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Vieux 25/06/2008, 16h47   #1 (permalink)
Admino
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Date d'inscription: mars 2006
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Par défaut Lounès Matoub raconté par son ami Méziane Ourad

Témoignage : Lounès Matoub raconté par son ami Méziane Ourad



Les autoradios des kabyles du monde entier peuvent en témoigner. Jamais mort n'a été aussi vivant! Les soixante-treize balles qui ont labouré la Mercédès et le corps de Matoub, il y a dix ans jour pour jour, résonnent encore comme un hymne à la gloire de sa grandeur. En ce sale après-midi du 25 juin 1998, Lounès, sans jamais y avoir prétendu ni l'avoir imaginé, a épousé l'éternité. Homme en acier trempé Matoub a, à maintes reprises, subi l'épreuve du feu au cours de sa vie.

C'est dans un grand éclat de rire qu'il aimait raconter avant de le relater dans "le Rebelle", ouvrage autobiographique, comment il avait incendié plus ou moins accidentellement 'l'école de son enfance, dans son village. En réalité, le gamin très indiscipliné, qu'il était déjà, n'a jamais vraiment aimé. L'absence du père, cuisinier émigré en France, dont il ne se rapprochera un tant soit peu que vers la fin de sa vie, n'expliquait pas tout. Non, Matoub, en incontestable visionnaire, a tout simplement commencer très tôt à se méfier de l'idéologie arabo-islamique qui nimbait, alors (et toujours!), l'Algérie et plus particulièrement les bancs de ses écoles.

Contrairement à ce qu'ont toujours voulu faire croire et ses amis et ses ennemis, Lounès Matoub, parfait arabophone s'il en est, n'a jamais haï la langue arabe, encore moins l'arabe algérien, celui de son humus-la chanson chaabi- qui était la langue véhiculaire dans son monde, celui de la nuit. Homme sans concessions, le poète grandit dans l'adversité abhorrait par contre les hommes et le système qui avaient fait de la négation de sa langue (tamazight),de son identité et de sa personnalité, un projet de société.de vie.

Très tôt, Matoub a su qu'il allait vouer sa vie au combat pour ce qu'il est convenu d'appeler aujourd’hui les libertés démocratiques et contre toutes les injustices. C'est donc tout naturellement qu'à des moments clés et douloureux de la vie de son pays, sa voix portant la foule ou portée par elle a tonné. Fils du verbe Matoub était aussi Homme d'actes et quel plus bel acte pour le poète que celui d'écrire sans jamais tarir? Pour un chanteur de dire sans jamais s'essouffler? Matoub n'était pas de cette race de chanteurs qui ne flirtent avec le firmament que pour mieux et plus vite en retomber.

Comme tout humain il aimait la popularité, il avait un égo bien portant mais il se préoccupait surtout, au quotidien, de son œuvre. Il écrivait à tout instant. Entre une bière et un « baby », il aimait lorsqu'il était avec des amis, dégainer les petits papillons de papier sur lesquels il donnait naissance à toutes les merveilles qu'il nous a léguées. Ne se prenant pas pour un messie, Matoub toujours sollicitait l'avis des autres. Par acquis de conscience? Peut-être...Sans doute aussi par amour du partage. Partage : un mot que Lounès connaissait bien. Qu’il pratiquait sans compter. Nul en arithmétique, il était trop fort en humanité. Cela lui a valu d'être fâché à vie avec l'argent. Il s'est souvent débrouillé tout de même, pour avoir ce qu'il fallait lorsqu'il était pressant d'insuffler le bonheur dans une assemblée de copains.

Humanité, voilà bien le mot qui caractérisait le mieux Matoub. On est bien loin du chauvinisme, du sectarisme ou de l'extrémisme dont l'accusaient ceux qui le connaissaient le moins. L'homme, il est vrai, aimait la provocation. Son verbe était haut et ses mots durs. La mort habitait ses textes. Autant que le sang mais aussi autant que l'amour, la terre, la femme, la misère ou l'exil...Aujourd’hui, lui, qui a tourné le dos à l'école mais jamais au savoir, alimente en permanence les corpus des étudiants en linguistique berbère...Beau pied de nez à l'université qu'il n'a jamais cherché à atteindre!

