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des retrouvailles pas comme les autres


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Des retrouvailles pas comme les autres :

Ma vie je l’avais passé dans des trous et je l’avais fini dans un trou, pour l’amour d’une femme. Déjà vingt ans que je suis exilé, loin de mon pays et je n’avais toujours pas appris à converser avec des français. De mon bled directement à Paris, j’étais perdu dans cet espace inhabituel. Ma timidité et ma balourdise entravaient mon émancipation, et le rire des gens, que je considérais comme sarcasme, sur mon français approximatif m’avaient poussé à devenir taciturne. Je vivais dans un studio spécialement conçu pour nous, des trous de quelques mètres carrés, je descendais dix étages dans un trou en fer, en traversant cette ruelle j’étais écrasé par ces HLM si majestueux, pour m’incruster dans un autre grand trou grouillant de personnages, taciturnes comme moi, attendant cette machine pour les conduire dans leurs trous. Je sors de ces longs dédales, pour rejoindre ma cage et faire mon travail d’automate qui consiste à faire des trous sur des étiquettes pendant huit heures. C’est ainsi que j’ai passé vingt années de ma vie uniquement pour l’amour de ma femme.

10.000 balles et casses toi, c’est cette politique des années soixante-dix, qui m’avait enfin délivré de ce monde si différent du mien. Le rude montagnard que j’étais, animé par son mode de vie traditionnel, renfermé sur soi-même, ne pouvait humer éternellement cet air de diffusionnisme de l’occident. Je ne connaissais comme mode de vie que l’Islam.

 De Paris je me retrouve dans mon bled, un joli hameau perché sur une des cimes de ces montagnes des hauts plateaux, imposantes semblant narguer du haut de ces milles mètres d’altitude  tous les autres villages qui gravitent en dessous de lui, perdus dans cette immensité morose, donnant  l’impression d’être nulle part.  Dans cette Peugeot 404, appelée  par les français la bourrique algérienne, je regardais le paysage, tout en me remémorant des écrits de poètes et auteurs décrivant la femme paysage, ce paysage crépusculaire, à peine baigné d’une lumière orangée qui adoucit les contours et dore la peau, ou ces tétons gigantesques adaptés à la bouche de Gargantua. Des écrits et poèmes vulgaires qui ne s’adaptent surement pas à la finesse de la femme. Moi je ne voyais que le doux visage de mon idole qui remplissait cet immense espace et je songeais à nos retrouvailles

a suivre

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10.000 balles et casses toi, c’est cette politique des années soixante-dix, qui m’avait enfin délivré de ce monde si différent du mien. Le rude montagnard que j’étais, animé par son mode de vie traditionnel, renfermé sur soi-même, ne pouvait humer éternellement cet air de diffusionnisme de l’occident. Je ne connaissais comme mode de vie que l’Islam.

 De Paris je me retrouve dans mon bled, un joli hameau perché sur une des cimes de ces montagnes des hauts plateaux, imposantes semblant narguer du haut de ces milles mètres d’altitude  tous les autres villages qui gravitent en dessous de lui, perdus dans cette immensité morose, donnant  l’impression d’être nulle part.  Dans cette Peugeot 404, appelée  par les français la bourrique algérienne, je regardais le paysage, tout en me remémorant des écrits de poètes et auteurs décrivant la femme paysage, ce paysage crépusculaire, à peine baigné d’une lumière orangée qui adoucit les contours et dore la peau, ou ces tétons gigantesques adaptés à la bouche de Gargantua. Des écrits et poèmes vulgaires qui ne s’adaptent surement pas à la finesse de la femme. Moi je ne voyais que le doux visage de mon idole qui remplissait cet immense espace et je songeais à nos retrouvailles.

