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Guest coucou19

Etats d'âme

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Guest coucou19

[YOUTUBE]5nPK5K7ri6Q[/YOUTUBE]

 

3- La rencontre

 

Seigneur ! Faites que je vois Votre lueur … et je l’ai vu.

 

C’était le crépuscule et la nuit commençait à couvrir de sa douce fraicheur toutes les créatures du désert. Depuis tout enfant la nuit me fascinait. Autant elle me faisait peur car je m’y sentais seul et abandonné, autant j’en gardais des souvenirs indélébiles. Elle me procurait paix et sérénité et avec l’âge, elle me tenait compagnie et m’écoutait parler tout seul de ce qui me faisait de la peine. La nuit est à la méditation ce que la clairvoyance est à l’esprit. Et sans prêter vraiment attention, je la voyais toujours annonciatrice d’une bonne nouvelle. N’est ce pas, en effet, la nuit qui précède la lumière du jour ?

 

A mesure que l’obscurité s’avançait, une lueur s’annonçait dans le ciel. Au début, je pensais plus à la lumière du soleil couchant, mais cette dernière augmentait d’intensité avec la tombée de la nuit au point où, en l’espace d’un moment, le ciel s’était transformé en un merveilleux tableau noir illuminé par des faisceaux lumineux tels des éclairs tombants du ciel. Je savais que quelque chose d’extraordinaire allait m’arriver. Péniblement, je me redressai et me mis debout. Je voulais tout voir et ne rien rater de ce spectacle inhabituel, mais surtout, je me devais d’accueillir debout et dans la dignité cette chose qui m’était, sans doute, destinée. Oui, je ressens toujours quand quelque chose d’exceptionnel s’apprête à bouleverser ma vie, et mon instinct me trompe rarement. Je le sais quand mon cœur est pris par ce sentiment unique que l’on ne ressent qu’au bout d’une longue souffrance ; quand on ne peut plus résister et qu’on décide de lâcher prise. Cet ultime instant où on hume ce parfum singulier du bout de la nuit, juste au moment où le jour décide enfin de se lever.

 

Je regardais ainsi de loin cette lumière se dessiner de plus en plus clairement et qui, maintenant, prenait la forme, non plus d’éclats lumineux, mais plutôt d’un voile de lumière survolant le ciel noir de mon désert. Mes yeux ne pouvaient quitter cette vue fascinante d’autant que l’objet de mon attention se dirigeait, cette fois, clairement vers moi. J’étais toujours debout et je n’avais pas peur. J’étais maintenant prêt à entamer la dernière étape de mon aventure et je n’avais pas peur, car la peur était désormais derrière moi. Plus elle s’approchait du lieu où je me situais et plus un sentiment très étrange m’envahissait. Je ressentais de la légèreté dans mes mouvements et enfin de la joie dans le cœur. La chose s’avançait à grande vitesse, maintenant, et elle venait directement vers moi ; mon destin m’ayant donc guidé jusqu’à ce lieu désertique dans un but unique, la rencontrer. Je fermai les yeux et j’attendais.

 

Et c’est alors que tous les souvenirs intenses de ma vie, ceux qui avaient marqué mon existence d’amour et de tendresse ressurgirent. Je me sentais véritablement heureux. La chose m’enlaçât, me prenant sous les bras avec autant de tendresse qu’une mère prenant son enfant chéri ou qu’une femme aimante étreignant l’homme de sa vie. Ô Dieu !! que l’étreinte d’une femme aimante est merveilleuse. C’est la plus belle chose qu’un homme puisse vivre. Je sentis mes pieds fléchir mais je pouvais, sans crainte, me laisser aller dans son étreinte sans risquer de tomber. L’objet de mes rêves était là pour me soutenir. Je crois que ce moment a duré le temps d’une éternité, le temps qu’il fallait pour effacer tout le mal qui me rongeait le cœur, le temps qu’il fallait pour que je redevienne enfin moi-même. Je voyais enfin les choses avec le regard d’un enfant qui venait de naître.

