Annonce

Collapse
No announcement yet.

Yennayer

Collapse
X
  • Filter
  • Heure
  • Show
Clear All
new posts

  • Yennayer

    Yennayer 2967 à Valence
    une fête célébrée dans la convivialité

    le 15.01.17|16h41

    En Espagne , "Yennayer" 2967 correspondant à l´année 2017 a prit tout son sens. les amazighs de Valence
    et leurs invités ont accueillis la nouvelle année berbère dans la gaieté et la convivialité.


    Click image for larger version

Name:	Yennayer 2967 à Valence.jpg
Views:	1
Size:	30,2 Ko
ID:	5731608


    De Valence ( Espagne)
    De notre correspondant

    Le passage obligatoire à la nouvelle année se veut être une journée qui augure, suivant la culture ancestrale des Amazighs, le labeur et la prospérité. Yennayer est le premier jour de l’an du calendrier agraire utilisé depuis
    l’antiquité par le peuple Amazigh à travers l’Afrique du Nord.En cette occasion , les ressortissants kabyle établis à
    Valence , à l´initiative des membres de l ´Association "Tafath" , notamment, Abderrahmane Mammeri,
    Amar Lasmi et Massinissa Abrous, n´ont pas manqué à ce rendez-vous annuel incontournable qui reste plus
    qu’une célébration traditionnelle.Sur fond de musique, ils ont notamment savouré un délicieux couscous préparé
    par les femmes à la maison que les organisateurs ont tenu à inscrire au menu du jour, vu la symbolique de ce plat traditionnel. «Nous sommes vraiment contents. C’est un jour spécial qui représente un pan de l’identité et de notre patrimoine et qu’il faudra surtout préserver». nous a expliqué Hamidou , un Algérien qui vit à Valence depuis plus
    d´une trentaine d´années. Les enfants quant à eux ont su bien profiter de cet événement. Un air de jeux a été spécialement réservé pour eux. En profitant de cette bonne ambiance, ils ont peints leurs visages avec des symboles berbères , et ont participé a un concours de dessin sur Yennayer. Après plusieurs heures de musique et de danse , les berbères de Valence et leurs invités ont assisté à la projection du film documentaire sur "Massinissa" de Mokrane Ait saada . Un film qui retrace la vie de ce personnage historique, en l'occurrence le Roi de la Numidie unifiée. Le réalisateur a utilisé dans son travail les témoignages des historiens tels que Abderrahmane Khalifa et Said Dahmani pour jeter la lumière sur les principaux pans et les périodes la vie qui ont caractérisé le règne du Roi Massinissa , né vers 238 av. J.-C. dans la tribu des Massyles (Mis Ilès), il meurt début janvier 148 av. J.-C., à l'âge de 90 ans.L´événement organisé dans une localité de Valence , en l´occurrence "Aldaia" , a vu la participation de musiciens kabyles établis à Valence, comme Mahfoud , Djamel, Amar, Rabah avec sa fille Sarah et du chanteur italien Andréa Pari dit "Marnain", un grand ami du chanteur Kabyle Zayen, en interprétant en italien mêlé à du kabyle, une chanson qu’il avait intitulée « Azul Fellawen ».
    La fête terminée, les convives se sont quittés, en espérant qu’un prochain rendez-vous aussi chaleureux puisse
    contribuer à leur permettre de retrouver cette ambiance festive.
    Ali Ait Mouhoub
    ZfSa
    Atlas HD-200s

