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JE LIS TON CORPS ET… ME CULTIVE

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JE LIS TON CORPS ET… ME CULTIVE Le jour où s'est arrêté

 

Le dialogue entre tes seins

Dans l'eau prenant leur bain

Et les tribus s'affrontant pour l'eau

L'ère de la décadence a commencé,

Alors la guerre de la pluie fut déclarée

Par les nuages

Pour une très longue durée,

La grève des vols fut déclenchée

Par la gente ailée,

Les épis ont refusé

De porter leurs semences

Et la terre a pris la ressemblance

D'une lampe à gaz. II Le jour où ils m'ont de la tribu chassé

Parce qu'à l'entrée de la tente j'ai déposé

Un poème

L'heure de la déchéance a sonné.

L'ère de la décadence

N'est pas celle de l'ignorance

Des règles grammaticales et de conjugaison,

Mais celle de l'ignorance

Des principes qui régissent le genre féminin,

Celle de la rature des noms de toutes les femmes

De la mémoire de la patrie. III O ma bien aimée,

Qu'est-ce donc que cette patrie

Qui se comporte avec l'Amour

En agent de la circulation ?

Cette patrie qui considère que la Rose

Est un complot dirigé contre le régime,

Que le Poème est un tract clandestin

Rédigé contre le régime ?

Qu'est-ce donc que ce pays

Façonné sous forme de criquet pèlerin

Sur son ventre rampant

De l'Atlantique au Golfe

Et du Golfe à l'Atlantique,

Parlant le jour comme un saint

Et qui, la nuit tombant,

Est pris de tourbillon

Autour d'un nombril féminin ? IV Qu'est-ce donc cette patrie

Qui exerce son infamie

Contre tout nuage de pluie chargé,

Qui ouvre une fiche secrète

Pour chaque sein de femme,

Qui établit un PV de police

Contre chaque rose ? V O bien aimée

 

Que faisons-nous encore dans cette patrie

Qui craint de regarder

Son corps dans un miroir

Pour ne pas le désirer ?

Qui craint d'entendre au téléphone

Une voix féminine

De peur de rompre ses ablutions ?

Que faisons-nous dans cette patrie égarée

Entre les œuvres de Chafi'i et de Lénine,

Entre le matérialisme dialectique

Et les photos pornos,

Entre les exégèses coraniques

Et les revues Play Boy,

Entre le groupe mu'tazélite

Et le groupe des Beattles,

Entre Rabi'a-l-'Adaouya

Et Emmanuelle ? VI O toi être étonnant

Comme un jouet d'enfant

Je me considère comme homme civilisé

Parce que je suis ton Amant,

Et je considère mes vers comme historiques

Parce qu'ils sont tes contemporains.

Toute époque avant tes yeux

Ne peut être qu'hypothétique,

Toute époque après tes yeux

N'est que déchirement ;

Ne demande donc pas pourquoi

Je suis avec toi :

 

Je veux sortir de mon sous-développement

Pour vivre l'ère de l'Eau,

Je veux fuir la République de la Soif

Pour pénétrer dans celle du Magnolia,

Je veux quitter mon état de Bédouin

Pour m'asseoir à l'ombre des arbres,

 

Je veux me laver dans l'eau des Sources

Et apprendre les noms des Fleurs.

Je veux que tu m'enseignes

La lecture et l'écriture

Car l'écriture sur ton corps

Est le début de la connaissance :

S'y engager de la connaissance :

S'y engager est s'engager

Sur la voie de la civilisation.

Ton corps n'est pas ennemi de la Culture,

Mais la culture même.

Celui qui ne sait pas faire la lecture

De l'Alphabet de ton corps

Restera analphabète sa vie durant

 

Nizar Kabbani

 

Nizar Kabani un fou amoureux qui n'hésite pas à donner "corps" à ses sentiments et à les materialiser pour exprimer leur intesité .....

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Bonsoir Maximus !

 

Tout à fait, j'aime beaucoup ses poèmes, il a les mots qui touchent !

Merci pour le partage Maximus :)

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Ta main

 

Ta main qui s'est posée sur mon épaule,

Telle une colombe descendue pour boire,

Vaut pour moi mille royaumes,

Puisse-t-elle ne jamais quitter mon épaule.

C'est un soleil qui dort sur mon épaule,

Mille fois je l'ai embrassée et ne m'en suis pas lassé.

Un fleuve de soie, un éventail chinois,

Un poème entrain de s'écrire.

