inertie et le sous-développement au sein de ses Etats membres ». Elle limite aussi le crédit disponible pour des initiatives de politique fiscale comme la promotion de l’industrialisation.

    Les ratios de crédit sur PIB sont descendus jusqu’à 10 à 25 % dans les pays de la CFA, contre 60 % dans les autres pays de l’Afrique sub-saharienne ! Ces faibles ratios ne permettent pas non plus d’instaurer des services financiers et bancaires capables de financer efficacement l’investissement.

    En abandonnant la main sur les taux de change et la politique monétaire, les membres de la CFA disposent de moins de souplesse et de latitude pour initier des projets de développement. Ils ne peuvent pas non plus bien négocier les prix des marchandises et des ressources, ni apporter de réponses à de multiples autres questions essentielles.

    Les exigences institutionnelles de la CFA – en particulier l’obligation de conserver 70 % de leurs devises étrangères auprès du Trésor français – limitent la capacité des membres à utiliser leurs recettes en devises pour des projets de développement.

    D’autres règles fiscales plus récentes limitent les possibilités de dettes et de déficit des gouvernements des pays membres et contraignent aussi leurs marges de manœuvre, notamment en ce qui concerne les investissements publics. Ces règles s’appliquent depuis 2000 pour les gouvernements des pays de l’UEMOA et 2002 pour les pays de la CEMAC.

    La CFA ne promeut pas non plus les échanges entre ses membres. En six décennies, le commerce avec les autres membres de la CFA s’est élevé à une moyenne de 4,7 % du total de leur commerce pour les pays de la CEMAC et de 12 % du total de leur commerce pour les pays de l’UEMOA. Pire encore, le régime des taux de change fixes a aggravé la volatilité de la balance des paiements.

    La fuite des capitaux est en revanche favorisée, car aucune restriction n’encadre les transferts vers la France. La convertibilité en euro illimitée du FCFA est supposée réduire les investissements étrangers à risque dans l’espace de la CFA. Néanmoins les investissements étrangers sont moindres que dans les autres pays en voie de développement.

    Le total des sorties nettes de capitaux des économies de la CFA, de 1970 à 2010, s’élève à 83.5 milliards de dollars – 117% des PIB cumulés de tous ces pays ! Cette fuite de capitaux est bien supérieure à celle observée dans les autres pays africains au cours de la période allant de 1970 à 2015.

    ************************************************************************

    Anis Chowdhury est professeur auxiliaire à l’Université Western Sydney et à l’Université de New South Wales (Australie). Il a occupé le poste de directeur de la division Politique macroéconomique et développement aux Nations-Unis (UN-ESCAP).(tiré de https://www.cetri.be/_Anis-Chowdhury_)

    Jomo Kwame Sundaram, ancien professeur d’économie, a été secrétaire général adjoint des Nations Unies pour le développement économique et a reçu le Prix Wassily Leontief pour l’avancement des limites de la pensée économique en 2007. (tiré de https://www.ipsnews.net/author/jomo-kwame-sundaram/)

    Source originale: IPS – Global Issues

    Traduit de l’anglais par F. Breton pour Investig’Action

  10.  

    "Lorsqu'un gouvernement est dépendant des banquiers pour l'argent, ce sont ces derniers, et non les dirigeants du gouvernement qui contrôlent la situation, puisque la main qui donne est au-dessus de la main qui reçoit. [...] L'argent n'a pas de patrie ; les financiers n'ont pas de patriotisme et n'ont pas de décence ; leur unique objectif est le gain."

    Napoléon Bonaparte, Empereur Français – 1769-1821

    ...
    Traduit de sites américains (liens en bas de pages), et de nombreux livres-enquête tel Eustace mullins, Gabriel Kolko et tant d'autres, un article de : endettementdesnations.blogspot.fr nous apprend que :
     
    Le contrôle du monde par la mondialisation, le pouvoir de l'argent, de la finance et de la création monnétaire appartient à une élite internationale juive et protestante
     
    "c'est un fait indiscutable, rappelant que tous les juifs et protestants ne sont des financiers...
    Il n'y aurait de mal à en parler, faisons donc totale transparence, les faits étant les faits et il n'y a pas d'amalgame possible, on a affaire à une élite mondialiste qui se fout éperdument des peuples, des nations, ne pensant qu'à la domination par le pouvoir.
     
    Nous ne sommes que du bétail, des esclaves, tous nous sommes concernés, chrétiens d'en bas, musulmans d'en bas, juifs d'en bas, nous avons tous les mêmes ennemis, nous devons nous unir nous les peuples d'en bas, face à cette oligarchie mondialiste juive et protestante de la finance qui ne représente même pas 1 % de la population mondiale.
     
    Nous n'allons pas faire de la propagande anti-juive, mais anti oligarchie financière juive et protestante, nous n'allons pas utiliser les méthodes de manipulation de masse comme le fait la propagande des média-menteur-sioniste pour stigmatiser les musulmans. Nous ne sommes pas aussi con...mais sachez que les médias-menteurs-sionistes n'hésiteront pas à accuser toutes recherches et toutes critiques sur la finance internationale comme étant de l'antisémitisme, mais paradoxalement jamais ne diront que c'est de l'anti-protestantisme.
     Nous ne pouvons pas les laisser diriger nos vies à ce point, c'est fini, maintenant c'est fini parce que nous serons de plus en plus nombreux à nous réveiller".
     
    http://idata.over-blog.com/4/14/18/20/pieuvre-financiere.jpg
    Les quatre cavaliers du sytème bancaire américain (Bank of America, JP Morgan Chase, Citigroup and Wells Fargo) possèdent les quatre cavaliers du pétrole (Exxon Mobil, Royal Dutch/Shell, BP Amoco et Chevron Texaco) en tandem avec Deutsche Bank, la BNP, Barclays et d’autres anciens pontes européens de l’argent.
    Mais leur monopole sur l’économie globale ne s’arrête pas aux limites des champs pétroliers.
    D’après les déclarations d’entreprise 10K enregistrées avec la SEC (NdT: la commission des contrôles boursièrs, le “shériff” de Wall Street, ou ce qui devrait l’être),
     
    les quatre cavaliers de la banque sont parmi les 10 actionnaires majeurs de pratiquement toutes les entreprises figurant dans le ghotta du Fortune 500.
     

    Alors qui sont donc les actionaires de ces banques centralisant l’argent ?

    Cette information est gardée de manière plus ferme. Mes demandes aux agences régulatrices bancaires concernant la question de savoir qui possède les actions des top 25 compagnies américaines tenant les actions des banques ont initialement reçu un status couvert par le Freedom of Information Act (NDT: loi sur la liberté de l’information, qui aux Etats-Unis prévoit d’empêcher le secret de l’information), avant d’être finalement refusées sous couvert de raisons de “sécurité nationale”.

    Ceci est très ironique, sachant que bon nombre d’actionnaires résident en Europe.


    Un des monument de la richesse de l’oligarchie globale qui possède ces compagnies de holding bancaire est la US Trust Corporation, fondée en 1853 et maintenant propriété de Bank of America. Un des récents directeurs de l’US Trust Corporation et administrateur honoraire était Walter Rothschild. D’autres directeurs furent Daniel Davison de JP Morgan Chase, Richard Tucker d’Exxon Mobil, Daniel Roberts de Citigroup et Marshall Schwartz de Morgan Stanley.

    J.W. McCalister, un membre éminent de l’industrie du pétrole avec des entrées dans la maison des Saouds, écrivit dans le Grim Reaper, qu’il a obtenu des informations de banquiers saoudiens, qui citaient le fait que 80% de la banque fédérale de New York, de loin la plus puissante branche de la réserve fédérale, étaient détenus par juste huit familles, dont quatre résident aux Etats-Unis.

    Ce sont les familles : - Goldman Sachs, (élite financière juive ashkénaze)
                                   - Rockefellers, (élite financière protestante)
                                   - Lehmans et (élite financière juive ashkénaze)
                                   - Kuh Loebs de New York, (élite juive ashkénaze)
                                   - les Rothschild de Paris et de Londres, (élite juive ashkénaze)
                                   - les Warburg de Hambourd, (élite juive ashkénaze)
                                   - les Lazards de Paris et, (élite juive askénaze)
                                   - les Israëliens Moses Seifs de Rome. (élite juive ashkénaze)

    CPA Thomas D. Schauf confirme les dires de McCallister, ajoutant que 10 banques contrôlent les douze branches de la réserve fédérale.
    Il nomme :
                                   - N.M Rothschild de Londres, (banque juive)
                                   - Rotshschild Bank de Berlin, (banque juive)
                                   - la banque Warburg de Hambourg, (banque juive)
                                   - la banque Warburg d’Amsterdam, (banque juive)
                                   - Lehmans Brothers de New York, (banque juive)
                                   - Lazard Brothers de Paris, (banque juive)
                                   - la banque Kuhn Loeb de New York, (banque juive)
                                   - la banque Israel Moses Seif de Rome, (banque juive)
                                   - Goldman Sachs de New York et (banque juive)
                                   - la banque JP Morgan Chase de New York. (banque protestante)

    Schauf également cite William Rockefeller, Paul Warburg, Jacob Schiff (élite juive ashkénaze) et James Stillman (élite juive ashkénaze) comme étant les individus qui ont le plus d’actions à tire individuel dans la réserve fédérale. 
     
    Les Schiffs sont étroitement liés à Kuhn Loeb, les Stillmans de Citigroup, qui se marrièrent dans le clan Rockefeller au début du siècle.
    Eustace Mullins arriva aux même conclusions dans son livre “Les secrets de la réserve fédérale”, dans lequel il montre des diagrammes connectant la Fed et ses banques membres avec les familles Rothschild, Warburg, Rockefeller et autres.

    Le contrôle exercé par ces familles sur l’économie globale ne peut pas être exagéré et est couvert volontairement du sceau du secret. Leur bras médiatique est prompt à discréditer toute information exposant ce cartel de banques privées comme étant une “théorie du complot”. Pourtant, les faits demeurent.

    La maison Morgan (protestante)
    La banque de la réserve fédérale est née en 1913, la même année que mourut J. Pierpont Morgan et que la fondation Rockefeller fut créée. La maison Morgan présidait sur la finance américaine depuis le coin de Wall Street et Broad, agissant déjà en quasi banque centrale américaine depuis 1838, quand Georges Peabody (protestant) la fonda à Londres.
    Peabody était un partenaire d’affaires des Rothschilds. En 1952, l’enquêteur sur le Fed Eustace Mulins émit la suposition que les Morgans n’étaient de fait que les agents de Rothschild. Mullins écrivit que les Rothschilds “…préféraient opérer de manière anonyme aux etats-Unis derrière la façade de la JP Morgan and co”.

    L’écrivain Gabriel Kolko écrivit “Les activités des Morgan en 1895-96 à vendre des bons du trésor or américains en Europe étaient basées sur une alliance avec la maison Rothschild.”

    La pieuvre financière Morgan enroula rapidement ses tentacules autour du monde. Morgan Grenfell opérait depuis Londres. Morgan et Ce depuis Paris. Les cousins des Rothschilds Lambert montèrent Drexel et compagnie à Philadelphie.
    La maison des Morgans étaient impliquées avec les Astors, DuPonts, Guggenheims, Vanderbilts et les Rockefellers. Elle finança le lancement de AT&T, de General Motors, General Electric et DuPont. Tout comme les banques de Londres Rothschild et Barings, Morgan devint partie prenante dans la structure de bon nombre de pays.


    Dès 1890, la maison Morgan prêtait à la banque centrale d’Egypte, finançait les chemins de fer russes, renflouait les obligations du gouvernememt provincial du Brésil et finançait des travaux publics argentins. Une récession économique en 1893 renforça la puissance financière de Morgan. Cette année là, Morgan sauva les Etats-Unis d’une panique bancaire, formant un groupement pour remonter les réserves fédérales avec un envoi d’une valeur de 62 millions de dollars d’or des Rothschilds.

    Morgan fut la force motrice derrière l’expansion occidentale des Etats-Unis, finançant et contrôlant les chemins de fer qui avançaient vers l’Ouest. En 1879 les chemins de fer centraux de New York, financés par Cornelius Vanderbilt-Morgan donnèrent des prix préférentiels à John D. Rockefeller pour son monopole pétrolier de la Standard Oil, scellant ainsi la relation Rockefeller/Morgan.
    La maison Morgan alors tombe sous le contrôle familial Rothschild et Rockefeller. Un titre du New York Herald clame “Les géants du chemin de fer forment un trust gigantesque”. J. Pierpont Morgan qui déclara un jour “la compétition est un pêché” se réjouissait maintenant, “pensez un peu que tout le traffic ferrovière en compétition à l’Ouest de St Louis est placé sous le contrôle d’une trentaine d’hommes.”

    Morgan et le banquier de d’Edward Harriman Kuhn Loeb obtenaient un monopole sur les chemins de fer, tandis que les dynasties banquières Lehman, Goldman Sachs et Lazard rejoignaient les Rockefellers à contrôler la base industrielle états-unienne.

    En 1903, les huit familles établirent le Banker’s Trust. Benjamin Strong du même organisme fut le premier gouverneur de la banque de la réserve fédérale de New York. La création de la réserve fédérale en 1913 fusionna la puissance des huit familles à la puissance militaire et diplomatique du gouvernement américain. Si leurs prêts internationaux n’étaient pas repayés, les oligarques pouvaient maintenant déployer les fusiliers marins américains (NdT: traduction la plus proche pour “US Marines ») pour collecter les dettes. Morgan, Chase et Citibank formèrent une alliance internationale syndiquée de prêteurs sur gage.


    La maison Morgan était dans les petits papiers de la maison Windsor britannique et de la maison italienne de Savoie. Les Kuh Loebs, Warburgs, Lehmans, Lazards, Israël Moses Seifs et Goldman Sachs étaient également très proches des maisons royales européennes. Dès 1895, Morgan contrôlait le flot d’or qui entrait et sortait des Etats-Unis. La première vague des fusions américaines étaient dans sa prime enfance et était promue par les banquiers. En 1897, il y eut 69 fusions d’entreprises industrielles. En 1899, il y en eut 1200. En 1904, John Moody, le fondateur de Moody’s Investor Services, dit qu’il était alors impossible de séparer les intérêts des Rockefellers et des Morgans.