  • #2
    Yennayer
    un héritage de l’humanité

    Lesoir ; le Mercredi 10 Janvier 2018

    Par Karim Younes

    Le 12 du mois de janvier, à l’instar de nos aïeux et ceux qui nous ont précédés, nous célébrerons Yennayer à travers tout le pays, d’est en ouest et du nord au sud. Vraisemblablement, cette fête est la plus ancienne — elle daterait du néolithique —, un héritage des débuts de l’Humanité, symbolisant la communion entre l’homme et la nature. Nous commémorerons, en effet, l’entrée de l’Humanité dans sa 2968e année, une résistance qui lui a permis de faire face, miraculeusement, aux défis, obstacles et accidents de toutes natures rencontrés depuis l’Antiquité. Au-delà de nos frontières, c’est la fête la plus largement partagée en Afrique, où on la retrouve sur toute l’étendue nord du continent, de la presqu’île de Siwa, en Egypte, jusqu’aux îles Canaries et du nord de l’Algérie jusqu’aux tribus Dogons du Mali et celles du Niger en Afrique de l’Ouest. La célébration du nouvel an amazigh est loin d’être un simple rite festif. Son ancrage dans l’histoire de l’humanité est solidement avéré et elle repose sur un socle culturel commun aux sociétés humaines, même si l’appellation diffère d’une région à l’autre : le plus souvent Yennayer, mais aussi Yennar, Nnayer,Yiunyir, Yiwenir, Younar… De même que l’on peut esquisser de nombreuses hypothèses sur un plan étymologique :
    1/ Yenna… verbe dire Yur… Lune ou par extension le ciel. Concluons : Yennayer peut signifier «Les paroles de la lune ou presque le ‘’Verbe du Ciel’’» (HCA).
    2/ Yennayer, formé : de «yen» qui veut dire premier et de «ayer» qui veut dire «lune», mois.
    Dans la région des Chaouias, on désigne Yennayer par «Ass n Fera3oun» (le jour du Pharaon). En effet, il est assez répandu que ce jour célèbre le premier Pharaon amazigh Chachnaq, 1er prince de la XXIIe dynastie pharaonique, originaire de la tribu amazighe des Mechaouech, des régions du nord de l'Afrique. L’histoire rapporte que les Amazighs s’installent victorieux, au bout d’une énième bataille, dans les vastes territoires de l’Egypte qu’ils unifient puis se lancent à la conquête de tout le Proche-Orient. Ils envahissent la Palestine, libèrent Jérusalem en l’an -950, s’emparent des trésors du temple de Salomon, fondent la XXIIe dynastie pharaonique et portent leur prince Chachnaq sur le trône pour un règne de 21 ans. Douze janvier : ce quantième correspond au 1er jour de janvier du calendrier julien, aujourd'hui en décalage de 12 jours par rapport au calendrier grégorien. Le nouvel an amazigh est fêté chaque année le 12 janvier dans les pays du Maghreb, toujours attachés à leurs traditions, symbolisant le premier jour du calendrier agraire en usage depuis l’Antiquité en Algérie et à travers le reste de l’ancienne Numidie, appellation donnée par les Grecs… C’est une réalité historique, évoquée dans les écrits bibliques, où Chachnaq apparaît sous le nom de Shishak… Personnellement, je retiens cette explication, nonobstant les autres hypothèses, greffées autour de la question de cet anniversaire, qui sont, certainement, intéressantes à étudier. Cette date sera décrétée l’an zéro du calendrier amazigh, connu sous le vocable de Yennayer que l’historique lexical fait correspondre au mot latin de l’époque romaine «maître du monde» aux plans militaire, politique et linguistique, Ianiarus, janvier. «C’est donc la date de l’intronisation de Sheshonq (Chashnaq) qui marque l’an zéro du calendrier amazigh. Il se raconte qu’il monta sur le trône de la XXIIe dynastie le 1er Yennayer de l’an 950 avant Jésus-Christ. C’est d’ailleurs le choix de l’Académie berbère, en 1980, d’officialiser le début de l’«ère amazighe» en se référant à cet événement majeur dans l’histoire des Imazighens. En conséquence, la commémoration de cet événement historique, outre le fait qu’il coïncide avec le 1er jour du nouvel an, est d’ordre conventionnel et symbolique».
    Rappelons que :
    - le calendrier julien (l’an 45 av J.-C.), conçu sous Jules César, provient directement du calendrier égyptien à base solaire, sachant que les Égyptiens avaient, durant des millénaires, côtoyé les Amazighs dans un esprit de paix mais aussi de guerre.
    - Que les mois de janvier (Yennayer) et de février ont été inventés par Numa Pompilis, le second des sept rois traditionnels de Rome (715-673 av. J.-C.). Selon la tradition, ce calendrier comportait, à l'origine, dix mois (usage hérité, semble-t-il, du calendrier étrusque). La réforme julienne interviendra pour fixer définitivement le calendrier julien, comportant douze mois de 30 ou 31 jours (à l'exception toujours de février qui comptait 28 ou 29 jours). «Le calendrier julien est un calendrier solaire utilisé dans la Rome antique, introduit par Jules César en 45 av. J.-C. pour remplacer le calendrier romain républicain. Il a été employé en Europe jusqu'à son remplacement par le calendrier grégorien à la fin du XVIe siècle.» On parlera de calendrier amazigh plutôt que numide du fait que la fête qui existait déjà depuis des lustres était célébrée par les ancêtres Gétules et les Garamanthes. (HCA) Mais n’oublions pas que le calendrier amazigh devance de trois cents ans celui des Romains. En effet, la date de naissance exacte des deux mois de janvier et de février, «inventés et introduits le 21 avril 753 avant J.C. à la fondation par Romulus de la ville de Rome (Tite Live)», c’est-à-dire trois siècles après l’accession au trône de Chachnak. La commémoration de Yennayer depuis cette date consacre la pérennité du fait amazigh. Le repas préparé pour la célébration de cette fête (Amenzu Yennayer dans certaines régions, Ras el 3am dans d’autres) diffère d’une région à l’autre. En Kabylie, le couscous à la sauce rouge est généralement agrémenté de viande de la bête sacrifiée (asfel), de volaille, mélangée parfois à la viande séchée (achedluh ou aqedidh). Le choix du coq n’est pas fortuit. «C’est lui qui se réveille bien avant le soleil, c’est l’asfel idéal, il est sacrifié pour ses vertus protectrices. La répartition des parts de poulet, une fois cuit, obéit à une logique imparable. Chaque part est allouée avec une signification particulière.» La cuisse représente le pilier de la maison : elle est donnée à la femme, la maîtresse de maison, c’est la meilleure part ! L’aile est synonyme de départ, on la donne aux filles à marier pour présager de leur mariage proche. La gorge (aguerjuj) et la tête (aqerru) sont données au mari pour qu’il pense à résoudre les problèmes de la maison et à bien parler à la djemaâ. La carcasse (tazagurt) avec le «ot-l’y-laisse» (le croupion) est donnée aux vieux ! Le blanc (taftilt) est réservé pour la fille qui doit se marier au courant de l’année pour qu’elle devienne lumineuse, adtecɛel am teftilt… Ces parts doivent être suffisamment grosses pour qu’il y ait des restes… A cela s’ajoute la préparation des beignets (lesfendj, tihbal, lekhfaf) ou des crêpes (aheddour, tighrifine, achebbadh). A Constantine, c’est la trida, tadjine au poulet fermier (ou fettat) qui est privilégiée. A Oran et dans tout l’ouest du pays c’est le cherchem, un plat à base de blé dur, de fèves, de pois chiches et autres légumes secs qui est de tradition. D’autres plats sont préférés dans le Grand Maghreb, symbolisant, à juste titre, l’abondance alimentaire. A Beni-Snouss, la fête de Yennayer se distingue par l’organisation du carnaval d’Ayrad (le lion) qui a des origines lointaines dans l’histoire de cette région, située au sud-ouest de la wilaya de Tlemcen. «Ce carnaval, qui constitue une fête populaire séculaire des Beni-Snouss, comporte des rituels aussi nombreux que mythiques. Ses origines sont tirées de l’histoire ancienne, du temps des guerres et des batailles que se livraient les autochtones, les Romains, les Numides et les Pharaons.» (Lire La verveine fanée, de l’anthropologue Saridj Mohamed.) Aussi, avouons-le, sans coup férir, l’officialisation de cette journée commémorative n’est, en définitive, qu’un acte de justice, répondant à une revendication légitime, naturelle, qui confortera le ciment national et maintiendra vivante l’âme de l’identité et de l’amour de la patrie, valeurs inépuisables qui chevillent les Algériens à leurs ancêtres. Même si elle est quelque peu tardive, elle ne manquera pas de contribuer au parachèvement de la personnalité de base de l’Algérien en luttant contre toutes les formes éculées d’ostracisme. Yennayer fait partie de notre passé, et c’est le passé qui a enfanté le présent, comme une mère qui met au monde ses enfants. Renier ce passé revient à renier sa mère. Je vous souhaite, à vous, à tout le peuple algérien et à tous les peuples, qui, en connaissance ou par tradition, célèbrent le nouvel an amazigh : Assugwas Amaynut (littéralement : nouvelle année) ou encore assugwas ameggaz.
    K. Y.
    N.B. : Certaines informations sont tirées d’un document du HCA, Haut-Commissariat à l’amazighité


