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HILAR

Poème

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Il advint que là où le père du Prince était enterré,

Poussa un rosier, un très beau rosier

Qui ne fleurissait qu'une fois tous les cinq ans,

Et qui ne portait qu'une seule fleur;

Mais cette fleur était une rose.

Elle sentait si bon que tous les soucis et chagrins

De celui qui humait son parfum étaient oubliés.

 

Hans Christian Andersen

(1805-1875)

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Sonnet en X - Stéphane Mallarmé

 

Première version :

 

Sonnet allégorique de lui-même

 

La Nuit approbatrice allume les onyx

De ses ongles au pur Crime, lampadophore,

Du Soir aboli par le vespéral Phoenix

De qui la cendre n'a de cinéraire amphore

 

Sur des consoles, en le noir Salon : nul ptyx,

Insolite vaisseau d'inanité sonore,

Car le Maître est allé puiser de l'eau du Styx

Avec tous ses objets dont le Rêve s'honore.

 

Et selon la croisée au Nord vacante, un or

Néfaste incite pour son beau cadre une rixe

Faite d'un dieu que croit emporter une nixe

 

En l'obscurcissement de la glace, décor

De l'absence, sinon que sur la glace encor

De scintillations le septuor se fixe.

 

Version définitive :

 

Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx,

L'Angoisse, ce minuit, soutient, lampadophore,

Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix

Que ne recueille pas de cinéraire amphore

 

Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx

Aboli bibelot d'inanité sonore,

(Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx

Avec ce seul objet dont le Néant s'honore.)

 

Mais proche la croisée au nord vacante, un or

Agonise selon peut-être le décor

Des licornes ruant du feu contre une nixe,

 

Elle, défunte nue en le miroir, encor

Que, dans l'oubli fermé par le cadre, se fixe

De scintillations sitôt le septuor.

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Le poète du conte

 

Voyages de Hans Christian Andersen

 

Dans ce bateau qui se balançait, sur la mer agitée

J'étais auprès de ma bien-aimée ;

Plaisir qui vous transporte !

Sa tête reposait sur ma poitrine,

Je passai mon bras autour de sa taille,

Je sentis ses baisers

Brûler mes lèvres et mes joues

Tandis que le vent gonflait la voile.

Elle pressa ma main, des lèvres et du regard

Me jura fidélité.

Nous nous séparâmes - j'ai vu ses larmes de douleur.

Je suis resté dans mon bateau qui se balançait.

- Dieu sait, n'a-t-elle pas tout oublié à présent ?

Ce serait bien fâcheux !

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Voyages de Hans Christian Andersen

 

Il bruine, le ciel est gris

Les montagnes, au loin, sont dans le brouillard

L'Elbe fuit la Bohème

Ses eaux profondes sont chargées d'argile jaune.

Enveloppé dans sa cape, le soldat marche

Là-bas, sur le pont que domine la croix.

Mais son cœur ne pense ni à la tempête ni à la pluie,

Il pense au pays natal.

Là-bas, un beau soleil brille pour lui,

Là-bas aussi habite l'élue de son cœur.

C'est à elle qu'il pense ... Mais d'elle, qu'en est-il ?

La femme ... oui, elle n'est qu'une femme ...

La fidélité est semblable à un vilain fleuve.

Semblable aux eaux de l'Elbe, un rien la trouble ! ...

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Me manque...

 

Me manque la compagnie

de ma propre famille

Mon cœur aspire

à mon ancienne vie

je ne me plais pas ici

 

Me manquent mes proches

et ma langue maternelle

je suis un arbre

en une nouvelle vie

je ne m’acclimate pas

 

Me manque la vie same

où je suis née

Je ne connais aucune sécurité

en ma nouvelle vie

je suis une étrangère

 

Me manque le bruit de la clochette des rennes

le fracas des sabots

des petits et des femelles

grognant

mon cœur est tourmenté

 

Me manquent les étendues sauvages

pour voir mes rennes

Quand le printemps vient

je deviens agitée

je ne trouve pas le repos

 

Ellen Sylvia Blind

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Ardeur des sens, ardeur des corps

 

Emile Verhaeren

 

Ardeur des sens, ardeur des cœurs, ardeur des âmes,

Vains mots créés par ceux qui diminuent l’amour

Soleil, tu ne distingues pas d’entre tes flammes

Celle du soir, de l’aube ou du midi des jours.

Tu marches aveuglé par ta propre lumière,

Dans le torride azur, sous les grands cieux cintrés,

Ne sachant rien, sinon que ta force est plénière

Et que ton feu travaille aux mystères sacrés.