 

« Je suis là », me dit-elle presque en chuchotant au creux de mon oreille. Elle était sensible à mon émoi et ne voulait, sans doute, pas m’effrayer d’avantage. Je voulais lui dire que je n’étais plus effrayé, que la peur a cessé d’exister dans mon cœur au moment où elle m’était apparue. Je voulais lui dire que plus rien ne me ferait peur ni mal puisqu’en sa présence mon être a pu retrouver sa voie. J’avais tellement espéré la rencontrer que c’était devenu un rêve, j’avais tellement besoin d’elle que rien d’autre n’avait d’importance à mes yeux. Je savais qu’elle ne me décevrait pas et que mes prières seraient, un jour, exaucées.

 

- Sais-tu qui je suis ? reprend-elle, avec la même voix douce.

- Non, … mais je sais que tu es là pour moi, le reste n’a pas d’importance.

- Je suis venue car tu avais besoin de moi.

- J’ai toujours su que tu viendrai un jour.

 

Après un moment de silence, elle reprit :

 

- Ton âme est troublée, je le sens.

- Oh oui !, lui dis-je, en la serrant cette fois très fort dans mes bras, comme si je voulais mieux lui faire ressentir mon désarroi.

- Je ressens ton mal.

- Je n’aurai plus mal, dorénavant, maintenant que tu es là je n’aurai plus mal... Serre-moi très fort.

 

Elle me serra encore, dans ses bras, aussi fort et aussi longtemps qu’il fallait pour que je renaisse à nouveau. Elle me relâcha alors, pendant que j’entrouvris les yeux pour la voir, enfin. Elle avait l’aspect d’une femme baignant dans la lumière et avait le visage de la petite fille de mes rêves. Elle me souriait de ce sourire qui vous apaise le cœur. Je n’arrivais plus à détourner mes yeux de son visage. J’avais l’impression d’y voir le soleil briller lors d’une journée printanière et dans ses yeux je pouvais ressentir la tendresse d’une femme qui n’a aimé qu’une seule fois. J’avais l’impression d’avoir conquis le monde des années durant et d’avoir, enfin, gagné la félicité.

 

Elle était lumière, elle était cristal

Et de mon cœur, elle extirpât le mal

 

J’étais en présence du bonheur, j’étais en face de l’être que j’ai cherché depuis si longtemps et je ne devais pas laisser passer ma chance, une fois encore. Une fois encore car j’avais terriblement peur, peur de la perdre aussi vite que je l’avais trouvé et cela était compréhensible. Toute ma vie j’ai eu à perdre le bonheur que je caressais de loin et que j’espérais longuement à chaque fois que le destin le présentait à moi, jusqu’à ce que je sois convaincu que ce dernier n’était qu’un mirage qui vous faisait rêver mais qu’il était, en fait, impossible d’atteindre réellement. Alors une fois encore, j’étais terrifié à l’idée de perdre cette douce créature qui venait me rendre visite et briser ma terrible solitude. Voulant la garder auprès de moi éternellement, je devais faire une prière sincère et espérer mériter enfin le bonheur avec l’objet de ma quête sur terre. Je me rendis alors seul vers un endroit à l’écart. Il faisait nuit et je savais que les prières nocturnes y sont les plus sincères. Sur le flan d’une dune je me suis assis alors et j’ai pleuré.

 

Seigneur, c’est elle que j’attendais depuis mon enfance

C’est pour elle seule que je gardais mon innocence

 

C’est elle dont je garde tous les rêves

Le seul être qui faisait, à ma misère, une trêve.

 

C’est elle qui enveloppait mon cœur de douceur

A chaque fois qu’il gonflait de peine et de douleur

 

Elle est l’objet de mes rêves, elle est mon amour

Celle qui fût ma bien aimée depuis toujours

 

Elle est l’être qui attendait que je paraisse

Celle qui m’eut été destinée même avant que je naisse

 

Celle que je voulais toujours voir

Sans même vraiment le savoir

 

Seigneur, épargnez moi le feu crépitant de l’enfer

Qui, bien qu’invisible, jonche mon chemin sur terre

 

Seigneur, je ne veux que la paix sur terre

Je sais que, sans elle, je n’y parviendrai guère

 

Elle est mon amie, ma campagne, elle est ma fille et ma mère

Elle est mon âme, elle est mon âme, elle est mon âme sœur.