    ZfSa
    Atlas HD-200s

    Comment


    • #3
      Yennayer
      un héritage de l’humanité


      Lesoir ; le Mercredi 10 Janvier 2018

      Par Karim Younes

      Le 12 du mois de janvier, à l’instar de nos aïeux et ceux qui nous ont précédés, nous célébrerons Yennayer à travers tout le pays, d’est en ouest et du nord au sud. Vraisemblablement, cette fête est la plus ancienne — elle daterait du néolithique —, un héritage des débuts de l’Humanité, symbolisant la communion entre l’homme et la nature. Nous commémorerons, en effet, l’entrée de l’Humanité dans sa 2968e année, une résistance qui lui a permis de faire face, miraculeusement, aux défis, obstacles et accidents de toutes natures rencontrés depuis l’Antiquité. Au-delà de nos frontières, c’est la fête la plus largement partagée en Afrique, où on la retrouve sur toute l’étendue nord du continent, de la presqu’île de Siwa, en Egypte, jusqu’aux îles Canaries et du nord de l’Algérie jusqu’aux tribus Dogons du Mali et celles du Niger en Afrique de l’Ouest. La célébration du nouvel an amazigh est loin d’être un simple rite festif. Son ancrage dans l’histoire de l’humanité est solidement avéré et elle repose sur un socle culturel commun aux sociétés humaines, même si l’appellation diffère d’une région à l’autre : le plus souvent Yennayer, mais aussi Yennar, Nnayer,Yiunyir, Yiwenir, Younar… De même que l’on peut esquisser de nombreuses hypothèses sur un plan étymologique :
      1/ Yenna… verbe dire Yur… Lune ou par extension le ciel. Concluons : Yennayer peut signifier «Les paroles de la lune ou presque le ‘’Verbe du Ciel’’» (HCA).
      2/ Yennayer, formé : de «yen» qui veut dire premier et de «ayer» qui veut dire «lune», mois.
      Dans la région des Chaouias, on désigne Yennayer par «Ass n Fera3oun» (le jour du Pharaon). En effet, il est assez répandu que ce jour célèbre le premier Pharaon amazigh Chachnaq, 1er prince de la XXIIe dynastie pharaonique, originaire de la tribu amazighe des Mechaouech, des régions du nord de l'Afrique. L’histoire rapporte que les Amazighs s’installent victorieux, au bout d’une énième bataille, dans les vastes territoires de l’Egypte qu’ils unifient puis se lancent à la conquête de tout le Proche-Orient. Ils envahissent la Palestine, libèrent Jérusalem en l’an -950, s’emparent des trésors du temple de Salomon, fondent la XXIIe dynastie pharaonique et portent leur prince Chachnaq sur le trône pour un règne de 21 ans. Douze janvier : ce quantième correspond au 1er jour de janvier du calendrier julien, aujourd'hui en décalage de 12 jours par rapport au calendrier grégorien. Le nouvel an amazigh est fêté chaque année le 12 janvier dans les pays du Maghreb, toujours attachés à leurs traditions, symbolisant le premier jour du calendrier agraire en usage depuis l’Antiquité en Algérie et à travers le reste de l’ancienne Numidie, appellation donnée par les Grecs… C’est une réalité historique, évoquée dans les écrits bibliques, où Chachnaq apparaît sous le nom de Shishak… Personnellement, je retiens cette explication, nonobstant les autres hypothèses, greffées autour de la question de cet anniversaire, qui sont, certainement, intéressantes à étudier. Cette date sera décrétée l’an zéro du calendrier amazigh, connu sous le vocable de Yennayer que l’historique lexical fait correspondre au mot latin de l’époque romaine «maître du monde» aux plans militaire, politique et linguistique, Ianiarus, janvier. «C’est donc la date de l’intronisation de Sheshonq (Chashnaq) qui marque l’an zéro du calendrier amazigh. Il se raconte qu’il monta sur le trône de la XXIIe dynastie le 1er Yennayer de l’an 950 avant Jésus-Christ. C’est d’ailleurs le choix de l’Académie berbère, en 1980, d’officialiser le début de l’«ère amazighe» en se référant à cet événement majeur dans l’histoire des Imazighens. En conséquence, la commémoration de cet événement historique, outre le fait qu’il coïncide avec le 1er jour du nouvel an, est d’ordre conventionnel et symbolique».
      Rappelons que :
      - le calendrier julien (l’an 45 av J.-C.), conçu sous Jules César, provient directement du calendrier égyptien à base solaire, sachant que les Égyptiens avaient, durant des millénaires, côtoyé les Amazighs dans un esprit de paix mais aussi de guerre.
      - Que les mois de janvier (Yennayer) et de février ont été inventés par Numa Pompilis, le second des sept rois traditionnels de Rome (715-673 av. J.-C.). Selon la tradition, ce calendrier comportait, à l'origine, dix mois (usage hérité, semble-t-il, du calendrier étrusque). La réforme julienne interviendra pour fixer définitivement le calendrier julien, comportant douze mois de 30 ou 31 jours (à l'exception toujours de février qui comptait 28 ou 29 jours). «Le calendrier julien est un calendrier solaire utilisé dans la Rome antique, introduit par Jules César en 45 av. J.-C. pour remplacer le calendrier romain républicain. Il a été employé en Europe jusqu'à son remplacement par le calendrier grégorien à la fin du XVIe siècle.» On parlera de calendrier amazigh plutôt que numide du fait que la fête qui existait déjà depuis des lustres était célébrée par les ancêtres Gétules et les Garamanthes. (HCA) Mais n’oublions pas que le calendrier amazigh devance de trois cents ans celui des Romains. En effet, la date de naissance exacte des deux mois de janvier et de février, «inventés et introduits le 21 avril 753 avant J.C. à la fondation par Romulus de la ville de Rome (Tite Live)», c’est-à-dire trois siècles après l’accession au trône de Chachnak. La commémoration de Yennayer depuis cette date consacre la pérennité du fait amazigh. Le repas préparé pour la célébration de cette fête (Amenzu Yennayer dans certaines régions, Ras el 3am dans d’autres) diffère d’une région à l’autre. En Kabylie, le couscous à la sauce rouge est généralement agrémenté de viande de la bête sacrifiée (asfel), de volaille, mélangée parfois à la viande séchée (achedluh ou aqedidh). Le choix du coq n’est pas fortuit. «C’est lui qui se réveille bien avant le soleil, c’est l’asfel idéal, il est sacrifié pour ses vertus protectrices. La répartition des parts de poulet, une fois cuit, obéit à une logique imparable. Chaque part est allouée avec une signification particulière.» La cuisse représente le pilier de la maison : elle est donnée à la femme, la maîtresse de maison, c’est la meilleure part ! L’aile est synonyme de départ, on la donne aux filles à marier pour présager de leur mariage proche. La gorge (aguerjuj) et la tête (aqerru) sont données au mari pour qu’il pense à résoudre les problèmes de la maison et à bien parler à la djemaâ. La carcasse (tazagurt) avec le «ot-l’y-laisse» (le croupion) est donnée aux vieux ! Le blanc (taftilt) est réservé pour la fille qui doit se marier au courant de l’année pour qu’elle devienne lumineuse, adtecɛel am teftilt… Ces parts doivent être suffisamment grosses pour qu’il y ait des restes… A cela s’ajoute la préparation des beignets (lesfendj, tihbal, lekhfaf) ou des crêpes (aheddour, tighrifine, achebbadh). A Constantine, c’est la trida, tadjine au poulet fermier (ou fettat) qui est privilégiée. A Oran et dans tout l’ouest du pays c’est le cherchem, un plat à base de blé dur, de fèves, de pois chiches et autres légumes secs qui est de tradition. D’autres plats sont préférés dans le Grand Maghreb, symbolisant, à juste titre, l’abondance alimentaire. A Beni-Snouss, la fête de Yennayer se distingue par l’organisation du carnaval d’Ayrad (le lion) qui a des origines lointaines dans l’histoire de cette région, située au sud-ouest de la wilaya de Tlemcen. «Ce carnaval, qui constitue une fête populaire séculaire des Beni-Snouss, comporte des rituels aussi nombreux que mythiques. Ses origines sont tirées de l’histoire ancienne, du temps des guerres et des batailles que se livraient les autochtones, les Romains, les Numides et les Pharaons.» (Lire La verveine fanée, de l’anthropologue Saridj Mohamed.) Aussi, avouons-le, sans coup férir, l’officialisation de cette journée commémorative n’est, en définitive, qu’un acte de justice, répondant à une revendication légitime, naturelle, qui confortera le ciment national et maintiendra vivante l’âme de l’identité et de l’amour de la patrie, valeurs inépuisables qui chevillent les Algériens à leurs ancêtres. Même si elle est quelque peu tardive, elle ne manquera pas de contribuer au parachèvement de la personnalité de base de l’Algérien en luttant contre toutes les formes éculées d’ostracisme. Yennayer fait partie de notre passé, et c’est le passé qui a enfanté le présent, comme une mère qui met au monde ses enfants. Renier ce passé revient à renier sa mère. Je vous souhaite, à vous, à tout le peuple algérien et à tous les peuples, qui, en connaissance ou par tradition, célèbrent le nouvel an amazigh : Assugwas Amaynut (littéralement : nouvelle année) ou encore assugwas ameggaz.
      K. Y.

