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Saïd Sadi écrit ses mémoires

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Après son livre sur Cherif Kheddam

Saïd Sadi écrit ses mémoires

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El Watan

le 08.07.17 | 12h00

 

«Je suis en train d’écrire mes mémoires, en 3 tomes, parce qu’on ne peut pas dire tout ce qui est vécu, entendu, constaté…, à chaque personne que l’on rencontre», a-t-il déclaré lors d’une vente-dédicace organisée lundi à Tizi Ouzou.

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La librairie Multi Livres Cheikh Omar, de Tizi Ouzou, a encore gratifié, dans l’après-midi du lundi 3 juillet, les innombrables habituels de cet établissement, de la venue d’un invité de marque, le docteur Saïd Sadi, pour dédicacer son dernier ouvrage, Chérif Kheddam Avridh iggunin (Le Chemin du devoir), paru le 20 avril dernier.Une nombreuse foule, en plus des habituels adeptes de la librairie, de sympathisants et de militants du RCD, étaient sur les lieux en cet après-midi du 3 juillet, «véritable journée nationale de l’indépendance», dira un «fervent lecteur des livres de tous les démocrates algériens», comme il se nomme. Ils ont formé une longue chaîne, attendant leur tour pour se faire dédicacer, par l’auteur, l’ouvrage consacré à l’immense homme et modeste à la fois, dans la musique, la chanson kabyle et l’identité, qu’était Cherif Kheddam.L’auteur de Askuti (en kabyle), de Algérie : l’échec recommencé ?, de Amirouche : une vie, deux morts, un testament…, a eu, pendant plusieurs heures, à dédicacer, y compris certains de ces derniers titres, que des lecteurs ont ramenés de chez eux après avoir su, à travers les réseaux sociaux ou par ouï-dire, l’information concernant cette énième dédicace de l’ancien président (et non moins fondateur), du RCD, à la librairie Cheikh Omar.Dans un court entretien avec des journalistes, concernant notamment l’écoulement rapide de cet ouvrage de plus de 450 pages en un court laps de temps, Dr Sadi dira qu’il y a deux manières d’évaluer l’écoulement du livre sur Cherif Kheddam, dont il estime qu’il va y avoir une 3e édition. Cette évaluation s’est faite d’abord par l’intéressement du grand public, puis par les commentaires qu’il suscite.Il invite dans ce sens à jeter un coup d’œil sur un commentaire d’une femme journaliste dans un grand magazine, qui active aussi dans l’édition et la traduction d’ouvrages de grands écrivains, un avis qui mérite d’être pris en considération, explique Dr Sadi, ajoutant : «Ce qu’il y a lieu de dire, pour moi, sur ce livre, c’est l’ouvrage de ma vie. Ce que j’écrirai à l’avenir reste un plus. D’abord parce que c’est un homme (Chérif Kheddam, ndlr) qui a éclairé mon cheminement intellectuel et politique, et, par ailleurs, il a été d’une certaine façon un exemple de rigueur morale et de volonté.Un homme, qui était encore illettré à l’âge de 20 ans et qui dirigeait l’Orchestre symphonique national, reste une immense leçon pour les jeunes d’aujourd’hui, qui disent souvent qu’il n’y a pas de moyens, que tout est bouché, etc. Chez Chérif Kheddam, j’ai très rapidement et intuitivement remarqué une dimension humaine et une compétence artistique et technique que je n’arrive pas à cerner de façon totale.» Dans ce livre, Dr Sadi a repris certains extraits de l’ouvrage qu’il lui avait consacré en 1969 et qu’il a déposé à l’ex-SNED (Société nationale d’édition et de diffusion) pour ne jamais être publié.«C’était Mouloud Mammeri qui m’avait donné la seule machine à écrire qui permettait de saisir les textes en kabyle de Cherif Kheddam et les traduire en français». Sur trois exemplaires (SNED, auteur et Chérif Kheddam) qu’il avait réalisés, il n’a pu récupérer que celui qui se trouvait chez le musicologue, et ce, grâce à Tahar Boudjelli, son producteur et manager, qui l’a retrouvé, en mettant de l’ordre à la fin de la vie du regretté chanteur, les deux autres ayant été perdus, aussi bien celui déposé à la SNED que le sien, disparu avec les aléas de la période de sa clandestinité.Dr Sadi dira qu’à travers Chérif Kheddam, «ce livre m’est précieux, d’abord on doit à l’homme une reconnaissance énorme, sachant que lui, comme beaucoup de gens sérieux, crédibles et vertueux, ne parlent pas d’eux-mêmes. Ce qu’il y a d’important sur Chérif Kheddam dont l’ouvrage (de 1969) aurait pu disparaître à jamais, et c’est pour cela que j’ai écrit ce livre, c’est qu’il était un immense militant, au sens vertueux et entier du terme.Chérif Kheddam, qui avait pris avec nous des risques politiques qu’aucun autre artiste n’a