 

Le visage défiguré par la douleur et les pleurs, je répétais cette prière indéfiniment jusqu’à ce que je m’endorme sans m’en rendre compte.

 

Quand je me réveillai elle était assise près de moi, sans me regarder. Elle contemplait le ciel bleu et clair de ce désert chaud et chaleureux. Ce désert qui est devenu ma terre d’accueil après qu’il fût ma terre d’exil. Il est vrai que quand l’être aimé vous manque, le monde dans toute son immensité vous paraît totalement dépeuplé. Je n’étais plus seul mais j’avais néanmoins très peur. Toujours cette peur de perdre les choses précieuses qui vous arrivent après une longue attente et vous paraissent extrêmement fragiles et éphémères.

 

- J’ai entendu tes prières… Toute la nuit j’ai entendu tes prières, me dit-elle, enfin.

 

Un silence s’en suivit… J’attendais qu’elle poursuive en me disant que je n’avais rien à craindre et que je ne la perdrai plus jamais. Qu’il était inutile d’avoir peur du futur, car le bonheur était devant, le bonheur d’être avec elle. Mais rien de tout cela, et je savais ce que cela voulait dire pour l’avoir souvent vécu. Ce silence est devenu gênant pour moi et, sans doute, pour elle aussi. Maintenant, Je regardais le ciel bleu dans la même direction qu’elle. Nous savions, tous les deux, que la douceur, que je venais de vivre la nuit dernière avec elle, allait naturellement prendre fin. Naturellement, parce que je ne sais même plus pourquoi tout ce qui était beau devait céder la place à ce qui était moche et triste, dans cette vie. Que tout ce qui était noble et authentique devait être souillé par tout ce qui était faux et vil. Je commençais à me résigner à l’idée que, tout comme la nature avait horreur du vide, la vie, quand à elle, avait horreur de tout ce qui pouvait être beau et vrai. Je n’étais même plus déçu tant cette situation m’était coutumière.

 

A suivre...

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Guest coucou19

[YOUTUBE]Bnoj-owufuc[/YOUTUBE]

 

 

4- La Vérité

 

Toujours assis l’un à côté de l’autre, nous regardions le lointain horizon, comme si notre destin était ailleurs. Nous étions silencieux, mais je savais que la sérénité, que nous affichions tous les deux, avait pour origine cette tendresse qui baignait nos cœurs. Ce que nous étions en train de vivre était unique, et même si c’était éphémère dans le temps, ça ne pouvait être qu’éternel dans nos cœurs et nos mémoires. Sans me regarder, elle dit :

 

- Ô étranger ! mon cœur est aux couleurs de l’arc-en-ciel. Il est le rouge couleur du sable de ce désert torride. Il est le bleu du ciel limpide et sans orages. Il est aussi le jaune du soleil brûlant de ces journées qui se suivent et qui se ressemblent. Il en a toujours été ainsi, jusqu’à ce que tu sois là. Toi, tu y a rajouté le vert, la couleur que je n’ai jamais connue dans la solitude de ce désert et que je n’aurai jamais pu voir, si tu n’avais pas été là. Je suis ton âme, et je demeurerai tienne pour l’éternité.

