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Vieux 10/01/2007, 13h45   #1 (permalink)
elkhayam
 
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Par défaut Poésie soufi jusqu'à l'ivresse :p)

Je commence fil sans fin, un fil pour tout ce qui est : Sagesse soufi, poésie soufi, histoire soufi, jusqu'à l'ivresse spirituelle.

Je commence par :

« Ton Esprit s’est emmêlé à mon esprit, comme l’ambre s’allie au musc odorant / Que l’on Te touche, on me touche ; ainsi, Toi, c’est moi, plus de séparation » HallaJ
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Vieux 11/01/2007, 07h49   #2 (permalink)
E4i
 
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Je n'ai rien à proposer, mais c'est juste pour dire que je suis ce fil
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Vieux 11/01/2007, 13h11   #3 (permalink)
elkhayam
 
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Il y'a plusieurs types d'amour, le plus connu c'est l'amour passionnel, mais il y'a encore plus fort et moins egoiste que l'amour passionnel. Lorsque cet amour passionnel est purifié , on atteint la partie supreme de l'amour, l'amour fusionnel.

On doit comprendre cet amour si on veut comprendre la poésie soufi, et je pense que celui qui represente le plus cet amour, celui qui en a parlé le plus, c'est Al HallaJ, ce martyr, celui qu'on a executé, et comment peut on tuer qq comme El HallaJ !!!!

Sa faute est d'avoir déclarer un amour sans limite à dieu, sa faute est d'avoir dit "Ana El Haq" (je suis la verité), est ce raisonnable, on lui a brulé beaucoup de livres !! On aura l'occasion d'en parler plus amplement, parce que honnêtement, pour moi Al HallaJ est le plus grand mystique de tous les temps.

Quelques belles choses d'El HallaJ :

"Nous sommes deux esprits infondus en un (seul) corps
Aussi me voir c'est Le voir et Le voir c'est nous voir"

"Ton image est dans mon oeil, ton invocation dans ma bouche.
Tu demeures dans mon coeur. Où donc peux-tu être absent?"

"Avec l'oeil du coeur, je vis mon Seigneur.
Et Lui dis: qui es Tu? Il me dit: Toi"

"Et maintenant je suis Toi-même,
Ton existence c'est la mienne et c'est aussi mon vouloir"



"Tu demeures dans mon coeur et il contient le mystère de Toi.
Que la demeure se réjouisse et que se réjouisse le voisin!
Il ne contient aucun mystère que je connaisse sauf Toi
Regarde avec Ton oeil: y a-t-il un autre dans la demeure?
Que la nuit de la séparation s'allonge ou s'écourte
L'espoir et le souvenir de Lui me tiennent compagnie.
Ma perte me convient qui Te convient, ô mon Tueur
Et je choisis ce que Tu choisis"


"J'ai étreint, de tout mon être, tout Ton amour, ô ma Sainteté!
Tu me mets à nu, tant, que je sens que c'est Toi en moi..."

"Son esprit est mon esprit et mon esprit Son esprit;
Qu'Il veuille, et je veux; que je veuille, Il veut"

Et là mes amis, preparez vous, le plus haut degré de l'amour soufi, un amour que les cretins de l'epoque ne l'ont pas compris, et ont executé l'âme la plus noble, certes le contenu est chaud, mais ce n'est pas donné à tout le monde pour la comprendre :


"Unifie moi, ô mon Unique (en Toi)
En me faisant vraiment confesser que Dieu est Un
Par un acte où aucun chemin ne serve de route!
Je suis vérité en puissance, et comme la Vérité en acte (al Haqq) est son propre potentiel,
Que notre séparation ne soit plus!..."



A+

B.
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Vieux 11/01/2007, 16h48   #4 (permalink)
elkhayam
 
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On continue cette serie, toujours sur El HallaJ, mais maintenant je vais vous parler un peu d'un des hommes chez qui j'ai appris à aimer notre Dieu (AWJ), qui m'a sorti des pratiques abstraites et théoriques, des pratiques et des comprehension seches de la religion.

