Précédent   Forum Algerie > Culture Savoir et Art de vivre > Musique et Cinéma
S'inscrire FAQ Membres Calendrier Recherche Messages du jour Marquer les forums comme lus

Réponse
 
LinkBack Outils de la discussion Modes d'affichage
Vieux 21/06/2007, 23h45   #1 (permalink)
Jouljoul
 
Messages: n/a
Smile De la musique savante...

En ces dernières heures de la Fête de la musique qui s'époumone un peu partout où elle a posé ses jalons ...

... en ces dernières heures, où je me devais de penser un texte donnant quelques réflexions sur la musique savante du 19e siècle d'Egypte, du Proche-Orient arabe, persan, turc, etc. je me suis donc astreinte à compulser les ouvrages de ma bibliothèque personnelle afin de présenter quelque chose qui tienne et qui apporte un éclairage sur ce qu'il est convenu d'appeler "musique savante", au lieu de "musique classique", "musique traditionnelle" laquelle, d'ailleurs, est un tout autre registre ...

Ceci est un article et non pas une ouverture au débat, quoique, pourquoi pas ? Que chacun dise ce qui fait qu'il aime telle ou telle musique, telle ou telle école ... que ce soit un véritable apport, nettoyant tout le fatras qui entoure la musique que nous connaissons dans notre sphère culturelle, depuis le Maroc jusqu'en Turquie ...

Deux choses me sont venues à l'esprit : que je ne saurai exprimer, avec une avalanche d'exemple théoriques -d'abord, parce que je n'ai pas l'ambition de me présenter comme une théoricienne de la question, ce que je ne suis- même si les "théoriciens" dont je ne saurai me prévaloir, ont tendance, en finalité, à semer le doute plus qu'à rallier les opinions, à l'exception de quelques-uns d'entre eux qui ne sont plus de ce monde depuis bien des lustres, pour ne citer qu'al-Farabï ou al-Kâtib.

L'autre pensée a été que le terme "An-Nadha" (Renaissance) était, pour ce qui me concerne, inapproprié. La musique ne connaît ni de mort, ni de renaissance. Elle est un tout continu, avec des variations accidentelles ou voulues, avec ses génies créateurs, ou avec ses parents pauvres dont nous faisons, malheureusement, maintenant les frais.

Etre un goûteur, voilà ce qu'il faudrait se mettre à l'esprit, sans ces "salam 'alik" d'usage dans les conférences dites de bon ton, où de grands esprits -détrateurs ou partisans- se lanceraient à coups de mots leur sectarisme, leur absente ou réelle indulgence. Pour oublier la chose vraie : goûter, sans contrainte, apprécier sans a priori et partager en toute modestie.

Il n'y a pas de renaissance, dis-je. Tout au plus pourrait-on se désoler que n'existent plus ces rapports privilégiés entretenus, avant un certain congrès de la musique au Caire, entre maîtres et disciples, une fois un cadre institutionnel codifié et établi, ôtant tout imaginaire, toute passion véritable et ce suprême sommet de l'art finement ouvrage, dans l'esprit même de ce qui avait antérieurement été la Musique, un pur esprit combinant les mouvances helléniques, turques, persanes, indiennes, arabes et andalouses.

Dans un contexte privilégié, nous venions au monde avec ce simple cri de nouveau-né lancé à pleins poumons, pour aborder les rivages mystiques d'un savantissime étalement de notre moi intérieur, divinement accordé d'avec une technicité de grande envolée. Oui, tout au plus, pourrait-on exhaler des regrets sur ce qui fut entre la musique et sa mémoire collective, entre cet ensemble et sa propre histoire passée et à venir. Tout au plus, pourrait-on détourner l'oreille des résonances tapageuses, selon les aléas d'un piano, d'un accordéon, d'une guitare électrique et que sais-je encore !

( ...)

Dernière modification par Jouljoul 01/07/2007 à 04h55.
  Réponse avec citation
Vieux 21/06/2007, 23h59   #2 (permalink)
Jouljoul
 
Messages: n/a
Par défaut

(suite 2)

La première musique que j'ai entendue avait pour visages ceux d'Idoménée, La Petite musique de nuit, Cosi fan tutte, et longtemps, je me suis enivrée avec les Valses viennoises. Il faisait bon ton d'avoir ces musiques dans sa discographie privée, d'abord parce que cela faisait bien, ensuite, un inavouable esprit d'imitation d'une culture qui, nonobstant sa palette de richesses, aurait dû d'abord laisser le pas à la sienne propre.

