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Le coin des poètes Exprimez vos états d'âmes sans complexe avec les mots

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Vieux 24/03/2007, 01h35   #21 (permalink)
Jouljoul
 
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Par défaut Aménokhal Moussa Hag Amastan'

Lettre

Dâssine, parmi ses femmes, est un dattier entre des lataniers.
Dâssine, parmi ses femmes, est un mehari de Gadallam entre des mehara du Mouydir.
Dâssine, parmi ses femmes, est une lance de Maghi entre des lances d'Arren-Tazerouk.
Ô Dâssine ould-Yemma, ton cousin, fils de la soeur de ta mère, t'écrit ceci :

"Il est jeune comme le riz qui vient de se former dans la rizière. Il est éclatant comme son bouclier d'Aménokhal. Il est noble comme son sabre de guerre. Tu peux l'aimer.
Ô pur visage dont l'éclat traverserait un voile épais, Ô Dâssine, ton cousin, fils de la soeur de ta mère, Moussa Ag-Amastan' te demande de lui permettre de prendre part à la réunion poétique et galante que tu vas présider ! Personne n'a jamais vu son visage. Personne n'a jamais entendu chanter son coeur."

Dernière modification par Jouljoul 25/03/2007 à 18h42.
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Vieux 24/03/2007, 08h43   #22 (permalink)
Raziela
 
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Dassine Oult Yemma, Sultane du désert, c'est la plus grande "sultane d'amour". Elle "était messagère de paix " entre les Touareg dissidents.

"L'eau elle-même sait nous dire 'je t'aime' en posant sur nos lèvres le meilleur des baisers

Si tu demandes où est Allah, l'eau, le ciel, le sable te répondent: c'est moi, c'est moi, c'est moi. Parce qu'il les a crées tous les trois et qu'il demeure avec eux, toujours.

Qu'importe tous les voiles sous lesquels tu te caches, j'en ris comme le soleil rit des nuages; "Ta vraie pensée sort toujours de ton coeur dans ton souffle."

(Dassine Poétesse Targuie).
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Vieux 25/03/2007, 18h41   #23 (permalink)
Jouljoul
 
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Par défaut Aménokhal Moussa Hag Amastan'

La déclaration

O Dâssine, puisque ton imrad a chanté pour moi et puisque tu m'as permis de m'asseoir à tes pieds, permets-moi aussi de te jurer que tu seras toujours libre dans le jardin de mon coeur ! Ne crains donc pas que je veuille régner sur toi. On n'asservit pas une lionne ou un rossignol.

O ma rose du Hoggar, ô ma montagne bleue, ô mon tapid de laine blanche, ô mon urne, ô ma fontaine, ô ma rivière ! O toi que j'aime ! Toi, la plus belle, la plus fraîche, la plus parfumée, la plus fière ! Toi, que tous les hommes préfèrent et que je préfère ! Je veux que tu sois mon épouse. Sublime oiseau du Hoggar, je veux être ton nid !


Un soir

Un soir, un de mes guerriers a dit : "Elle est l'or et l'argent martelés ensemble".
Un autre a dit : "Elle est la salive de ma bouche".
Un autre, encore, a déclaré : "Elle est un rosier dans mon coeur. Elle est l'eau de Zem-Zem que je préfère à l'eau de Tazerouk. Elle est le paradis".

Enfin, mon plus cher compagnon a prononcé : "O Moussa, toi qui la chéris comme nous tous, dis-nous ce qu'elle est !"

J'ai répondu : "Dâssine est la colombe et l'hyène, le lit et la tombe, le ciel et l'enfer. Mais, si j'étais devenu un fils de la poussière, frère des djnouns, je sortirais de mon tombeau pour revoir Dâssine. Il lui serait impossible de me chasser, car je serais mêlé à l'air qu'elle respire, et je la possèderais jusque dans les replis les plus chauds de son coeur".
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Vieux 25/03/2007, 20h10   #24 (permalink)
Gallizour
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Par défaut De Gibran le passage que j'aime le plus

Alors Almitra dit, Parle-nous de l'Amour.