Al Hallaj est le plus grand mystique musulman, et un des grands mystiques de tous les temps, Louis Massignon celui qui l'a fait connaitre en Occident lui a consacré 4 volumes, plus de milles pages, La Passion d’al-Hallâj , admirait et a fait connaître aussi l'originalité de son oeuvre littéraire (Passion III, 352-373). Plus récemment, Sami-Ali a publié chez Sindbad (1985) une traduction des Poèmes mystiques de Hallâj avec une remarquable introduction sur La poétique de Hallâj, édition de poche chez Albin Michel (1998). Nous nous proposons d'examiner en quoi et comment Hallâj est-il poète? Qu'est-ce qui fait l'essence de la poésie chez Hallâj? Quels sont ses procédés poétiques? Avant de répondre à ces questions, il convient de rappeler brièvement quelle fut la personnalité de Hallâj.

Husayn Mansour Hallâj est né en 244 de l'ère musulmane (857) à Beïza, centre très arabisé dans la province perse d'Ahwâz. Son père était cardeur. Son premier maître en mystique fut Sahl de Tustar, puis, à vingt ans, il reçut du grand maître 'Amr Makki, l'habit monastique de sûfi à Basra. Il se maria dans le même temps et eut quatre enfants. Sa belle famille avait des accointances shî'ites extrémistes (zanj) qui le firent suspecter, bien qu'il fût rigoureusement sunnite. Après un premier hajj d'un an à la Mecque, il commença sa première prédication publique en Ahwâz, en rejetant l'habit sûfi, puis il poursuivit sa prédication en Khurâsân. Au bout de cinq ans, il vint s'installer avec sa famille à Bagdad. Après un second pèlerinage, il repartit pour un second grand voyage jusqu'à l'Indus et en revint pour son troisième et dernier pèlerinage (vers l'an 290/902). Revenu à Bagdad, il commença à tenir en public des discours surprenants qui provoqueront une grande émotion populaire. Il fut dénoncé par le poète sunnite zahirite Ibn Dawud, qui demanda sa condamnation à mort. D'abord acquitté, Il fut ensuite à nouveau menacé par le vizir shî'ite Ibn al Fûrat. Quatre disciples sont arrêtés mais lui-même s'échappe et se cache à Suse en Ahwâz, où il sera arrêté et ramené à Bagdad. Son interminable procès de neuf ans, soumis aux retournements du pouvoir, commence alors. En 301/913, un nouveau vizir, prohallagien, Ibn Isâ, fait avorter le procès et soustrait le cas de Hallâj à la compétence du cadi. Hallâj est interné au Palais mais il est autorisé à prêcher aux détenus et il est introduit auprès du khalife. Mais en 306/919, le vizir Hâmad fait rouvrir son procès. Tirant argument de la doctrine de Hallâj sur le remplacement votif du hajj, le cadi prononce la formule : "il est licite de verser ton sang", approuvé par 24 membres du tribunal canoniste. Deux jours après, le 27 mars 922 (309), Hallâj est exhibé au gibet et le lendemain intercis et décapité. Son tronc fut incinéré et ses cendres jetées dans le Tigre. La tête fut gardée par la Reine-mère - qui lui était favorable - au "trésor des têtes" du Palais, avant d'être envoyée en Khurâsân. C'était le premier martyre d'un mystique en Islam.








PS : Merci à jm.saliege
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Vieux 11/01/2007, 18h46   #5 (permalink)
Raziela
 
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je sens que je vais devenir soufia ............. merci de nous abreuver ..
assoifés nous sommes ...
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Vieux 14/01/2007, 13h08   #6 (permalink)
elkhayam
 
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Je continue ce post sans fin sur la poésie soufie et le soufisme.

