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Le procès Khalifa s’ouvre lundi


Guest GlamourDZ

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Le procès de l’affaire Khalifa Bank qui concerne un trou de 3,2 milliards de dinars, constaté dans la caisse principale de la banque, sera jugé le 8 janvier devant le tribunal criminel de Blida.

 

Cette date a été confirmée, jeudi, par le chef du gouvernement Abdelaziz Belkhadem, lors de son intervention sur les ondes de la chaîne II de la radio nationale. M. Belkhadem a indiqué que «les convocations ont été émises pour le 8 janvier», soulignant au passage que «les juges sont indépendants, et s’ils considèrent que l’instruction est terminée, ils peuvent décider de la date du procès». Un total de 104 accusés vont comparaître, ce lundi, devant le tribunal criminel de Blida, tel que décidé par la chambre d’accusation de la cour de Blida, pour répondre d’une trentaine de chefs d’accusation portés dans ce premier volet.

 

 

Sur l’ensemble des personnes inculpées, 6 sont en détention préventive, 64 sous contrôle judiciaire, 41 en liberté provisoire et 7 en fuite dont Abdelmoumène Khalifa à l’encontre duquel les autorités algériennes ont émis un mandat d’arrêt international. Ce dernier, réfugié à Londres, sera jugé, vraisemblablement, par contumace puisque la justice britannique n’a pas ordonné, jusqu’à maintenant, son extradition malgré la récente signature d’une convention d’extradition avec l’Algérie.

B. Mokhtaria Le quotidien d'Oran

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Rafik Abdelmoumen Khalifa, 40 ans, pharmacien, fils d’un ministre à l’époque du Président Ben-Bella, avait édifié en 5 ans (1998-2003) un empire employant quelque 20.000 personnes. Il a été le fondateur de la première banque privée en Algérie Khalifa Bank, qui gérait des dépôts privés et institutionnels avec 7.000 salariés. Le groupe comptait aussi une compagnie aérienne, Khalifa Airways, qui exploitait une trentaine d’avions en leasing, et une télévision qui employait 400 personnes en France. Il s’est diversifié dans l’immobilier, le bâtiment et la location de voitures de luxe (200 véhicules). Surnommé le «golden boy» algérien, Abdelmoumen Khalifa disposait aussi d’un ensemble immobilier de 3 villas à Cannes.

 

En septembre 2002, il avait réuni quelque 300 VIP à Cannes pour lancer K-TV. En 2001, il signe avec le club de foot français l’Olympique de Marseille (OM) un contrat de parrainage qui le fait connaître en dehors du cercle étroit des businessmen algérois. Le logo de Khalifa Airways - un condor bleu sur fond blanc - associé sur le même maillot à la devise du club phocéen - «Droit au but» - fait le tour des stades européens.

 

Mais cette réussite sera de courte durée avec la chute, en 2003, de cet empire qu’il a construit. Au mois de février de cette même année, trois de ses cadres qui tentaient de sortir frauduleusement une mallette contenant deux millions d’euros ont été arrêtés à l’aéroport d’Alger. Cette arrestation a été suivie par la faillite du groupe en juin 2003.

 

Auparavant, en novembre 2002, les autorités algériennes avaient gelé les opérations de commerce extérieur de Khalifa Bank et mis l’établissement sous tutelle administrative. Plusieurs milliers de petits épargnants ont subi des préjudices. Jusqu’à présent, seuls les cadres du groupe et de la banque Khalifa avaient été inculpés, mais il n’est pas écarté que des hauts responsables de l’Etat ne soient pas impliqués lors de ce procès.

 

Les magistrats en charge des différents dossiers ont déjà auditionné différents hauts responsables et cadres des ministères des Ressources en eau, de l’Habitat, des Finances, de l’inspection générale des finances de la banque d’Algérie notamment. Le ministre de la Justice avait déclaré, au mois d’octobre dernier, à propos de cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre que «l’affaire Khalifa sera jugée conformément à la loi et les responsabilités de chacun seront déterminées». Il rappellera au sujet des accusés en détention préventive, qu’aucune personne n’a été l’objet d’une détention arbitraire.