 

Que ces mots étaient doux pour mon âme meurtrie, et qu’ils étaient cruels aussi. Combien de fois avais-je entendu me dire ces mots pour me retrouver seul, à la fin. Ils étaient comme un baume pour mon cœur triste, et qui ne servait à retenir sa saignée que le temps d’une rupture. Mais je savais qu’elle était sincère et que le lien qui nous unissait ne pouvait être rompu, désormais. Je savais que si elle devait partir ce n’était nullement par manque d’amour, et que les sentiments qu’elle me vouait été nobles et éternels, tout comme les sentiments que j’avais toujours eu pour elle. J’étais presque gêné d’espérer plus que cet amour, de désirer autre chose que de tendres sentiments sincères. Je me sentais même chanceux d’avoir pu rencontrer mon âme sœur, celle que beaucoup n’ont pas eu le privilège de trouver, ni la chance d’imaginer. Oui, j’avais de la chance et je ne devais exiger plus que ce que j’avais déjà vécu car je ne pouvais, tout simplement, mériter plus.

 

Je lui dit :

 

- Ô douceur ! Tu es toutes les couleurs que la terre ait pu enfanter. Tu représentes tout ce que j’ai aimé, tout ce que j’aimerai toujours. Tu es le noir de mes nuits ténébreuses, témoins de mes peines profondes. Tu es le rouge de mes passions folles, celles qui ont toujours enflammé mon cœur. Tu es le bleu azur de mes espérances éternelles et de mes rêves sans limites, et le blanc de la pureté de l’enfant que j’ai été.

 

- L’enfant dont tu gardes toujours le cœur.

 

- Mon cœur a cessé d’être celui d’un enfant depuis déjà bien longtemps, car l’enfant a cherché son idéal et ne l’a jamais vraiment trouvé. Il a alors erré pendant si longtemps qu’il a perdu le gout du bonheur. Ce que je cherche sans jamais trouver, autour de moi, auprès des hommes et des femmes que j’ai pu aimer. Il me manquait toujours cette douceur qui fait que ceux qui ont la chance de vivre, deviennent invulnérables à la souffrance. Aujourd’hui, je souffre.

 

- Ne plains pas ton sort car ce que tu crois percevoir comme bonheur chez d’autres n’est, souvent, qu’un leurre. Beaucoup d’hommes et de femmes n’ont jamais connu le bonheur et tentent de cacher leur tristesse dans les plaisirs de la vie terrestre. Ils ne connaissent de l’amour que les plaisirs de la chair et ne se reconnaissent que dans les jouissances éphémères. Ce sont des égarés, et tant que leurs larmes ne couleront pas, brûlantes sur leur joues, ils ne pourront gouter à la douceur d’aimer et d’être aimés. Ils ne sauront jamais que même s’ils réussissent dans la vie, ils ne réussiront jamais leur vie, et que cette vérité les éloignera toujours du bonheur qu’ils recherchent en vain. Peu d’hommes parviennent réellement à comprendre que la paix que tu recherches est difficile à trouver. Le bonheur, l’amour que tu as toujours tenté de vivre, ne peuvent être à la portée de tous. Seuls les bienheureux ont droit à cette plénitude et rares sont ceux qui y parviennent vraiment. Le véritable amour et le bonheur éternel ne s’acquièrent qu’avec une âme en paix, et cette paix est le l’unique objet que tu ne peux acheter avec de l’argent, fusses-tu le plus riche des hommes; et l’unique convoitise que tu ne peux acquérir par la force, fusses-tu le plus fort des hommes. Mais bien qu’elle soit aussi inaccessible et lointaine, elle est aussi aisée d’obtenir que de remplir une coupe vide d’une eau pure et limpide; car le secret est de savoir trouver la source de laquelle tu puiseras l’eau limpide du bonheur.

 

Et la lumière jaillit ! Avec elle, tout paraissait simple et clair comme l’eau de roche. Vouloir le bonheur éternel c’était d’abord le mériter et je ne pouvais le prétendre. N’ai-je pas, au moins une fois dans ma vie, envié les autres pour ce que je ne pouvais être. N’ai-je pas, au moins une fois dans ma vie, désiré quelque chose qui ne m’était pas destinée. N’ai-je pas, au moins une fois dans ma vie, menti par cupidité ou par lâcheté. N’ai-je pas trahi, trompé ou fait de la peine à quelqu’un? Je l’ai, sans aucun doute, fait et cela était suffisant pour m’éloigner du bonheur que je recherchais.