Ta main si douce, comment la convaincre

que je l'admire tant ?

Ta petite main est une étoile fuyante

Que puis-je dire à une étoile qui joue ?

Je veille, avec à mes côtés la main blanche d'une femme

Y t-il plus désirable et y a-il plus délicieux ?

 

Nizar Qabbani

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Ta main

 

Ta main qui s'est posée sur mon épaule,

Telle une colombe descendue pour boire,

Vaut pour moi mille royaumes,

Puisse-t-elle ne jamais quitter mon épaule.

C'est un soleil qui dort sur mon épaule,

Mille fois je l'ai embrassée et ne m'en suis pas lassé.

Un fleuve de soie, un éventail chinois,

Un poème entrain de s'écrire.

Ta main si douce, comment la convaincre

que je l'admire tant ?

Ta petite main est une étoile fuyante

Que puis-je dire à une étoile qui joue ?

Je veille, avec à mes côtés la main blanche d'une femme

Y t-il plus désirable et y a-il plus délicieux ?

 

Nizar Qabbani

 

Un grand poete merci de ta contribution

 

Il écrit de nombreux poème pour son épouse, suite à la mort de celle-ci dans un attentat

 

 

Merci à vous,

Merci à vous,

Assassinée, ma bien aimée !

Vous pourrez dès lors

Sur la tombe de la martyre

Porter votre funèbre toast.

Assassinée ma poésie !

Est-il un peuple au monde,

Excepter-nous

Qui assassine le poème ?

 

O ma verdoyante Ninive !

O ma blonde bohémienne !

O vagues du Tigre printanier !

O toi qui portes aux chevilles

Les plus beaux des anneaux !

 

Ils t'ont tuée, Balkis !

Quel peuple arabe

Celui-là qui assassine

Le chant des rossignols !

 

Balkis, la plus belle des reines

Dans l'histoire de Babel !

Balkis, le plus haut des palmiers

Sur le sol d'Irak !

 

Quand elle marchait

Elle était entourée de paons,

Suivie de faons.

 

Balkis, ô ma douleur !

O douleur du poème à peine frôlé du doigt !

Est-il possible qu'après ta chevelure

Les épis s'élèveront encore vers le ciel ?

 

Où est donc passé Al Samaw'al ?

Où est donc parti Al Muhalhil ?

Les anciens preux, où sont-ils ?

 

Il n'y a plus que des tribus tuant des tribus,

Des renards tuant des renards,

Et des araignées tuant d'autres araignées.

Je te jure par tes yeux

Où viennent se réfugier des millions d'étoiles

Que, sur les Arabes, ma lune,

Je raconterai d'incroyables choses

L'héroïsme n'est-il qu'un leurre arabe ?

Ou bien, comme nous, l'Histoire est-elle mensongère ?

Balkis, ne t'éloigne pas de moi

Car, après toi, le soleil

Ne brille plus sur les rivages.

 

Au cours de l'instruction je dirai :

Le voleur s'est déguisé en combattant,

Au cours de l'instruction je dirai :

Le guide bien doué n'est qu'un vilain courtier.

 

Je dirai que cette histoire de rayonnement (arabe)

N'est une plaisanterie, la plus mesquine,

Voilà donc toute l'Histoire, ô Balkis !

 

Comment saura-t-on distinguer

Entre les parterres fleuris

Et les monceaux d'immondices ?

 

Blakis, toi la martyre, toi le poème,

Toi la toute-pure, toit la toute-sainte.

Le peuple de Saba, Balkis, cherche sa reine des yeux,

Rends donc au peuple son salut !

 

Ils avaient libéré une olive

Ou restitué une orange,

Et effacé de l'Histoire la honte,

J'aurais alors rendu grâce à ceux qui t'ont tuée

O mon adorée jusqu'à la lie !

Mais ils ont laissé la Palestine à son sort

Pour tuer une biche !

 

Balkis, que doivent dire les poètes de notre siècle !

Que doit dire le poème

Au siècle des Arabes et non Arabes,

Au temps des païens,

Alors que le monde Arabe est écrasé

Ecrasé et sous le joug,

Et que sa langue est coupée.

 

Nous sommes le crime dans sa plus parfaite expression ;

Alors écartez de nous nos œuvres de culture.

 

O ma bien aimée, ils t'ont arrachée de mes mains,

Ils ont arraché le poème de ma bouche,

Ils ont pris l'écriture, la lecture,

L'enfance et l'espérance.