 

Car aimer, c’est agir et s’exalter sans trêve ;

O toi, dont la douceur baigne mon cœur altier,

A quoi bon soupeser l’or pur de notre rêve ?

Je t’aime toute entière, avec mon être entier.

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Je t’aime

 

Je t’aime pour toutes les femmes

Que je n’ai pas connues

Je t’aime pour tout le temps

Où je n’ai pas vécu

Pour l’odeur du grand large

Et l’odeur du pain chaud

Pour la neige qui fond

Pour les premières fleurs

Pour les animaux purs

Que l’homme n’effraie pas

Je t’aime pour aimer

Je t’aime pour toutes les femmes

Que je n’aime pas

 

Qui me reflète sinon toi-même

Je me vois si peu

Sans toi je ne vois rien

Qu’une étendue déserte

Entre autrefois et aujourd’hui

Il y a eu toutes ces morts

Que j’ai franchies

Sur de la paille

Je n’ai pas pu percer

Le mur de mon miroir

Il m’a fallu apprendre

Mot par mot la vie

Comme on oublie

 

Je t’aime pour ta sagesse

Qui n’est pas la mienne

Pour la santé je t’aime

Contre tout ce qui n’est qu’illusion

Pour ce cœur immortel

Que je ne détiens pas

Que tu crois être le doute

Et tu n’es que raison

Tu es le grand soleil

Qui me monte à la tête

Quand je suis sûr de moi

Quand je suis sûr de moi

 

Tu es le grand soleil

Qui me monte à la tête

Quand je suis sûr de moi

Quand je suis sûr de moi

 

Paul ÉLUARD

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Pour écrire un seul vers

 

[YOUTUBE]XOOXiolhCnA[/YOUTUBE]

 

Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d'hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s'ouvrant le matin.

Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l'on voyait longtemps approcher, à des jours d'enfance dont le mystère ne s'est pas encore éclairci, à ses parents qu'il fallait qu'on froissât lorsqu'ils vous apportaient une joie et qu'on ne la comprenait pas ( c'était une joie faite pour un autre ), à des maladies d'enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles -- et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela.

Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d'amour, dont aucune ne ressemblait à l'autre, de cris de femmes hurlant en mal d'enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient.

Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups.

Et il ne suffit même pas d'avoir des souvenirs.

Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d'attendre qu'ils reviennent.

Car les souvenirs ne sont pas encore cela.

Ce n'est que lorsqu'ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu'ils n'ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n'est qu'alors qu'il peut arriver qu'en une heure très rare, du milieu d'eux, se lève le premier mot d'un vers.

 

Rainer Maria RILKE

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Etienne de la Boétie

 

Au milieu des chaleurs de Juillet l'alteré

C'est Amour, c'est Amour, c'est luy seul, je le sens

J'ay veu ses yeulx perçans, j'ay veu sa face claire

Je publiëray ce bel esprit qu'elle a

Je sçay ton ferme cueur, je cognois ta constance

Je tremblois devant elle, et attendois, transi

L'un chante les amours de la trop belle Hélène

Quand j'ose voir Madame, Amour guerre me livre

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j'aime bien ce florilège de poèmes que tu as bien voulu partager avec nous Hilar...je te propose celui-ci de Victor Hugo :

 

Hilaritas.

 

Chantez ; l'ardent refrain flamboie ;

Jurez même, noble ou vilain !

Le chant est un verre de joie

Dont le juron est le trop-plein.

 

L'homme est heureux sous la tonnelle

Quand il a bien empaqueté

Son rhumatisme de flanelle

Et sa sagesse de gaieté.

 

Le rire est notre meilleure aile ;

Il nous soutient quand nous tombons.

Le philosophe indulgent mêle

Les hommes gais aux hommes bons.

 

Un mot gai suffit pour abattre.

Ton fier courroux, ô grand Caton,

L'histoire amnistie Henri quatre

Protégé par Jarnicoton.

 

Soyons joyeux, Dieu le désire.

La joie aux hommes attendris

Montre ses dents, et semble dire :

Moi qui pourrais mordre, je ris.:)

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Steen Steensen BLICHER

 

Prélude

 

Le temps approche où je devrai partir,

J'entends les voix de l'hiver ;

Je ne suis ici que de passage,

Et j'ai autre part un foyer.

 

Je savais depuis longtemps que je partirais ;

Mon cœur n'est pas lourd,

Et donc, tout aussi heureux qu’avant

En allant je chante.

 

Je pourrais chanter plus souvent, peut-être,

Sans doute aussi un peu mieux ;

Mais il m’a fallu voir le jour sombre,

Et les tempêtes ont déchiré mes lèvres.