      N.B. : Certaines informations sont tirées d’un document du HCA, Haut-Commissariat à l’amazighité
      ZfSa
      Atlas HD-200s

      Comment


      • #4
        Les zamazighs ont perdu la tête, à valence, oumba'ed j'ai envie de dire ! Le Yannayer n'a aucune importance pour les habitants de valence les zamazghs rahoum yachatho batel. Le deuxième article est plein de mensonges, il n'y a jamais eu de pharaon berbère et yannayer veut dire janvier. A yayay construire son histoire avec des mensonges, n'importe quoi !

        Comment


        • #5
          CÉLÉBRATION DU PREMIER YENNAYER «OFFICIEL»
          Plus qu’un Nouvel An, une nouvelle ère

          Lesoir ; le Jeudi 11 Janvier 2018

          Après de longues, très longues années d’un combat souvent réprimé avec une férocité que seuls ceux qui l’ont subie pourraient le mieux en parler, l’amazighité est donc en passe de se faire reconnaître dans toutes ses dimensions. Yennayer n’est certainement pas la commémoration du calendrier amazigh à laquelle tiennent le moins ces millions d’Algériens qui le célèbrent depuis des lustres.
          Après la consécration de tamazight langue nationale, puis tamazight langue officielle — en attendant les actes concrets —, l’Algérie s’est donc «officiellement» appropriée Yennayer en le déclarant «chômé et payé». En fait, ils sont des millions à ne pas avoir attendu le 12 janvier 2018 pour en faire un moment solennel. Depuis des temps immémoriaux, Yennayer est en effet une halte qu’observent des populations entières d’Afrique du Nord et même au-delà pour reprendre, à partir des années 1980 surtout, après les événements du Printemps berbère, toute sa dimension non seulement en Kabylie mais dans plusieurs régions du pays également. Aujourd’hui et demain donc, les Algériens accueillent Yennayer, comme le faisaient leurs aïeuls, non pas comme pour célébrer un rituel tel qu’il en existe beaucoup dans le pays et en Afrique du Nord, mais pour donner corps à un héritage ancestral qui n’a pas attendu une quelconque reconnaissance officielle, même si celle-ci revêt une importance majeure pour la réconciliation de l’Algérien avec son identité. Pour beaucoup, ce premier Yennayer à caractère officiel sera dédié aux militants de la cause identitaire qui ont consacré leur vie pour la cause, dont nombreux, notamment parmi les plus illustres, ne sont plus de ce monde. Un combat de longue haleine mené par plusieurs générations d’hommes et de femmes de valeur qui, malgré l’adversité de tout un système, n’ont jamais baissé les bras pour exiger que l’on réconcilie l’Algérien avec lui-même, son identité intégrale. Du temps s’est écoulé, des mains sont encore tachées de sang, des larmes n’ont pas encore eu tout le temps nécessaire pour sécher, mais aujourd’hui que les grains semés ont fini par donner leurs fruits, il s’agira de consolider les acquis tout en se disant que le combat n’est pas encore arrivé à son terme, et l’adversité est toujours là, certes pas aussi étoffée dans ses rangs qu’il n’y a pas encore longtemps, pour continuer à rejeter l’identité algérienne dans son intégralité.