Balkis, Balkis, ô larmes s'égouttant sur les cils du violon !

Balkis, ô bien aimée jusqu'à la lie !

J'ai appris les secrets de l'amour à ceux qui t'ont tuée,

Mais avant la fin de la course,

Ils ont tué mon poulain.

 

Balkis, je te demande pardon ;

Peut être que ta vie a servi à racheter la mienne

Je sais pertinemment

Que ceux qui ont commis ce crime

Voulaient en fait attenter à mes mots.

 

Belle, dors dans la bénédiction divine,

Le poème après toi est impossible

Et la féminité aussi est impossible.

 

Des générations d'enfants

Continueront à s'interroger sur tes longues tresses,

Des générations d'amants

Continueront à lire ton histoire

O parfaite enseignante !

Les Arabes sauront un jour

Qu'ils ont tué une messagère

QU'ILS...ON....TU...E...UNE... .MES...SA...GERE.

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J'avais eu l'occasion de lire ce poème, où l'histoire se mélange à l'amour qu'il avait pour sa femme, et on ressent tout sa peine !

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caprice Bonjour

 

Nizar Qabbani - Balqis

 

J'avais eu l'occasion de lire ce poème, où l'histoire se mélange à l'amour qu'il avait pour sa femme, et on ressent tout sa peine !

 

Voici un des ses poemes que je trouve tres profond

 

[YOUTUBE]3H_z4P9tF7k[/YOUTUBE]

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les Mots

 

Il me fait entendre ..... Quand il me fait danser

Des mots, qui ne sont pas comme tous les mots

Il me prend d'au-dessous de mes bras

Il me plante dans un des nuages

Et la pluie noire dans mes yeux

Il me prend avec lui...il me prend

Pour une soirée de bal rose

Et moi comme une petite fille dans sa main

Comme une plume prise dans les airs

Il m'apporte sept lunes

Et un bouquet de chansons

Il m'offre un soleil... Il m'offre

Un été.... Et un escadron d'hirondelles

Il m'informe que je suis son chef d'œuvre

Et que je vaux des milliers d'étoiles

Et que je suis un trésor .... Et que je suis

Le plus beau tableau qu'il ait vu

Il raconte des choses qui m'étourdissent

Qui me font oublier le bal et les pas

Des mots qui bouleversent mon histoire

Qui me rendent une femme instantanément

Il me construit un palais de mirage

Que je n'habite que quelques instants

Et je reviens..... je reviens à ma table

Rien avec moi .....Sauf des mots.

 

Nizar Kabbani...

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Femmes

 

Poème inachevé pour définir l'amour :40:

 

 

Quand j'ai fait route sur tes mers, ma reine

je ne regardais pas les cartes

je ne portais de canot ni de bouée

mais j'ai vogué vers ton feu comme un bouddha

et j'ai choisi mon destin

Mon bonheur était d'écrire à la craie

mon adresse sur le soleil

et sur tes seins de construire les ponts

 

Lorsque j'ai commencé de t'aimer

j'ai vu les cerises rouges de notre jardin

comme des boules de braise

les poissons apeurés par l'hameçon des enfants

affluer par millions sur nos plages et déposer leurs oeufs

J'ai vu les peupliers s'élever vers le ciel

le temps s'ouvrir

et Dieu revenir enfin sur la terre

 

Nizar Kabbani

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Parce que j'aime

 

Instant d'amour

 

Parce que je vis pour toi

Je rêve de toi

Je rêve d'une longue nuit d'amour qui nous

prendrait sous ses ailes

 

Parce que j'aime

J'écris mes sentiments

 

Mes chuchotements sont le titre de mon amour

Je sens que tu fait fleurir (pousser) en moi

Un arbre vert qui ne fane (meurt) pas

je sens que tu es mon étoile éternel

de toutes les saisons

 

Mais tu peux ne pas être brillant tout le temps

Mais tu es cette lueur qui trône mes yeux

Toujours avec un rayon d'amour et de tendresse

 

Ibn Arabi

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Mais tu peux ne pas être brillant tout le temps

Mais tu es cette lueur qui trône mes yeux

Toujours avec un rayon d'amour et de tendresse

 

 

 

tiens, je me retrouve dans ce passage

on se croirait, qu'il était entrain de dresser un tableau de ma personne

il est fort ce ibn arabi

 

 

merci MAXIMUS

 

bizou

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tiens, je me retrouve dans ce passage

on se croirait, qu'il était entrain de dresser un tableau de ma personne

il est fort ce ibn arabi

 

 

merci MAXIMUS

 

bizou

 

Bonsoir et heureux que cela te plaise

Que tu puisse te retrouver aux travers de ces mots

Merci de ta lecture

 

Bise ;)

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tout le plaisir, tout les plaisirs, MAXIMUS

 

 

Alors comme la poesie arabe est trop delaissée je partage

 

Khalil Gibran Chapitre 1 l'amour

Alors Almitra dit, Parle-nous de l'Amour.