Ses oeuvres - le peu qu'il en reste -, c'est-à-dire les poèmes et oraisons extatiques (Diwân), les sentences détachées (Riwâyât), les oraisons (munâjât) parvenues sous la forme de Akhbar al Hallâj, les fragments dogmatiques des Tawâsin (dont l'opuscule dit Tâ Sîn al-Azal sur Iblis (Satan), écrit et publié en prison), ont été sauvées par ses disciples et retransmises selon la coutume musulmane par des chaînes (isnad) de "rapporteurs". Ses poèmes proprement dits, tirés pour la plupart des Akhbar al Hallâj où le récit en prose rimée précède le récitatif en vers - le Tâ Sîn al-Azal est de même un mélange de prose et de vers - ont été réunis pour la première fois en traduction française par Louis Massignon dans le Diwân (première édition en 1931). L'édition de Sami-Ali ne retient pas 39 poèmes sur 88 considérés comme non authentiques. Il est vrai que Hallâj, comme Louis Massignon l'a noté, récitait volontiers à ses auditeurs des poèmes d'autres auteurs mystiques, voire empruntés à l'amour profane, particulièrement des poèmes d'Abu Nuwas.



"Ote tes sandales ! en vérité, tu es dans la vallée sainte du Tuwa " (Coran 20,12)
[Commentaires de Hallaj] : " Or la Réalité est Réalité, et la nature est créée. Rejette donc loin de toi la nature créée, pour que toi tu deviennes lui, et lui toi, dans la Réalité ".

Ahmad ibn Fâtik dit encore: J’ai dit à al-Hallâj: Lègue-moi un commandement. Il dit: Ton âme! Si tu ne l’asservis pas, elle t’asserviras (Hâ nafsuka in lam tashghaluhâ shaghalatka).

Et une petite delice HallaJienne :
Mon compagnon de coupe est hors de toute suspicion,
Quant à son intention de me léser :
Il me convia, puis me salua,
Comme l’hôte fait à son hôte;
Mais sitôt que la coupe circula,
Il fit apporter le tapis de supplice et le glaive…
Tel est le sort de qui boit le Vin,
En plein été, en compagnie du Monstre.
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Vieux 14/01/2007, 13h15   #7 (permalink)
Raziela
 
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Citation:
Envoyé par elkhayam


Ahmad ibn Fâtik dit encore: J’ai dit à al-Hallâj: Lègue-moi un commandement. Il dit: Ton âme! Si tu ne l’asservis pas, elle t’asserviras (Hâ nafsuka in lam tashghaluhâ shaghalatka).
cela suffit-il pour etre un soufi ?
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Vieux 14/01/2007, 13h22   #8 (permalink)
elkhayam
 
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Par défaut Rumi

En paralléle d'El HallaJ, il y'a Jallal Edine El Rumi qui a eu une chance d'être protégé par des puissants de l'époque et qui a eu de la chance de ne pas être executé sauvageament par les partisans d'un Islam orthodoxe, et du coup les oeuvres de Rumi ont été preservés contrairement à ceux de notre chere HallaJ qui ont été brulées.

Hum, ces soufis qui sont devenus la dernière belle chose qui existe dans l'Islam actuel, chose que beaucoup de musulmans tout en les meprisant se refugié derière ce qu'ils ont meprisés il n'y a pas si longtemps que ça.


Voici un extrait d'un des plus beaux poémes d'amour, un poéme ecrit par Rumi en hommage à son maitre "Shams" de Tabriz, un maitre que Rumi a pleuré sa mort, qui l'a rendu triste, amour tellement passionnelle qu'un certain nombre d'iraniens soupçonnent un amour un peu ambigu, mais cet amour est sincére, parce qu'on ne peut pas atteindre le plus haut de degré de l'amour divin si on est incapable d'aimer son prochain.