          M. Azedine

          ZfSa
          Atlas HD-200s

          Comment


          • #6
            Envoyé par L'aghabie l'aghabie Voir le message
            Les zamazighs ont perdu la tête, à valence, oumba'ed j'ai envie de dire ! Le Yannayer n'a aucune importance pour les habitants de valence les zamazghs rahoum yachatho batel. Le deuxième article est plein de mensonges, il n'y a jamais eu de pharaon berbère et yannayer veut dire janvier. A yayay construire son histoire avec des mensonges, n'importe quoi !
            ndirou publicité pour qu'ils sachent qu'il n'y a pas que la palestine a liberer ,il y a aussi l'afrique du nord !...nous allons a la rencontre des autres peuples on a rien a rien a cacher nous les amazighs !

            Comment


            • #7
              Libérer de son peuple ? Vous aimez vous donner en spectacle et insulter vos origines, bahdeltouna !

              Comment


              • #8
                Aseggas Ameggaz 2968 à tous les Algériens
                Loin du folklore...


                elwatan ; le 12.01.18 | 12h00

                Le 27 décembre 2017, c’est le même président qui avait, en 1999, décidé de l’impossibilité de l’officialisation de tamazight et qui annonce que Yennayer est désormais une journée «chômée payée».
                Click image for larger version  Name:	sans-titre-1_2632780.jpg Views:	1 Size:	204,3 Ko ID:	5932384

                Les festivités de Yennayer, cette année, se font sous le sceau d’une certaine constitutionnalité...

                «Cette mesure, comme toutes celles déjà prises au profit de notre identité nationale dans sa triple composante, islamique, arabe et amazighe, confortera l’unité et la stabilité nationales, alors que des défis multiples internes et régionaux nous interpellent», avait souligné le président Bouteflika. Une demande tant revendiquée, même s’il s’agit d’une journée célébrée mais sans statut officiel, car il lui manquait cette grande reconnaissance. C’est une reconnaissance, comme en témoigne dans cette édition Azzeddine Kinzi, anthropologue : «En tant que l’un des fondateurs de l’identité de l’Etat-Nation qui est devenu l’Algérie après l’indépendance». Aujourd’hui, première année de la célébration de Yennayer d’une manière officielle, on s’accorde enfin à dire qu’il s’agit de l’aboutissement du long combat pour la culture, l’identité et la langue amazighes. Loin du folklore que certains veulent imposer aujourd’hui à cette journée, cette reconnaissance doit, en principe, «réconcilier» le peuple algérien et son histoire.Le gouvernement est aussi instruit de ne «ménager aucun effort pour la généralisation de l’enseignement et de l’usage de tamazight, conformément à la lettre et à l’esprit de la Constitution» (voir infographie). Aujourd’hui, nous avons choisi de consacrer toute l’édition à cet événement dans son esprit identitaire et historique et retracer avec nos intervenants le combat de l’amazighité et ce qui reste à faire comme l’installation de l’Académie berbère. D’abord, Mohand-Akli Haddadou, professeur de linguistique amazighe et écrivain expliquera dans le détail le calendrier amazigh, puis Azzeddine Kinzi revient dans un entretien sur l’urgence de mettre en place un plan pour la généralisation de l’enseignement de la langue amazighe et aussi le long travail de concrétisation sur le terrain. Hend Sadi, auteur, qui dit que tamazight attend toujours pour savoir de quel Etat il est langue officielle, explique aussi dans un entretien qu’il ne reste que le mode de décentralisation pour régler le problème dans les régions où l’aspiration à l’amazighité a un ancrage populaire. Salem Chaker, linguiste berbère, affiche son inquiétude sur la création de l’Académie berbère en disant qu’on peut craindre que ce soit encore une mesure dont la finalité principale sera de reprendre ou essayer de reprendre le contrôle d’un champ qui a longtemps échappé à l’Etat. Nous avons aussi donné la parole à Ramdan Achab, éditeur et enseignant, qui a décortiqué certains aspects de la langue, Arab Aknin qui traite de la question de l’Académie berbère et Arezki Aïtali qui revient sur le combat identitaire du Printemps noir. En page 11, vous pouvez lire le reportage de notre correspondant à Beni Snous, où un grand carnaval est organisé chaque Yennayer.
                Nassima Oulebsir

                ZfSa
                Atlas HD-200s

                Comment


                • #9
                  De la lumière vers les ténèbres ! Il ne manquait aux algériens que la reconnaissance de l'idolatrie et du paganisme ! Même si les kabyles font une chose, si elle est contraire à l'Islam, elle est à mettre à la poubelle. Je ne fêterai jamais le yannayer, il ne fait partie d'aucune de mes traditions. La prochaine étape c'est quoi ?

                  Comment


                  • #10
                    Envoyé par L'aghabie l'aghabie Voir le message
                    De la lumière vers les ténèbres ! Il ne manquait aux algériens que la reconnaissance de l'idolatrie et du paganisme ! Même si les kabyles font une chose, si elle est contraire à l'Islam, elle est à mettre à la poubelle. Je ne fêterai jamais le yannayer, il ne fait partie d'aucune de mes traditions. La prochaine étape c'est quoi ?
                    Donc, les Chretiens Kabyles et Algeriens en General tu vas les assassiner? Les Athées Algeriens aussi tu vas les assassiner? On dirait une militante de l'ex FIS
                    Most important Thing to do before death: to live
                    Your God may have a plan for you, but Nimos is not sure it's the best one for you

                    Comment


                    • #11
                      Envoyé par AnoNimos Voir le message

                      Donc, les Chretiens Kabyles et Algeriens en General tu vas les assassiner? Les Athées Algeriens aussi tu vas les assassiner? On dirait une militante de l'ex FIS
                      Ha bon ? Ne pas fêter yannayer et reconnaitre le paganisme vers lequel revienne les algériens veut dire tout ça ! Les chrétiens kabyle, depuis quand ? athée ? Par les musulmans principales composantes hadou tu n'hésites pas à la trainer dans la boue !

                      Oui yannayer à la poubelle !