Et il leva la tête et regarda le peuple assemblé, et le calme s'étendit sur eux. Et d'une voix forte il dit :

Quand l'amour vous fait signe, suivez le.

Bien que ses voies soient dures et rudes.

Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui.

Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser.

Et quand il vous parle, croyez en lui.

Bien que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du nord dévaste vos jardins.

Car de même que l'amour vous couronne, il doit vous crucifier.

De même qu'il vous fait croître, il vous élague.

De même qu'il s'élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus délicates qui frémissent au soleil,

Ainsi il descendra jusqu'à vos racines et secouera leur emprise à la terre.

Comme des gerbes de blé, il vous rassemble en lui.

Il vous bat pour vous mettre à nu.

Il vous tamise pour vous libérer de votre écorce.

Il vous broie jusqu'à la blancheur.

Il vous pétrit jusqu'à vous rendre souple.

Et alors il vous expose à son feu sacré, afin que vous puissiez devenir le pain sacré du festin sacré de Dieu.

Toutes ces choses, l'amour l'accomplira sur vous afin que vous puissiez connaître les secrets de votre cœur, et par cette connaissance devenir une parcelle du cœur de la Vie.

Mais si, dans votre appréhension, vous ne cherchez que la paix de l'amour et le plaisir de l'amour.

Alors il vaut mieux couvrir votre nudité et quitter le champ où l'amour vous moissonne,

Pour le monde sans saisons où vous rirez, mais point de tous vos rires, et vous pleurerez, mais point de toutes vos larmes.

L'amour ne donne que de lui-même, et ne prend que de lui-même.

L'amour ne possède pas, ni ne veut être possédé.

Car l'amour suffit à l'amour.

Quand vous aimez, vous ne devriez pas dire, "Dieu est dans mon cœur", mais plutôt, "Je suis dans le cœur de Dieu".

Et ne pensez pas que vous pouvez infléchir le cours de l'amour car l'amour, s'il vous en trouve digne, dirige votre cours.

L'amour n'a d'autre désir que de s'accomplir.

Mais si vous aimez et que vos besoins doivent avoir des désirs, qu'ils soient ainsi :

Fondre et couler comme le ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit.

Connaître la douleur de trop de tendresse.

Etre blessé par votre propre compréhension de l'amour ;

Et en saigner volontiers et dans la joie.

Se réveiller à l'aube avec un cœur prêt à s'envoler et rendre grâce pour une nouvelle journée d'amour ;

Se reposer au milieu du jour et méditer sur l'extase de l'amour ;

Retourner en sa demeure au crépuscule avec gratitude ;

Et alors s'endormir avec une prière pour le bien-aimé dans votre cœur et un chant de louanges sur vos lèvres.

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Ton amour est un bel oiseau vert

Un oiseau étrangement vert

Il grandit, ma bien aimée

Comme grandissent les oiseaux

Il picote d'entre mes doigts

Il becquète sur mes cils

Comment est-il là?

Quand est-il arrivé, ce bel oiseau vert ?

j'avoue n'y avoir même pas pensé

Car celui qui aime ne pense pas...

Ton amour est un blond garçon

Qui casse tout sur son passage

Qui me rend visite quand le ciel pleut

Ton amour est un gamin fatigant

Qui se joue de mes sens et j'endure

Un gosse dont les larmes me peinent

Tous s'endorment , lui reste éveillé

Ton amour grandit tout seul

Tels les champs lorsqu'ils fleurissent

décorées de fleurs rouges

Telles nos portes

Tout comme, au cœur de la pêche,

Dégouline le sucre pur

Tout comme poussent sur nos plaines

Les amandiers et les pins verts

Ton amour est comme le vent ma chérie

il m'entoure de partout

sans que je le sente,sans qu'il me touche

Tu es mon île que j'adore

Tu es un rêve de mes rêves

Qu'on ne saurait ni conter ni expliquer

Qu'est-ce ton amour ma chérie?