    La méfiance du public envers l’alliance se propagea. Beaucoup les considéraient comme des traitres à travailler avec le vieux système financier européen. La Standard Oil de Rockefeller, les aciers américains de Andrew Carnegie et les chemins de fer de Edward Harriman étaient tous financés par le banquier Jacob Schiff de Kuhn Loeab, qui lui travaillait en relations étroites avec les Rothschilds d’Europe.
    Plusieurs états de l’ouest des Etats-Unis banirent les banquiers. Le populiste William Jennings Bryan fut trois fois le candidat présidentiel démocrate de 1896 à 1908. Le thème central de sa campagne anti-impérialiste fut de dire aux citoyens que les Etats-Unis étaient en train de tomber dans le piège de “l’esclavage financier au capital britannique”. Teddy Roosevelt battît Bryan en 1908, mais fut forcé à la suite de ce feu de brousse anti-impérialiste de faire passer le décret anti-trust. Il s’attaqua ensuite au trust de la la Standard Oil.
    En 1912 eurent lieu les auditions Pujo, qui s’occupèrent des concentrations de pouvoir à Wall Street. La même année, Mme Harriman vendît ses parts substantielles de la banque du New York Guaranty Trust à J.P Morgan, créant ainsi Morgan Guaranty Trust. Le juge Louis Brandeis convainquît le présidfent Woodrow Wilson de terminer les situations d’inter-relations de comités directeurs. La loi anti-trust Clayton fut passée en 1914.
    Jack Morgan le fils et successeur de J. Piermont, répliqua en demandant aux clients de Morgan Remington et Winchester d’augmenter la production d’armement. Il décida que les Etats-Unis devaient entrer dans la première guerre mondiale. Pressé par la fondation Carnégie et d’autres instances de l’oligarchie, Wilson céda. Comme Charles Tansill écrivit dans “L’Amérique s’en va en guerre”: “Même bien avant que la poudre ne parle, la firme française des frères Rothschild câbla à Morgan and co à New York suggérant le flottement d’un prêt de 100 millions de dollars, dont une partie substantielle serait laissée aux Etats-Unis pour payer les dépenses françaises pour des achats de produits américains.”


    La maison Morgan finança la moitié de l’effort de guerre américain, tout en recevant des commissions pour avoir introduit des sous-traitants comme General Electric, DuPont, les aciers Américain, Kennecott et ASARCO. Tous étaient des clients de Morgan. Morgan finança également la guerre des Boers britannique en Afrique du Sud et la guerre franco-prussienne. La conférence de la paix de Paris en 1919 fut présidée par Morgan, qui mena les efforts de reconstruction à la fois de l’Allemagne et des alliés.

    Dans les années 1930, le populisme refît surface après que Goldman Sachs, Lehman et autres banques eurent profité du crash de 1929.

     Le président du comité bancaire du parlement américain Louis McFadden (démocrate-New York) dit de la grande dépression: “ce ne fut pas un accident. Ce fut planifié… Les banquiers internationaux pensèrent à créer une situation de désespoir afin de pouvoir en émerger comme nos dirigeants absolus.”
    Le sénateur Gerald Nye (démocrate-Dakota du nord) présida une enquête sur les munitions en 1936. Nye conclua que la maison Morgan précipita les etats-unis dans la première guerre mondiale pour protéger des emprunts et pour créer un essort de l’industrie de l’armement. Nye produisit plus tard un document dont le titre était “La prochaine guerre”, qui réferrait cyniquement au “truc de le vielle déesse démocratie”, par lequel le Japon pourrait-être dupé dans une seconde guerre mondiale. En 1937, le secrétaire à l’intérieur Harold Ickes, mit en garde de “l’influence des 60 familles américaines”. L’historien Ferdinand Lundberg plus tard écrivit un livre ayant le même titre. Le juge de la cour suprême de justice William O. Douglas décria “l’influence de Morgan… la plus pernicieuse dans la finance et l’industrie aujourd’hui.”
    Jack Morgan répondit en rapprochant les Etats-Unis de la seconde guerre mondiale. Morgan avait des relations très étroites avec les familles Iwasaki et Dan, les clans les plus riches du Japon, qui possédaient Mitsubishi et Mitsui respectivement, depuis que ces deux compagnies émergèrent des shogunats du XVIIème siècle. Quand le Japon envahit la Manchourie et massacra les paysans de Nankin, Morgan minimisa l’incident. Morgan avait aussi d’étroites relations avec le fasciste italien Benito Mussolini, tandis que le nazi allemand Dr. Hjalmer Schacht était la liaison entre la banque Morgan et l’allemagne durant la seconde guerre mondiale. Après la guerre, les représentants de Morgan rentrèrent Schacht à la Bank for International Settlements (BIS) à Bâle en Suisse.

    La maison Rockefeller
    La BIS ( Bank for International Settlements ) est la banque la plus puissante du monde, une banque centrale globale pour les huit familles qui contrôlent les banques centrales de presque toutes la nations occidentales et des pays en voie de développement. Le premier président de la BIS fut le banquier de Rockefeller, Gates McGarrah, un officiel de la Chase Manhattan Bank et de la réserve fédérale. McGarrah était le grand-père de l’ex-directeur de la CIA Richard Helms. Les Rockefellers, tout comme les Morgans, avaient des relations très étroites avec Londres. David Icke écrit dans “Les enfants de la matrix”, que les Rockefellers et les Morgans n’étaient que des “prête-noms” pour les Rothschilds.

    La BIS est une propriété de la réserve fédérale, de la banque d’angleterre, de la banque d’italie, banque du canada, banque de suisse, banque de hollande, banque fédérale allemande et la banque de france..
    L’historien Carroll Quigley écrivit dans son épique livre “Tragédie et Espoir” que la BIS faisait partie d’un plan, celui de “créer un système mondial de contrôle financier dans des mains privées et capable de dominer le système politique de chaque pays et l’économie du monde dans son entiereté… un contrôle s’exerçant de manière féodale par les banques centrales du monde agissant de concert à travers des accords secrets.” Le gouvernement américain avait une méfiance historique à l’égard de la BIS, et fit pression sans succès pour qu’elle soit abandonnée en 1945 à la conférence de Bretton-Woods. Au contraire de cela, la puissance des huit familles fut exacerbée avec la création par la conférence de Bretton-Woods du FMI et de la banque mondiale. Le banque fédérale américaine ne prit des parts à la BIS qu’en Septembre 1994.

    La BIS détient au moins 10% des fonds de réserve d’au moins 80 banques centrales au monde, du FMI et autres institutions multilatérales. Elle sert d’agent financier pour les accords internationaux, collecte les informations sur l’économie globale et sert de prêteur ou de dernier rempart pour éviter un effondrement financier global général. La BIS fait la promotion d’un agenda de fascisme monopolistique capitaliste. Elle donna un prêt de soudure à la Hongrie dans les années 1990 pour assurer la privatisation de l’économie de ce pays. Elle servit de canal de financement d’Adolf Hitler pour les huit familles, emmené par Henry Schroeder des Warburgs et la banque Mendelsohn d’Amsterdam. Un certain nombre de chercheurs assument que la BIS est en fait le centre du blanchiement d’argent du traffic de drogue global.
    Ce n’est pas une coïncidence si la BIS a son QG en Suisse, la cache financière préférée pour la richesse de l’aristocratie globale et quartier général de la loge franc-maçonne P2 italienne Alpina et Nazi International. D’autres institutions que contrôlent les huit familles inclues le Forum Economique Mondial (Davos NdT), la Conférence Mnnétaire Internationale et l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC).
    Bretton Woods fut une aubaine pour les huit familles. Le FMI et la banque mondiale étaient centrales à ce “Nouvel Ordre Mondial”. En 1944, les premiers bons de la banque mondiale furent amenés par Morgan Stanley et la First Boston. La famille française Lazard devint plus impliquée dans les intérêts de la maison Morgan. Lazard Frères, la banque d’investissement la plus importante de France, est la propriété de Lazard et des familles David-Weill, vieille tradition bancaire de Gênes représentée par Michelle Davive. Un directeur récent et PDG de Citigroup fut Sanford Weill.


    En 1968, Morgan Guaranty lança Euro-Clear, une banque basée à Bruxelles spécialisée dans le système de négoce des sécurités Eurodollar. Ce fut la première aventure automatique. Certains appelèrent Euro-Clear “la bête”. Bruxelles sert de QG pour la nouvelle banque centrale européenne (BCE) et pour l’OTAN. En 1973, les officiels de Morgan se rencontrèrent secrètement aux Bermudes pour opérer la résurrection illégale de la vieille maison Morgan, 20 ans avant que la loi Glass Steagal fut abandonnée. Morgan et les Rockefeller donnèrent l’apport financier de départ pour Merrill Lynch, la propulsant dans le top 5 des banques d’investissement américaines. Merrill Lynch est maintenant une partie de Bank of America.


    John D. Rockefeller utilisa sa richesse du pétrole pour acquérir Equitable Trust, qui avait absorbé plusieurs grandes banques et entreprises dans les années 1920. La grande dépression de 1929 aida Rockefeller à consolider sa puissance. Sa banque Chase, mergea avec la banque de Manhattan de Kuhn Loeb pour former la banque Chase Manhattan, ainsi cimentant une relation familiale de longue durée. Les Kuhn-Loeb avaient financé, avec les Rothschilds, la quête de Rockefeller pour devenir le roi du pétrole. La banque National City Bank de Cleveland donna les fonds à John D. Rockefeller dont il avait besoin pour s’embarquer dans le monopole de l’industrie pétrolière américaine. La banque fut identifiée dans une enquête du congrès comme étant une des trois banques des Rothschilds aux Etats-Unis dans les années 1870; quand John D. créa pour la première fois la Standard Oil dans l’état de l’Ohio.


    Un des associés de Rockefeller dans la Standard Oil était Edward Harkness dont la famille fut amenée à contrôler Chemical Bank. Un autre fut James Stillman, dont la famille contrôlait Manufacturers Hanover Trust, Les deux banques ont mergé sous l’ombrelle de JP Morgan Chase. Deux des filles Stillman marièrent deux des fils de William Rockefeller. Les deux familles contrôlent une grosse part de Citigroup également.
    Dans les affaires des assurances, les Rockefellers contrôlent Metropolitan Life, Equitable Life, Prudential and New York Life. Les banques de Rockefeller contrôlent 25% de tous les biens des 50 plus grandes banques commerciales des Etats-Unis et 30% de tous les biens des 50 plus grosses compagnies d’assurance aux Etats-Unis.

    Les compagnies d’assurance, la première aux Etats-Unis fut créée par les franc-maçons, jouent un rôle important dans la donne de l’argent de la drogue aux Bermudes.
    Les entreprises sous contrôle des Rockefeller incluent Exxon Mobil, Chevron Texaco, BP Amoco, Marathon Oil, Freeport McMoran, Quaker Oats, ASARCO, United, Delta, Northwest, ITT, International Harvester, Xerox, Boeing, Westinghouse, Hewlett-Packard, Honeywell, International Paper, Pfizer, Mororola, Monsanto, Union Carbide et General Foods.


    La fondation Rockefeller a des liens très étroits avec les fondations Carnegie et Ford. D’autres aventures philanthropiques de la famille incluent le fond des fréres rockefeller, Rockefeller Institute for Medical Research, General Foundation Board, Rockefeller University et l’Université de Chicago, qui vomit régulièrement un flot continue d’économistes d’extrême droite, apologistes du capital international, incluant Milton Friedman.


    La famille possède 30 Rockefeller Plaza, où l’arbre de Noël national est allumé chaque année et le Centre Rockefeller. David Rockefeller fut instrumental dans la construction des tours du WTC. La maison de famille des Rockefeller est un complexe dans la partie bourgeoise de New York appelée Pocantico Hills. Ils possèdent également un duplex de 32 pièces sur la 5ème avenue à Manhattan, un manoir à Washington DC, le ranch Monte Sacro au Vénézuéla, des plantations de café en Equateur, plusieurs fermes au Brésil, une grande propriété à Seal Harbor, dans le Maine et des stations balnéaires dans les Caraïbes, Hawaïï et à Porto Rico.

    Les familles Dulles et Rockefeller sont cousines. Allen Dulles créa la CIAassista les nazis, couvra l’assassinat de Kennedy de la commission Warren et fît une alliance avec la confrérie des Frères Musulmans pour créer des assassins conditionnés.

    Son frère John Foster Dulles, fut président des trusts bidon de la Goldman Sachs avant l’effondrement de la bourse en 1929 et aida son frère à renverser des gouvernements au Guatémala et en Iran. Tous deux étaient membres de la société secrète Skull & Bones, du Conseil en Relation Etrangère (CFR) et franc-maçons au 33ème degré.

    Les Rockefellers furent les instruments pour former le club de Rome et son agenda de dépopulation, dans leur propriété familale de Bellagio en Italie. Leur propriété de Pocantico Hills donna naissance à la Commission Trilatérale. La famille est une pourvoyeuse de fonds importante pour le mouvement eugéniste, qui accoucha d’Hitler, du clonage humain et de la forme courante d’obsession génétique sur l’ADN qui court dans les cercles scientifiques américains.
    John Rockefeller Junior fut à la tête du conseil de la population jusqu’à sa mort.

    Son fils du même nom est un sénateur élu pour la Virginie de l’Ouest. Son frère Winthrop Rockefeller fut lieutenant gouverneur d’Arkansas et demeure l’homme le plus puissant de cet état. Dans une interview avec le magazine Playboy en Octobre 1975, le Vice-président Nelson Rockefeller, qui était aussi gouverneur de l’état de New York, articula les vues globalistes et arrogantes de sa famille de cette façon: “Je crois absolument dans une planification mondiale totale de l’économie, des affaires sociales, de la politique, de l’armée…”


    Mais de tous les frères Rockefeller, c’est le fondateur de la commission trilatérale et président de la banque Chase Manhattan David qui propulsa l’agenda fasciste de la famille sur la scène globale. Il défendît le Shah d’Iran, le régime d’apartheid d’Afrique du Sud, et la junte militaire de Pinochet au Chili. Il fut le plus grand financier du CFR, de la commission trilatérale et (pendant la guerre du Vietnam), du comité pour une paix effective et durable en Asie, une aventure affairiste pour ceux qui faisaient leur argent et vivaient du conflit.


    Nixon lui proposa d’être son secrétaire au trésor (ministre des finances, NdT), mais Rockefeller déclina l’offre, sachant que sa puissance était bien supérieure en étant à la tête de la banque Chase Manhattan. L’écrivain Gary Allen écrivit dans son livre “Le dossier Rockefeller” en 1973: “David Rockefeller a rencontré 27 chefs d’état, incluant les dirigerants de la Chine et de l’URSS.”