 

De la douleur naît la vérité et de la souffrance jaillit toujours la lumière. Celle qui permet de retrouver sa source, d’y revenir après l’égarement et l’errance et d’aller vers la quiétude. Un chemin long bordé de chardons et d’épines, mais sur lequel jaillissent, de temps à autres, des points d’eau frais pour ceux qui ont le cœur de continuer afin de s’abreuver et de trouver refuge sous l’ombre d’un arbre, avant de reprendre leur route.

 

J’avais enfin compris que l’amour, que j’avais pu vivre grâce à elle, était plus beau pour qu’il puisse être captif d’un lieu ou d’un moment. Il m’avait permis de ne plus dépendre ni du temps ni de l’endroit où je devais être. Son amour m’avait fait transcender vers des cieux plus hauts, où l’amour est unique, est un. En me retrouvant, seul dans ce désert, j’avais terriblement soif, de cette soif qui ne pouvait être étanchée avec de l’eau. Après sa rencontre, je n’avais plus soif, je m’étais désaltéré à la source intarissable de son âme. J’avais retrouvé la foi. J’étais en paix. J’étais libre!

 

 

J’ai longtemps cherché le bonheur, et je n’ai trouvé que le plaisir

J’ai longtemps cherché l’amour, mais je n’ai trouvé que le désir

J’ai toujours cherché l’amour sain; enfin, j’ai trouvé l’amour divin

L’amour en mon cœur est infini; désormais, c’est à Dieu qu’il me lie.

 

C’est ainsi que s’achevait mon aventure, c’est avec cette vérité que prenait fin ma traversée du désert. Ce désert qui commençait déjà à me manquer, tellement son empreinte en moi avait été forte. Et bien qu’il m’ait fait souffrir comme jamais je ne l’avait été, et bien que j’y avais vécu les pires tourments de mon existence, je ne pouvais oublier qu’Il m’avait aussi accueilli et ouvert ses bras pour me prendre en son sein et changer ma voie, à jamais. Je me retournai, une dernière fois, pour saluer cet étrange ami qui, au début, m’effrayait. Et comme un naufragé saluant l’île perdue qui l’avait sauvé, je lui étais reconnaissant pour m’avoir permis de trouver l’unique chose qui me manquait véritablement: la paix de l’âme.

 

Fin.

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Guest coucou19

[YOUTUBE]boJeoZ_Vs78&feature=g-upl[/YOUTUBE]

 

 

 

La petite fille sur la photo

 

 

L’esprit baigné de doux souvenirs, je regarde sur une photo, le portrait d’une petite fille aux cheveux ébouriffés et au regard triste. Elle était très belle et sa beauté était particulière. A la finesse des traits de son visage s’ajoutait le reflet de la sensibilité de son cœur et la naïveté de son âme. Je contemple longuement cette photo en noir et blanc, prise il y a de cela bien longtemps, et je reconnais la petite fille. Je ne la vois pas sourire, comme le font généralement les filles de son âge. Je reconnais la petite fille tourmentée, avec qui je jouais quand j’étais enfant, et j’ai compris que ce regard triste m’était destiné, il était réprobateur.

 

Je me souviens, il fut un temps, dans une humble demeure, vivait une jeune fille qui se prenait pour une princesse. Elle confectionnait des poupées en les habillant de morceaux de tissus, ramassés ça et là, gambadait dans l’arrière cour de sa maison ou jouait, parfois dans le jardin, avec son frère. Elle remplissant l’air de cette joie enfantine que connaissent toutes les maisons. Cette fille ne connaissait de la vie que son palais, son jardin d’Eden et son titre de princesse. Elle pouvait se contenter de ça et se considérait la plus heureuse des petites filles. Je me souviendrai toujours de cette fille à qui j’ai fait, sans le dire, la promesse de ne jamais la laisser seule et d’être toujours auprès d’elle. Et même si je devais parcourir le monde, je reviendrai la chercher et je la protégerai et je l’aimerai.