Est-ce une fleur ou un poignard ?

Ou est-ce un cierge qui m'éclaire?

Est-ce une tempête dévastatrice?

Ou est-ce la volonté de Dieu?

Tout ce que je sais, de mes sentiments

est que tu es ma chérie, ma chérie

Et que celui qui aime

Ne pense pas....

 

NIZAR KABANI...

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JE LIS TON CORPS ET… ME CULTIVE Le jour où s'est arrêté

 

Le dialogue entre tes seins

Dans l'eau prenant leur bain

Et les tribus s'affrontant pour l'eau

L'ère de la décadence a commencé,

Alors la guerre de la pluie fut déclarée

Par les nuages

Pour une très longue durée,

La grève des vols fut déclenchée

Par la gente ailée,

Les épis ont refusé

De porter leurs semences

Et la terre a pris la ressemblance

D'une lampe à gaz. II Le jour où ils m'ont de la tribu chassé

Parce qu'à l'entrée de la tente j'ai déposé

Un poème

L'heure de la déchéance a sonné.

L'ère de la décadence

N'est pas celle de l'ignorance

Des règles grammaticales et de conjugaison,

Mais celle de l'ignorance

Des principes qui régissent le genre féminin,

Celle de la rature des noms de toutes les femmes

De la mémoire de la patrie. III O ma bien aimée,

Qu'est-ce donc que cette patrie

Qui se comporte avec l'Amour

En agent de la circulation ?

Cette patrie qui considère que la Rose

Est un complot dirigé contre le régime,

Que le Poème est un tract clandestin

Rédigé contre le régime ?

Qu'est-ce donc que ce pays

Façonné sous forme de criquet pèlerin

Sur son ventre rampant

De l'Atlantique au Golfe

Et du Golfe à l'Atlantique,

Parlant le jour comme un saint

Et qui, la nuit tombant,

Est pris de tourbillon

Autour d'un nombril féminin ? IV Qu'est-ce donc cette patrie

Qui exerce son infamie

Contre tout nuage de pluie chargé,

Qui ouvre une fiche secrète

Pour chaque sein de femme,

Qui établit un PV de police

Contre chaque rose ? V O bien aimée

 

Que faisons-nous encore dans cette patrie

Qui craint de regarder

Son corps dans un miroir

Pour ne pas le désirer ?

Qui craint d'entendre au téléphone

Une voix féminine

De peur de rompre ses ablutions ?

Que faisons-nous dans cette patrie égarée

Entre les œuvres de Chafi'i et de Lénine,

Entre le matérialisme dialectique

Et les photos pornos,

Entre les exégèses coraniques

Et les revues Play Boy,

Entre le groupe mu'tazélite

Et le groupe des Beattles,

Entre Rabi'a-l-'Adaouya

Et Emmanuelle ? VI O toi être étonnant

Comme un jouet d'enfant

Je me considère comme homme civilisé

Parce que je suis ton Amant,

Et je considère mes vers comme historiques

Parce qu'ils sont tes contemporains.

Toute époque avant tes yeux

Ne peut être qu'hypothétique,

Toute époque après tes yeux

N'est que déchirement ;

Ne demande donc pas pourquoi

Je suis avec toi :

 

Je veux sortir de mon sous-développement

Pour vivre l'ère de l'Eau,

Je veux fuir la République de la Soif

Pour pénétrer dans celle du Magnolia,

Je veux quitter mon état de Bédouin

Pour m'asseoir à l'ombre des arbres,

 

Je veux me laver dans l'eau des Sources

Et apprendre les noms des Fleurs.

Je veux que tu m'enseignes

La lecture et l'écriture

Car l'écriture sur ton corps

Est le début de la connaissance :

S'y engager de la connaissance :

S'y engager est s'engager

Sur la voie de la civilisation.

Ton corps n'est pas ennemi de la Culture,

Mais la culture même.

Celui qui ne sait pas faire la lecture

De l'Alphabet de ton corps

Restera analphabète sa vie durant

 

Nizar Kabbani

 

Nizar Kabani un fou amoureux qui n'hésite pas à donner "corps" à ses sentiments et à les materialiser pour exprimer leur intesité .....

