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Le pétrole peut-il encore exploser ?


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PÉTROLE 
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Alors que le pétrole semble en mesure de déborder une zone de résistance majeure, une poursuite de la hausse risque d’avoir un fort impact, selon Mirabaud Securities.

Écrit par Nicolas GALLANT
Publié le 07/06/2021 à 18h48
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Le pétrole a été à la fête ces derniers trimestres. Depuis le plancher majeur d’avril 2020, le cours du baril de Brent a été multiplié par près de 3,5 et il pourrait bientôt envoyer un signal technique positif, en cas de débordement confirmé de la forte zone de résistance horizontale de 70-72 dollars. Et le baril de référence WTI n’est pas en reste, au plus haut depuis 2018… Plusieurs éléments expliquent la force du pétrole : la forte reprise de l’économie mondiale (sur fond de campagnes de vaccination face à la crise du Covid-19), la reprise du trafic aérien (levée progressive des restrictions sanitaires), la driving season aux Etats-Unis (les Américains reprennent plus facilement le volant avec l’arrivée des beaux jours) et l’orthodoxie de l’Opep+ (l’Opep et ses alliés, dont la Russie) sur le front de la production.

La baisse du dollar (qui rend l’or noir meilleur marché pour les acheteurs munis d’autres devises) a aussi constitué un soutien. Enfin, alors que les marchés s’attendaient dernièrement au retour des exportations de l’Iran, après une levée espérée de l’embargo frappant Téhéran, “les négociations entre la communauté internationale et l’Iran semblent au point mort”, relève John Plassard, spécialiste en investissement chez Mirabaud Securities. D’autant que Téhéran n’aurait pas “fait le nécessaire” en vue d’un accord, a dernièrement dénoncé le secrétaire d'Etat américain Anthony Blinken. Au final, “le prix du baril de pétrole semble être dans une dynamique haussière telle qu’on a pu le constater en 2011 voire en 2008”, avertit John Plassard. Plusieurs facteurs pourraient continuer de pousser les cours du pétrole à la hausse.

 

Les leviers d’une poursuite du rally du pétrole

L'optimisme d'un “retour à la normale” mondial pourrait continuer à soutenir les prix du baril. “Bien que la demande en pétrole reste encore bien en deçà de l'offre, les mesures de déconfinement amorcées en Europe rassurent les marchés. Par ailleurs, de plus en plus d’Américains sont enclins à voyager grâce à l’augmentation des taux de vaccination”, explique John Plassard.

Les membres de l’OPEP+ ne semblent pas pressés d’ouvrir les vannes de leurs pipelines, d’autant que la crise du Covid-19 en Inde alimente les craintes sur la demande en provenance de ce très important importateur d’or noir. L’Opep et ses alliés ont opté pour une augmentation progressive et prudente de la production, et donc de l’offre, dernièrement.

Les tensions au Moyen-Orient augmentent, ce qui alimente les inquiétudes sur l’offre. “L’attaque début mars dernier du port pétrolier de Ras Tanoura alors qu'un missile balistique avait visé des installations du géant de l'énergie Aramco, dans l'Est saoudien, a dopé dernièrement les prix du baril de pétrole”, relève à cet égard John Plassard.

La saison des ouragans sur le golfe du Mexique pourrait doper les prix du pétrole. “La région est le centre de l'industrie pétrolière américaine, avec des raffineries et des plates-formes. Si la production devait être fortement perturbée, comme en 2005 avec Katrina, le cours du brut s'envolerait. L'appréhension suffit historiquement à faire monter les prix”, rapporte l’expert.

Les cours des matières premières, dont ceux du pétrole, pourraient avoir initié un nouveau super-cycle. “Si on se focalise sur le dernier super cycle, on constate qu’entre 2003 et 2008, les prix réels de l’énergie et des métaux avaient plus que doublé, atteignant des records historiques, tandis que les prix réels des produits alimentaires ont augmenté de 75 %. Si nous devions être au début d’un super cycle (qui dure plusieurs années), il serait logique que les prix de l’énergie continuent de progresser”, relève John Plassard.

Enfin, la spéculation pourrait elle aussi contribuer à pousser les prix du pétrole… cette fois-ci à la hausse. Pour mémoire, l’an dernier, en une seule journée, le prix du pétrole coté à New York s'était littéralement effondré, passant de 24,59 dollars le baril... à -37 dollars en fin de journée !