Mais ... il me souvient d'anedoctes familiales, avec plein de tendresse, sur un certain café situé dans la vieille ville turque de la capitale où je suis née, un certain café au nom évocateur -et je ne sais s'il s'agit de son enseigne véritable- de "Qahwat Zahra", le seul café où, en cette époque coloniale, les joueurs de dominos - pêcheurs, porteurs d'eau, maraîchers, marchands de tissus, brodeurs - venaient siroter leur thé ou leur café en écoutant les derniières nouveautés venues d'Egypte. Des noms émergeaient de ce brouhaha musical qui, bien sûr, n'ont rien à voir avec cette musique dont il est question ici. N'impêche, une voix chaude, envoûtante, des accents inconnus montaient pour envahir les maisons et celles de ma famille, alors que j'étais un enfant encore dans ses langes, qui en garderont une empreinte magique.

Bien sûr, par la suite, quelques noms feront leur entrée dans mon petit monde mais à peine ont-ils frôlé mon esprit. Et, un jour, sortit des limbes cette même voix, intacte : Um Kalthûm. L'univers ne fut plus jamais le même. Mozart était mis dans un tiroir. Ce phénomène se répétera, bien plus tard, lorsque j'entendis, bouleversée, les aériennes vocalises du cheikh al-Manyalawî et de Munira Mahdiya, la Sultane.

Mais, pour ce qui est de ma première "communion", même si, aujourd'hui, mon âme s'émeut et ne vit seulement qu'avec les maîtres du dawr, de la qaçida dans leurs plus expressives et authentiques modulations, j'ai un souvenir de gratitude. Car la première pierre, imparfaite peut-être maintenant pour moi, a été ce qui m'a fait gravir la sublime échelle et permis à mon âme de se délecter des effluves modales, oublieuse et s'oubliant, pour s'attacher à tout jamais au cordon soyeux de l'inoubliable, confirmant en cela cette phrase chantée par Um Kalthum :

"al-maghnâ hayat er-rûh" (le chant est le souffle de l'âme)

(... )

Dernière modification par Jouljoul 22/06/2007 à 00h26.
  Réponse avec citation
Vieux 22/06/2007, 00h09   #3 (permalink)
Jouljoul
 
Messages: n/a
Par défaut

(suite 3 et fin)


J'ai prononcé, certes, le terme "imparfaite". L'apprentissage de la musique savante par simple répétition, ensuite l'obligation d'apprendre le solfège dans le graphisme tel que nous le connaissons aujourd'hui, m'ont donné confusément un aperçu de l'ampleur des dégâts que connaît la musique, composition et interprétation confondues. C'est de ne pas avoir lié l'une à l'autre : l'art de la répétition, sous la férule d'un maître, et l'étude d'une écriture qui n'aurait en rien ôté à la musique savante. L'échelle tonale existait, la faute en a été qu'il n'ait pas été inventée et fixée une écriture semblable à ce que donnait la voix naturelle et le génie créateur des compositeurs-interprètes de l'époque. Il n'y a plus ces creusets où voltigeraient, suprême technicité, les intervalles aujourd'hui étouffés par la pauvreté du demi-ton ou un instrument de musique qui ne connaît point la profondeur, la ciselure d'un trois-quart de ton.

Et lorsque l'ennui m'étreint, à force d'entendre des bruits, des sonorités qui, peut-être, sont une touchante tentative de bien faire, je regarde les grands instituts de musique où se profilent les nouveaux maîtres d'une musique hagarde, toute en synthétiseurs et se pontifiant, oeuvres maîtresses de je ne sais quel univers, j'ai envie de dire aux jeunes compositeurs : le monde est bien mal de nos jours, et notre âme a besoin de panser quelquefois ses blessures, puissiez-vous être le "tabib" ainsi que le chantait Abû-l-'Ilâ, en s'adressant un certain soir sur la scène de l'Opéra du Caire, au parterre des riches nobliaux de la cour du Khédive et aux officiels britanniques et français, venus assister à la première de "Aïda" de Verdi, opéra commandé pour la circonstance : la "Nahdha" musicale.

Merci d'avoir eu la patience de lire ces digressions sur la "Musique savante"...
  Réponse avec citation
Vieux 22/06/2007, 00h24   #4 (permalink)
DzadLane
Senior Member
 
Avatar de DzadLane
 
Date d'inscription: février 2007
Messages: 1 457
Par défaut

Jouljoul,

Avant de finir de lire, les (... ) c'est pour nous inviter à continuer ?