 

Merci Maximus. J'aime bien ce poème, je me permets de le mettre en arabe pour lui rendre vraiment justice:

 

أقرأ جسدك وأتثقف

نزار قباني

 

يوم توقف الحوار بين نهديك المغتسلين بالماء

وبين القبائل المتقاتلة على الماء

بدأت عصور الانحطاط

أعلنت الغيوم الإضراب عن المطر

لمدة خمسمئة سنه

وأعلنت العصافير الإضراب عن الطيران

وامتنعت السنابل عن إنجاب الأولاد

وصار شكل القمر كشكل زجاجة النفط

 

يوم طردوني من القبيلة

لأني تركت قصيدة على باب خيمتك

وتركت لك معها ورده

بدأت عصور الانحطاط

إن عصور الانحطاط ليست الجهل بمبادئ النحو الصرف

ولكنها الجهل بمبادئ الأنوثة

وشطب أسماء جميع النساء من ذاكرة الوطن

 

آه يا حبيبتي

ما هو هذا الوطن الذي يتعامل مع الحب

كرجل بوليس ؟

فيعتبر الوردة مؤامرة على النظام

ويعتبر القصيدة منشورا سريا ضده

ما هو هذا الوطن

المرسوم على شكل جرادة صفراء

تزحف على بطنها من المحيط إلى الخليج

من الخليج إلى المحيط

والذي يتكلم في النهار كقديس

ويدوخ في الليل على سرَّة امرأة

 

ما هو هذا الوطن ؟

الذي ألغى الحب من مناهجه المدرسية

وألغى فن الشعر

وعيون النساء

ما هو هذا الوطن ؟

الذي يمارس العدوان على كل غمامة ماطرة

ويفتح لكل نهد ملفاً سرياً

وينظّم مع كل وردة مَحْضَر تحقيق !!.

 

يا حبيبتي

ماذا نفعل في هذا الوطن ؟

الذي يخاف أن يرى جسده في المرآة

حتى لا يشتهيه

ويخاف أن يسمع صوت امرأة في التلفون

حتى لا يُنقـَضَ وضوءُهُ

ماذا نفعل في هذا الوطن ؟

الذي يعرف كل شيء عن ثورة أكتوبر

وثورة الزنج

وثورة القرامطة

ويتصرَّف مع النساء كأنه شيخُ طريقةٍ

ماذا نفعل في هذا الوطن ؟

بين مؤلَّفات الإمام الشافعي .. ومؤلفات لينين

بين كتب التفسير .. ومجلة ( البلاي بوي )

بين فرقة ( المعتزلة ) .. وفرقة ( البيتلز ) .

 

أيتها المُدهِشةُ كألعاب الأطفال

انني أعتبر نفسي متحضِّراً

لأني أحبك

وأعتبر قصائدي تاريخية

لأنها عاصرتك

كل زمن قبل عينيك هو احتمال

كل زمن بعدهما هو شظايا

فلا تسأليني لماذا أنا معك

إنني أريد أن اخرج من تخلفي

وأدخل في زمن الماء

أريد أن أهرب من جمهورية العطش.

أريد أن أخرج من بداوتي

وأجلس تحت الشجر

وأغتسل بماء الينابيع

وأتعلم أسماء الأزهار

أريد أن تعلميني القراءة والكتابة

فالكتابة على جسدك أول المعرفة

والدخول إليه دخول إلى الحضارة

إن جسدك ليس ضد الثقافة

ولكنه الثقافة

ومن لا يقرأ دفاتر جسدك

يبقى طول حياته ....أمياً .

 

 

 

 

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Merci Maximus. J'aime bien ce poème, je me permets de le mettre en arabe pour lui rendre vraiment justice:

 

أقرأ جسدك وأتثقف

نزار قباني

 

يوم توقف الحوار بين نهديك المغتسلين بالماء

وبين القبائل المتقاتلة على الماء

بدأت عصور الانحطاط

أعلنت الغيوم الإضراب عن المطر

لمدة خمسمئة سنه

وأعلنت العصافير الإضراب عن الطيران

وامتنعت السنابل عن إنجاب الأولاد

وصار شكل القمر كشكل زجاجة النفط

 

يوم طردوني من القبيلة

لأني تركت قصيدة على باب خيمتك

وتركت لك معها ورده

بدأت عصور الانحطاط

إن عصور الانحطاط ليست الجهل بمبادئ النحو الصرف

ولكنها الجهل بمبادئ الأنوثة

وشطب أسماء جميع النساء من ذاكرة الوطن

 