                      Comment


                      • #12
                        Envoyé par L'aghabie l'aghabie Voir le message

                        Ha bon ? Ne pas fêter yannayer et reconnaitre le paganisme vers lequel revienne les algériens veut dire tout ça ! Les chrétiens kabyle, depuis quand ? athée ? Par les musulmans principales composantes hadou tu n'hésites pas à la trainer dans la boue !

                        Oui yannayer à la poubelle !
                        Langage caractérisé des extrémistes de tous bords,y'en a aussi chez nous qui disent "aux chiottes"du bouquin à Momo et des spaghettis...
                        En tout cas,on s'est bien régalé et bien marré à notre fête ...
                        Last edited by YOUVA9; 13/01/2018, 10h47.

                        Comment


                        • #13
                          YENNAYER
                          L’an I de l’officialisation (I)


                          Lesoir ; le Samedi 13 Janvier 2018

                          EN PRÉSENCE DU SG DU HAUT COMMISSAIRE À L’AMAZIGHITÉ

                          Célébration de Yennayer à Annaba

                          Placée sous le haut patronage du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, et en présence du haut commissaire à l’amazighité, Si El Hachemi Assad, la fête du Nouvel An amazigh ou Yennayer qui entame l’année 2968 a été célébrée cette année par la wilaya de Annaba sous le slogan : «Algérien et fier de mon amazighité».
                          A cette occasion, les responsables de cette wilaya n’ont pas lésiné sur les moyens pour marquer cette date qui coïncide avec le 12 janvier de chaque année du calendrier grégorien. Ainsi, un riche programme de festivités comportant, une semaine durant, plusieurs facettes de la richesse et diversité de la culture algérienne. Des expositions de divers objets artisanaux, habits traditionnels et plats de l’art culinaire ancestral sont prévues aussi lors de cette célébration. Le coup d’envoi a été donné dans la matinée de ce dernier jeudi, veille de la célébration, à partir du Centre de loisirs scientifiques (CLS) qui a accueilli une exposition des arts traditionnels. Accompagnés par les autorités civiles et militaires de la wilaya, dont le wali de Annaba Mohamed Salamani, du P/APW Nacer Hammond, les invités de la wilaya se sont retrouvés au centre des personnes âgées de la plaine Ouest relevant de la DAS où un orchestre avait pris place pour faire danser plusieurs troupes sur des airs des différentes régions du pays. Les festivités se sont poursuivies ensuite au théâtre Azzedine-Medjoubi avec notamment un gala musical animé par des artistes représentant les régions des Aurès, du Djurdjura et de l’Ahaggar. La fête de Yennayer se poursuivra du 11 au 14 janvier courant avec l’organisation d’ateliers artistiques à la maison des arts et de la culture Mohamed-Boudiaf et de présentation de danse classique des élèves de l’école communale de danse et de musique. Une exposition d’objets en argent, cuivre, bois et argile datant de l’époque numide sera appréciée à sa juste valeur par les visiteurs. Par ailleurs, des conférences sur la signification de la célébration de cette date qui marque la richesse de la culture algérienne dans toute sa diversité seront animées par des hommes de culture et des historiens. Ils retraceront les différentes étapes de la lutte du peuple algérien pour sa liberté et l’affirmation de son identité depuis la nuit des temps. Deux enseignants de langue amazighe et trois historiens seront honorés à l’occasion. A noter aussi des opérations de distribution de dons par la wilaya. Il s’agit de six ambulances au profit de structures sanitaires et de 12 tricycles pour handicapés dont deux élèves. La célébration de Yennayer cette année a été différente. Et pour cause, tamazight enregistre un acquis supplémentaire à travers l’officialisation de la fête de Yennayer. Elle a été décrétée fête nationale au même titre que les autres fêtes nationales et officielles par l’institution d’une journée chômée et payée, chaque 12 janvier, coïncidant avec le début de l’année amazighe. Mais bien avant l’officialisation de cette date, les Algériens célébraient chaque année Yennayer, Enayer ou Ras el A’am dans de nombreuses contrées du pays qu’elles soient berbérophones ou non. La veille de la célébration de cette journée, les familles algériennes dans un climat de joie, d’allégresse et de partage se retrouvent réunies autour d’un copieux repas à base de semoule et de viande blanche de poulet ou rouge d’agneau ou de bœuf produit de l’Ouzia’a ou la Nefqa. Le dîner est servi dans de nombreuses régions notamment de l’Est dans un grand ustensile en bois appelé «Methred», en utilisant des cuillères également en bois. Et la fête se prolonge tard dans la nuit avec l’échange de vœux pour que la nouvelle année berbère apporte avec elle plein de joie, de bonheur et qu’elle soit fertile et pour l’homme et pour la terre. Assegas Ameggaz 2968.
                          A. Bouacha