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Je ne reconnaissais presque plus mon village. Malgré cette nuit sans Lune qui cachait mon village de son sombre manteau, j’avais pu distinguer un vulgaire robinet qui avait pris la place de la belle source. D’habitude la source recevait des jolies filles en robes chatoyantes munies de leurs cruches, s’amusant et riant entres-elles. Remplir de l’eau devenait presque une fête, les jeunes cachés quelques parts ne perdaient rien de ces processions féminines.  Pas âme qui vive, le silence total, J’avais l’impression de me retrouver dans un village abandonné. Ma petite maison, en pierres enduite de pisée, que j’avais construite avec une aide précieuse de quelques villageois,  était isolée par rapports aux autres demeures et semblait écrasée par cette nouvelle demeure en béton qui lui faisait face,  la narguant,  la rendant minuscule, ridicule et donnait l’air de devenir une baraque d’un propriétaire misérable. Tout le Village avait perdu son harmonie à cause d’une  architecture qui se veut moderne. Les souvenirs me revenaient crescendo et sans le savoir je hâtais mes pas vers mon bien-aimé.   J’avais décidé de lui faire une surprise, et je savourais à l’avance son éblouissement à notre rencontre. L’étonnement de ces retrouvailles ne devait-être que des plus agréables. Après avoir franchi la clôture de la cour à bestiaux, adroitement, j’enjambais l’unique  fenêtré pour m’infiltrer dans la seule grande pièce de la maison. J’aperçois ma femme qui dormait parterre.

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Débordant de tendresse, je m’avançais à pas de loup, pour enfin me mettre à genoux devant elle. Délicatement je  dégageais la couverture de sa tête pour l’embrasser par le cou, mais une décharge d’adrénaline m’immobilisa  un certain moment, pétrifié par ce que je voyais. Je me relevais   brusquement horrifié par cette présence, tout en faisant marche arrière, je récitais des versets coraniques, pour exorciser ce Djinn que je voyais devant moi. Mon cœur avait failli sortir de sa cage thoracique tellement  les battements s’accéléraient, mes grands yeux qui s’ouvrirent en s’élargissant mécaniquement afin de déchiffrer ce tableau  ahurissant, refusèrent de reconnaître cette image. Je croyais faire un cauchemar, je n’étais pas chez moi, je ne fus que transporter depuis Paris par une force inconnue. J’allais m’effondrer quand le Djinn endormi croyant que c’était ma femme qui lui avait sciemment écarté la couverture du visage, se retourna et commença à la caresser.

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18 minutes ago, Rien de rien said:

C quoi cette politique de 10000 balles.

.le gouvernement français dans les années 70 avait proposé aux immigrés qui souhaitaient rentrer définitivement chez eux 10.000 FF contre la carte de séjour. il y en a beaucoup qui ont choisi cette offre. 

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1 minute ago, Rien de rien said:

tu me rappelles la  chanson les petits trous

 

Tu es perspicace mon ami c’est Serge Gainsbourg ‘’le poinçonneur des Lilas’’ et c’est cette chanson qui m’a donnée l’idée de cet essai.

 

 

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Délicatement je  dégageais la couverture de sa tête pour l’embrasser par le cou, mais une décharge d’adrénaline m’immobilisa  un certain moment, pétrifié par ce que je voyais. Je me relevais   brusquement horrifié par cette présence, tout en faisant marche arrière, je récitais des versets coraniques, pour exorciser ce Djinn que je voyais devant moi. Mon cœur avait failli sortir de sa cage thoracique tellement  les battements s’accéléraient, un embrun entoura mes grands yeux qui s’ouvrirent en s’élargissant mécaniquement afin de déchiffrer ce tableau  ahurissant. J’allais m’effondrer quand le Djinn endormi croyant que c’était ma femme qui lui avait sciemment écarté la couverture du visage, se retourna et commença à la caresser. La chaleur sur mon visage due par l’accélération du rythme cardiaque, se dissipa pour laisser place à une certaine fraîcheur du corps provoquée par une sueur abondante sur toute ma chair et des veines en grossissant   apparaissaient sur mes bras, mes muscles se durcirent entraînant un  décuplement de ma force. Le couple commençais à s’entrelacer et j’imaginais les ondulations du Djinn de sous la couverture. J’ai poussé un cri terrible qui tel un loup apercevant un intrus dans sa tanière, emmagasinait ainsi un surplus d’énergie, pour le prendre par le cou.