آه يا حبيبتي

ما هو هذا الوطن الذي يتعامل مع الحب

كرجل بوليس ؟

فيعتبر الوردة مؤامرة على النظام

ويعتبر القصيدة منشورا سريا ضده

ما هو هذا الوطن

المرسوم على شكل جرادة صفراء

تزحف على بطنها من المحيط إلى الخليج

من الخليج إلى المحيط

والذي يتكلم في النهار كقديس

ويدوخ في الليل على سرَّة امرأة

 

ما هو هذا الوطن ؟

الذي ألغى الحب من مناهجه المدرسية

وألغى فن الشعر

وعيون النساء

ما هو هذا الوطن ؟

الذي يمارس العدوان على كل غمامة ماطرة

ويفتح لكل نهد ملفاً سرياً

وينظّم مع كل وردة مَحْضَر تحقيق !!.

 

يا حبيبتي

ماذا نفعل في هذا الوطن ؟

الذي يخاف أن يرى جسده في المرآة

حتى لا يشتهيه

ويخاف أن يسمع صوت امرأة في التلفون

حتى لا يُنقـَضَ وضوءُهُ

ماذا نفعل في هذا الوطن ؟

الذي يعرف كل شيء عن ثورة أكتوبر

وثورة الزنج

وثورة القرامطة

ويتصرَّف مع النساء كأنه شيخُ طريقةٍ

ماذا نفعل في هذا الوطن ؟

بين مؤلَّفات الإمام الشافعي .. ومؤلفات لينين

بين كتب التفسير .. ومجلة ( البلاي بوي )

بين فرقة ( المعتزلة ) .. وفرقة ( البيتلز ) .

 

أيتها المُدهِشةُ كألعاب الأطفال

انني أعتبر نفسي متحضِّراً

لأني أحبك

وأعتبر قصائدي تاريخية

لأنها عاصرتك

كل زمن قبل عينيك هو احتمال

كل زمن بعدهما هو شظايا

فلا تسأليني لماذا أنا معك

إنني أريد أن اخرج من تخلفي

وأدخل في زمن الماء

أريد أن أهرب من جمهورية العطش.

أريد أن أخرج من بداوتي

وأجلس تحت الشجر

وأغتسل بماء الينابيع

وأتعلم أسماء الأزهار

أريد أن تعلميني القراءة والكتابة

فالكتابة على جسدك أول المعرفة

والدخول إليه دخول إلى الحضارة

إن جسدك ليس ضد الثقافة

ولكنه الثقافة

ومن لا يقرأ دفاتر جسدك

يبقى طول حياته ....أمياً .

 

 

 

 

 

Merci a toi pour L'original en arabe c'est plus profond

un autre

 

[YOUTUBE]1Jc21CwlQ4E[/YOUTUBE]

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Poésie de tristesse :

 

Ton amour m'a appris d'être triste

Il y a longtemps que j'ai besoin

D'une femme qui m'attriste

D'une femme dans les bras de la quelle je puisse pleurer

Comme un passereau

D'une femme qui rassemble mes parties

Comme des pièces d'un cristal brisé

Ton amour m'a fait entrer

Dans des pays de tristesse

Et moi, avent toi,

Je ne suis jamais entré

Dans des pays de tristesse

Je ne savais jamais que la larme c'est l'homme incarné

Que l'homme sans tristesse,

Il n'en qu'un souvenir

 

Nizar Kabani

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Bonjour

 

bizou

 

Merci de ton passage et de ta lecture

jolie chanson traduit moi stp

 

Merciiii

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Ciel bas

 

Mahmoud Derouiche le poète éxilé.Il écrit la mère , la patrie , la mère_patrie , il écrit l'amour sentimental , l'amour du pays , il se réfugie dans ses poèmes et l'on ne saura jamais avec précision s'il parle de ses symboles ou de ses sentiments.

Saura t-on exactement s'il parle de deux personnes ou de deux nations quand il dit

 

C'est un amour pauvre qui observe

Longuement les passants et prend

Le plus jeune pour lune: Tu as besoin

D'un ciel moin élevé.

Sois mon ami et tu pourras contenir

L'égoïsme de deux êtres qui ne savent

A qui offrir leurs fleurs...

Il parlait peut-être de moi, peut-être

De nous, mais nous ne le savions pas.

 

 

 

 

Ciel bas

 

C'est un amour qui va sur les pieds de soie,

Heureux de son exil dans les rues.