    En 1975, après Le coup de la Nugan Hand Bank et de la CIA contre le premier ministre australien Gough Whitlam, son successeur nommé par la couronne britannique se dépêcha d’aller aux Etats-Unis où il rencontra Gerald Ford après avoir rencontré David Rockefeller.
    [à suivre...]


    Article original en anglais : The Federal Reserve Cartel: The Eight Families, publié le 1er juin 2011.

    Article de : http://endettementdesnations.blogspot.fr/2011/08/le-cartel-de-la-fed-les-8-familles-les.html

     

    Pour conclusion, méditons sur leurs propres écrits

     

    Rothschild :

     

    "Permettez-moi d’émettre et de contrôler les ressources monétaires d’un pays et je me moque de celui qui écrit ses lois."

     

    James A. Garfield, Président des Etats-Unis, assassiné :

     

    "Celui qui contrôle le volume de la monnaie dans notre pays est maître absolu de toute l’industrie et tout le commerce... et quand vous réalisez que le système entier est très facilement contrôlé, d’une manière ou d’une autre, par une très petite élite de puissants, vous n’aurez pas besoin qu’on vous explique comment les périodes d’inflation et de déflation apparaissent."

     

    Woodrow Wilson, Président des Etats-Unis - 1913-1921

    (après avoir déplacé le pouvoir financier de l’Etat aux banques privées) :

     

    "Je suis un homme des plus malheureux. J’ai inconsciemment ruiné mon pays. Une grande nation industrielle est contrôlée par son système de crédit. Notre système de crédit est concentré dans le privé. La croissance de notre nation, en conséquence, ainsi que toutes nos activités, sont entre les mains de quelques hommes. Nous en sommes venus à être un des gouvernements les plus mal dirigés du monde civilisé un des plus contrôlés et dominés non pas par la conviction et le vote de la majorité mais par l’opinion et la force d’un petit groupe d’hommes dominants."

     

    Sir Josiah Stamp, Directeur de la Banque d’Angleterre
    1928-1941 (Réputé 2e fortune d’Angleterre à cette époque) :

     

    "Le système bancaire moderne fabrique de l’argent à partir de rien. Ce processus est peut-être le tour de dextérité le plus étonnant qui fut jamais inventé. La banque fut conçue dans l’iniquité et est née dans le pêché. Les banquiers possèdent la Terre. Prenez la leur, mais laissez-leur le pouvoir de créer l’argent et en un tour de mains ils créeront assez d’argent pour la racheter. Otez-leur ce pouvoir, et toutes les grandes fortunes comme la mienne disparaîtront et ce serait bénéfique car nous aurions alors un monde meilleur et plus heureux. Mais si vous voulez continuer à être les esclaves des banques et à payer le prix de votre propre esclavage laissez donc les banquiers continuer à créer l’argent et à contrôler les crédits."

     

    Charles A. Lindbergh :

     

    "Le système financier est devenu la Banque centrale américaine (Federal Reserve Board). Cette banque centrale gère un système financier au moyen d’un groupe de purs profiteurs. Ce système est privé et son seul objectif consiste à réaliser les profits les plus énormes possibles en utilisant l’argent des autres. Cette loi (de la Réserve fédérale) démontre la plus grande preuve de confiance au monde. Lorsque le président signe cet acte, il légalise le gouvernement invisible par le pouvoir monétaire. Les personnes ne s’en rendent peut-être pas compte pour le moment mais le jour du jugement n’est plus qu’à quelques années, le jour du jugement de cet Acte qui représente le pire crime de tous les temps commis au nom de la loi par l’intermédiaire d’un projet de loi."

     

    Henry Ford :

     

    "Il est appréciable que le peuple de cette nation ne comprenne rien au système bancaire et monétaire, car si tel était le cas, je pense que nous serions confrontés à une révolution avant demain matin."

     

    Louis McFadden :

     

    "Nous possédons dans ce pays l’une des institutions les plus corrompues que le monde ait jamais connu. Je veux parler de la Banque centrale américaine. Cette institution a appauvri les citoyens des Etats-Unis et a presque mené notre gouvernement à la faillite. Tout ceci est dû aux pratiques frauduleuses des vautours qui contrôlent cette situation. Un super état dirigé par les banquiers et les industrialistes internationaux qui s’associent avec plaisir pour asservir le monde."

     

    Robert H. Hemphill, gestionnaire de crédits, Fed, Atlanta, Géorgie :

     

    "Si les banques créent assez d’argent synthétique, nous prospérons ; sinon, nous sombrons dans la misère. Nous sommes, définitivement, sans système monétaire permanent. Quand on a une vision complète de l’ensemble, l’absurdité tragique de notre position désespérée est presque incroyable, mais il en est ainsi."

     

    1924 US Banker’s Association Magazine :

     

    "Le capital doit assurer sa propre protection par tous les moyens possibles, grâce à la coalition et à la législation. Les dettes doivent être collectées et les hypothèques interdites le plus rapidement possible. Lorsque les personnes ordinaires perdent leurs maisons à travers le processus de la loi, elles deviennent plus dociles et peuvent plus facilement être dirigées grâce au bras fort du gouvernement représenté par les principaux acteurs financiers et par une puissance centrale due aux richesses. Ces vérités sont bien connues de nos principaux intervenants qui s’appliquent désormais à créer un impérialisme permettant de gouverner le monde. En divisant les votants grâce au système de partis politiques, nous les manipulons afin qu’ils dépensent toute leur énergie pour des problèmes n’ayant aucune importance. C’est donc grâce à une action discrète que nous garantirons la pérennité de ce que nous avons si bien planifié et accompli."

     

    Lord Acton, Lord Chief Justice of England, 1875 :

     

    "Le problème récurrent au cours des siècles derniers et qui devra être réglé tôt ou tard est celui du conflit qui oppose le Peuple aux banques."

     

    M. Phillip A. Benson, Président de l’American Bankers’ Association,8 juin  19 39 :

     

    "Il n’existe pas de moyen plus efficace pour prendre le contrôle d’une nation que de diriger son système de crédit (monétaire)."

     

    Andrew Gause, historien de la monnaie :

     

    "Une chose à comprendre à propos de notre système de réserve fractionnaire est que tel lors d’un jeu de chaises musicales, aussi longtemps que la musique tourne, il n’y a pas de perdants."

     

    Irving Fisher, économiste et auteur :

     

    "Ainsi notre moyen national d’échange est maintenant à la merci des transactions de prêts des banques, qui prêtent, non pas de l’argent, mais des promesses de fournir de l’argent qu’elles n’ont pas."

     

    En fallait-il plus...

  11.  

    15 septembre 2022
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    La semaine dernière et alors que Liz Truss a pris la tête du gouvernement le plus islamophobe de l’histoire britannique, le roi Charles III qui accédait au trône est dans une réelle proximité avec le monde arabe et musulman.

     Un article de Peter Oborne et Imran Mulladu sur le site Middle East Eye

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    Le gouvernement anglais conservateur qui refuse de travailler avec le plus important organe représentatif des musulmans britanniques, a mis en place un régime de sécurité injuste (Prevent) visant les musulmans, a limogé une ministre parce que son « statut de ministre musulmane mettait ses collègues mal à l’aise ». Un gouvernement accusé cette semaine de traiter les musulmans comme des citoyens de seconde zone.Sans surprise, plus de la moitié des membres du Parti conservateur au pouvoir entretiennent de folles théories du complot sur l’islam britannique.

    Le contraste est frappant avec le roi Charles III qi a accédé au trône. Homme réfléchi, il a étudié l’islam en profondeur, allant même jusqu’à apprendre l’arabe pour lire le Coran.

    Un discours électrisant

    Il y a plusieurs décennies déjà, le prince Charles réfutait la thèse du « choc des civilisations » qui soutient que l’islam est en guerre avec l’Occident. Il affirme au contraire que l’islam, le judaïsme et le christianisme sont trois grandes religions monothéistes qui ont beaucoup plus en commun qu’on ne le pense généralement.

    Depuis 1993, le nouveau roi est un mécène du Centre d’études islamiques d’Oxford. Cette année-là, il a prononcé le discours inaugural, intitulé « L’islam et l’Occident ». Ce n’était pas le genre de discours sur la religion que la plupart des gens attendent des politiciens et de la famille royale ; ces derniers ont tendance à se contenter de platitudes creuses.

    Alors prince de Galles, il s’est plongé dans une réflexion complexe sur la civilisation islamique et ses relations avec l’Europe. Charles estime que l’islam fait « partie de notre passé et de notre présent, dans tous les domaines de l’activité humaine. Il a contribué à créer l’Europe moderne. Cela fait partie de notre propre héritage, ce n’est pas une chose à part. »

    Il exhortait la population occidentale à voir au-delà des distorsions contemporaines de l’islam : « Le principe directeur et l’esprit de la loi islamique, tirés directement du Coran, devraient être ceux de l’équité et de la compassion. »

    Il observait que les femmes avaient obtenu le droit de propriété et d’héritage dans l’islam il y a 1 400 ans, a rendu hommage à la « tolérance remarquable » de l’islam médiéval et a déploré « l’ignorance occidentale de la dette de notre propre culture et civilisation envers le monde islamique ».

    Le prince qualifiait les communautés musulmanes britanniques d’« atout pour la Grande-Bretagne » qui « ajoute à la richesse culturelle de notre nation ».

    Contrairement à ceux qui exigent que les musulmans abandonnent leur identité pour s’assimiler, le prince de Galles souhaitait un processus d’intégration dans les deux sens : les musulmans doivent « équilibrer leur liberté vitale d’être eux-mêmes avec une appréciation de l’importance de l’intégration dans notre société », tandis que les non-musulmans devraient « respecter la pratique quotidienne de la foi islamique et prendre décemment soin d’éviter les actions susceptibles de blesser profondément ».

    C’était un discours électrisant : voici l’héritier du trône disant aux musulmans britanniques, pour la plupart des migrants des anciennes colonies, que leur présence dans le pays n’était pas seulement la bienvenue, mais appréciée.

    Difficile d’imaginer un plus grand contraste avec les interventions récentes des politiciens britanniques de premier plan. 

    Prince « controversé » 

    Ces dernières années, l’attitude du prince Charles à l’égard de l’islam et du monde musulman ont souvent suscité la controverse.

    Un livre du correspondant royal Robert Jobson, écrit avec la coopération du bureau du prince et publié en 2018, révélait qu’il s’ était opposé à l’invasion de l’Irak en 2003, exprimant en privé ses objections au Premier ministre Tony Blair. Selon Jobson, le prince Charles croyait que « marcher en portant une bannière pour la démocratie à l’occidentale était à la fois téméraire et futile ». Celui-ci avait également fait savoir aux ministres qu’il ne souhaitait plus que ses relations avec les dirigeants du Golfe soient utilisées par les entreprises d’armement britanniques afin de vendre leurs armes.

    Le prince Charles admire des œuvres d’art islamique moderne à l’école d’art traditionnel Qasr Al-Taz, lors de sa visite du Caire, le 21 mars 2006 (AFP) Le prince Charles admire des œuvres d’art islamique moderne à l’école d’art traditionnel Qasr Al-Taz, lors de sa visite du Caire, le 21 mars 2006 (AFP)
     

    Ensuite, il y a sa sympathie envers les Palestiniens, ce qui explique peut-être pourquoi c’est son fils le prince William, et non le prince Charles lui-même, qui a effectué la première visite royale en Israël en juin 2018. Ce n’est qu’en 2020 que le prince Charles a effectué sa première visite en Israël. Il a pris soin de visiter les territoires palestiniens occupés, où il a dit souhaiter « que l’avenir apporte la liberté, la justice et l’égalité à tous les Palestiniens ».

    Aucun ministre britannique n’a exprimé des sentiments similaires dans l’histoire récente. En ce qui concerne les musulmans européens, Charles III critique la laïcité de la France et de la Belgique et est en désaccord avec leurs interdictions faites aux femmes de porter le niqab en public. Il n’a pas le temps pour la politique anti-musulmane qui gagne du terrain dans toute l’Europe. 

    Son travail caritatif a été critiqué. En juin dernier, le prince avait fait la une des journaux après que le Sunday Times avait révélé qu’il avait accepté une valise contenant un million d’euros en espèces du cheikh Hamad ben Jassim ben Jaber al-Thani, l’ancien Premier ministre qatari. Le fonds de bienfaisance du prince Charles avait démenti tout acte répréhensible et rien ne suggère que ce dernier en ait bénéficié personnellement. 

    Il a peut-être commis des erreurs de jugement, mais une grande partie des articles de la presse étaient injustes et montraient une méconnaissance du sujet.

    Pensez au déluge d’articles sensationnels en juillet sur un don d’un million de livres sterling que son fonds de bienfaisance a reçu de la famille d’Oussama ben Laden en 2013. Il n’y a eu aucun acte répréhensible : la famille ben Laden est l’une des plus établies en Arabie saoudite, et sous-entendre un lien avec le terrorisme et al-Qaïda était absurdeo

    Un fervent « traditionaliste »

    Les commentateurs anti-musulmans se moquent du nouveau roi de Grande-Bretagne pour sa curiosité intellectuelle. Le commentateur néoconservateur américain Daniel Pipes en est un exemple. Son billet de blog intitulé : « Le prince Charles s’est-il converti à l’islam ? » cite de nombreuses « preuves » qu’il est lui-même devenu musulman, notamment le fait que le prince Charles a participé à une cérémonie de rupture du jeûne pendant le Ramadan et sa critique de Salman Rushdie pour avoir insulté les « convictions les plus profondes » des musulmans.

    Au siècle dernier, de fausses rumeurs similaires tourbillonnaient autrefois autour de Winston Churchill. 

    En vérité, le roi est un fervent anglican dont l’engagement profond envers l’islam (ainsi qu’envers le judaïsme et le christianisme orthodoxe) est lié à son intérêt pour le traditionalisme, l’école de pensée ésotérique du XXe siècle dont les premiers partisans se sont élevés contre le monde moderne, croyant que toutes les grandes religions partagent des vérités universelles qui pourraient être des antidotes aux malheurs contemporains. 