 

J’ai voulu dans la nature divine

Tendre mes ailes avec liberté,

Mais ma cage enneigée

De tous côtés m’a retenu.

 

J’ai voulu des hauteurs du ciel

Envoyer les chants les plus gais ;

Mais je dus pour le gîte et le couvert

Rester pauvre, endetté, prisonnier.

 

Il est temps cependant pour quelques réconforts,

Et je jette un coup d’œil hors de cette prison

Et je lance parfois ma voix mélancolique

A travers les barreaux, avec aspiration.

 

Ecoute ! Ô passant, cette chanson,

Tu t'écartes si peu de ton chemin !

Dieu sait, que c'est peut-être la dernière fois

 

Que tu entends le chant du condamné.

 

J'ai le sentiment, que très vite, ce soir

La grille va se briser ;

Et je veux chanter un triste adieu :

Ce sera peut-être le dernier.

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Hymne au soleil

 

Je t'adore, Soleil ! ô toi dont la lumière,

Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel,

Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,

Se divise et demeure entière

Ainsi que l'amour maternel !

 

Je te chante, et tu peux m'accepter pour ton prêtre,

Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu

Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître,

L'humble vitre d'une fenêtre

Pour lancer ton dernier adieu !

 

Tu fais tourner les tournesols du presbytère,

Luire le frère d'or que j'ai sur le clocher,

Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère,

Tu fais bouger des ronds par terre

Si beaux qu'on n'ose plus marcher !

 

Gloire à toi sur les prés! Gloire à toi dans les vignes !

Sois béni parmi l'herbe et contre les portails !

Dans les yeux des lézards et sur l'aile des cygnes !

Ô toi qui fais les grandes lignes

Et qui fais les petits détails!

 

C'est toi qui, découpant la sœur jumelle et sombre

Qui se couche et s'allonge au pied de ce qui luit,

De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre,

A chaque objet donnant une ombre

Souvent plus charmante que lui !

 

Je t'adore, Soleil ! Tu mets dans l'air des roses,

Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson !

Tu prends un arbre obscur et tu l’apothéose !

Ô Soleil ! toi sans qui les choses

Ne seraient que ce qu'elles sont !

 

Edmond ROSTAND

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là, je suis sur la terrasse le dos au soleil...un véritable petit plaisir gratuit...

 

Merci d'avoir publié E. Rostand Hilar, ce n'est pas un auteur si facile...:)

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Bsahtek cela veut dire à ta santé je n'ai pas d'équivalent dans ma tête là !

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Love song II

 

Si vous voulez

peignez haut dans l'air sec vos icônes de neige

entourez-les de majuscules ornées

pendant que les flocons fondent sur votre langue

alléluia ! Moi j'ai d'autres affaires

je traverse en dormant la nuit hémisphérique

derrière le velours de l'absence

je retrouve à tâtons l'amande d'un visage

soie ancienne

les yeux couchés dedans

fenêtres où je t'ai vue tant de fois accoudée

frêle et m'interrogeant

comme un signe ou comme un présage

dont on n'est pas certain d'avoir trouvé le sens

Le chant vert du loriot ne sait rien du silence

 

Nord-Japon, hiver 1966

Nicolas Bouvier

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16/05

 

Ethan Street, 2009

 

Tourmenté et blessé

respirer ces gens, quel placebo

surmontant mon passé

pour que l’instant me semble beau

 

Surgit soudain une paillette

qui bouge et chante, quelle illusion,

vibrant sur ma peau de bête

le souvenir de cette passion

 

La tenir à nouveau, quel bonheur

le monde autour disparaissant

capturer timidement son odeur

mon coeur à l’intérieur compatissant

 

Une parenthèse s’est ouverte

des mots et gestes enlassés

qu’il me faut déjà en alerte

quitter le pré-carré.

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Non L'amour N'est Pas Mort

 

Robert Desnos

 

Non, l'amour n'est pas mort en ce cœur et ces yeux et cette bouche qui proclamait ses funérailles commencées.

 

Écoutez, j'en ai assez du pittoresque et des couleurs et du charme.

 

J'aime l'amour*, sa tendresse et sa cruauté.

 

Mon amour n'a qu'un seul nom, qu'une seule forme.

 

Tout passe.

Des bouches se collent à cette bouche.

 

Mon amour n'a qu'un nom, qu'une forme.

 

Et si quelque jour tu t'en souviens

 

O toi, forme et nom de mon amour,

 

Un jour sur la mer entre l'Amérique et l'Europe,

 

A l'heure où le rayon final du soleil se réverbère sur la surface ondulée des vagues, ou bien une nuit d'orage sous un arbre dans la campagne, ou dans une rapide

automobile,

 

Un matin de printemps boulevard

Malesherbes,

 

Un jour de pluie,

 

A l'aube avant de te coucher,

 

Dis-toi, je l'ordonne & ton fantôme familier, que je fus seul à l'aimer davantage et qu'il est dommage que tu ne l'aies pas connu.