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J’ai poussé un cri terrible qui tel un loup apercevant un intrus dans sa tanière, emmagasinait ainsi un surplus d’énergie, pour le prendre par le cou. J’avais reconnu dans cette obscurité ma femme qui affolée, demeura un moment  pétrifié devant ce revenant. Djinn ou pas Djinn, serait-ce Dieu lui-même, il gouterait au fruit de ma rancœur  Je sautais sur l’importun, qui voulait se dérober, pour le prendre par le cou. Toute ma force stimulée par la haine se focalisa sur mes mains qui devinrent tels les crocs d’un loup féroce sur le coup d’une antilope, imperturbables, serrant de plus en plus la carotide, empêchant l’oxygénation du cerveau, pour ensuite briser les vertèbres cervicales. Ma  rancune envers cette fatalité se trouvait concentrer entre mes mains pour être déchargée sur ce débris d’individu, je continuais à serrer tout en hurlant comme un fou. Une  asthénie remplaça toute cette fougue, et mon cerveau avait repris sa fonction humaine, ma femme avait disparu, elle s’est enfuie. Je me suis mis à courir, tout en criant son nom comme un dément, mais point de femme. Je courrai et criai sans relâches, un ultime cri sortit de mes entrailles, pour s’atténuer,  devenir atone, enfin mon corps démunit de toute force s’effondra au milieu du village.

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Je ne sais comment je me suis retrouvé seul, assis sur un lit, dans une cellule de fer, n’entrevoyant à travers ce métal que des policiers qui apparaissaient de temps à autre. Et ce n’est que Laborieusement que des souvenirs de cette nuit maudite me sont revenus. Cette vengeance contre ce destin et cette course poursuite derrière mon espoir perdu dans le noir. Je ne voyais à présent que ce sombre manteau  essayant d’y discerner ma seule raison de vivre, ma femme hayate. Je me suis levé et je commençais à crier son nom dans l’espoir de la revoir, mais des policiers sont apparus pour me ligoter à même le lit, ce qui ne m’empêchait pas de continuer à crier le nom de ma femme. Je  je me suis réveillé tout engourdi après qu’un homme habillé en blanc m’ait piqué. J’essayais de faire de l’ordre dans mon cerveau, mais cette nuit maudite et la course poursuite ont refait surface une nouvelle fois dans mon cerveau et je revoyais de nouveau  tout ce scénario pour le revivre une nouvelle fois. Un cauchemar qui revenait à chaque fois tel un leitmotiv d’une musique macabre qui répétait deux refrains, ma main crispée sur un cou et ma course poursuite dans le noir.  Je suis une nouvelle fois mis à crier en pensant à Hayet, la piqûre a refait surface, et c’est ainsi jusqu’à le film revenait à chaque fois, jusqu'à  ce que je me retrouve  Assis sur un banc entouré de deux policiers, dans une salle pleine à craquer. je dominais une foule qui me dévisageait tout en me jetant des regards de compassion qui ne faisaient qu’augmenter cette haine de ma propre personne. J’avais l’air d’une curiosité ou d’un animal étrange, pathétique gardé par deux sbires, exposé sur un prétoire. Une situation nouvelle pour moi, je n’étais rien dans un pays où mon impact était nul, à présent des gens me regardent, essayant  de me transmettre leurs attendrissements que je recevais comme une ignominie.

Un avocat s’est levé et avait commencé à plaider.

 

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  • 2 weeks later...

 

-              On dit que les retrouvailles, toujours un vrai bonheur. Cet homme monsieur le président est meilleur qu’Ulysse ce dernier alors que sa femme l’avait attendue, rusant pendant de longues années pour lui rester fidèle, lui se prélassait dans des iles, se donnant à cœur joie avec des filles de rêve. Alors que mon client qui était dans cette capitale appelé, ville des anges et du Diable, n’avait jamais essayé de tromper sa femme, son espoir n’était en fait que de la revoir et la retrouver. Mon client c’est Pénélope et elle Ulysse. Mais les retrouvailles qu’il espérait tant n’ont pas été aussi fortunées. Il n’avait en fait pas voulu tuer cet homme, il s’insurgeait contre son propre sort qui avait fini par briser le seul espoir qu’il couvait jalousement pendant quinze années dans un pays lointain. Mais, sa femme, n’avait cure de l’amour de son conjoint, ni des prochaines retrouvailles avec son mari, ni de la manière d’appréhender sa nouvelle vie ou de voir son mari dans les yeux. Elle substitua l’amour réel par un amour factice venant de la ville, de l’égoïsme. Elle avait pris le premier venu qui s’est implanté devant chez elle, un homme tout à fait différent qui apporta avec lui l’égoïsme de la modernité substituant ainsi l’amour véritable par la perception des plaisirs charnels.