    Le roi Charles III est un fervent anglican qui croit que toutes les grandes religions partagent des vérités universelles susceptibles d’être des antidotes aux malheurs contemporains

    Charles III s’est particulièrement intéressé aux œuvres de René Guenon, l’un des penseurs les plus importants du traditionalisme. Écrivant au début du XXe siècle, Guenon – intellectuel français élevé dans la foi catholique et éduqué à la Sorbonne – voyait la modernité occidentale, qui « s’est développée sur des lignes matérielles », comme représentant une « anomalie » dans l’histoire humaine.

    « Si [les traditionalistes] défendent le passé », déclarait le prince Charles dans un discours de 2006, « c’est parce que dans le monde prémoderne, toutes les civilisations étaient marquées par la présence du sacré ». En revanche, notre époque actuelle est celle de « la désintégration, de la déconnexion et de la déconstruction ».

    Dans une allocution prononcée devant l’Assemblée générale de l’Église d’Écosse en 2000, le prince Charles prévenait que notre époque « risqu[ait] d’ignorer, ou d’oublier, toute connaissance du sacré et du spirituel ». C’est cette préoccupation qui sous-tend son action pour l’environnement. Charles III croit que l’Occident moderne « est devenu de plus en plus avide et exploiteur », suggérant que nous pouvons réapprendre la « tutelle du caractère sacramentel et spirituel vital du monde » de l’islam.

    Guenon lui-même regardait vers l’Est, rédigeant plusieurs ouvrages sur l’hindouisme et le taoïsme avant de quitter Paris pour Le Caire. Là, il s’est initié à l’ordre soufi Ahmadiyya Shadhiliyya et a étudié à al-Azhar, l’un des centres mondiaux de l’érudition musulmane sunnite. Devenu musulman, il est mort au Caire en 1951.

    Le rôle de Guenon dans la formation de la vision du monde du roi a déconcerté de nombreux commentateurs traditionnels. L’historien militaire Max Hastings en est un bon exemple. En 2010, dans une critique du livre du prince Charles Harmony: A New Way of Looking at Our World, il a écrit dans le Daily Mail que « le principal péril pour notre institution royale dans les décennies à venir réside dans sa tête bien intentionnée, embrouillée et confuse ». 

    Critiques brutales

    Sans se laisser décourager par le regard désapprobateur des médias britanniques, le prince Charles s’est servi de son titre de prince de Galles pour faire avancer ses idées dans la pratique. En 1993, la Fondation du Prince a commencé à abriter le Programme d’arts visuels islamiques et traditionnels.

    Le roi Charles III rencontre la Première ministre Liz Truss et des membres de son cabinet au palais de Buckingham à Londres, le 10 septembre 2022 (AFP) Le roi Charles III rencontre la Première ministre Liz Truss et des membres de son cabinet au palais de Buckingham à Londres, le 10 septembre 2022
     

    Là, les étudiants ont produit des miniatures mogholes, des carreaux ottomans et de la calligraphie arabe. Deux éminents érudits traditionalistes étaient des professeurs invités – le philosophe Seyyed Hossein Nasr et l’érudit Martin Lings, qui a écrit une célèbre biographie du prophète Mohammed et s’est senti « frappé par la foudre » quand il a lu Guenon pour la première fois. Le programme est devenu l’École des arts traditionnels de la Fondation du Prince en 2004.

    L’amour de Charles III pour l’art islamique est visible dans sa vie personnelle. D’où le Carpet Garden, inspiré des jardins islamiques, dans sa maison du Gloucestershire, Highgrove. Il avait expliqué : « J’ai planté des figuiers, des grenades et des oliviers dans le jardin à cause de leur mention dans le Coran. » 

    Tout cela place le roi Charles III dangereusement en décalage avec le gouvernement Truss et le Parti conservateur qu’elle dirige. Si Charles III revient sur le sujet de l’islam, il est certain qu’il s’ouvrira aux critiques brutales de la droite néoconservatrice qui fixe une grande partie de l’ordre du jour de ce gouvernement conservateur.

    Reste à voir si, sur le trône, il continuera à parler de religion aussi ouvertement qu’il l’a fait lorsqu’il était prince de Galles. Il doit garder à l’esprit l’exemple de sa mère, qui s’est astucieusement tenue à l’écart des controverses publiques. Il est néanmoins profondément significatif que nous ayons un roi qui admirait ouvertement l’islam. 

    Une déclaration audacieuse

    Les mosquées à travers le pays ont présenté leurs condoléances pour la mort de la reine Elizabeth II, et de nombreux musulmans ont noté l’attitude du nouveau roi envers l’islam.

    Dans son sermon avant la prière de vendredi dernier dans la mosquée écologique de Cambridge, Shaykh Abdal Hakim Murad, le maître de conférences en études islamiques de l’Université Shaykh Zayed, a abondamment cité le discours du prince Charles en 1993 sur « l’islam et l’Occident », faisant remarquer que son intérêt généreux pour l’islam le distinguait d’une grande partie de la classe politique britannique. Notant que le prince Charles avait appris l’arabe pour lire le Coran, il s’interrogeait : « Combien de personnes au Parlement feraient cela ? »

    Charles III suivra-t-il le doux exemple de sa mère et soulignera-t-il tranquillement les traditions britanniques de tolérance et de multiculturalisme, contrairement au nationalisme des gouvernements Johnson et Truss ?

    Charles III suivra-t-il le doux exemple de sa mère et soulignera-t-il tranquillement les traditions britanniques de tolérance et de multiculturalisme, contrairement au nationalisme des gouvernements Johnson et Truss ?

    Certains signes tendent à montrer que ce sera le cas. 

    Repensez au premier discours du roi Charles III en tant que souverain : « Au cours des 70 dernières années, nous avons vu notre société devenir une société abritant de nombreuses cultures et de nombreuses religions », a-t-il déclaré, avant de promettre : « Quels que soient vos origines ou vos croyances, je m’efforcerai de vous servir avec loyauté, respect et amour. »

    C’était une déclaration de pluralisme à la fois audacieuse et sans équivoque. Et quiconque a prêté attention à ses déclarations et actions en tant que prince de Galles saura qu’il le pense sincèrement. C’est une position qui le distingue du gouvernement britannique. 

    Traduit de l’anglais (original) par VECTranslation.

  12. Algérie : quelle place sur le marché des terres et des métaux rares ?

    ENTRETIEN. L’Algérie pourrait être un important pourvoyeur de

    Sur le segment des terres et metaux rares, l'Algerie a de serieux atouts a faire prevaloir.
    Sur le segment des terres et métaux rares, l'Algérie a de sérieux atouts à faire prévaloir. © DR Par notre correspondant à Alger, Adlène Meddi
    Publié le 15/09/2022 

    Cherchant à sortir de sa dépendance vis-à-vis du quasi-monopole de la Chine en matière de métaux rares – nécessaires, notamment, aux industries technologiques –, la France et l'Europe s'acheminent vers la diversification de leurs partenaires. Signée par Emmanuel Macron et son homologue Abdelmadjid Tebboune, fin août en Algérie, la déclaration d'Alger indiquait que la France et l'Algérie « entendent favoriser une relance de leurs échanges économiques et encourager le développement des partenariats entre leurs entreprises ainsi que la recherche pour l'innovation ». « Ces efforts porteront en priorité sur les secteurs d'avenir : le numérique, les énergies renouvelables, les métaux rares, la santé, l'agriculture et le tourisme », est-il mentionné. Cette volonté de partenariat coïncide avec les nouvelles orientations de l'Union européenne qui a annoncé, mercredi 14 septembre, qu'elle allait constituer « des réserves stratégiques » pour éviter les ruptures d'approvisionnement dans les matières premières « critiques » pour son industrie, notamment les terres rares et le lithium dont l'offre mondiale est contrôlée par la Chine.

    Lors de son discours sur l'état de l'Europe, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a expliqué que « les besoins en terres rares de l'Union européenne vont être multipliés par cinq d'ici 2030 ». « Le problème est qu'actuellement un unique pays contrôle la quasi-totalité du marché, près de 90 % des terres rares et 60 % du lithium sont transformés en Chine », a-t-elle averti.

     

    Les gisements algériens font-ils partie de la solution ? Quel serait le réel potentiel minier du pays ? Connaît-on le potentiel algérien en terres et en métaux rares ? Éléments de réponse avec le spécialiste Mouloud Issaad, docteur en géologie minière et maître de conférences au département de géologie de l'université des sciences et technologies Houari-Boumédiène à Alger.

    Le Point Afrique : Pour commencer, quelle est la différence entre terres rares et métaux rares ?

     

    Mouloud Issaad : Il est indispensable de poser les bonnes définitions dès le départ afin de ne pas tomber dans les approximations, étant donné que beaucoup de fausses informations circulent déjà. Il faut savoir aussi que bon nombre de termes utilisés dans l'industrie minière ont une double définition, à cheval entre la géologie et l'économie minière. Ainsi, le terme terres rares renvoie à quinze éléments chimiques appelés lanthanides auxquels on ajoute le scandium et l'yttrium. Pour les géologues, ces éléments sont très intéressants car ils permettent de mieux étudier les roches magmatiques et leur évolution, le fameux spectre des terres rares. Au fur et à mesure des avancées technologiques, de nombreuses applications industrielles ont été découvertes, et cela, dans divers domaines, de la céramique à l'électronique de pointe.

     

    23625272lpw-23625930-embed-libre-jpg_901 Selon le spécialiste Mouloud Issaad, "les données actuelles donnent des réserves en étain et wolfram de 8,20 Mt correspondant à plusieurs gisements et à une vingtaine de gîtes [gisements moyens]".© DR

     

    Contrairement à ce qui se dit, les terres rares ne sont pas si rares. En réalité, il est possible de les retrouver dans de nombreux environnements avec des concentrations supérieures à celles de nombreux métaux usuels tels que le zinc, l'étain ou même l'or. Cependant, les terres rares ne forment que très rarement des gisements économiquement rentables et restent à l'état de traces la plupart du temps. Ajouté à cela, le raffinage des terres rares (extraction et séparation) a longtemps été un véritable défi technique, vu qu'il s'agit d'un groupe d'éléments aux propriétés assez proches.

     

    Enfin, le terme métaux rares obéit autant à une définition économique que géologique. Il s'agit là d'un certain nombre d'éléments chimiques, dont les terres rares, ayant des propriétés chimiques différentes mais qui ont pour point commun une faible production par rapport aux autres métaux tels que le fer, l'aluminium ou le cuivre. En Europe et aux États-Unis, ce terme tend à être remplacé par le terme métaux critiques, qui englobe un ensemble d'éléments indispensables au bon fonctionnement des industries des pays développés mais dont la chaîne d'approvisionnement reste soumise à d'éventuelles tensions tant sur l'offre que sur la demande.

     

     

     

    Des médias, en France et en Algérie, avancent le chiffre de 20 % des réserves mondiales de terres rares sur le territoire algérien. Qu'en est-il exactement ? Pourquoi ce chiffre revient-il souvent sur le devant de la scène depuis quelques années ?

     

    Dans le domaine de l'exploration minière, l'information est hiérarchisée et sa fiabilité obéit à une codification bien précise, une norme. Pour ce qui est des ressources (quantité globale) et réserves (partie des ressources qui est récupérable et rentable) en minerais métalliques, nous pouvons citer les normes les plus utilisées, à savoir la norme australienne JORC, la norme canadienne 43-101 et la sud-africaine Samcodes. En Algérie, étant donné que l'exploration a longtemps été réalisée en collaboration avec des entreprises issues du bloc de l'Est, c'est la norme soviétique puis russe qui prévaut dans les travaux anciens. Cependant, il existe une norme algérienne promulguée en 2005 et qui est conforme à ce qui se fait ailleurs. Ces normes ont pour but de simplifier les échanges d'informations à propos des projets miniers et de garantir la conformité des données.

    En ce qui concerne les réserves mondiales en terres rares, elles s'élèveraient à 126,674 millions de tonnes (Mt), dont 55,22 Mt détenues uniquement par la Chine (Service géologique des États-Unis, 2015). Pour les ressources, ce chiffre atteint en hypothèse haute 375 Mt, dont 63 % seraient chinoises. Même s'il est difficile d'avoir accès à des données certifiées et réalistes, il est possible de conclure à une prédominance des ressources chinoises dans les ressources mondiales.

    En termes de production, je simplifierai les choses en disant que la part de la production chinoise est passée de 21 % en 1985 à 88 % en 2014, avec un pic à 97 % en 2011. Cette situation est le fruit de la volonté de la Chine de s'imposer sur le marché des terres rares en profitant de ses propres ressources mais aussi en misant beaucoup sur le raffinage tout en assumant pleinement l'impact environnemental de cette industrie.

    Chez nous, l'effervescence actuelle autour de ses ressources a pour origine la conférence de presse du président Abdelmadjid Tebboune avec son homologue français, le président Emmanuel Macron, conférence où l'échange a traité de la question de la coopération dans la recherche et l'industrie, notamment les métaux rares, notez bien métaux rares et non terres rares. Selon mes propres recherches, ce chiffre de 20 % est apparu en 2015 à la une d'un quotidien national. Ayant personnellement tenté de sourcer cette information, je me suis rendu compte qu'il n'existait aucun document de référence mentionnant ce chiffre. Idem pour les déclarations officielles des cadres responsables du secteur des mines. Aucun n'a donné ce chiffre. L'actualité est dominée par des projets pertinents et connus de tous, à l'image du gisement de fer de Gara-Djebilet, le zinc d'Amizour ou le phosphate de Bir El Ater.

    Dans le milieu des géologues miniers (académique et industriel), les terres rares sont plus vues comme des cibles à prospecter que des gisements à exploiter. Annoncer un tel chiffre sans en donner la source précise est en totale contradiction avec la transparence que nécessite le développement des projets miniers. Aucune compagnie ne déboursera plusieurs dizaines de millions de dollars sur de simples suppositions. Notez bien que je parle ici, je le répète, des terres rares et non des métaux rares en général. En effet, pour certains métaux dits stratégiques, tels que l'étain, le wolfram, le béryllium, le tantale ou le niobium, l'Algérie, en particulier dans le Hoggar, recèle des ressources très intéressantes qui pourraient aboutir à de très beaux projets miniers. À mon avis, c'est vers ce type de métaux, dits critiques, que devront être orientées nos priorités. Les réserves rentables connues dans le monde ne donnent que 17 années de production d'étain, 18 pour le zinc et 36 pour le wolfram et l'Algérie renferme de nombreux gisements de ce type. C'est pour cela qu'il faut viser l'ensemble des métaux stratégiques et critiques et ne pas se focaliser uniquement sur le lithium ou les terres rares.