accepté de prendre, à son époque, et sans jamais revendiquer la moindre promotion institutionnelle, ni reconnaissance officielle, n’a, en plus, à aucun moment, chanté pour l’Amicale des Algériens en Europe (l’AAE) où tout le monde était passé. De tout temps, Cherif Kheddam a refusé de s’exposer avec les officiels, tenant à avoir une indépendance intellectuelle.Il était un exemple dans le monde de la chanson, de sa génération notamment». Comme il le rapporte dans son ouvrage, Dr Sadi évoque aussi comment le président Boumediène avait interdit à Taous Amrouche de chanter, lors du Festival panafricain, organisé à Alger, du 21 juillet au 1er août 1969, et durant lequel «on entendait chanter en anglais, français, arabe, swahili, bambara, zoulou mais pas… en berbère, langue originelle du pays dont l’alphabet est l’un des plus anciens au monde», soulignera l’auteur (p.249). Il précise avoir demandé alors à Chérif Kheddam de venir accompagner, avec un bendir, la virtuose interprète des chants kabyles dans un gala qu’il avait organisé, avant la fin du festival, avec ses camarades à la cité universitaire de Ben Aknoun, «parce que tout le monde la fuyait. C’était le seul chanteur qui avait accepté de venir s’afficher avec elle».Concernant son éventuelle spécialisation dans les livres sur les portraits de grands personnages, comme il vient de le démontrer avec ceux du colonel Amirouche et de Chérif Kheddam, Dr Sadi dira qu’il «ne peut pas, malheureusement, tout écrire, même si la tentation est forte, parce que comme toute collectivité qui évolue dans un régime politique, qui est très peu porté sur la vérité historique, les meilleurs esprits sont généralement ceux qui sont critiques. Ils sont donc ou combattus, ou censurés, ou carrément soumis au silence.Et il y a énormément de gens dont les parcours méritent absolument qu’ils soient à la portée de notre jeunesse. C’est comme ça qu’on construit, qu’on valorise la mémoire collective. Je voudrais voir le plus rapidement possible, mise au jour la vie de Laïmeche Ali, un homme exceptionnel, qui, en 5 à 6 ans de militantisme, avait tout fait et tout dit sur le plan de la réflexion, et dans un univers de grandes hostilités.Et dire que M. Aïche, le pharmacien, qui était son camarade de lycée, avait fait railler terriblement pour qu’on puisse donner son nom à une école primaire à Tizi Ouzou», rappelle Saïd Sadi, exprimant, dans ce contexte, ses «regrets du fait que des universités de Kabylie n’envoient pas des étudiants faire des mémoires sur d’immenses personnages, tels Ali Laïmèche, Benaï Ouali, Omar Ouseddik, voilà encore un géant, et d’autres, et d’autres…» Dr Sadi espère cependant que ses ouvrages vont servir d’exemples et provoquer des amorces, constitueront des points d’intérêt et feront pédagogie auprès des universités, comme il revient à la presse aussi d’alerter sur cette forme de démission…Il a annoncé qu’il est sur «une dizaine de nouvelles, qui sont importantes, puisque elles sont relatives à des expériences vécues, dans les années 1940, quand le destin du peuple algérien a basculé, par des personnes ordinaires, anonymes, mais qui sont emblématiques, de par la période qu’ils ont traversée». Le fondateur du RCD, indique être en train d’écrire un opuscule sur l’évolution dans les villages kabyles, à partir du sien, Aghribs, comme il essaie de s’immerger dans la responsabilité villageoise, où beaucoup de choses attendent d’être dites, concernant surtout la dégradation de l’environnement.Dr Sadi ajoute encore qu’il est sur l’écriture de ses mémoires (en 3 tomes) et en rapport avec sa génération, «parce qu’on ne peut pas dire tout ce qui est vécu, entendu, constaté…, à chaque personne que l’on rencontre. En revanche, les écrits restent et apportent des éclairages sur tout ce qui est déformé, diffamé, etc. Tout cela ne me laissera donc pas beaucoup de temps pour m’occuper de biographies d’un certain nombre de personnages de notre région, qui, pourtant, méritent véritablement d’être tirés de l’oubli».Concernant Ramdane Abane, «celui qui a été le plus cruellement, brutalement éliminé», il dira qu’il y a le neveu de l’architecte du Congrès de la Soummam, son confrère et ami, Dr Belaïd Abane, qui s’occupe de remonter le parcours de ce héros, dont je revendique l’héritage politique et moral, qui m’a beaucoup inspiré, en plus du travail remarquable accompli, à ce propos, par Khalfa Mameri. Il signalera par ailleurs que la plate-forme de la Soummam a été traduite dans plus de 30 langues, dont l’hébreu, sur ordre de Abane.

Salah Yermèche

 

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