Allez, j'arrête mon baratin, et je vous laisse deguster du bon Rumi, bonne degustation

J'étais mort, vivant me voici,
Jétais larme, ris me voici,
Arriva le bonheur d'amour,
Bonheur éternel me voici.

J'ai la vision rassasiée
J'ai le souffle templi d'auace,
la bile intrépide du lion,
Vénus ardente me voici.

Il dit: "Mais on, tu n'es pas fou,
Pas digne de cette maison."
Je suis parti me rendre fou,
tel les attachés me voici.

Il dit: "Mais non, tu n'es pas ivre,
Va, tu n'es pas de cette espèce."
Je suis parti, me voici ivre,
Et rempli de joie me voici.

Il dit: "Mias no, tu n'es pas mort,
Tu n'es pas souillé par la joie."
À sa face qui donne vie,
Mort et effondré me voici.

Il dit: "Oh oui, tu es rusé,
Ivre de doute et de pensée."
Alors ignorant, effrayé,
Détaché de tous me voici.

Il dit: "Tu es une bougie,
Celui vers qui l'assemblée prie."
Assemblée ne suis, ni bougie,
Fumée dispersée me voici.

Il dit: "Tu es le cheikh, la tête,
Devant tu mènes le chemin."
Cheikh me suis, ni menant chemin,
Ton suiveur-d'ordres me voici.

Il dit: "Tu as plumes et ailes,
je ne te donne aile ni plume."
Désirant ses plumes, ses ailes,
Sans aile et plumes, me voici.

La chance nouvelle m'a dit:
"N'avance plus et sois sans peine.
Par bonté, générosité,
Le venant-vers-toi me voici."

Le vicil amour m'a dit: "D'auprès
De nous ne te déplace pas."
J'ai dit: "Non, je ne bouge pas,
Immobile ici me voici."

Tu es la source du soleil
Et moi je suis l'ombre du saule.
Toi, tu m'as frappé à la tête,
Misérable en feu me voici.

Mon coeur trouva l'éclat du souffle,
Mon coeur s'ouvrit et se fendit,
Mon coeur tissa nouveau brocart,
Haine des haillons me voici.

Le visage du souffle, à l'aube,
Se vanta, sous le coup d'ivresse:
"J'étais domestique et ânier,
Roi et grand seigneur me voici."

Reconnaissante, elle est, ta feuille,
De sentir ton sucre sans fin,
Quand elle est venue prés de moi,
Moi, comme elle alors me voici.

Reconnaissante, terre triste,
Pour le ciel et la roue courbée,
À sa vue, à son tournoiement,
Capteur de clarté me voici.

Reconnaissante, roue du ciel,
Pour le roi, pour l'ange et la terre.
Par sa généreuse bonté,
Clair et généreux me voici.

Reconnaissant, l'homme du Vrai,
Car la tête de tous nous sommes.
Sur les sept étages du ciel,
Brillante étoile me voici.

J'étais Vénus, me voici Lune,
Et la roue deux cents fois pliée,
J'étais Joseph, dorénavant
Faiseur de Joseph me voici.

Comme les échecs sois mobile
Et silencieux, mais tous parole.
Visage-tour du roi du monde:
Heureux, victorieux me voici.
Le livre de Chams de Tabriz de Rûmi
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Vieux 14/01/2007, 13h25   #9 (permalink)
elkhayam
 
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Citation:
Envoyé par Raziela
cela suffit-il pour etre un soufi ?
Tu sais Raziela, les choses les plus puissants viennent de la simplicité, le souffisme n'est rien d'autre qu'un amour sans limite à notre Dieu.

Hum, l'âme cette partie qui donne la beauté à la vie, cette âme qui voyage plus vite que la lumière, cette âme qui est prisonière de notre corps, est au centre du soufisme, libérer son âme.
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Vieux 15/02/2007, 23h22   #10 (permalink)
elkhayam
 
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Allez, tennez, un petit cadeau, de la belle poésie souffie.
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