     

     

     

    Où en sont les études, universitaires ou celles du secteur des mines, sur ces gisements ?

    La recherche minière en Algérie est constituée de deux acteurs, les entreprises publiques avec à leur tête l'Office des recherches géologiques et minières (ex-Sonarem) et les chercheurs issus des différentes universités du pays. Depuis la loi minière de 2001, certains projets d'exploration minière ont été menés par des compagnies juniors étrangères en collaboration avec le secteur public, tel le projet d'Oued-Amizour.

    Dans le nord-est de l'Algérie, à Tébessa, des travaux académiques menés par un collègue de l'université d'Ouargla ont traité de la question des terres rares associées aux roches phosphatées. Il s'agit là de travaux académiques, qui nécessitent d'être complétés en vue d'une évaluation économique.

    Selon l'Agence du service géologique de l'Algérie (ASGA), « de nombreuses campagnes de prospection et de recherche ont été effectuées par l'Office de la recherche géologique et minière (ORGM) au Hoggar pour divers éléments chimiques métaux, tels que l'or, l'uranium, le cuivre, etc., alors que, pour les terres rares, elles ont été timides ». Les travaux étant au stade préliminaire, il serait imprudent de parler de gisements ou de réserves.

    Cependant, un certain nombre d'indices très intéressants ont été mis en évidence par les travaux académiques et les recherches menées par l'ORGM. Je citerai le cas des carbonatites minéralisées en terres rares. En effet, plus de la moitié des gisements de terres rares dans le monde correspondent à ce type de roches.

    Au stade actuel des choses, il est impossible d'avancer quoi que ce soit à propos des ressources en terres rares étant donné la rareté des travaux d'exploration. Néanmoins, un certain nombre d'indices ont été découverts sur le terrain, à nous de transformer l'essai en traçant des objectifs réalistes et en nous donnant les moyens nécessaires à nos ambitions.

    S'agissant des autres métaux rares, de nombreux travaux académiques (thèses de doctorat et articles scientifiques) et campagnes d'exploration (rapports de recherche de l'ex-Sonarem) ont permis de mettre en évidence des gisements d'intérêt économique. Ainsi, les données actuelles donnent des réserves en étain et wolfram de 8,20 Mt correspondant à plusieurs gisements et à une vingtaine de gîtes [gisements moyens].

     

     

     

    L'Algérie a-t-elle les moyens d'explorer et d'exploiter ces minerais ?

    Le développement des richesses minières du pays est avant tout une question de volonté politique clairement établie. Au moment où la Chine a voulu se donner une place centrale dans l'échiquier des métaux rares, elle n'en produisait qu'une toute petite partie.

    Il s'agit donc de se donner les moyens de sa politique, moyens qui vont bien au-delà de la question du financement de l'exploration minière. Ainsi, c'est au gouvernement de définir sa vision des choses en décidant du rôle qu'il aura à jouer dans la relance du secteur minier. Soit l'État, à travers les entreprises publiques, aura à sa charge les travaux d'exploration et de développement de gisements ; soit, à l'inverse, l'administration des mines facilitera encore plus l'accès aux concessions à des compagnies algériennes privées pour mener des travaux d'exploration à leurs frais, mais en leur donnant l'assurance de pouvoir tirer profit d'une éventuelle découverte. Dans ce cas, la collaboration entre les entreprises algériennes privées et les juniors d'exploration étrangères devra être possible, facilitée et encouragée.

    Le géologue que je suis est convaincu qu'il est temps de céder l'acte de prospecter aux acteurs privés algériens en levant toutes les barrières, selon la fameuse expression « premier arrivé, premier servi ». Dans ce cas, l'État concentrera ses efforts sur la régulation, mais surtout sur des partenariats d'exploitation dans le cadre de grands projets miniers structurants tels que le projet de phosphate intégré de Tébessa ou le fer de Gara-Djebilet. Enfin, il est indispensable d'améliorer l'attractivité du pays afin d'attirer les investisseurs étrangers pour financer des campagnes d'exploration mais aussi pour bénéficier du savoir-faire des juniors d'exploration issues des pays à tradition minière comme le Canada ou l'Australie.

    Quels sont les risques environnementaux de l'exploitation de ces gisements ?

    Puisque les recherches sur les terres rares en Algérie ne sont qu'au stade préliminaire, je préfère répondre à cette question en traitant de l'ensemble de l'activité minière. Il faut savoir que l'exploitation d'un gisement métallique se fait en plusieurs étapes et que chaque étape présente un risque environnemental différent. Cependant, les déchets miniers (débris de roches et minéraux métalliques sans intérêt économique) sont le principal défi à relever lors de la gestion des impacts de cette activité. De par leur composition et leur quantité, qui se chiffre en dizaines de millions de tonnes, les rejets miniers font la spécificité de cette industrie. Et c'est pour cela que dire qu'un projet minier ne présente aucun risque environnemental relève d'une méconnaissance de la question. À l'inverse, et surtout dans le cas de l'Algérie, opposer le risque environnemental systématiquement à l'ensemble des projets miniers, c'est se tirer une balle dans le pied étant donné les potentialités du pays. Pendant encore plusieurs décennies, l'Algérie aura besoin d'exploiter ses ressources naturelles pour assurer le développement économique. Le rôle des autorités, de la société civile et des chercheurs sera de minimiser au maximum l'impact environnemental de l'industrie minière, tout en privilégiant la remontée des chaînes de valeur pour que la richesse profite au pays et non à des usines situées à plusieurs milliers de kilomètres, en Europe ou en Asie.

    Quels gains à engranger pour l'Algérie ?

    Qu'on se le dise, l'industrie minière en Algérie n'a pas vocation à remplacer la rente pétrolière. Si le gaz du Sahara peut nous assurer un certain confort pour encore plusieurs décennies, nos minerais nous seront utiles seulement si nous œuvrons à en faire une rampe de lancement pour notre industrie. À titre d'exemple, le prix de la tonne d'engrais phosphaté correspond à presque trois fois celui du phosphate brut. Il en est de même pour le minerai de fer et l'acier. Pour finir sur une note positive, notons que c'est dans cette logique que sont pensés les deux principaux projets miniers du moment, à savoir le projet de phosphate intégré à Tébessa ainsi que celui de Gara-Djebilet à Tindouf. Le défi sera d'entraîner les acteurs privés dans cette dynamique en leur assurant un climat des affaires favorable et stable.

  13. Une photo, une vraie date, un vrai lieu, une histoire…

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    SOLAS

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    Cette photo a été prise par Tayeb Mouri, pendant la réunion de Wilaya, vers le 26 décembre 1956, au PC de la Wilaya 3, à Taka Ait Yahia, devant la maison de Mohand Ameziane Lefki.
    Mohand-Ameziane Lefki était un militant du PPA puis du FLN, très lié au colonel Si Nasser (Mohamedi Saïd), Lefki et ses deux fils sont tombés au champ d'honneur pendant la guerre.
    Sur la photo, on reconnait de gauche à droite :
    1- Le colonel Si Nasser (Mohamedi Saïd) qui a pris le commandement de la Wilaya 3 en septembre 1956, après le congrès de la Soummam, en remplacement de Krim Belkacem.
    2- Le colonel Ouamrane (Amar Ouamrane), membre du CNRA, il est de passage au PC de la Wilaya 3, il est envoyé en mission par le CEE en Tunisie pour ravitailler l’intérieur en armes, organiser la base de l’est et régler le problème posé par Mahsas. Il a laissé le commandement de la Wilaya 4 à Slimane Delhiès, il apporte avec lui les directives du CEE au commandant Amirouche.
    3- Si El Hocine du village Mahmoud Ait yahia décède en 2015? A confirmer.
    4- Le sous-lieutenant Si Lmouloud Awaqur (Mouloud Amrouche) du village de Iouakourène, chef de la région 323 (Akbou-Maillot), il était également chargé de la sécurité des infirmières de la Wilaya 3. Ancien de l'OS, on l'appelait « vou niya », pour sa probité, il est tué le 28 juin 1957, lors d’une bataille Ignan (Saharidj) en même temps que Malika Gaïd.
    5- Le lieutenant Si Salah Ougharvi (Salah Gherbi), d'Aourir n'Ath waghlis (chemini), chef politique de la zone 33? A confirmer.
    6- Mohand Ouchabane Hadjara, un jeune maquisard d’Ihadjarene (Amizour). A 14 ans, il avait rejoint le maquis, tout comme Ahmed Amrouche fils de Mouloud. Ces deux jeunes hommes ont eu le même destin, ils ont rejoint la Tunisie puis après l‘indépendance, ils sont morts d'accidents de voitures.
    7- Commandant Amirouche qui revenait de sa mission d’inspection en Wilaya 1, puis d’une inspection dans la région de Bougie. Le colonel Ouamrane lui a apporté l’ordre du CEE de se rendre en Tunisie pour poursuivre sa mission au sujet de la Wilaya 1, ces derniers avaient pris connaissance entre temps de son rapport. Amirouche vient d‘apprendre qu’une délégation de la Wilaya 1, composée entre autres de Lamouri et Si Haouès arrive dans les Bibans, cette délégation convoquée par lui, vient d’arriver à Moka, il va s’y rendre pour les rencontrer.
     
    Au cours de ce conseil de Wilaya, le capitaine Abderrahmane Mira et Si Aïssa El Boudaoui (Aissa Hamitouche) furent jugés.
    Mira fut suspendu pour insubordination, il sera par la suite affecté en Wilaya 6 avec le grade de commandant.
    Si Aïssa El Boudaoui, jugé pour une sombre affaire de mœurs, il fut dégradé et affecté en zone 1 (future zone 4) comme simple djoundi.
    MAH

    Merci à Mira Tarik pour quelques détails
     avec Djoudi Attoumi et Mira Tarik.
    Peut être une image de 4 personnes et personnes debout
     
     
     
     
     
     

    Vanny

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    Beau topic @SOLAS, j'espère que tu en posteras d'autres.

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    SOLAS

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    J ESPERE

    UNE OIS DE RETOUR AU BLED LE DD EST A ALGER

    SOLAS

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    Peut être une image de 2 personnes, personnes debout et plein air

    L'HISTOIRE DE CETTE PHOTO.
    Cette photo revient très souvent dans facebook, la présentant comme une Tiwizi Kabyle, louant la solidarité des femmes qui s'entraident. Détrompez-vous, ce n'est pas le cas.
    Cette photo est prise par un soldat français en 1959, entre le village de Bechar et d'At Enzar (Iferhounene-Michelet). Lorsque l'armée française a bombardé et détruit le village At Enzar, elle a obligé les femmes des villages Ahfir, At Lvachir et Tanalt à déplacer les poutres et les tuiles des maisons détruites vers Agwni Waâdella pour batir une SAS (Section Administrative Spécialisée). Cela sur une distance de 5 km environ.
    L'armée française a regroupé dans le village Ahfir, l'ensemble des habitants d'At Lvachir, et de Tanalt, elle l'a entouré de barbelés et en a fait un camp de concentration. Deux à trois familles qui ne connaissaient pas auparavant, se sont retrouvées a cohabiter dans une maison Kabyle (axxam, taâricht, adaynin). Ils ont obligé les prioritaires des animaux domestiques (chèvres, moutons ...) à les vendre ou les sacrifier, pour laisser places aux humains nouveaux occupants.
    Je ne vous décrit pas la solidarité et l'entraide qui regnaient entre les habitants.
     