 

Bien des années plus tard, la petite fille est devenue femme et elle est restée toujours aussi belle. Je peux le voir sur une photo récente, une photo en couleur cette fois. Je vois le visage d’une femme séduisante qui me sourit, mais je n’y vois plus la même sérénité. A bien la regarder, elle n’est plus tout à fait la même et je ne sais pour quelle raison le sourire, que je décèle à la commissure de ses lèvres, ne me convainc plus. Je suis parti pour longtemps et la solitude avait eu raison d’elle. Le jour où j’étais revenu pour la retrouver, quelques années plus tard, quelques années trop tard, la petite fille avait perdu son innocence.

 

Les yeux gonflés de larmes, je repris la photo en noir et blanc. Je ne voulais garder de la petite fleur de mon cœur que l’image que j’ai toujours eu d’elle. Et je lui promis de la retrouver, un jour, ailleurs, loin de ce qui pourrait, encore, souiller son âme et la mienne. Et je lui promis que le monde serait meilleur après la mort, car la mort est salvatrice quand elle met fin à nos souffrances et qu’elle est, parfois, le seul rempart à nos peines. Et bien qu’elle nous sépare, toujours, de ceux qui nous sont chers, elle nous réunit aussi avec les personnes que nous avons tant aimées. Et je lui promis que nous redeviendrons, comme avant, elle la petite fille et moi le petit garçon d’antan. Et nous nous retrouverons dans les champs, courant cheveux dans le vent, comme avant. Et nous remplirons l’air de nos cris et de nos rires, comme avant. Et nous serons heureux car libres et nous serons heureux car nous aurons retrouvé nos cœurs d’enfants, tout comme avant. Et nous nous mettrons sous l’arbre, face au soleil qui illuminera nos visages et nos sourires sincères. Et je la prendrai dans mes bras pour ne plus la quitter. Et je mettrai sa petite main sur ma poitrine afin qu’elle sente les battements fragiles de mon cœur, qui ne palpitera désormais que pour elle. Et elle me pardonnera mon absence et je lui pardonnerai son égarement. Et nous serons alors en paix car elle aura retrouvé, enfin, sa moitié et j’aurai retrouvé, enfin, mon âme sœur.

 

 

A la douceur que j’ai perdue…

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Guest Scapine

Un titre qui en apelle tant de souvenirs!

La copie ne se mesurer à l'originale

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Guest coucou19
Un titre qui en apelle tant de souvenirs!

La copie ne se mesurer à l'originale

 

Normal, y a pas de copie.

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Guest coucou19

Stances de Mai, vers d'hiver

 

 

 

Te souviens-tu de ce jour du mois de Mai

Où toi, le cœur souffrant et moi l'âme tourmentée

voyons, doucereusement, se croiser nos destinées

et lentement s'unir nos chemins, à tout jamais?

 

Mais revient toujours le mois de Mai

Quand bien même l'hiver fut glacial

Les roses s'éclateront de toutes leurs pétales

Et mon cœur retrouvera, alors, sa bien-aimée

 

Ô! cœur blessé au mois de Décembre

De la belle, entends-tu les sourds cris

Implorant, des profondes pénombres

Afin que, de ses bévues, tu fasses fi ?

 

Ô! douloureuses meurtrissures de l’hiver

Je n’ai d’ouïe que pour l’appel serein

De la douce fille que j’ai connu naguère

Et que j’attendrai, tout au bout du chemin.

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Stances de Mai, vers d'hiver

 

 

 

Te souviens-tu de ce jour du mois de Mai

Où toi, le cœur souffrant et moi l'âme tourmentée

voyons, doucereusement, se croiser nos destinées

et lentement s'unir nos chemins, à tout jamais?

 

Mais revient toujours le mois de Mai

Quand bien même l'hiver fut glacial

Les roses s'éclateront de toutes leurs pétales

Et mon cœur retrouvera, alors, sa bien-aimée

 

Ô! cœur blessé au mois de Décembre

De la belle, entends-tu les sourds cris

Implorant, des profondes pénombres

Afin que, de ses bévues, tu fasses fi ?

