Laccord dassociation avec lUE, un moyen de pression sur Isral

Gal De Santis, lHumanit, lundi 26 dcembre 2016

Les autorits israliennes intensifient les constructions de colonies en cisjordanie occupe. ici maale adumim en juillet 2016. PHOTO THOMAS COEX/afp AFP

Le Conseil de scurit des Nations unies a adopt une rsolution condamnant la colonisation dIsral. Une premire depuis 1979. Alors que Donald Trump arrive au pouvoir Washington, lUnion europenne est lun des seuls acteurs internationaux pouvoir forcer Tel-Aviv voluer.

Le gouvernement de coalition entre la droite et lextrme droite en Isral est sur la dfensive, aprs ladoption vendredi dun texte lOrganisation des Nations unies (ONU) condamnant la colonisation. Cest une premire depuis 1979, toutes les autres tentatives depuis ayant fait face un veto de la part du principal alli de Tel-Aviv, les tats-Unis, membre permanent du Conseil de scurit. Selon Benyamin Netanyahou, la rsolution adopte en fin de semaine dernire est honteuse et absurde . Pis, pour le premier ministre isralien, Barack Obama, prsident des tats-Unis, aurait montr son vrai visage , en sassociant en coulisses la ligue anti-isralienne lONU. Dans limmdiat, lhomme fort de Tel-Aviv nentend pas tenir compte du texte adopt par le Conseil de scurit. Ce dernier est une pine dans le pied des autorits israliennes. Sil ne prvoit aucune sanction dans limmdiat, les Palestiniens pourraient sen saisir comme dune pice lors dventuelles poursuites devant la Cour pnale internationale.

La dcision qui a t prise est biaise et honteuse, mais nous la surmonterons. () Cela prendra du temps, mais cette dcision sera annule , a dclar samedi Benyamin Netanyahou. Le chef du gouvernement espre lavenir disposer dun alli de poids en la personne du futur prsident des tats-Unis, Donald Trump. Celui-ci a dores et dj prvenu quaprs sa prise de fonction, qui adviendra le 20 janvier, les choses seraient diffrentes lONU , et a dplor ladoption de la rsolution qui rendrait, selon lui, plus difficiles les ngociations de paix .

Suspendre laccord frapperait Isral au porte-monnaie


Alors que, sous la prsidence Obama, les tats-Unis ont maintes reprises critiqu limplantation de nouvelles colonies, lattitude de Washington est donc susceptible de changer. Ds lors, les Vingt-Huit sont les seuls avoir le poids ncessaire pour pousser les autorits israliennes dans leurs retranchements. Mais, pour cela, il faudrait quils changent dattitude. Mme sil a pris des mesures pour limiter limportation de produits en provenance des colonies israliennes depuis deux ans, ces dernires annes, le bloc europen sest surtout illustr en contrebalanant le soutien dclinant de Washington Isral, en renforant ses liens avec Tel-Aviv, fermant les yeux sur ses violations du droit international. Les pays du Vieux Continent sont dsormais les seuls pouvoir hausser le ton. LUnion europenne (UE) a des arguments pour se faire entendre. Elle est le premier partenaire commercial dIsral et absorbe 35,8 % de ses exportations, devant les tats-Unis (32,1 %).

Alors que la colonisation vient, une nime fois, dtre reconnue comme illgale du point de vue du droit international, lUE serait fonde suspendre son accord dassociation avec Isral. En effet, larticle 2 de celui-ci stipule que les relations entre Bruxelles et Tel-Aviv se fondent sur le respect des droits de lhomme et des principes dmocratiques . Depuis le 16 novembre, en France, le Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israliens (CNJDPI), ainsi que lappel Trop, cest trop ! ont lanc une campagne pour la suspension de laccord dassociation [1]. Cet accord, sign en 1995, permet une totale dtaxation des produits exports dIsral vers lUE , dnonce le collectif. Et lindustrie isralienne, notamment lectronique et aronautique, bnficie de subventions europennes, au titre de la participation dIsral au sixime programme cadre pour la recherche et le dveloppement technologique (PCRD).

Suspendre laccord frapperait Isral au porte-monnaie au moment o Benyamin Netanyahou sest jet dans une fuite en avant sur le front de la colonisation. En juin dernier, il a nomm Avidgor Lieberman, leader dextrme droite, au poste de ministre de la Dfense. Et, dbut dcembre, le gouvernement a trouv le moyen de contourner la Cour suprme, qui exigeait le dmantlement de la colonie dAmona. Celle-ci disparatra bien, mais, en change, quatre mille autres logements israliens devraient tre lgaliss en Cisjordanie, afin de complaire au Foyer juif, un parti ultranationaliste et religieux.

Les colons : un poids exorbitant

Depuis les annes 1970, et malgr les accords dOslo, signs avec lOLP en 1995, Isral na eu de cesse dimplanter des colonies en Cisjordanie occupe, et Jrusalem-Est. Dans la premire, ce sont pas moins de 430 000 Israliens qui se sont installs, empoisonnant par des check-points et appropriations de terre la vie de 2,6 millions de Palestiniens. Jrusalem-Est, ils sont 200 000 Israliens, pour 300 000 Palestiniens.

>>Signez la ptition

[1] Il est possible de signer la ptition ladresse Internet suivante : http://cnpjdpi.org/appel/?p=4