Et il leva la tête et regarda le peuple assemblé, et le calme s'étendit sur eux. Et d'une voix forte il dit :

Quand l'amour vous fait signe, suivez le.

Bien que ses voies soient dures et rudes.

Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui.

Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser.

Et quand il vous parle, croyez en lui.

Bien que sa voix puisse briser vos rêves comme le vent du nord dévaste vos jardins.

Car de même que l'amour vous couronne, il doit vous crucifier.

De même qu'il vous fait croître, il vous élague.

De même qu'il s'élève à votre hauteur et caresse vos branches les plus délicates qui frémissent au soleil,

Ainsi il descendra jusqu'à vos racines et secouera leur emprise à la terre.

Comme des gerbes de blé, il vous rassemble en lui.

Il vous bat pour vous mettre à nu.

Il vous tamise pour vous libérer de votre écorce.

Il vous broie jusqu'à la blancheur.

Il vous pétrit jusqu'à vous rendre souple.

Et alors il vous expose à son feu sacré, afin que vous puissiez devenir le pain sacré du festin sacré de Dieu.

Toutes ces choses, l'amour l'accomplira sur vous afin que vous puissiez connaître les secrets de votre cœur, et par cette connaissance devenir une parcelle du cœur de la Vie.

Mais si, dans votre appréhension, vous ne cherchez que la paix de l'amour et le plaisir de l'amour.

Alors il vaut mieux couvrir votre nudité et quitter le champ où l'amour vous moissonne,

Pour le monde sans saisons où vous rirez, mais point de tous vos rires, et vous pleurerez, mais point de toutes vos larmes.

L'amour ne donne que de lui-même, et ne prend que de lui-même.

L'amour ne possède pas, ni ne veut être possédé.

Car l'amour suffit à l'amour.

Quand vous aimez, vous ne devriez pas dire, "Dieu est dans mon cœur", mais plutôt, "Je suis dans le cœur de Dieu".

Et ne pensez pas que vous pouvez infléchir le cours de l'amour car l'amour, s'il vous en trouve digne, dirige votre cours.

L'amour n'a d'autre désir que de s'accomplir.

Mais si vous aimez et que vos besoins doivent avoir des désirs, qu'ils soient ainsi :

Fondre et couler comme le ruisseau qui chante sa mélodie à la nuit.

Connaître la douleur de trop de tendresse.

Etre blessé par votre propre compréhension de l'amour ;

Et en saigner volontiers et dans la joie.

Se réveiller à l'aube avec un cœur prêt à s'envoler et rendre grâce pour une nouvelle journée d'amour ;

Se reposer au milieu du jour et méditer sur l'extase de l'amour ;

Retourner en sa demeure au crépuscule avec gratitude ;

Et alors s'endormir avec une prière pour le bien-aimé dans votre cœur et un chant de louanges sur vos lèvres.
Bien évidemment, mesdames, ça n'est pas trés saharien, mais c'est ce que j'ai sous sous la main
__________________
Dix mesures de paroles sont descendues en ce monde; les femmes en prirent neuf et les hommes une.

Dernière modification par Gallizour 25/03/2007 à 20h14.
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Vieux 25/03/2007, 21h10   #25 (permalink)
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Ce n'est peut-être pas très saharien, mais cela fait que cela frappe directement où cela doit frapper :

"Quand l'amour vous fait signe, suivez le.
Bien que ses voies soient dures et rudes.
Et quand ses ailes vous enveloppent, cédez-lui.
Bien que la lame cachée parmi ses plumes puisse vous blesser.
Et quand il vous parle, croyez en lui."