Son parcours finira tout de même par le propulser sous les ors de la Sorbonne, le jour où, en présence du Dalai-lama, Danielle Mitterand lui remet le prix de la mémoire. Matoub qui, sa courte vie durant, a combattu l'amnésie ne pouvait rêver de mieux que cette reconnaissance. Lui qui savait si bien être enfant-encore une chose qu'on lui reprochait à tort- était heureux comme au jour de ses trois épousailles...Quelques jours après avoir reçu ce prix, il apprenait que son nom avait été soufflé au comité du Nobel de la paix. Une pétition pour soutenir cette proposition circulait. Matoub n'en a pas dormi la nuit pendant quelques mois. Ni lui ni le défunt Nobel ne pouvaient imaginer qu'il allait être tué quelques années plus tard par la violence et la haine.

D
es balles et la proximité de la mort, Lounès les avaient déjà connues en octobre 1988,lorsque parti distribuer des tracts appelant au calme en compagnie de deux étudiants, sur les chemins de Kabylie, un gendarme particulièrement haineux lui a vidé un chargeur de kalachnikov dans le ventre. Il en a gardé un handicap à vie mais ce que le gendarme ne pouvait savoir c'est que Matoub allait faire de cette agression un atout pour s'élever vers le meilleur. Jamais Lounès n'a été autant ni mieux disert que cette tentative d'assassinat affectueusement couverte par la gendarmerie nationale. Matoub était en ce temps frappé d'anathème par les médias du pays. Je me souviens avoir convaincu "Algérie-Actualités" où je travaillais à l'époque de me laisser publier un papier sur l'évènement. L'idée a été acceptée. Rendez vous compte, le premier article sur Matoub dans la presse algérienne et la relation du traitre forfait d'un gendarme! Le papier a effectivement paru quoique gentiment aménagé par la direction mais accompagné -c'était une incontournable condition- d'une mise au point de l'état major du corps mis en cause qui bottait en touche. Amen!

Le 25 Juin 1998, dans le même temps où Lounès est assassiné à Tizi bouinan, sur la route reliant Tizi-Ouzou à Beni douala ,toute la population de Kabylie et par delà, tous les amoureux du chaabi, de l'art, de la culture, tous les démocrates de ce pays mille fois meurtri reçoivent un pieu dans le coeur. La stupeur fait vite place à la colère. Tonnante. Dévastatrice. Les enfants de Kabylie ont déferlé sur leurs villes mettant à terre tous les édifices qui à leurs yeux symbolisaient le seul meurtrier possible: le pouvoir. Cinq jour plus tard, le GIA revendiquait le meurtre. Qu'à cela ne tienne! Les supputations sur l'identité des commanditaires allaient continuer. D'aucuns accuseront sans preuves formelles ses anciens amis du RCD...La confusion est à ce jour totale. L'enquête sur sa mort est pour ainsi dire est close avant d'avoir été ouverte.

Depuis la disparition de Lounès, la Kabylie a vécu d'autres drames, beaucoup de drames. Elle a enterré des dizaines d'autres fils, morts aussi sous les balles, tombés en chantant ses chansons, tout imbibés de ses valeurs. Le chantre de l'amazighité n'a pas assisté aux victoires arrachées par ses héritiers. Ils lui auront sans doute raconté si ils l'ont croisé dans l'au delà que ses aspirations lui ont survécu. Tout comme ses mots .Son chant. Ses leçons.

Il y a quelques années, alors que nous partagions une de ces indicibles et mémorables soirées, je lui demande convaincu de mon fait: "dis moi Lounés, quand j'écoute tes chansons, je ne peux pas m'empêcher de penser que tu parle kabyle mieux que ma mère. Comment tu expliques cela?" Sans réfléchir, Matoub me répond : "espèce de c.on, je ne parle pas kabyle mieux que ta mère. C'est toi qui ne connais pas ta mère."

Sidérant! J'ai déjà raconté cette histoire mais avouez qu'elle mérite d'être répétée. Depuis sa mort, depuis le printemps noir, chacun a appris à reconnaitre sa mère. Il reste à l'Algérie de reconnaitre ses enfants et cela malheureusement ne semble pas imminent.

