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Publication. Mémoire anachronique d’Alice Cherki : Une lettre à l’autre, une transmission

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Publication. Mémoire anachronique d’Alice Cherki

Une lettre à l’autre, une transmission

 

 

El Watan

le 28.06.17|12h00

 

A travers son dernier né intitulé Mémoire anachronique, Lettre à moi-même et à quelques autres», Alice Cherki livre un volumineux ouvrage de référence, publié par les éditions APIC.

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A la fois psychiatre, psychanalyste et essayiste, Alice Cherki est connue, notamment, dans l’univers littéraire pour, entre autres, sa spécialisation dans la biographie de son maître de pensée, Frantz Fanon. Au fil d’un agréable moment de lecture, répartie sur 370 pages- le suspense maintient le lecteur en haleine et le pousse à tourner les pages pour découvrir l’intégralité de la narration proposée.Avec sa plume élégante d’écrivaine et d’auteure hors pair, Alice Cherki propose à travers Mémoire Anachronique, Lettres à moi-même et à quelques autres, une écriture féminine dans laquelle elle utilise le pronom personnel «je» pour dire des choses du temps présent qui peuvent être des anecdotes, des rapports de comment va le monde. Il s’agit d’un va-et-vient entre le présent et le passé. Lors d’une vente dédicace, organisée dernièrement à la librairie du Tiers-Monde, Alice Cherki nous confiait qu’elle avait entamé l’écriture de son livre comme une lettre à elle-même.La naissance de ce projet d’écriture est née à la suite de deux événements importants. «J’ai commencé mon livre, dit-elle, quand j’ai vu comment la décennie noire s’était installée en Algérie. Je suis sortie de mon silence, mais au départ, c’était au fond une lettre à moi-même. C’est une lettre à l’autre qu’on a à l’intérieur de soi-même, c’est-à-dire à un autre qu’on aime d’ailleurs. J’ai commencé à écrire sans même savoir que c’était pour la publication. C’était aussi un désir de transmission».Elle indique d’ailleurs, en quatrième couverture de son livre : «Ceci n’est pas une nouvelle mais un parcours, ceci n’est pas un récit historique mais une traversée. Une lettre, littéralement la lettre en souffrance à partir de laquelle viennent se former des mots ou des paroles qui s’adressent à un autre, intérieur ou extérieur.Une lettre aussi comme celles que l’on envoyait par la poste, il y a longtemps déjà, à un éventuel destinataire auquel on voulait donner des nouvelles...offrir le témoignage que l’on était toujours en vie.» Ainsi, ce récit conjugué à la première personne du singulier, égrène des souvenirs et des récits liant la petite histoire à la grande Histoire, avec, notamment, la genèse de la guerre de la Révolution algérienne, à laquelle elle a participé.Exilée en France en 1957, interne provisoire des hôpitaux psychiatriques de la Seine, la militante rejoint la Tunisie en 1958, puis la RDA, et de nouveau l’Algérie indépendante en 62. Elle exerce à Paris depuis 1965, comme psychiatre et psychanalyste. Alice Cherki fait un flash-back entre les années 2004 et 2016. Ces fragments de vie se caractérisent par des événements précis. Elle évoque, également, des personnages qu’elle a si bien connus, à l’image de Frantz Fanon, Pierre Chaulet, Mohamed Khemisti, Ali Boumendjel, Benkhedda, Benyahia.Ces grands hommes à la fleur de l’âge aspiraient, à cette époque-là, à l’indépendance de l’Algérie. Dans ce livre intéressant à plus d’un titre, Alice Cherki, parle, également, des rapports mères-fils et mères-filles, ainsi que des rapports liés à la société. Pour Alice Cherki, ce livre qui s’est imposé à elle s’adresse aux générations actuelles et à venir, mais aussi aux générations qui connaissent peu de leurs histoires. «Et à qui, aussi bien en France qu’en Algérie, on a écrit une histoire très directive.Si on ne connaît pas le processus du début de la guerre de Libération, on ne peut pas comprendre ce qui s’est réellement passé. Je laisse à cette jeunesse une sorte de transmission brisée. C’est-à-dire qu’il y a beaucoup de livres d’histoires et de mémoires qui paraissent, ils commencent à les lire, mais cela ne résonne pas en eux. Mon souhait est que fragment par fragment, il y ait quelque chose qui leur parle, qui résonne en eux et qui leur permette eux-mêmes de se construire un bout. C’était mon désir», précise- t-elle.Plume prolifique, l’universitaire planche actuellement sur un nouveau projet d’écriture lié au désespoir, la haine et la violence. Elle soutient, toutefois, qu’elle n’a pas un projet conçu d’avance. Il s’agit beaucoup plus de thèmes qui la touchent et «dans lesquels elle a quelque chose à dire, soit spontanément, soit à élaborer. Je suis psychiatre et psychanalyste, j’ai beaucoup travaillé dans ces domaines-là, dont les questionnements, aujourd’hui, de la violence, de la radicalisation», conclut-elle.

Nacima Chabani

 

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