Parle t-on de musique andalouse dans cet article ?
C'est aussi une musique savante ..




PS : je vais finir ma lecture

Electriquement,
__________________
Le commencement de toutes les sciences est l'étonnement de ce que les choses sont ce qu'elles sont
DzadLane est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 22/06/2007, 00h30   #5 (permalink)
Jouljoul
 
Messages: n/a
Par défaut

Et voici, un petit intermède avec Salah 'Abd-el Hayy

http://www.archeophone.org/cylindres...ues/turk20.mp3

et avec Mohammed Effendi Sadek

http://www.archeophone.org/cylindres...ues/turk17.mp3

et avec Mounira Mahdyia

http://www.archeophone.org/cylindres...ues/turk22.mp3


@ Adlane : la musique andalouse fait partie de la Musique savante ; je "me" cite : "Ceci est un article et non pas une ouverture au débat, quoique, pourquoi pas ? Que chacun dise ce qui fait qu'il aime telle ou telle musique, telle ou telle école ... que ce soit un véritable apport, nettoyant tout le fatras qui entoure la musique que nous connaissons dans notre sphère culturelle, depuis le Maroc jusqu'en Turquie ..."

et : "et ce suprême sommet de l'art finement ouvrage, dans l'esprit même de ce qui avait antérieurement été la Musique, un pur esprit combinant les mouvances helléniques, turques, persanes, indiennes, arabes et andalouses."

Dernière modification par Jouljoul 22/06/2007 à 00h40.
  Réponse avec citation
Vieux 23/06/2007, 15h19   #6 (permalink)
Jouljoul
 
Messages: n/a
Par défaut

... ensemble Al-Kindî dirigé par Julien Jalâl Ed-Dine Weiss

Musique arabe et poésie du temps des croisades. Hommage au prince syrien Ousâma Ibn Mounqidh
Omar Sarmini et l'Ensemble Al-Kindi ...

http://www.alkindi.org/rams/alkindi10.ram
  Réponse avec citation
Vieux 23/06/2007, 15h25   #7 (permalink)
DzadLane
Senior Member
 
Avatar de DzadLane
 
Date d'inscription: février 2007
Messages: 1 457
Par défaut

.. je savoure ..

Merci Jouljoul




PS : Je suis aussi fan de la musique andalouse
__________________
Le commencement de toutes les sciences est l'étonnement de ce que les choses sont ce qu'elles sont
DzadLane est déconnecté   Réponse avec citation
Vieux 23/06/2007, 15h34   #8 (permalink)
Jouljoul
 
Messages: n/a
Par défaut

Citation:
Envoyé par DzadLane
.. je savoure ..

Merci Jouljoul

PS : Je suis aussi fan de la musique andalouse

J'en mettrai ...

Sabri Moudallal et Omar Sarmini, avec l'ensemble Al-Kindî ...

http://www.alkindi.org/rams/alkindi8.ram


... pièce musicale en maqam Nahawand (mode Nahawand) sur 'oud par Jamil Bashir ...

http://www.oriental-vision.com/reala...hawand-288.ram

Dernière modification par Jouljoul 23/06/2007 à 15h44.
  Réponse avec citation
Vieux 23/06/2007, 20h35   #9 (permalink)
Jouljoul
 
Messages: n/a
Par défaut

Pièce de Sami Al-Shawwa (violoniste syrien, décédé en 1962 ?) : taqsim nahwand ...


http://www.zeryab.com/taksim/sami/nehawand.ram


et un taqsim kurd du même compositeur ...

http://www.zeryab.com/taksim/sami/kurd.ram

Dernière modification par Jouljoul 25/06/2007 à 11h35.
  Réponse avec citation
Vieux 23/06/2007, 21h18   #10 (permalink)
Jouljoul
 
Messages: n/a
Par défaut

Insiraf raml : "Rani nahwak" interprété par Bahdja Rahal ...


http://www.beihdjarahal.com/zimusic/...siraf_Raml.wma

Dernière modification par Jouljoul 25/06/2007 à 11h37.
  Réponse avec citation
Réponse


Outils de la discussion
Modes d'affichage




Fuseau horaire GMT +1. Il est actuellement 13h03.


Édité par : vBulletin® version 3.6.8
Copyright ©2000 - 2008, Jelsoft Enterprises Ltd.
SEO by vBSEO 3.0.0 RC8 Tous droits réservés.
Version française #13 par l'association vBulletin francophone
Sites Amis :