 

Les 104 accusés, inculpés pour faillite frauduleuse, association de malfaiteurs, abus de confiance, détournement de fonds, faux et usage de faux et corruption encourent des peines allant jusqu’à 10 ans de prison et des amendes.

 

Quant au deuxième aspect de cette affaire, il concerne la catégorie du privilège de juridiction et que la chambre d’accusation de la cour suprême est chargée de traiter. Dans cette catégorie figurent des walis, des élus, des ministres et des cadres supérieurs. Le ministre de la Justice a indiqué sur ce point que «toutes les personnes qui jouissent du privilège de juridiction et qui sont accusées dans l’affaire Khalifa Bank ont été entendues par le juge d’instruction près le tribunal de Cheraga en qualité de témoins en première et deuxième auditions. Elles ont été également entendues lors de séances de confrontation».

 

De plus une cinquantaine d’avocats avaient été, pour leur part, entendus par les magistrats de la chambre d’accusation avant d’entamer les délibérations. Certains d’entre eux avaient demandé la relaxe de leurs clients, d’autres avaient espéré un renvoi en chambre correctionnelle, mais la qualification de l’affaire en criminelle a poussé le recours des accusés par leurs avocats, à la cour suprême. Le procès de Khalifa Bank doit être suivi par d’autres concernant les filiales du groupe, sa compagnie aérienne Khalifa Airways et la chaîne de télévision installée en France K-TV.

 

B. Mokhtaria Le quotidien d'Oran

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La question lancinante est de savoir si les recherches iront jusqu’au bout.

 

L’actualité en Algérie d’ici à l’an prochain sera marquée par de nouvelles révélations sur l’affaire Khalifa. Et vraisemblablement par de nouvelles arrestations. La question est de savoir aujourd’hui si les pouvoirs publics iront jusqu’à inculper les commanditaires. Car le nœud de l’affaire réside en ceci : connaître qui a ordonné aux dirigeants des entreprises et institutions publiques de déposer leur argent à la banque Khalifa. Pour comprendre le mécanisme de l’escroquerie du siècle, il faut savoir quelle est l’utilité des placements en dinars.

L’importance de l’argent public illégalement transféré à l’étranger par Khalifa Bank

Ce n’est par pur hasard si la Cnas, la Cnan, les Opgi, des banques et entreprises publiques ont déposé des milliards de dinars à Khalifa Bank, totalisant l’équivalent d’environ 1 milliard de dollars, correspondant à l’argent public aujourd’hui non encore récupéré. Des spécialistes et proches du dossier s’accordent à souligner que ces fonds publics ont servi grâce à des surfacturations d’opérations d’importations et de leasing destinées à transférer d’importants capitaux à l’étranger. Ils s’accordent à souligner aussi que ce ne sont pas seulement les taux d’intérêts élevés de 17 % qui sont à l’origine des dépôts des entreprises et institutions publiques, mais bel et bien des instructions données d’en haut. Abdelmoumène s’est donc servi de ces dinars pour les besoins de ses importations et factures de leasing.

Qu’on se rappelle, toute entreprise publique et privée, pour une opération d’importation, doit déposer des dinars, auprès de la banque domiciliatrice, correspondant au montant de la facture en devises.

Tous ces transferts illicites d’importants capitaux vers l’étranger n’ont été rendus possibles que parce qu’il y avait autant de dinars déposés à Khalifa Bank grâce aux sociétés et institutions étatiques. La Banque d’Algérie, en principe gendarme de la régularité des opérations bancaires, n’a pas été au départ, dans cette affaire, regardante sur la légalité des opérations, se contentant de vérifier sommairement si les sommes en dinars déposées correspondaient aux montants des importations. Il s’ensuit que tant que les investigations ne remontent pas jusqu’à identifier ceux qui ont ordonné de déposer l’argent public à Khalifa, ajoutent ces spécialistes, on fera payer comme d’habitude “l’addition salée” aux lampistes, en un mot les exécutants, d’autant qu’il est plus difficile de fournir des preuves contre les premiers.

 

N. Ryadh - © Liberté - 23 septembre 2004

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