 

Dis-toi qu'il ne faut pas regretter les choses :

Ronsard avant moi et

Baudelaire ont chanté le regret des vieilles et des mortes qui méprisèrent le plus pur amour.

 

Toi, quand tu seras morte,

 

Tu seras belle et toujours désirable.

 

Je serai mort déjà, enclos tout entier en ton corps immortel, en ton image étonnante présente à jamais parmi les merveilles perpétuelles de la vie et de

l'éternité, mais si je vis

 

Ta voix et son accent, ton regard et ses rayons,

 

L'odeur de toi et celle de tes cheveux et beaucoup d'autres choses encore vivront en moi,

 

En moi qui ne suis ni

Ronsard ni

Baudelaire,

 

Moi qui suis

Robert

Desnos et qui, pour tfavoir connue et aimée,

 

Les vaux bien.

 

Moi qui suis

Robert

Desnos, pour f aûner

 

Et qui ne veux pas attacher d'autre réputation à ma mémoire sur la terre méprisable.

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Guest Chabha

De la belle poésie Hilarienne. Merci Monsieur.

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Merci Madame :40:

 

oui ce sont des mots mis sur des moments je ne sais pas si ça a une signification quelconque mais ce n'est une discipline que je me suis imposée

 

tant mieux si vous aimez cette sélection je ne mettais que ce qui me parlait

rilke m'a touché les autres aussi vous pouvez la continuer il n'y pas de règles

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A qui la faute ?

 

Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?

 

- Oui.

J'ai mis le feu là.

 

- Mais c'est un crime inouï !

Crime commis par toi contre toi-même, infâme !

Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !

C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !

Ce que ta rage impie et folle ose brûler,

C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage

Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.

Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.

Une bibliothèque est un acte de foi

Des générations ténébreuses encore

Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.

Quoi! dans ce vénérable amas des vérités,

Dans ces chefs-d'oeuvre pleins de foudre et de clartés,

Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,

Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire,

Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir,

Dans ce qui commença pour ne jamais finir,

Dans les poètes! quoi, dans ce gouffre des bibles,

Dans le divin monceau des Eschyles terribles,

Des Homères, des jobs, debout sur l'horizon,

Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,

Tu jettes, misérable, une torche enflammée !

De tout l'esprit humain tu fais de la fumée !

As-tu donc oublié que ton libérateur,

C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;

Il luit; parce qu'il brille et qu'il les illumine,

Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine

Il parle, plus d'esclave et plus de paria.

Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria.

Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille

L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ;

Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ;

Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;

Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,

Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître

À mesure qu'il plonge en ton coeur plus avant,

Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ;

Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;

Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre,

Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,

Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !

Car la science en l'homme arrive la première.

Puis vient la liberté. Toute cette lumière,

C'est à toi comprends donc, et c'est toi qui l'éteins !

Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.

Le livre en ta pensée entre, il défait en elle

Les liens que l'erreur à la vérité mêle,

Car toute conscience est un noeud gordien.

Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.

Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte.

Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !

Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,

Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,

Le progrès, la raison dissipant tout délire.

Et tu détruis cela, toi !

 

- Je ne sais pas lire.

 

Victor Hugo

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Guest twitt

J'aime beaucoup ce poème de Victor Hugo

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Merci twitt !

 

oui il est si important qu'on devrait le mettre partout même dans les mosquées chez nous (je vais me faire lyncher :D) pour donnez du sens ... et expliquez aux bornés que le seul rempart à tout barbarisme et autre est la science établie , l'art, la poésie, la musique et plein de choses rationnelles, belles et nourrissantes ... car dans le coran lui même , je ne sais pas, si ce n'est pas le premier verset : Iqra'A ...

 

Comme toi , j'aime beaucoup aussi

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Guest twitt
Merci twitt !

 

oui il est si important qu'on devrait le mettre partout même dans les mosquées chez nous (je vais me faire lyncher :D) pour donnez du sens ... et expliquez aux bornés que le seul rempart à tout barbarisme et autre est la science établit , l'art la poésie la musique et plein de choses rationnelles belles et nourrissante ... car dans le coran lui même , je ne sais pas, si ce n'est pas le premier verset : Iqra'A ...

 

Comme toi , j'aime beaucoup aussi

 

Oui c'est la sourate el Alaq (l'Adhérence):)

 

 

Lis au Nom de ton Seigneur qui a tout créé

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