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Deux analystes français avouent : «Le Hirak algérien n’est pas démocratique»


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Par Mohamed K. – Deux analystes français, dont on ne peut pas dire qu’ils «roulent» pour le régime en Algérie, ont admis les insuffisances du mouvement de contestation populaire qui, selon eux, n’aboutira pas pour des raisons objectives qu’ils ont énumérées. Luis Martinez, chercheur au Centre de recherches internationales (CERI), a indiqué que «cela fait soixante ans qu’on a ce discours sur l’Algérie, que son régime va s’effondrer [alors qu’on] se trompe».

 

«Le mouvement de contestation a peu de chance d’aboutir à une transition démocratique», a-t-il souligné sur la chaîne de télévision publique française TV5 Monde. Appelant le Hirak à «déradicaliser son programme politique», il estime que ce dernier «doit mesurer le fait qu’il est confronté non pas à un régime fragile, faible, qui va s’effondrer ou à un régime policier à la Ben Ali, mais à un Etat qui a une armée, une rente pétrolière et un dispositif sécuritaire et administratif conséquent».

«Face à une telle adversité, a affirmé Luis Martinez, il est préférable de basculer dans une logique de long terme qui est celle, finalement, de la transformation du régime et non pas de son changement radical.» «Ce qui veut dire, a-t-il explicité, que tous les slogans qu’on a entendus depuis deux ans – système dégage ! Etat civil, pouvoir assassin, nouvelle indépendance, etc. – n’ont aucune portée politique, parce qu’ils visent juste, outre qu’ils ne sont pas un programme, à satisfaire des revendications, mais non pas à construire des propositions».

«Or, basculer dans des propositions, c’est quand même dire : on prend le régime tel qu’il est, on sait qu’il n’est pas du tout comme on le souhaite, mais on s’investit dans ses institutions et on espère y parvenir sur le long terme», a renchéri ce responsable scientifique d’un projet européen sur l’extrémisme violent en Afrique du Nord et au Sahel. «Il y a des pays qui ont fait cela, on le voit, le Chili, le Brésil, la Turquie. Ces pays ont mis une trentaine d’années pour progressivement démanteler pacifiquement des régimes militaires, mais ils n’ont pas cherché à dire : on met tout le monde dehors et on fait peur à tout le monde, parce que cela provoque l’inverse», a-t-il dit.

Slimane Zeghidour abonde dans le même sens, en soutenant que «l’absence de tradition et de culture démocratiques est l’un des problèmes du mouvement de contestation, notamment l’absence de concertation, le fait d’écouter, de considérer qu’un compatriote qui n’est pas d’accord avec vous est un adversaire mais pas un ennemi».

«Dans cette crise du Hirak, a poursuivi l’éditorialiste d’origine algérienne de TV5 Monde, on a vu une double inaptitude : l’inaptitude de la classe dirigeante de saisir dans le Hirak une opportunité formidable d’avoir un grand pan jeune et instruit de la société pour entamer une entreprise de rénovation du système et l’inaptitude des manifestants de traduire leur révolte dans un programme, c’est-à-dire de désigner des représentants avec une feuille de doléances et d’aller voir le régime pour négocier avec lui.» «Pour divorcer, il faut d’abord s’asseoir et négocier», a-t-il conclu.

M. K.

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