Un amour petit et pauvre que mouille une pluie de passage

Et il déborde sur les passants:

Mes présents sont plus grands que moi.

Mangez mon blé,

Buvez mon vin

Car mon ciel repose sur mes épaules et ma terre vous

appartient...

 

As-tu humé le sang du jasmin indivis

Et pensé à moi?

Attendu en ma compagnie un oiseau à la queue verte

Et qui n'a pas de nom?

 

C'est un amour pauvre qui fixe le fleuve

Et il s'abandonne aux évocations: Où cours-tu ainsi,

Jument de l'eau?

Sous peu, la mer t'absorbera.

Va lentement vers ta mort choisie,

Jument de l'eau!

 

Etais-tu mes deux rives

Lorsque les lieux étaient tels qu'ils se devaient d'être,

Légers légers aux souvenirs?

Quelles chansons aimes-tu?

Quelles chansons? Celles qui chantent

La soif de l'amour ou

Celles qui chantent le temps révolu?

 

C'est un amour pauvre et non partagé,

Calme calme, qui ne brise pas

Le verre de tes jours choisis,

Ni attise le feu d'une lune froide

Dans ton lit.

Tu ne devines pas sa présence si, à sa place peut-être, une

obsession te fait pleurer

Tu ne sais ce que tu ressens lorsque, de tes bras, tu n'enlaces

Que toi!

Quelles nuits, désires-tu, quelles nuits?

Et de quelle couleur sont ces yeux dont tu rêves,

Lorsque tu rêves?

C'est un amour pauvre et partagé

Qui réduit le nombre des désepérés

Et hisse le trône des colombes sur les deux côtés.

A toi donc, de conduire

Ce printemps rapide vers ceux que tu aimes.

Quels temps désires-tu, quels temps?

Que j'en sois le poète, ainsi et ainsi: chaque fois

Qu'une femme s'en va, au soir, vers son secret,

Elle trouve un poète marchant dans ses obsessions.

Et chaque fois qu'un poète va au plus profond de lui,

Il trouve une femme se dénudant devant se poème...

 

Quels exils désires-tu?

M'accompagneras-tu, partiras-tu seule

Quand dans ton nom, un exil couronne l'autre

De tous ses feux?

 

C'est un amour qui passe par nous

Sans que nous le remarquions.

Et il ne sait et nous ne savons

Pourquoi une rose dans un vieux mur nous disperse,

Pourquoi une jeune fille en pleurs à l'arrêt d'un bus

Croque une pomme puis pleure et puis rit:

Ce n'est rien, rien qu'une

Abeille qui vient de traverser mon sang...

 

C'est un amour pauvre qui observe

Longuement les passants et prend

Le plus jeune pour lune: Tu as besoin

D'un ciel moin élevé.

Sois mon ami et tu pourras contenir

L'égoïsme de deux êtres qui ne savent

A qui offrir leurs fleurs...

Il parlait peut-être de moi, peut-être

De nous, mais nous ne le savions pas.

 

C'est un amour...

 

Mahmoud Darouiche

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Comment oublier

 

Comment oublier l’odeur du passé ?

Souvenirs d’enfance rêves de mon âme

Et ces jours transparents comme une pure flamme

Lorsque nous apprenions l’alphabet

Et que Salma effaçait chaque ligne

En la remplaçant par un tendre signe

Et qu’on jouait à se marier Comme on s’est embrassé et ri...

 

Oublierais-je, dis, le jour des adieux

La rouge blessure au fond de nos yeux ?

Ah, qui me rendra l’odeur du passé

Et puis Salma , mon infante et ma reine !

 

Al Akhtal Assaghir (Liban)

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Quand l'amour vous fait signe

 

Quand l'amour vous fait signe, suivez le.

Bien que ses voies soient dures et rudes.

Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui.

Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser.

Et quand il vous parle, croyez en lui.

 

Comme des gerbes de blé, il vous rassemble en lui.

Il vous tamise pour vous libérer de votre écorce.

Il vous pétrit jusqu'à vous rendre souple.

 

Toutes ces choses, l'amour l'accomplira sur vous

Afin que vous puissiez connaître les secrets de votre cœur,

Et par cette connaissance devenir une parcelle du coeur de la Vie.

 

L'amour ne donne que de lui-même, et ne prend que de lui-même.

L'amour ne possède pas, ni ne veut être possédé.

Car l'amour suffit à l'amour.

 

poeme de Khalil Gibran ( Liban )

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