Excellent choix, Galli.
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Vieux 26/03/2007, 10h14   #26 (permalink)
Bleuette
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La Dame du Printemps
Ses longs cheveux d'aurore ogivant son front lisse,
La Dame du Printemps, en un songe éternel,
Au bord du lac où sonnent les cors d'Avenel
Mire les fleurs de sa robe de haute lisse.

Parmi l'Avril épars, et les tièdes délices,
Limpide, elle sourit à l'azur fraternel.
Ses yeux ont la couleur du lac originel,
Et son corps se balance au rythme des calices.

L'étendard bleu frissonne au vent sur les tourelles :
Or le doux mal qui chante au coeur des tourterelles
En son coeur berce un rêve ineffable à saisir.

C'est la langueur d'aimer qui brame sur la berge,
Et de ses longues mains, elle flatte, la Vierge,
À ses pieds allongé son tigre, le Désir.

Albert Samain
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Vieux 26/03/2007, 10h19   #27 (permalink)
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Il est bon, ce poème d'Albert Samain ! Une telle fraîcheur !
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Vieux 26/03/2007, 10h23   #28 (permalink)
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Merci Joul
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Vieux 27/03/2007, 05h30   #29 (permalink)
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(Recueil : Les heures claires 1896-1905-1911)

Au clos de notre amour, l'été se continue

Au clos de notre amour, l'été se continue :
Un paon d'or, là-bas, traverse une avenue ;
Des pétales pavoisent
- Perles, émeraudes, turquoises -
L'uniforme sommeil des gazons verts
Nos étangs bleus luisent, couverts
Du baiser blanc des nénuphars de neige ;
Aux quinconces, nos groseilliers font des cortèges ;
Un insecte de prisme irrite un coeur de fleur ;
De merveilleux sous-bois se jaspent de lueurs ;
Et, comme des bulles légères, mille abeilles
Sur des grappes d'argent vibrent au long des treilles.

L'air est si beau qu'il paraît chatoyant ;
Sous les midis profonds et radiants
On dirait qu'il remue en roses de lumière ;
Tandis qu'au loin, les routes coutumières
Telles de lents gestes qui s'allongent vermeils,
A l'horizon nacré, montent vers le soleil.

Certes, la robe en diamants du bel été
Ne vêt aucun jardin d'aussi pure clarté.
Et c'est la joie unique éclose en nos deux âmes,
Qui reconnaît sa vie en ces bouquets de flammes.

Emile Verhaeren
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Vieux 27/03/2007, 18h01   #30 (permalink)
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Les trois "Amis" pour la VIE
de la langue française...



Ils sont plus que trois amis,
Unis devant le big-bang sur
Le grand escalier de l'Infini...

La première, ouverte pour donner,
Le deuxième, plat comme un mur,
Atlas le coeur univers portant,
La troisième, à la longévité,
La complémentarité, la complicité
S'occupe, donnant et recevant,
Fière comme pour deux du bébé

La première prémices forge, soucis
De la Victoire de la création,
Le deuxième insuffle l'Infini,
Brise infinitésimale, incommensurable,
La troisième pour ses Enfants passion
L'emporte... L'originalité ineffable,
S'y glissant multitudes de créations

La première ouVerte pour receVoir,
Le deuxième repoussant lImites
De l'horizons et fait le lIen
Avec la troisième qui porte Espoir
Aux Etoiles venant en la suite,
Parfois en filante, saluer quotidien,
Comme un hommage à l'originelle sève,
Des âmes qui ont pris à ce rêve
Eveillé corps, fleuris de la graine
Qui n'a à aucun moment brisé chaîne.

Mais les trois ne sont pas seuls,
Et ont besoin des autres pour joie.
En d'autres lieux aussi se cueillent
L'essence, le sens de ces trois,
En d'autres cieux, d'autres bouches,
Où d'autres "amis" en font la souche.

À nous francophones, à l'élan
Prononcés d'encre-sang qui le lit,
Ils sont é-toiles tout simplement,
"Humblement", unis pour la VIE...





© Pascal Lamachère - 12/10/2002
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