    SOLAS

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    Nacer Eddine AIT-MOKHTAR✨
    ET
    ✨✨Gisela GOETHNER✨✨
    🔴Engagement d'un couple Germano-Algerien pour un État souverain:
    📚Je me souviens très bien de notre première rencontre. C'était vers l'année 1959, nous étions sur le même quai de la gare principale de Düsseldorf ma ville natale. Tous les deux ,nous avions manqué le même train en direction de Cologne. C'était un jour du mois de janvier au froid glacial. La météo avait bien annoncé une baisse de température de 10°C au- dessus de zéro. Nous étions tous les deux sur le même quai à attendre le prochain train.
    Je me précipitai devant l'affiche pour m'informer des départs et de l'horaire du prochain train à destination de Cologne et je me rendis compte à l'instant qu'il n'y avait plus grand monde autour. J'étais donc toute seule sur le quai,quand une silhouette d'homme vint vers moi et me demanda l'horaire du prochain train pour la même direction que la mienne.
    Nous nous regardâmes et ce fut le coup de foudre,le destin avait voulu que nous rations le même train et le hasard ferait il que nous devrions prendre un autre ensemble ? En attendant le prochain train,je pris place au café de la gare pour me réchauffer un peu, l'heure n'était pas encore venus. L'homme me suivit et me demanda alors :<<Mademoiselle, permettez- vous que je prenne place à votre table!>>
    Il prit aussitôt une chaise sans attendre ma réponse. Il ne me quitta plus durant tout le voyage. D'ailleurs dans le train,il s'assit en face de moi,me regarda avant de se lever pour me dire encore : " Excusez- moi,mademoiselle, je ne me suis pas encore présenté, je suis Georges Lenoir" je tirai alors ma conclusion en pensant que ce ne pourrait être qu'un français ! Entre temps, le contrôleur entra et nous demanda de voir nos tickets. Il constata vite que mon "compagnon inconnu" devait être en 2e classe.
    Il avait payé la différence et est resté avec moi dans le compartiment. Il m'avait accompagné jusqu'à la destination de Cologne. Nous nous sommes quittés en convenant d'un rendez-vous vous. Bien que cet homme m'ait énormément séduite, je n'ai par conséquent jamais été à sa rencontre. Ce n'était pas convenable pour une jeune fille de bonne famille, à cette époque, de faire connaissance avec un homme, encore plus si celui-ci était un étranger. Depuis, je n'avait plus revu ce séducteur inconnu, mais je pensais très souvent à lui avec regret d'avoir agi de la sorte.
    Six mois plus tard, le hasard a voulu que nous nous rencontrions une seconde fois. Cette fois-ci pendant une très belle journée printanière, ensoleillée,venue comme pour supplanter le rigoureux froid hivernal. Je me promenais toute seule sur le grand boulevard de Düsseldorf, quand une voix masculine me surprit en m'interpellant:" Mademoiselle, vous n'êtes pas venue au rendez-vous!!"
    Nous avons marché un bon moment ensemble en parlant de tout et de rien,avant de convenir d'un autre rendez-vous. Tout en sachant au fond de moi que ledit rendez-vous serait encore renvoyé aux calendes grecques, comme le premier, à la merci d'un pur hasard.
    Mais que peut-on faire contre son destin? Au fait,le nouveau rendez-vous que nous avions fixé n'avait pas eu lieu comme prévu, ni à l'espace, ni au temps indiqués. Il aura lieu,plus tard, dans un endroit qui nous aura apporté plein de surprises.
    Un soir, pendant que j'étais avec mon père dans le salon de notre maison,quelqu'un sonna à la porte. Mon père le fit entrer, les deux hommes se donnèrent aux accolades très amicales. C'était "Georges Lenoir" qui n'arrêtait pas de me regarder avec étonnement. Sans doute ignorait-il que j'étais la fille d'Adolf Goethner à qui il rendit visite. Moi aussi j'ignorais à ce moment-là ce qui motivait cette inopinée rencontre. L'homme resta avec nous toute la soirée en présence de mon père à pérorer sur leurs affaires que j'ignorais jusque-là. Quant à nous efforcions de faire,bien sûr, semblant de ne pas nous connaître auparavant.
    Pendant leur discussion, ils avaient évoqué la nécessité d'engager des femmes qui avaient des passeports étrangers dans leur organisation secrète. La faciès européen comptait beaucoup pour accomplir les tâches en toute sécurité. Ce n'est que par la suite que j'ai compris que l'organisation dont il était question n'était autre que l'organisation Spéciale de la fédération de France du FLN à qui mon père prêtait main forte. Il s'était engagé depuis longtemps pour la cause algérienne en construisant une cache d'arme dans un garage spécialement équipé pour maquillage des voitures volées, banalisées et aménagées au transport de ces armes destinées aux combattants algériens.
    Cet homme que je joignis sans plus tarder dans son organisation était responsable de l'OS. Je lui concedais volontairement mes services. Plus tard,de compagnons de lutte nous nous sommes rapprochés pour devenir mari et femme,unis pour le meilleur et pour le pire. Entre le meilleur et le pire,nous sûmes garder notre amour, notre amitié et notre fraternité en 43ans de vis commune, jusqu'à sa mort en 2002.
    Avant d'entrer dans l'organisation, j'ai suivi une formation pour pouvoir en faire face:
    -- L'emploi des armes.
    -- Faire du sport de défense, etc
    Ce fut ainsi que j'ai commencé à participer activement à la guerre de libération, sous les ordres de Madjid( ait mokhtar). J'ai pu effectuer plusieurs missions dangereuses :
    ▪Transporter des armes en les chargeant dans des voitures banalisées afin de les déposer dans les lieux sûrs,des dépôts particulièrement alloués dans des villes ou des garages appartenant à l'organisation Spéciale ou à mon père, Adolf Goethner qui avait installée un garage sur son terrain à Düsseldorf, spécialement aménagé pour le stockage des armes et les voitures que nous utilisions dans nos missions.
    ▪Déplacer les voitures de l'organisation des parkings qui étaient surveillés par la police.
    ▪Sortir des documents de l'appartement qui nous servait comme lieu de rencontre à Düsseldorf,Immermannstr,lequel fut surveillé par la police pendant que les camarades qui l'occupaient ont pris la fuite. Cet appartement dépourvu de toute commodité, nous servait de lieu de repos et de délibération où nous pouvions dormir et manger un peu pour ne pas trop fréquenter les restaurants et aussi les hôtels, sauf en cas d'extrême nécessité. Par manque de moyens, jusqu'au moindre ustensile, il nous est arrivé de boire notre café dans des boites de conserve.
    En Allemagne, j'ai dû moi aussi abandonner mes études pour combattre aux côté de mon père qui s'était déjà engagé dans la lutte pour la libération de l'Algérie. Il avait construit un garage sur son terrain privé pour le stockage des armes destinées aux combattants de l'OS de la fédération de France. Ces armes que nous acheminions scrupuleusement dans nos voitures banalisées vers d'autres destinations.
    C'est sur ce même terrain que fut installé l'immeuble de l'embrassade d'Algérie de l'époque et symboliquement, le garage fut aussi remonté dans un coin de jardin où il s'y trouvait jusqu'à une époque récente.
    🔴Le couple Aït-Mokhtar retrouve l'Algérie indépendante :
    📚Après l'indépendance, comme la majorité des combattants nourris d'ambition de construire un pays sur de bonnes bases,le couple Aït-Mokhtar,Madjid et Ghozela,regagne l'Algérie. Une fois la paix revenue,Nacer- Eddine"le grand terroriste" se remet modestement aux études en se réinscrivant en deuxième année de médecine à la Faculté d'Alger. Graduellement, il passe son doctorat à Alger et son agrégation à Bruxelles. Il terminera sa carrière universitaire comme professeur agrégé de gynécologie obstétrique à l'hôpital Par et d'Hussein Dey à Alger où il fut également chef de la Clinique de gynécologie.
    Ce n'était pas facile pour mon mari d'y arriver, ce fut alors une autre lutte, un autre parcours de combattant,souvent semé d'embûches qu'il devait mener. Mon mari fut démobilisé en juillet 1962 avec une prime de démobilisation équivalant à deux mois de permanence, soit une pension de 1000 francs anciens.
    Étant sans ressources, nous nous sommes rendus d'abord auprès de mon père, Adolf Goethner,à Düsseldorf( Allemagne).par manque de ressource, Madjid, avait été contraint de travailler, dans les pomme de terre, ce qui constituait pendant longtemps la nourriture de base de toute la nourriture de base de toute la population allemande d'après guerre.
    Le 21 août 1962, notre fils,Sadek est né à Düsseldorf et vers la fin octobre 1962,nous somme rentrés avec un bébé de deux mois à Alger. Aussitôt Nacer-Eddine s'est inscrit en deuxième année médecine à la faculté d'Alger. Il percevait une petite bourse d'étude qui ne nous faisait ni vivre ni mourir. Juste de quoi survivre.
    Mon mari n'a jamais demandé au gouvernement algérien de l'aide financière ou quoi que ce soit. Nous sommes arrivés par notre propres mayens, grâce à notre travail. Dans notre parcours, il n'y a jamais eu de résultats sans peine.
    Nous avons occupé un viel appartement dépourvu du strict minimum vital, à Alger. La chambre à coucher était équipée d'un semblant de lit et de quelques objets de fortune.
    Toutefois, la situation devenant de plus en plus intenable avec un bébé à charge, je décidai de travailler afin de subvenir aux besoins. On était uni pour l'Algérie, avant 1962, nous devons être désormais unis pour éloigner la misère et la précarité dans lesquelles nous nous retrouvons après l'indépendance.
    Mon époux, pour préparer son agrégation de Professeur en médecine, avait étroitement travaillé avec le Professeur Vokaer,chef de service en Gynécologie auprès de l'hôpital Brugmann à Bruxelles.
    Le professeur Vokaer avait à cette période la réputation d'être l'un des meilleurs médecins en Europe. Beaucoup de grandes personnalités de haut rang se faisaient soigner chez lui, entre autre, la princesse de Luxembourg.
    Le professeur Vokaer estimait énormément le travail de mon époux dans son service et vu qu'il était en âge de retraite, il a voulu absolument que mon mari assure la succession dans son service,bien après son départ à la retraite. Considérant que ce service de gynécologie obstétrique représentait une bonne partie de sa vie et de son labeur ,l'illustre médecin ne voulait confier la succession qu'à l'un de ses meilleurs confrères, en l'occurrence, Nacer-Eddine Ait-Mokhtar.
    Sans vouloir compromettre l'offre et la considération, et avec tous les respects au Professeur, collègue et ami,mon époux qui était déjà pétri dans le nationalisme et la fureur de construire un pays,libre et indépendant, refusa gentiment la proposition. Sans doute,nourri aussi du désir de monter un service de santé qui s'élargira dans cette Algérie en développement, Nacer-Eddine avait à choisir entre le sacrifice de monter un secteur sanitaire naissant dans son pays qui en avait tant besoin ou faire une belle carrière couronnée de privilèges en Europe. En tant que révolutionnaire,mon mari opta sans tergiverser pour la première.
    Ainsi,très touché par cette proposition, la réponse de mon mari était négative. Il a rétorqué à son Professeur : "Il faut absolument que je retourne en Algérie, pour être au service de mon pays, je doit contribuer à la formation des étudiants algériens qui ont certainement besoin de prestations en matière de gynécologie".
    🔴Un combat contre la sclérose en plaque :
    📚Malgré son handicap, il avait continué à travailler et à faire des recherches en cancérologie gynécologique et la cytopathologie,en utilisant le microscope "Zeiss".il avait travaillé ainsi pendant quelques années, jusqu'en 1992.
    En pleine décennie noire où l'on sortait de chez soi sans jamais être sûr de rentrer le soir, Nacer-Eddine,en dépit de son état de santé dégradé, allait régulièrement, très tôt le matin pour travailler à l'hôpital Béni Messous. J'étais dans l'obligation de lui servir de chauffeur en l'y déposant chaque matin vers 7h30,avant que je rejoigne mon poste de travail. La charge m'était donc trop lourde,mais j'assurais mes tâches avec audace.
    En 1992,il fut hospitalisé à la Clinique de Sclérose en plaques à Bruxelles en Belgique, hôpital spécialisé. Il avait obtenu une prise en charge de six semaines pour aller se faire soigner à l'étranger.
    La durée de prise en charge s'acheva sans apporter la moindre amélioration à l'état de santé de mon mari. J'entrepris un entretien avec son médecin soignant pour de plus amples explications à ce sujet. Le docteur Demonti m'a expliqué que la prise en charge devait se prolonger dans la durée indéterminée. De son avis mon mari ne devait pas quitter l'hôpital de sitôt.
    Pour faire face à ce problème, je me suis rendue de nouveau à Alger,en laissant mon mari à l'hôpital de Bruxelles, dans le dessein de demander la prolongation de la prise en charge, mais en vain,ma demande de prolongation fut catégoriquement refusée. Je me suis alors adressée à des amis dans l'espoir d'obtenir de de l'aide. Cet intermédiaire nous valut encore une prolongation d'uniquement quinze jours.
    Je suis retournée à Bruxelles. Abattue par cette irresponsabilité pour un État d'abandonner un militant,haut cadre d'État, un révolutionnaire qui avait tout sacrifié pour l'indépendance et la construction de l'Algérie. La couverture sanitaire était donc insuffisante pour une réelle prise en charge,cela demandait au moins un à deux mois de plus.
    Pendant toute cette période, je me sentais seule et délaissée. Personne n'était à mes côtés pour m'aider,ne serait-ce que pour me remonter le moral,mais l'école de la vie et le parcours que j'avais mené depuis la deuxième guerre mondiale m'avaient appris à ne jamais baisser les bras ou m'incliner devant l'adversité.. Je repris aussitôt force en réfléchissant à d'autres éventuelles solutions. Soudain, je me rappelai avoir souscrit à une assurance privée en Allemagne et de ce fait,il ne me restait qu'à y aller chercher de l'aide.
    J'ai quitté Bruxelles de nouveau, cette fois-ci pour me rendre en Allemagne, laissant mon mari à l'hôpital. Je me suis rendue auprès de ma caisse d'assurance-Maladie,la DKV à Köln(Cologne)"caisse allemande d'assurance des maladies ",pour y faire souscrire mon mari. J'avais une chance inouïe, la caisse l'avait accepté parmi ses adhérents.
    Je venais donc de régler un énorme problème.
    j'étais alors dans un vrai dilemme, je n'avais plus d'autre choix que de m'adresser à mes collègues diplomates afin de m'aider pour que je puisse me déplacer à l'hôpital et apporter les médicaments pour mon mari. Histoire de me couvrir. Quelques jours après, le Neurologue militaire qui soignait mon mari à l'hôpital militaire de Ain Naâdja,voulut comprendre un peu plus ma situation.
    -- Est ce que vous êtes allemande, madame ?
    -- Oui bien sûr....
    -- Vous n'auriez pas,la possibilité de faire soigner votre mari en Allemagne...
    -- Oui,docteur...
    Alors de grâce, faites le madame, ici n'avons les moyens...nous manquons de tout!
    Déçue au fond de moi....j'avais préparé toutes ses affaires après avoir demander à l'infirmier de service de mettre une chaise roulante à ma disposition pour le transporter jusqu'au le parking, l'infirmier m'a répondu" Nous n'avons pas de chaise roulante disponible " A la place d'une chaise roulante ,il m'apporta un chariot qui servait à transporter du matériel.Ce chariot n'avait même pas de rebords sur lesquels Nacer Eddine pourrait s'agripper et l'infirmier était très gêné. Il repartit en s'excusant de ne pas pouvoir rester pour m'assister à cause du manque criard de personnel. Je me retrouvais toute seule face à mon mari handicapé et qui ne pouvait plus se lever sans assistance.
    Je quittai la chambre des malades et je fonçai sur le bureau du personnel dans l'espoir de trouver quelqu'un qui pourrait m'aider. Plusieurs patients attendaient là impatiemment. Aucun d'eux ne pouvait me venir en aide. J'avais tenté des acrobaties pour le placer sur le chariot en me disant en mon for intérieur : " Qu'elle honte!"
    En arrivant à l'hôpital de Munich, le Pr Struppler chef de service de Neurologie nous accueillit en personne,épaulé par son équipe de médecins et son personnel. Tout s'impatientaient de recevoir le Pr Ait-Mokhtar d'Alger. Ce geste m'avait profondément touchée.
    🔴Retour forcé en Allemagne :
    📚Pendant une année entière de notre installation en Allemagne, Nacer-Eddine était hospitalisé à la clinique d'Asbach alors que ma mère et moi avions occupé notre nouvelle demeure réservée à Kaarst.
    Sur le plan matériel, la vie n'était pas meilleure non plus,pour faire face aux exigences des soins intensifs,il nous fallait quelques rentes supplémentaires en device. Une question me tarauds l'esprit : que faire? Moi qui me retrouvais seul depuis déjà une décade.
    D'une hospitalisation à une autre,d'une urgence à une autre,mon parcours sur un chemin de plus en plus escarpé me livra toute seule à une souffrance. Mon mari gravement malade,frappé d'une paralysie totale du côté droit de son corps, mes enfants encore en formation, vivaient loin de moi et ne pouvaient pas encore m'apporter leur contribution.
    C'était la période, la plus dure de ma vie j'assurais ses soins jours et nuits et toujours avec la peur dans le ventre, je ne voulais pas le perdre. J'avais depuis tout le temps lutté avec acharnement pour qu'il survive. J'entends encore aujourd'hui les sirènes des ambulances qui l'avaient amené dans les hôpitaux ou cliniques à n'importe qu'elle heure de jour comme de nuit. Je ne l'avais jamais quitté, je restais à chaque fois avec lui à l'hôpital pendant toute la durée de son hospitalisation et il m'arrivait de dormir même pendant des nuits. Je ne l'avait jamais quitté, je restais à chaque fois avec lui à l'hôpital pendant toute la durée de son hospitalisation et il m'arrivait de dormir même pendant des nuits dans sa chambre. Je l'aimais tellement que je refusais obstinément l'idée de le perdre. Cette réalité qui,pourtant, hantait de plus en plus mon esprit. Le 10 juin 2002,j'ai rapatrié son corps en Algérie et je l'avais fait enterrer,le 12 juin 2002 auprès de son père au cimetière de sa famille, près de bejaia.
    💐 LA DISPARITION D'UN HÉROS 💐
    Il nous a quittés,aussi silencieux car il était,toujours silencieux. Ce qui lui avait valu le surnom "le chat" et il était toujours ainsi,on ne le remarquait pas,il avait les allures et les démarches d'un félin,tantôt, il était là, à pas de loup,tantôt, il disparaissait, sans laisser de traces,sans que quelqu'un ne l'eusse remarqué.
    Je me demande encore aujourd'hui :<< Est ce que c'est de cette manière qu'on doit remercier les Moudjahidines honorifiques qui ont laissé leurs biens,leur santé et leur vie pour l'amour de la patrie ? Pourtant, ils n'ont jamais rien demandé en contrepartie. J'ai compris à présent que des hommes honnêtes, sensés et braves n'ont jamais fait valoir leurs droits envers leurs pays.Ainsi tombent ils dans l'oubli ou l'anonymat. Ces gents dont l'itinéraire et la trajectoire devaient être enseignés dans les manuels d'histoire pour servir d'exemples à des générations futures,ont été occultés des discours officiels ou même de certains militants frappés d'amnistie volontaire.
    Pour ces valeureux Moudjahidines, comme pour Nacer -Eddine qui déclinait toutes les offres officielles,la participation à la guerre de libération nationale, n'était qu'un acte volontaire et un devoir de citoyen envers la patrie, sans aucune contrepartie.
    ♦BIOGRAPHIE du Moudjahid Nacer Eddine Aït Mokhtar:https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=304514507742449&id=100045517074161
    ♦Source : La guerre d'Algérie en France, Mémoires et combats 1956-1962
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    Peut être une image de monument
    Peut être une image de 8 personnes et texte qui dit ’Nacer Eddine AĨT MOKHTAR Gisela GOETHNER LA GUERRE D'ALGÉRIE EN FRANCE Mémoires et Combats 1956 1962 CHIHAB EDITIONS’Peut être une image de 4 personnes, personnes debout et texte qui dit ’Le Commandos de l'Organisation Spéciale’
    Peut être une image de texte qui dit ’Les commandos en stage de formation politique en Allemagne au 2c rang, 4℃ partirde la droite Nacer-Eddine Aït-Mokhtar. Ci-dessus un groupe de militants de I'OS enstage commando au Maroc. Sur l'écriteau: "11° groupe de sabotage"’
     