 

Ô! douloureuses meurtrissures de l’hiver

Je n’ai d’ouïe que pour l’appel serein

De la douce fille que j’ai connu naguère

Et que j’attendrai, tout au bout du chemin.

 

Excellent !!

Ça c'est de la poésie..

J'ai lu et relu ; et j'en suis bouche bée..

Merci infiniment pour le partage.. Vraiment merci !

 

:)

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Guest coucou19

C'est moi qui te remercie, Capo; pour ton passage et ton joli commentaire.

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C'est moi qui te remercie, Capo; pour ton passage et ton joli commentaire.

 

Encore une fois, c'est moi qui te remercie..

J'ai encore relu et j'ai encore apprécié..

Si t'as d'autres poèmes, je suis preneur-lecteur :)

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Guest coucou19
Si t'as d'autres poèmes, je suis preneur-lecteur :)

 

J'en serai vraiment ravi et honoré.

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Guest coucou19

[YOUTUBE]PAk4RlSjthU[/YOUTUBE]

 

 

 

Aimer !

 

 

Aimer comme un enfant. Apprendre à connaître ce qu’est la vie. Se mettre face au soleil pour que le cœur s’éclaire de toute l’incandescence de l’univers; et voir la beauté dans chaque détail de la création. S’émerveiller du ciel étoilé d’une chaude nuit d’été; de la floraison des amandiers accueillant le printemps naissant et du murmure de l’eau, ruisselant sur la roche noire après la fonte des neiges. Aimer sans se soucier du lendemain, et remplir l’air de rire et de joie. Aimer avec le sourire aux lèvres, et toujours garder au fond du cœur les rêves avec lesquels un enfant vient au monde. Apprendre à aimer comme apprendre à marcher; en titubant, en tombant, en se blessant puis en se relevant. Ne pas avoir peur d’aimer. Aimer avec innocence, comme seul un enfant sait le faire.

 

Aimer comme un homme. Ne plus savoir si souffrir est une épreuve ou un châtiment et l’accepter malgré tout, car aimer et le propre de l’homme. Être capable de pardonner quand les blessures sont encore vives, car aimer anoblît l’âme. Se laisser noyer dans l’océan du véritable amour et aller à la recherche de l’autre pour se retrouver soi-même. Aimer comme dans ses rêves d’enfant avec la douleur en plus. Savoir supporter les caprices de l’amour car aimer c’est vivre. Sentir son cœur se pétrir comme du pain qu’on pétrit afin qu’il soit plus mou; plus doux. Accepter de se faire brûler au fer, car seul le feu de l’amour est capable de cicatriser les meurtrissures de la vie. Aimer avec courage, comme seul un homme peut le faire.

 

Aimer comme un saint. Ne plus désirer, ne plus vouloir posséder. Aimer sans s’attacher; juste aimer, car l’amour se suffit à lui-même. Aimer quand l’homme redevient enfant et retrouve enfin son âme; car deux âmes qui naissent d’une même Source et empruntent le même chemin de la Liberté, en quête de l’Essence divine, sont destinées à se retrouver. Vibrer d’amour comme l’âme vibre au rythme de l’univers. Revoir le monde avec la candeur d’un enfant mais aussi la maturité de l’homme. Connaître enfin l’unicité de l’amour et arriver à la certitude qu’il n’y a pas d’amours; il n’y a que l’Amour, car l’Amour est Un. Aimer, non plus avec le cœur mais avec le Cœur. Se détourner du leurre pour n’admirer que le Sublime. Aimer pour Dieu; aimer par Dieu; aimer en Dieu, comme seul un saint sait le faire.

 

Et jusqu’à la fin, ne jamais cesser de croire qu’au-delà de toutes les lois, aimer est bien un acte de foi !

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Guest coucou19
Il ne reste de beau, que les mots.

 

...Parce qu'ils résistent au temps.

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