L’avocat avait mis un certain moment pour reprendre le cours de son discours, semblant un peu embarrassé. Mais la suite de son plaidoirie est le moins que l'on puisse dire est bizarre. allait-être 

-              Vous avez remarqué,  son excellence, que j’étais un peu en retard  pour plaider. Voulez savoir pourquoi ?

-              Pourquoi pas si ça concerne notre affaire bien sûr.

-              Oui mon président, nous pouvons dire qu’il existe un lien. Monsieur le président, j’étais avec votre femme.

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Des chuchotements ont rempli  la salle, le président devenant tout rouge de colère, s’est levé pour en découdre avec ce défenseur, et des policiers ont entouré l’avocat prêt à l’embarquer, n’attendant qu’un ordre du chef pour l’embarquer. Mais ce défenseur sans se départir de sa verve  continua sa plaidoirie.

-              Vous savez très bien monsieur le président que ce que je viens de dire ne peut en aucune manière être réel, mais l’effet de ces paroles a produit sur votre visage un changement radical. Si vous preniez un miroir vous y verriez en face de vous, un autre homme, qui ne vous ressemble nullement et si vous avez une arme, sans nul doute vous m’auriez tué. Que dire alors de cet homme qui revient chez lui pour retrouver sa bien-aimée avec un inconnu, venu d’une ville pour construire une bâtisse imposante en face de sa misérable hutte et lui prendre sa femme, lui prendre ce qu’il avait de plus chère. Il est revenu pour des retrouvailles et il se retrouve  sur le banc des accusés.

Le verdict fut de cinq années de prison ferme.

-              Ma femme comment va-t-elle ? Demandais-je  à mon avocat.

-              Tu demandes de ses nouvelles, après tout ce qu’elle t’avait fait ?

-              Oui ! Je demande après elle, je ne possède rien à part elle et je lui pardonne car je l’aime.

L’avocat avait mis un certain moment pour répondre, puis en me regardant droit dans les yeux, il m’avait annoncé qu’elle avait été retrouvée morte, toute nue dans une montagne. Cette nuit, seule dans ma cellule, j’avais revu tout le film de ma vie en une seule minute. La seule chose que j’avais fait de bien c’était de prendre pour femme Hayet (vie), mais elle n’est plus là à cause de ces maudits retrouvailles. Pourquoi Dieu est-il si injuste envers moi, pourquoi avait-il arrangé ces retrouvailles à ce moment précis, en décrétant cette loi française.  Pour la première fois je m’insurgeais contre mon créateur. Qui avait tout décidé, m’enlevant ainsi le bonheur de retrouver un amour tant désiré, ma seule raison de vivre. Mais j’avais décidé de lutter contre lui pour revoir ma femme et ces draps blancs m’aideraient à réaliser mon projet, ils seront l’instrument qui m’expédieraient dans l’ultime trou à la recherche de Hayet. 

Au fossoyeur du village :

Je te lègue mes dix mille francs français, pour que tu détruises ma maison, pour l’achat de mon linceul et surtout pour que tu m’enterres prêt de ma Hayet, sans que tu ne touches à son corps, peut-être que ce dernier trou serait plus  magnanime avec moi. 

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Très bien raconté, histoire émouvante mais reste fictive,un homme cocu qui aime toujours sa femme et veut mourir pour elle.

Maupassant,ta plume est excellente,ton imagination est débordante,ton style est agréable à lire.

Tu n'as pas pensé à écrire ?

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