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    SOLAS

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    Cette photo a été prise dans les maquis de la wilaya 2. C'est sans doute la photo la plus émouvante de la revolution qu'il m'a ete donné de voir. Elle est exceptionnelle parce qu'elle représente deux des plus magnifiques jeunes filles, belles, intelligentes, instruites qui se sont engagées dans la révolution corps et âme. Elles savaient qu'elles allaient mourir, les temps étaient durs en ces années 1958-62, pourtant elles étaient gaies, rieuses presque insouciantes. Le Moudjahid entre elles est un peu intimidé , il y a de quoi, elles le savent et c'est pour ça qu'elles le taquinent un peu. A droite c'est Meriem Bouatoura, à gauche Zizi Massika dont nos mémoires en sont restées marquées par sa personnalité ardente. Une vraie héroïne moderne comme Meriem d'ailleurs. Elles tomberont les deux au champ d'honneur....Question : ces femmes sont-elles mortes pour une Algerie de la dignité ou pour voir nos jeunes mis en prison... Oui pourquoi cette joie et cette beauté ont-elles ensanglanté la terre d'Algerie ?
    La photo est empruntée à Mehdi Chitour.
     
    Peut être une image de 3 personnes, personnes debout, uniforme militaire et plein air
     
  14. Rencontre à la librairie Chihab internationale avec Gisela Goethner-Aït Mokhtar : Un livre, un témoignage, un devoir de mémoire

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     REPORTERS
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    11 December 2017
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    Avec beaucoup d’émotion, Gisela Goethner-Aït Mokhtar a raconté, au cours de la rencontre organisée samedi dernier à la librairie Chihab Internationale, «une histoire particulière et pratiquement inconnue en Algérie comme en Allemagne», celle dont elle témoigne dans le livre, celle de son époux et «camarade de guerre», devant une assistance composée notamment d’anciens militants.

     

    La librairie Chihab Internationale a accueilli, avant-hier après-midi, la moudjahida Gisela Goethner-Aït Mokhtar, qui a présenté son livre, «La guerre d’Algérie en France. Mémoires et Combats 1956-1962», éditions Chihab, (octobre 2017). Cet ouvrage, préfacé par l’historien Daho Djerbal, qui a modéré la rencontre, est structuré autour de deux grandes parties. La première est une restitution du manuscrit légué par son époux, le moudjahid Nacer Eddine Aït Mokhtar, dit «Si Madjid». «Un manuscrit qu’il avait rédigé dans les dernières années de sa vie avec une sorte de biographie, mais aussi et surtout un carnet de route portant le compte-rendu détaillé de la lutte armée du FLN en France, vue par le responsable-adjoint de l’Organisation spéciale de la Fédération de France du FLN chargé avec Saïd Bouaziz de la mise en œuvre des actions militaires en territoire français», écrit Daho Djerbal dans sa préface. Alors que la deuxième partie revient sur «sa rencontre et son union» avec Nacer Eddine Aït Mokhtar et son engagement pour la cause nationale, elle, qui était membre du réseau «Hirondelle» en Allemagne. Avec beaucoup d’émotion, et parfois les larmes aux yeux, Mme Goethner-Aït-Mokhtar a raconté «une histoire particulière et pratiquement inconnue en Algérie comme en Allemagne», celle dont elle témoigne dans le livre, celle de son époux et «camarade de guerre», devant une assistance composée notamment d’anciens militants. Elle a expliqué que la publication de ce livre lui «tenait à cœur», qu’elle avait un devoir de mémoire envers celui qu’elle a rencontré, à la fin de l’année 1959, dans une gare à Düsseldorf et qui a été exemplaire dans son engagement, dans ses positions, dans sa vie. La moudjahida est revenue sur sa rencontre avec Si Madjid et son histoire familiale. Son père, Adolf Goethner, soutenait la Révolution algérienne. «Il a construit un garage dans son jardin pour stocker des armes.» Et c’est dans cette maison, et après bien des rencontres au hasard, que Gisela et Nacer Eddine se sont revus. Le point de départ pour une histoire d’amour et de combat : ensemble, ils militeront côte à côte («Madjid était mon chef», précise-t-elle), puis ils feront leur vie ensemble. Se positionnant comme «témoin», Gisela Goethner-Aït Mokhtar a souligné que Si Madjid était «un exemple de bravoure et de l’engagement», recruté en 1956/1957, comme rappelé par Daho Djerbal, «par Amar Benadouda et Moussa Kebaïli, alors qu’il était étudiant en médecine en France» ; études qu’il a abandonné pour faire partie de la Spéciale du FLN. Mais lorsqu’il était encore étudiant, Nacer Eddine Aït Mokhtar travaillait comme contremaître pour financer ses études, car bien qu’appartenant à une grande lignée, sa famille avaient des moyens modestes. Outre le fait que sa famille a toujours résisté au colonisateur, «son père a été déchu de ses fonctions de caïd pour faits de résistance», signale M. Djerbal. A l’Indépendance, Nacer Eddine et Gisela rentrent en Algérie, le 31 octobre 1962. «Il ne voulait pas entrer dans le gouvernement et n’a jamais rien demandé à ce gouvernement. Il était passionné par la médecine et s’est inscrit en deuxième année de médecine à Alger», raconte-t-elle. Il fera ensuite son professorat à Bruxelles, en Belgique, et deviendra professeur de gynécologie obstétrique et exercera à l’hôpital Parnet. Selon Daho Djerbal, «il a ouvert la première école d’infirmière à Parnet». Gisela Goethner-Aït Mokhtar est, ensuite, revenue sur les douloureuses années de la maladie de son époux, les problèmes et difficultés rencontrés pour ses soins, et la solitude à laquelle elle a dû faire face pour soigner son mari, utilisant sa propre assurance et ses propres ressources financières. On est peut-être dépité par le manque de reconnaissance, et à l’écoute de ce témoignage poignant, mais Mme Goethner-Aït Mokhtar, qui vit encore en Algérie, est surtout déçue mais fière d’avoir accompagné son mari, sa vie durant, et jusqu’à sa dernière demeure. Ce qui reste de ce témoignage qui nous est transmis, dans le livre et au cours de la rencontre, est un sentiment du devoir accompli, un très beau message d’espoir et d’amour. Et, le plus fascinant dans tout cela, est la fidélité, la fidélité à un homme, à une cause, à un pays. La fidélité à un juste combat. Celui de toute une vie, avec ses joies et ses peines.
    • «La guerre d’Algérie en France. Mémoires et Combats 1956-1962» de Nacer Eddine Aït Mokhtar et Gisela Goethner. Mémoires, 280 pages, éditions Chihab,
    Octobre 2017. Prix : 1 450 DA

  15.  

    Nacer Eddine Aït Mokhtar, chef de l’OS. Sa vie est digne d’un roman époustouflant. Gisela Goethner, auteure du livre «La Guerre d’Algérie en France  : Mémoires et combats 1956-1962» raconte passionnément le parcours de cet homme dont elle fait connaissance dans le feu de l’action de la guerre de libération avant de devenir son épouse. 

    L’OS, cette organisation marginalisée…

     
     
    07 NOVEMBRE 2017 À 12 H 00 MIN
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    Voilà en effet un homme qui laisse tomber ses études de médecine, après d’énormes sacrifices et d’obstacles surmontés sur le chemin de la réussite, de surcroît dans l’univers étouffant du système colonial français des années 1950, pour suivre une formation militaire d’officier avant de s’engager dans la lutte de libération nationale.

    La Fédération de France du FLN venait ainsi de mettre la main sur un jeune étudiant dynamique et débordant d’énergie qui aura la tâche de lancer, sous la férule de la direction politique de la Fédération du FLN en France, l’Organisation secrète (OS), sur le modèle de l’OS de Belouizdad, Aït Ahmed, puis Ben Bella de la fin des années 1940, qui a permis quelques années plus tard le déclenchement de la guerre d’indépendance. Adjoint de Saïd Bouaziz, il sera ainsi le premier chef, entre 1957 et 1960, qui incarnera la lutte armée au nom du FLN sur le sol français.

    Il s’agissait en effet pour le FLN alors d’ouvrir un nouveau front sur le territoire français afin de soulager les maquis en Algérie de la pression grandissante qu’ils subissaient sous les actions violentes des militaires français. Nacer Eddine Aït Mokhtar arrivera ainsi avec toute une équipe de militants au long cours et plus déterminés que jamais à mettre en place une organisation aussi secrète qu’efficace sur le terrain de la lutte armée. Les membres aguerris de cette organisation, ayant suivi une formation militaire intensive, ont réussi à mener des actions spectaculaires qui ont sérieusement mis à mal les autorités françaises.

    «En 1958, l’action de la fédération de France du FLN va prendre une ampleur insoupçonnée. (…) Pendant que les combats s’intensifiaient en Algérie, la fédération du FLN entreprit des opérations d’envergure, en France, en exécution de la directive du CCE. Un plan d’action avait été élaboré pour être mis en œuvre dans la nuit du 24 au 25 août 1958. Le 24 août, à minuit, plusieurs objectifs à caractère économique et militaire sont attaqués, sont visés des raffineries, des dépôts de carburant, des centres industriels, des usines d’armement et des installations militaires.»

    Ces effectifs, composés d’éléments provenant généralement des groupes armés et ayant subi un entraînement particulier à caractère militaire dans les camps de l’ALN de Larache au Maroc, s’élevaient, en 1958, à environ 300 hommes. Mais l’Organisation devait aussi mener d’autres actions, comme l’exécution de harkis ou contre des personnalités particulièrement hostiles à la cause de l’indépendance, comme Jacques Soustelle, ancien gouverneur général d’Algérie, ou contre des collaborateurs notoires ….

    Ce livre, Mme Aït Mokhtar l’a écrit sur la base des documents légués par son mari et de son propre vécu aux côtés de son chef, étant elle-même engagée dans la Guerre de Libération nationale. Elle aborde d’ailleurs avec minutie la partie où elle fait la connaissance de celui qui deviendra son mari et son chef. Elle relate comment, à l’indépendance, il se désintéresse de la chose du pouvoir ; il décide de reprendre ses études de médecine et finit par arriver au plus haut degré de l’échelle avec un grade de professeur. Il troque ainsi sa carrière de politique ou de militaire, dont il n’avait du reste pas le statut, pour celle de scientifique.

    Mais avant, elle aborde l’épisode de sa fuite en Allemagne après avoir été découvert par les limiers français en 1960. Le livre, inédit (hormis celui publié par l’historien Daho Djerbal), reste une référence sur cette organisation méconnue par les Algériens. D’autres responsables lui ont succédé à la tête de l’Organisation ou ont officié au sein de sa hiérarchie. Très documentée, cette contribution à l’écriture de l’histoire sur la Guerre de Libération nationale est d’une valeur certaine. Elle pose en même temps un regard sans complaisance sur la période post-indépendance.

    A ce titre, Nacer Eddine Aït Mokhtar, à travers ce livre post-mortem, semble avoir laissé une dernière cartouche à tirer sous le ciel algérien afin de secouer les consciences et dénoncer une espèce de «fait accompli» de l’histoire aux dépens de ses compagnons de lutte. Car son témoignage a la force d’un coup de feu, quand il déclare : «La lutte des émigrés algériens pour l’ouverture d’un deuxième front, qui a porté la guerre en plein cœur du territoire ennemi, fut un exemple unique dans les annales de la colonisation dans le monde entier (…).