 

 

Quel serait l’impact d’une poursuite de l’envolée des prix du pétrole ?

La hausse continue des prix du pétrole a un impact sur le pouvoir d’achat des ménages et leurs dépenses. Et elle contribue à doper l’inflation. Au vu des craintes actuelles liées à la hausse des prix, sur les Bourses, une envolée des prix du Brent et du WTI pourrait provoquer des turbulences. “En tant que premier importateur mondial de pétrole, la Chine est vulnérable, et de nombreux pays d'Europe dépendent également des importations d'énergie”, relève par ailleurs John Plassard.

Pour les pays émergents producteurs de pétrole, “l'augmentation des revenus contribuera à combler les déficits des budgets et des comptes courants, permettant aux gouvernements d'augmenter les dépenses qui stimuleront les investissements”, souligne l’expert, pour qui les gagnants sont “l'Arabie saoudite, la Russie, la Norvège, le Nigeria et l'Équateur".

 

A contrario, la liste des perdants comprend la Turquie, l'Ukraine et l'Inde. “Les économies émergentes importatrices qui affichent des déficits courants et budgétaires courent le risque d'importantes sorties de capitaux et d'un affaiblissement de leur monnaie, ce qui déclencherait l'inflation. Les gouvernements et les banques centrales seraient alors contraints d'évaluer leurs options : augmenter les taux d'intérêt malgré le ralentissement de la croissance ou laisser faire et risquer la fuite des capitaux”, explique John Plassard.

Une envolée des cours du pétrole aurait un impact sur la croissance. “Selon diverses analyses, un Brent à 100 dollars le baril fin 2021 signifierait que le niveau du PIB mondial serait inférieur de 0,6% aux prévisions actuelles”, rapporte l’expert, qui précise que “la hausse des prix du pétrole entre 2002 et 2007 avait coûté entre 1 et 2,2 points de croissance dans la zone euro”.

Que dit l’analyse technique ?

Un franchissement net et confirmé de la zone de résistance horizontale de 70-72 dollars, qui comprend notamment les pics majeurs des 24 derniers mois, favoriserait une poursuite du rally haussier. La méthode Ichimoku pointe de son côté, elle aussi, un risque haussier. “Suite à un formidable rally depuis le creux 2020 de plus de +350%, le Brent s'est finalement détaché de son nuage (Kumo, ou cloud, en analyse technique) à 66,94 dollars - après trois mois d'efforts - et se dirigerait maintenant vers 73,14 dollars”, juge Robert Haddad (Banque SBA).

thumbnail.jpeg Bloomberg Finance

En cas de dépassement, le Brent pourrait être propulsé vers 86,74 dollars (+21%), selon lui. Inversement, une rupture décisive de 66,94 dollars invaliderait ce scénario positif et plongerait le Brent vers le bas du nuage à 56,92 dollars (-21%).

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  • 2 weeks later...

Pour moi ce sont des manipulations de marché, il n y a rien qui justifie une reprise durable des prix ,bien au contraire.

il remonte actuellement dans l espoir d'un retour a la normale des echanges mondiaux apres la mise en pause  de l'economie par la crise sanitaire...mais si les prix remontent ce sont les volumes livrés qui comptent et non les echanges sur les marchés en valeur, qui ne representent que la speculation sur les contrats petrole qui font   l'objet de la speculation par de grosses mains .Le marché reel lui est en hibernation avec une legere reprise technique. La prochaine crise sera climatique , l'usage du petrole est une des causes influentes , la legislation va se durcir juste apres le covid pour limiter son utilisation et cela impactera les volumes  et les prix .

techniquement ,le manque de composants dans diverses industries plaide pour une augmentation de la consommation jusqu'a a compenser les deficiences de stocks et puis ce sera la chute.L inflation ne plaide pas non plus pour un maintien des prix , cette inflation liée principalement a la fin des confinements et au manque de stock , devra etre calmée par le levier de la baisse des prix du petrole .

donc attention a ne pas croire a un cycle haussier durable  , c'est un simple rebond -sans doute le dernier avant une longue descente aux enfers.

a court terme on peut jouer une approche des 100dollars  mais ensuite il faudra vite se barrer du marché , bien mettre des stops .

 

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