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Bouzid Lazhari, créature de Bouteflika, du DRS et du régionalisme (par le Pr Ali Bensaad)


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J’ai été collègue de M. Bouzid Lazhari à l’université de Constantine. Je l’ai connu et je connais, au moins en partie, son parcours.

Son parcours est une parfaite illustration de cette « Algérie nouvelle » faite de recyclage de ce qu’il y avait de pire de l’Algérie de Bouteflika.

Avant de servir Bouteflika qui lui a permis de faire la plus longue carrière que je connaisse de sénateur désigné par le président (16 ans !), avant d’être nommé comme président du Conseil National des Droits de l'Homme (CNDH) par le premier ministre Djerad avec lequel il partage la ville de naissance (Khenchela) et les mêmes réseaux familiaux, M. Lazhari a d’abord été « fabriqué » par le général Betchine au milieu des années 90.

Ancien patron du DRS, devenu ensuite le puissant conseiller « sécurité » de la présidence, Betchine avait entre autre comme mission de créer un parti de substitution au FLN discrédité (La même opération que voudrait réaliser aujourd’hui Tebboune). C’est ainsi qu’a été accouché aux forceps par le DRS, le RND, ce parti « né avec des moustaches » qui, dès sa naissance, raflera la majorité écrasante des sièges (un rappel à ceux qui disent que les élections prévues par Tebboune seront « saines et transparentes » ou qui pensent que leur voix pourrait peser dans la balance).

Pour la ville de Constantine dont il se considérait le « parrain » et où il a bâti un petit empire d’affaires et de médias, Betchine a tenu à fabriquer lui-même ex-nihilo « ses » hommes politiques « nouveaux ». C’est ainsi que fut propulsé, du jour au lendemain, Bouzid Lazhari comme sénateur avec en prime de ne pas subir la corvée des élections mais d’être nommé dans le « tiers présidentiel ».

La rencontre de Betchine et de Bouzid Lazhari s’est faite dans ces eaux glauques où se croisent réseaux familiaux, réseaux du DRS et affairisme douteux et notamment l’un d’eux, le commerce de l’alcool. L’hypocrite interdiction officielle de l’alcool avait canalisé la consommation de celui-ci soit dans des coupe-gorges sous le contrôle de voyous-indicateurs ou dans de rares endroits bénéficiant d’une « accréditation » et protections très haut placées.

Il y’en avait alors un seul à Constantine où étaient obligés de se presser tous ceux qui avaient des revenus suffisants pour boire à des prix que la rareté a rendu prohibitifs. Cet endroit unique, plus juteux que plusieurs usines et bénéficiant d’un monopole de fait et d’une protection sécuritaire qui y assurait calme et discrétion, était également le lieu idéal où les officiers du DRS, à leur aise, venaient à la pêche de l’information et dressaient les cartes des fragilités et des interstices possibles de corruption de cadres que la désertification culturelle et de lieux de loisirs et de convivialité, rabattaient sur ce lieu.

Cet endroit unique à Constantine, à l’écart de la ville, bien protégé, où la nomenklatura avait ses salles réservées, et où Betchine lui-même avait ses habitudes et sa place réservée, cet endroit appartient à la belle famille de Bouzid Lazhari, mari de la fille du patron et lui-même alors assidu du lieu. C’est là qu’il faut conçu comme sénateur.

Bouzid Lazhari qui a cautionné la condamnation de l’islamologue Saïd Djabelkhir pour « offense à l’Islam » est depuis devenu un défenseur de l’islam et peut être a-t-il une « zbiba » sur le front.

Dans une logique d’affinités régionalistes, sa trajectoire fut ensuite favorisée par l’ascension de Benflis, natif de Batna, au poste de premier ministre et avant cela de directeur de la première campagne électorale de Bouteflika à laquelle s’associe Bouzid Lazhari avec engagement.

Mais lorsque Benflis connait la disgrâce, Lazhari s’en détourne pour se vouer au service de Bouteflika qui le gratifiera en le reconduisant, de renouvellement en renouvellement, au poste de sénateur du tiers présidentiel pendant 16 ans !

Il aura mieux pour la suite. Il sera diplomate pour défendre l’image malmenée de l’Algérie sur la question des Droits de l’Homme. C’est ainsi qu’en tant que représentant du gouvernement de l’Algérie, il intègre des structures intergouvernementales et notamment la commission des Droits de l'Homme des Nations Unies, à Genève dont Kofi Anane avait dénoncé le fonctionnement comme suit : « des États ont cherché à se faire élire à la Commission non pas pour défendre les droits de l'homme mais pour se soustraire aux critiques ». Même l’Arabie saoudite avait cherché à se faire élire à la tête de cette commission ! C’est dire !

Effectivement, Bouzid Lazhari ne connait des Droits de l’Homme que la défense de leur transgression par le pouvoir algérien et la sinécure du poste diplomatique et de ses salaires faramineux en devises

Je mets en commentaire une vidéo où il a défendu le pouvoir algérien en niant l’existence de prisonniers politiques au moment même où Tabou et des dizaines de Hirakistes dormaient en prison.

La « nouvelle Algérie » n’est pas faite par du vieux seulement mais par du vieux moisi et vicié.

Karim Tabou avait raison. J’aurais fait la même chose. Il fallait chasser Bouzid Lazhari des obsèques de Ali Yahia Abdenour. Sinon, cela aurait été le laisser cracher sur sa tombe.

Pr Ali Bensaad
29 avril 2021

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