    Les observateurs étrangers qui vivaient en France ou qui s’y trouvaient temporairement étaient obligés de voir, de se poser des questions et de conclure à la réalité du problème algérien qui est celui du combat pour l’indépendance, mené sous l’égide du FLN et de l’ALN. Ils y étaient confrontés à la dure réalité d’un Etat de guerre. Plus tard, cette organisation qui faisait partie de l’ALN sera frappée d’ostracisme et de marginalisation. Elle fera un pan volontairement occulté par le pouvoir de Ben Bella, suite à ses prises de position de 1962, et dès lors, par esprit de vengeance, elle sera même dépossédée du titre honorifique de l’ALN, sigle sous lequel les militants de l’émigration menaient leur combat.

    Du point de vue du premier président de l’Algérie indépendante, ces frères ‘‘n’étaient pas habilités’’ (voir déclaration de Ben Bella à l’Assemblée pour citation exacte). Il est grand temps que les autorités compétentes rétablissent enfin ces djoundiates et djounoud dans leur droit et les considèrent comme des citoyens à part entière. Il est indéniable que les frères de l’émigration avaient contribué d’une manière la plus exhaustive à la lutte pour la Libération nationale avec des réseaux d’organisation irréprochable, dès lors qu’ils étaient engagés dans l’ALN, donc appartenant à une armée, et leurs chefs étaient soit des officiers, soit des entraînés dans les bases militaires en vue d’exécuter des missions spéciales et dangereuses en territoire ennemi. Leur engagement était volontaire, total, soumis à une discipline, à un statut militaire et à un statut de combattant. Malgré tous leurs sacrifices et tous les services accomplis, ces volontaires de la mort voient après 1962 leur statut contesté, leur personnalité bafouée.

    Ces combattants révolutionnaires qui, jadis, clamaient, haut et fort devant la justice française, leur appartenance à l’ALN, se trouvent en 1984 et aujourd’hui encore (2017) marginalisés, dépourvus de leur statut de militaire ; pourtant ils étaient bel et bien militaires, des officiers, des sous-officiers et des soldats(…).»
     

     

    La Guerre d’Algérie en France
    Mémoire et Combats, 1956-1962
    Nacer Eddine Aït Mokhtar
    Gisela Goethner
    Edition Chihab, 276 pages
    Prix : 1450 DA

  16. Originaire du Arch des Mezaïa, douar des Aït Amer Ouali, Nacer-Eddine Aït-Mokhtar est né à Tazmalt, à 80 km sud-ouest de Bédjaïa, le 26 février 1932. Il fut scolarisé à l’école de la même localité jusqu’à l’âge de 14 ans où il voyait son parcours scolaire s’arrêter de si tôt comme tous les petits « indigènes ». Toutefois, même dépourvu de moyens les plus élémentaires, il se forçait tout de même de poursuivre ses études seul à la maison, au clair d’une bougie et dans la précarité qui était le lot de tous les enfants de son âge. Bravant tous les manques, il regagna le lycée de Sétif où il obtint son baccalauréat… pour rejoindre ensuite la faculté de médecine de Paris. Ainsi le petit montagnard entreprit son parcours d’étudiant afin d’atteindre ses objectifs déjà tracés depuis son bas âge, avec bien sûr beaucoup d’efforts et de persévérance ; « Nul bien sans peine ».
    Il est issu d’une grande et ancienne famille noble, de Marabouts et de révolutionnaires qui avait laissé des empreintes dès la première présence coloniale française dans la région, en faisant face à la férocité de l’envahisseur. En effet, son aïeul, Hadj M’Hand Aït-Mokhtar était l’un des Chefs de la résistance qui se leva contre le colonialisme français à l’est d’Algérie, aux côtés d’El Hadj Mokrani et de Cheikh Aheddad lors de l’insurrection de 1871. Il fut arrêté comme une grande majorité des insurgés, et emprisonné à Barbarousse à Alger où il fut guillotiné par la suite et enterré au cimetière d’El Kettar.
    La lutte contre l’occupant français se transmettait chez les Aït-Mokhtar d’une génération à une autre sans jamais connaître de recul, quel que soit le degré d’atrocité de la politique coloniale…

  17.  

    par M.K. Bhadrakumar.

    En lisant et en relisant la déclaration du président américain Joe Biden lundi dernier à l’occasion de la fête de l’indépendance de l’Ukraine, on se souvient de la phrase immortelle du poète anglais John Keats, « Les mélodies entendues sont douces, mais celles qui ne sont pas entendues sont encore plus douces ».

    Trois choses sont frappantes.

    Biden a invoqué à plusieurs reprises la nature durable des relations des États-Unis avec le peuple ukrainien. Mais dans toute la déclaration, il n’a jamais mentionné le gouvernement ukrainien ou la direction du président Volodymyr Zelensky. Une omission par inadvertance ?

    Deuxièmement, Biden a minimisé au point d’ignorer l’intense partenariat américano-ukrainien au niveau d’État à État. Le régime de Kiev est impensable sans un solide soutien américain.

    Troisièmement, le plus important, Biden est resté silencieux sur la guerre en tant que telle, qui se trouve actuellement à un stade décisif.

    Pas plus tard que le 18 août, vingt éminents professionnels américains de la sécurité nationale ont exhorté l’administration Biden à « produire un récit stratégique satisfaisant qui permette aux gouvernements de maintenir le soutien public à l’engagement de l’OTAN sur le long terme… (et) d’agir plus rapidement et stratégiquement, pour répondre aux demandes ukrainiennes de systèmes d’armes.

    Mais Biden a soigneusement évité tout cela.

    Même lorsqu’il a parlé de la dernière tranche d’armements pour l’Ukraine d’une valeur de 2,98 milliards de dollars, Biden a exprimé l’espoir que les systèmes d’armes puissent garantir que l’Ukraine « puisse continuer à se défendre sur le long terme ». (Soulignement ajouté.)

    Les analystes américains estiment que le paquet d’armes de 2,98 milliards de dollars est radicalement différent dans son mécanisme de dispense. Ainsi, alors que l’aide militaire était jusqu’ici puisée dans les stocks préexistants d’armes et d’équipements américains, cette fois-ci, l’aide sera achetée ou commandée auprès d’entrepreneurs de la défense. 

    John Kirby, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, a admis auprès journalistes qu’une partie de l’aide du dernier paquet pourrait être distribuée plus lentement que d’autres parties du paquet en fonction des stocks actuels des sous-traitants de la défense. Il a dit vaguement : « Cela dépendra, très franchement, de l’élément dont nous parlons. Certaines choses auront probablement encore besoin de temps de production pour se développer ».

    En effet, le complexe militaro-industriel pourrait avoir plus à célébrer dans l’annonce de Biden que Zelensky. L’administration Biden s’inquiète de l’épuisement des stocks actuels des États-Unis, comme le font également les alliés européens.

    Selon Mark Cancian , conseiller principal, Programme de sécurité internationale au SCRS, le dernier paquet de 2,98 milliards de dollars de Biden « soutiendra l’armée ukrainienne sur le long terme mais prendra des mois, voire des années, pour être pleinement mis en œuvre… Ainsi, ce (paquet) soutiendra l’Ukraine. militaire sur le long terme, probablement après-guerre, plutôt que d’augmenter ses capacités à court ou moyen terme…

    « Cela signifie que la capacité des États-Unis à fournir rapidement des équipements pourrait diminuer… L’administration devra peut-être bientôt demander plus d’argent au Congrès. Bien que le consensus bipartisan pour soutenir l’Ukraine reste fort, il pourrait y avoir une bagarre avec la gauche progressiste et la droite isolationniste sur la sagesse d’envoyer de l’argent à l’étranger lorsqu’il y a des besoins pressants dans le pays.

    C’est à presque les mêmes dilemmes que sont confrontés les alliés européens des États-Unis.

    Le prestigieux groupe de réflexion allemand Kiel Institute for the World Economy a rapporté la semaine dernière : « Le flux de nouveaux soutiens internationaux pour l’Ukraine s’est tari en juillet. Aucun grand pays de l’UE comme l’Allemagne, la France ou l’Italie n’a pris de nouveaux engagements significatifs ».

    Il a déclaré que la Commission européenne fait pression pour des programmes d’aide plus importants et plus réguliers à l’Ukraine, mais l’enthousiasme fait défaut au niveau des pays membres – « Les principaux pays de l’UE tels que la France, l’Espagne ou l’Italie ont jusqu’à présent fourni très peu de soutien ou restent très opaque sur leur aide ».

    La baisse du soutien interne est le principal facteur.

    Même en Pologne, il y a la « fatigue des réfugiés ». L’inflation est la préoccupation dévorante de l’opinion publique. Le magazine allemand Spiegel a rapporté que le chancelier Olaf Scholz fait face à la dissidence au sein de son propre parti de la part de ceux qui veulent que Berlin cesse de fournir des armes à Kiev et souhaitent plutôt que le chancelier engage un dialogue avec la Russie.

    Jeudi, le chancelier Scholz a fait une remarque importante lors d’un événement public à Magdebourg selon laquelle Berlin ne fournirait pas à Kiev des armes qui pourraient être utilisées pour attaquer la Russie. Scholz a expliqué que l’objectif de Berlin en envoyant des armes est de « soutenir l’Ukraine » et « d’empêcher une escalade de la guerre vers quelque chose qui serait très différent ». Il a dit qu’il faisait écho à la pensée de Biden.

    En effet, alors que d’une part, les États-Unis continuent d’exercer une pression militaire sur la Russie, espérant briser la résistance de son adversaire stratégique de longue date, d’autre part, au cours des deux derniers mois, Washington a signalé à plusieurs reprises qu’il n’était pas pour la victoire, mais pour une solution finale au problème ukrainien par des négociations pacifiques.

    Comme en Allemagne, il y a aussi une énorme pression anti-guerre aux États-Unis, en particulier parmi le Parti démocrate et l’élite universitaire, ainsi que des hauts fonctionnaires et des chefs d’entreprise à la retraite, appelant l’administration à cesser d’aggraver la situation. autour de l’Ukraine.

    Si les démocrates perdent les élections de mi-mandat, ou si les républicains arrivent au pouvoir en 2024, alors la guerre pourrait prendre une tournure fondamentalement différente. Au fil du temps, des changements similaires sont très susceptibles de se produire en Europe également.

    Déjà, la baisse constante de l’intensité de l’impact des sanctions européennes et américaines contre la Russie parle d’elle-même. The Economist, qui est un critique virulent du Kremlin, a admis cette semaine que le coup de grâce attendu des restrictions anti-russes « ne s’est pas matérialisé ». Le magazine a écrit : « Les ventes d’énergie généreront un excédent du compte courant de 265 milliards de dollars cette année (pour la Russie), le deuxième au monde après la Chine. Après une crise, le système financier russe s’est stabilisé et le pays trouve de nouveaux fournisseurs pour certaines importations, dont la Chine.

    Sur une note sombre, The Economist a écrit :  « Le moment unipolaire des années 1990, lorsque la suprématie de l’Amérique était incontestée, est révolu depuis longtemps, et l’appétit de l’Occident à utiliser la force militaire a diminué depuis les guerres en Irak et en Afghanistan.

    Encore une fois, au niveau international, le soutien à l’Ukraine en dehors du bloc occidental a chuté de façon spectaculaire au cours des derniers mois. La proposition de Kiev mercredi de condamner la Russie n’a attiré le soutien que de 58 des 193 États membres de l’ONU, alors que, lors de la session de l’AG du 2 mars, 141 pays membres avaient voté pour une résolution non contraignante condamnant Moscou.

    De même, le revêtement en téflon de Zelensky se décolle.

    Sa toxicomanie est à la vue du public.

    Le régime est fragile, comme le montre la vague de purges dans l’establishment sécuritaire ukrainien. Selon le président turc Recep Erdogan qui a récemment rencontré Zelensky à Lvov, ce dernier semblait peu sûr de lui et ne savait pas s’il était pleinement tenu informé de la situation sur le terrain.

    Le comportement erratique de Zelensky n’attire pas non plus. Le pape François est le dernier personnage à être réprimandé par Kiev – parce que le pontife a fait remarquer que Daria Douguine était « innocente ». L’ambassadeur du Vatican a été convoqué au ministère des Affaires étrangères pour recevoir la protestation de Kiev.

    Le quotidien allemand Handelsblatt écrit aujourd’hui que la « cohésion interne » du gouvernement ukrainien « est en danger. Il y a de graves accusations contre le président… Chez lui, le président ukrainien, célébré à l’étranger comme un héros de guerre, est sous pression… L’humoriste est devenu un chef de guerre… » L’homme de 44 ans a jusqu’à présent su basculer et jouer librement avec son équipe composée en partie de collègues de sa société de production télévisuelle. Mais le délai de grâce semble désormais expiré. Le quotidien prévoyait un bouleversement politique imminent d’ici l’hiver.

    Biden a soigneusement pris ses distances avec le régime de Kiev et s’est concentré sur les relations entre les peuples. Même si les Américains connaissent les couloirs byzantins du pouvoir à Kiev, ils ne peuvent pas se permettre d’être explicites comme l’ancien président russe Dmitri Medvedev qui a prédit la semaine dernière que l’armée ukrainienne pourrait organiser un coup d’État et entamer des pourparlers de paix avec la Russie.

    M.K. Bhadrakumar

    source : Indian Punchline

  18.  

    PARIS (Reuters) - Les discussions entre Engie et le groupe algérien d'énergie Sonatrach portent sur des contrats de moyen et long termes mais ne concernent pas l'hiver prochain, a déclaré lundi le directrice générale adjointe du groupe français, Claire Waysand.

     

    "Les discussions en cours avec la Sonatrach sont des discussions qui sont sur des contrats de moyen, long terme. On n'est pas en train de parler de l'hiver prochain", a dit Claire Waysand lors de la Rencontre des entrepreneurs de France (LaREF, ex-université du Medef).

    Elle a ajouté qu'Engie avait les volumes de gaz suffisants pour l'hiver prochain malgré la baisse des livraisons de gaz russe.

    La Première ministre Elisabeth Borne a appelé lundi les entreprises françaises à réduire leur consommation d'énergie face aux risques de pénurie de gaz cet hiver dans le contexte du conflit ukrainien et des risques de rupture des approvisionnements en gaz russe.

    (Reportage Leigh Thomas, version française Matthieu Protard, édité par Tangi Sa

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