                          TIPASA
                          Une journée festive

                          De mémoire amazighe, il n’a été observé un événement officiel festif que celui qui a été enregistré récemment dans la région de Tipasa et ses proximités berbérophones.
                          Pour preuve, il convient de noter les fabuleuses festivités organisées officiellement dans les 28 communes de la wilaya, par les mairies et dédiées aux journées du Nouvel An amazigh 2968. Un affichage intensif à proximité des mairies invitait la population à assister à cet événement historique. Ainsi, la ville de Tipasa organisait en ce 11 janvier 2018 un concert d'un groupe d'artistes locaux au niveau du Centre culturel du Chenoua de 19h à minuit. Tandis que le 12 janvier 2018 il y a eu l'ouverture de l'exposition des arts traditionnels dans le Centre de l'artisanat à Tipasa. Au cours de cette journée, il y eu aussi l'organisation d’une sortie pédestre en montagne par une promenade pour identifier les plantes de la région qui sont utilisées dans les plats traditionnels par les familles berbères ; une autre visite au mausolée de Sidi Braham a été aussi programmée. Dans la commune de Gouraya, une ville située à 70 kilomètres de Tipasa et à 130 kilomètres d’Alger, il a été organisé par la municipalité, en ce 11 janvier 2018, un défilé de mode actif agrémenté par des tenues berbères et avec des poteries traditionnelles de la région liées à l'événement, de la célébration de cet anniversaire amazigh au profit des familles. Toujours dans ce contexte régional, plusieurs poèmes ont été déclamés suivis d'une conférence en tamazight relative aux anciennes traditions de la région portant sur leur dimension historique. A cette occasion, des collèges et des écoles primaires ont été encouragés à organiser des compétitions scientifiques et culturelles. S’agissant des festivités qui se sont déroulées dans la commune de Messelmoun, un haut lieu des drames vécus par les montagnards de la région lors de la décennie noire, il a été organisé une présentation des produits locaux traditionnels et des plats, un événement culturel organisé par le bureau local du tourisme de la région. A cette occasion, plusieurs documents liés à l'histoire et aux origines amazighes de la région notamment le côté festif de l'événement ont été présentés. Quant à la commune rurale d’Aghbal, perchée sur les contreforts des djebels Bou Maâd et de Gouraya, cet événement festif a été organisé dans la ferveur et l’enthousiasme local. Il a été organisé aussi une exposition d'artisanat pour le tourisme ainsi qu’une exposition de plats locaux et de gâteaux traditionnels par différentes familles locales pour promouvoir les traditions ancestrales. Il a été aussi organisé des activités culturelles et ludiques à l'Auberge de jeunesse de Aghbal par l'Association des activités pour la jeunesse «Afaq». Au cours de cette journée mémorable, au niveau de la ville de Koléa et au sein de la Maison de la culture Dr-Ahmed-Arwa, il a été procédé à la préparation de plats traditionnels amazighs ainsi que des spectacles folkloriques, des lectures de poésie amazighe pour faire revivre les poésies et chansons patrimoniales. Le 12 janvier 2018, une rétrospective sur les coutumes et traditions de janvier dans la région, avec des costumes traditionnels pour la robe amazighe agrémentée par un concert folklorique amazigh a été organisée. Au niveau de la municipalité de Cherchell et au sein de la Bibliothèque municipale, il y a eu pour ce 11 janvier 2018 la présentation de diverses expositions de plats et de robes traditionnelles, à travers une conférence pour l'occasion. Quant à la ville de Hadjout , ce 11 janvier 2018 a vu une cérémonie agrémentée par l’organisation d’une exposition de vêtements traditionnels à la Maison des jeunes ainsi que l’organisation au niveau de Dar-al-Rahma à Hadjout d’un repas organisé par l’association Kafel el Yatim clôturée par un concert andalou animé par le groupe Sulaymaniyah. Plus loin du centre de Hadjout, se trouve la ville de Merad, qui a vu ses rues et ses routes pavoiser aux couleurs nationales ainsi que l’organisation d'activités sportives et d’expositions artisanales traditionnelles à la Maison de jeunes. Dans les villes de Douaouda et de Fouka, ont été organisées des expositions dans l’artisanat traditionnel et la déclamation de poèmes. Ce 12 janvier 2018 a été agrémenté par un défilé de costumes, de plats traditionnels et populaires ainsi que par des activités sportives. Des activités similaires ont été organisées dans les villes de Bou Ismaïl, Bou-Haroun, Khemisti et Aïn-Tagouraït où ont eu lieu des expositions d’artisanat et d’arts traditionnels ainsi que des activités ludiques et sportives et des conférences.
                          Houari Larbi

                          M'SILA
                          La fête bat son plein

                          La maison de la culture Guenfoud-El- Hamlaoui de M'sila a tracé un riche programme culturel durant toute une semaine, en vue de célébrer l'année amazighe. Ces festivités ont débuté dans la matinée de la journée du mercredi 10 janvier par une exposition de la fabrication artisanale dans le hall de la Maison de culture. Dans la journée de jeudi, cette fête a été animée dans l'après-midi par une présentation musicale jouée par la troupe de fanfare et les troupes folkloriques émaillée d'exhibition équestre assurée par des cavaliers de fantasia en tenues traditionnelles, avant de se rendre dans la salle pour entamer la première édition de la semaine amazighe, en présence des autorités de la wilaya qui ont donné le coup d'envoi officiel de cette fête nationale, et assister à la présentation d'un film documentaire portant sur le patrimoine matériel amazigh à M'sila ; avant d'écouter des chansons présentées par l'Office national de la culture et l'information (ONCI) accompagnées par un défilé d'habits traditionnels amazighs selon le programme remis par la cellule de communication de la wilaya. Dans la journée du vendredi matin, une conférence est au programme, présentée à la bibliothèque municipale par le professeur universitaire en la matière M. Amrane Abdelhamid, suivie d'une exposition de livres amazighs. Pour le reste de cette fête, le directeur de la Maison de la culture M. Mebarkia Mebarek a programmé durant les trois jours de la semaine prochaine : un spectacle cinématographique en présentant le film amazigh Machahou, une pièce théâtrale intitulée El ayla (la famille), de la troupe «El Kalima» de M'sila, des lectures poétiques, et à la fin, un concours de cuisine dans la préparation de plats traditionnels notamment ce qu'on préfère manger le jour de Yennayer ou la veille de «Hadjouza», bien sûr il sera question de repas à base de pâtes,de beurre et de légumes secs, comme le fameux plat de «chakhchoukha» ou «begherir», «Refisse» ou autre.
                          A. Laïdi