TSA
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Vieux 25/06/2008, 20h23   #2 (permalink)
FATY
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Par défaut repose en paix lounes

lounes MATOUB est mort a TALA BOUNANE athe douala

Le jour de son assassinat je ne l’oublierais jamais
Je n’aie jamais vue la kabyle aussi triste les gens été de venus fou
Il restera vivant dans nos cœurs pour toujours
défendent ses idées
Et combattants les gens qui veulent exploiter son nom
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Vieux 26/06/2008, 00h16   #3 (permalink)
arcogriffe
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allah irahmou!!!!
c'etait un grand homme avec un grand coeur,un grand patriote et un grand fanatique de sa patrie
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si tu es patient un jour de colère,tu t'evites cent jours de chagrin..
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Vieux 26/06/2008, 10h08   #4 (permalink)
Massinissa
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D Argaz, c'est pas demain la veille qu'on aura un autre homme de son envergure !
Ce qui est étonnant c'est que même mort il fait toujours peur au pouvoir et aux intégristes ! c'est ce qui me pousse à dire que Matoub est vivant !
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Vive Matoub
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Vieux 26/06/2008, 10h40   #5 (permalink)
Admino
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Envoyé par Cassiopée Voir le message
Ca ne se fait pas de dire du mal sur les morts, mais c'était un bon petit arabophobe, doublé d'un bon petit islamophobe.

C'était un patriote, mais avec une définition bien à lui de la patrie algérienne. Cela dit, c'est un hero de sa cause, personne ne peut contester ça.
Tout comme toi, tu es kabylophobe, sans même l'assumer... je sais, tu vas me sortir "j'ai des amis kabyles et bla bla" on la connait celle la, même Le Pen nous la sort toujours...

PS : Dire qu'il y a encore quelques temps tu disais sur lui qu'il était un grand homme et que t'avais du respect pour lui, et là tu ne vois en lui qu'un islamophobe, arabophobe, héros de sa cause ... Cela dit, rien ne m'étonne plus de toi, tu as l'art de changer de cap comme on change de chemise, pour toi, chaque occasion est bonne pour polémiquer et faire l'intéressant !
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Vieux 26/06/2008, 10h44   #6 (permalink)
Admino
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Envoyé par Cassiopée Voir le message
Au secours, un membre de la tribu est attaqué
Encore une phrase à la c.on pour te sauver ... et éviter la honte de tes propos !
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Vieux 26/06/2008, 10h52   #7 (permalink)
Admino
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Envoyé par Cassiopée Voir le message
Avec toi, c'est la recré tout le temps, tu vois les discussions comme des bagarres entre 2 jeunes de 8-14 ans

Oui oui bla bla, encore une phrase sans tête ni queue, je me demande qui est entrain de faire le gamin entre toi et moi ... réponds au moins au sujet du post au lieu de faire le clown... Tu te décrédibilises de plus en plus, la pluapart des forumistes n'en ont plus aucun doute !

Je pensais que t'étais guérit de ta skyzophrénie mais je me rend compte que j'avais fait fausse route ... Si tu restes sage, je te payerai une visite chez le psy.
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Vieux 26/06/2008, 11h40   #8 (permalink)
Massinissa
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Envoyé par Cassiopée Voir le message
Ca ne se fait pas de dire du mal sur les morts, mais c'était un bon petit arabophobe, doublé d'un bon petit islamophobe.

C'était un patriote, mais avec une définition bien à lui de la patrie algérienne. Cela dit, c'est un hero de sa cause, personne ne peut contester ça.
D'où est ce que tu tiens ça Monsieur l'illuminé ? est ce que tu as des preuves ? est ce que tu as accès à son oeuvre ? ceux qui ont essayé de lui faire porter cette étiquette d'islamophobe et arabophobe ont réussi parce que des gens comme toi, qui se croient au courant de tout sont légion chez nous !

Je ne polimiquerai pas là dessus avec toi, je dirai juste Vive Matoub !
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Vieux 26/06/2008, 16h22   #9 (permalink)
Wahrani
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Vieux 26/06/2008, 16h45   #10 (permalink)
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Pour Massinissa !
Je l'ai posté plus haut, dilem était l'un de ses meilleurs amis ! Il disait que Matoub parlait un kabyle nucléaire dans ses chansons !
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