Pour faire face aux bouchons lors des heures de pointe dans les grandes villes, Airbus Helicopters travaille sur un concept de taxi volant autonome. Son nom: CityAirbus.

Plus de 25 milliards d'euros. Voilà ce que coûteront, chaque année, les bouchons en France d'ici à 2030 selon une étude rédigée par le Center for Economics & Business Research datant de 2014. Pour le Royaume-Uni, la facture devrait même monter à 29 milliards d'euros.

En effet, de plus en plus de personnes vont vivre en ville. D'ici à 2030, 60% de la population mondiale sera urbaine, soit 10% de plus qu'à l'heure actuelle. Ce qui évidemment pose d'importants problèmes en termes de transports.

Partant de ce constat, Airbus a décidé de lancer plusieurs projets pour désengorger le trafic lors des heures de pointe. L'avionneur entend ainsi développer des modes de transports urbains pour le moins…futuristes.


Vahana et CityAirbus

Le groupe a levé le voile sur ses projets, débutés pour certains il y a deux ans, dans son magazine interne Forum, il y a quelques jours. L'un d'entre eux baptisé "Vahana", consiste en la création d'un véhicule autonome volant, devant transporter du fret ou un seul passager. Airbus compte tester les premiers prototypes d'ici la fin 2017.

L'avionneur considère cette initiative comme "réalisable", même s'il manque encore un rouage essentiel: une technologie permettant de détecter et d'éviter les possibles obstacles. "C'est l'un des défis que nous comptons résoudre le plus vite possible", affirme Rodin Lyasoff, en charge de l'équipe travaillant sur sa conception.

Mais un projet encore plus fou est dans les tuyaux d'Airbus: un taxi volant. Depuis 2014, la filiale Airbus Helicopters planche en effet sur CityAirbus, un appareil électrique qui avec ses hélices ressemble à un drone.

S'il apparaît anodin de prime abord, ce véhicule pourra, contrairement au "Vahana", transporter plusieurs passagers en pleine ville, comme un "vrai' taxi. Dans un premier temps, Airbus prévoit de lui affecter un pilote "pour pouvoir entrer rapidement sur le marché". Mais à plus long terme, il deviendra lui aussi un véhicule autonome, profitant des avancées technologiques du "Vahana".

Le prix d'un taxi actuel

Airbus en dit encore assez peu sur CityAirbus. Mais il semblerait que l'utilisateur pourra réserver une place dans ce "taxi volant" via une application et diviser également la note avec les autres passagers à bord, de sorte à ce que, in fine, le prix revienne plus ou moins à celui d'une course de taxi actuel.

Certaines questions sur ce projet sont évidemment encore en suspens. Il s'agit notamment de "savoir comment ces véhicules pourront communiquer entre eux ou comment être surs qu'ils ne seront pas piratés", reconnaît Marius Bebesel, d'Airbus Helicopters, qui assure toutefois que tout Airbus Group est mis à contribution pour tenter de répondre à ces problématiques.

Un marché potentiel énorme


Si le projet a des allures de décors du Cinquième élément (le film de Luc Besson) Airbus le prend très au sérieux. "Je ne suis pas un fan de Star Wars mais il n'est pas fou de penser qu'un jour nos grandes villes auront des voitures volantes qui circuleront dans les airs. Ainsi, dans un futur proche, nous utiliserons nos smartphones pour réserver une place dans des taxis volants complètement autonomes et qui atterriront juste devant notre porte d'entrée. Et tout ça sans pilote", affirme ainsi Tom Enders, le grand patron d'Airbus, dans Forum.

L'avionneur pense surtout que le CityAirbus va lui offrir de très belles perspectives. "Ce marché va se développer rapidement dès lors que nous arriverons à déployer les premiers véhicules dans les très grandes villes et que nous aurons démontré les bénéfices de ce mode de transport, calme, sans émission polluante, avec un prix compétitif", considère Jörg Müller, responsable du département Corporate developpement d'Airbus.

Et ce dernier de conclure: "Si vous regardez les besoins en transports pour les voyages professionnels, notamment entre les aéroports et les quartiers d'affaires, vous vous apercevez que la demande potentielle équivaut à environ 100 fois la production annuel d'Airbus Helicopters (un peu moins de 500 hélicoptères, ndlr). Et cela suppose de ne remplacer qu'un taxi sur cinq au sol!".

Source BfmTV