                          AÏN DEFLA
                          Fêté dans toutes les contrées

                          Les manifestations entrant dans le cadre de la célébration de la nouvelle année amazighe ont commencé avant la date officielle du 12 janvier.
                          A Miliana, Djelida, Khemis Miliana, Tachta, Rouina, pour ne citer que ces communes, ont été organisées des manifestations culturelles, des expositions et des conférences sur les grandes étapes de l’histoire et les grands évènements qui ont marqué la naissance des mouvements de lutte pour la liberté (amazighité) des peuples opprimés depuis la victoire du héros Chachnak qui a vaincu les armées pharaoniques de Ramsès III, en l’an 950 avant J-C. Depuis, cette lutte n’a jamais cessé et les pages de l’histoire de ces peuples portent en elles les actes héroïques de ces hommes et de ces femmes qui ont défié les oppresseurs de tous les temps, qui ont toujours tenté d’étouffer les voix de ceux et de celles qui ont revendiqué leur identité, leur culture, leur religion et leurs traditions. C’est sur ces thèmes que les différents intervenants qui se sont succédé à la tribune ont mis l’accent lors de la grande cérémonie organisée dans la matinée de vendredi dans la Maison de la culture de Aïn Defla, cérémonie à laquelle a assisté le wali, accompagné des autorités civiles et militaires de la wilaya de Aïn Defla. Il a été mis, aussi, l’accent par plus d’un intervenant sur les dimensions de cette manifestation qui sort du folklore traditionnel pour devenir un événement marquant. «Cette fête est l’expression populaire de l’attachement à la terre, à la patrie, à l’amazighité (la liberté), à l’unité nationale, à la religion musulmane, mais aussi à l’arabité», furent les sujets récurrents développés par les conférenciers. Toujours dans le cadre de cette manifestation, sur l’esplanade de la Maison de la culture, un large éventail de produits du terroir ont été exposés par des groupes venus de Tizi-Ouzou, Tamanrasset Tlemcen et Khenchela. Il faut dire que dans tout ce qui a été exposé, plats culinaires, ustensiles de cuisine, tenues vestimentaires, n’a pas paru vraiment étranger pour les habitants de la région et même les manières de marquer l’évènement n’ont paru étranges ou étrangers, c’est dire que l’événement n’est pas un phénomène extraordinaire, ni méconnu dans la région mais seulement différent par les variantes de ses expressions parsemées et ancrées dans les traditions des habitants depuis très longtemps.
                          Karim O.


                          M. Meddeber

                          ZfSa
                          Atlas HD-200s

                          Comment


                          • #14
                            YENNAYER
                            L’an I de l’officialisation (II)

                            Lesoir ; le Samedi 13 Janvier 2018

                            BOUIRA
                            Des festivités à la hauteur de l’événement et… du contexte

                            Jamais de mémoire de citoyen de Bouira, le pouvoir n’a mis autant de moyens pour fêter le premier jour de l’An amazigh ou Yennayer de cette façon. C’est que le contexte a changé et cette année, et à la faveur de la décision historique d’instituer cette journée chômée et payée, Yennayer 2968 a, de fait, revêtu un cachet particulier.
                            Le peuple algérien, et grâce au combat mené par des générations entières de militants de la cause mais également grâce aux sacrifices de centaines de martyrs qui ont payé de leur vie ce combat pour tamazight surtout en Kabylie, a pu arracher bien des acquis pour tamazight devenu aujourd’hui une langue nationale et officielle depuis 2016, et enseignée dans plus de 38 wilayas du pays. Et à la faveur des récents événements qui ont secoué certaines régions du pays pour réclamer un enseignement généralisé et obligatoire de tamazight à travers le territoire national, une académie pour permettre à tamazight une promotion réelle et effective, et enfin, faire de Yennayer journée chômée et payée, à la faveur de ces récents événements, le président de la République, lors d’un Conseil des ministres tenu le 27 décembre dernier, a pris des décisions historiques dont celle de faire de Yennayer journée chômée et payée à partir de cette année. Soit Yennayer 2968 qui coïncide avec le 12 janvier de chaque année et dont le peuple algérien a fêté l'événement hier vendredi. Aussi, à Bouira et contrairement aux années précédentes où Yennayer était fêté d’une manière semi-officielle mais surtout dans un esprit revendicatif par des dizaines d’associations et de militants de la cause amazighe surtout dans la région berbérophone de la wilaya, cette année, les festivités de Yennayer sont fêtées d’une manière officielle et avec beaucoup de solennité. Tout indique que le pouvoir, à travers la décision du président de la République, voulait s’accaparer cette date millénaire et ce patrimoine universel qu’est Yennayer qui appartient à des centaines de millions de citoyens vivant dans toute l’Afrique du Nord jusqu’aux oasis de Siwa en Egypte. A Bouira, et c’est parce que tous les secteurs ont été instruits de fêter avec faste cet événement, ce fut le ministre de la Jeunesse et des Sports, Ould Ali El Hadi, qui fait partie des militants de la cause amazighe, qui a eu l’honneur de donner le coup d’envoi des festivités de Yennayer à Bouira, depuis le village de Tassala dans la commune de Taghzout, à 10 kilomètres au nord-est de Bouira, avant de visiter également l’Odej de Bouira relevant de son secteur, où un riche programme est tracé pour l’occasion. Au niveau de la Maison de la culture, ce fut le wali qui donna le coup d’envoi de la semaine culturelle le mardi dernier, puis le mercredi, ce fut au tour de la Direction du tourisme et de l'artisanat de donner, au niveau des Galeries de l’artisanat à Bouira, le coup d’envoi officiel des festivités. D’autres secteurs ne sont pas en reste, comme celui de l’éducation qui a donné des directives pour présenter un cours sur l’événement le jeudi 11 janvier, dans tous les établissements scolaires pendant les 15 premières minutes de la journée, ainsi que des festivités officielles dans une école primaire à Haïzer et un CEM à Bouira. La Direction de la solidarité sociale est aussi de la partie puisque toutes ses structures psychopédagogiques, et même la maison de rééducation d’Aïn- Laoui, la prison pour enfants mineurs, ont tracé des programmes pour fêter l’événement. Dernier secteur à fêter l’événement officiellement, la Direction des affaires religieuses et des Waqf qui a eu l’honneur d’une visite du ministre, Mohamed Aïssa, qui a donné le coup d’envoi d’un colloque régional sur «les valeurs civilisationnelles dans le patrimoine culturel amazigh» organisé à la Maison de la culture Ali-Zamoum de Bouira. Le ministre, qui a visité l’exposition tenue sur les lieux où figurait tout ce qui a trait au patrimoine amazigh : gastronomie, agriculture, couture, habit, poterie, bois, etc., s’est félicité de la décision du président de la République en annonçant, pour sa part, des décisions prises dans son secteur ; entre autres, la formation des imams et les futurs étudiants en tamazight notamment dans les instituts et écoles coraniques supérieures de Bouira, d’Iloula, Tizi-Ouzou et à Batna, et ce, dans l’optique de donner des «dourous» en tamazight dans les mosquées. Le ministre a annoncé également l’édition prochaine, en collaboration avec le Haut-Commissariat à l’amazighité ou HCA, de la traduction du Coran (tafsir) en tamazight. Pendant toutes ces journées, des expositions multiples ont été organisées, des conférences relatives à l’événement et à certains thèmes ayant trait à la tradition comme cette conférence sur les bienfaits de l'huile d'olive organisée à Saharidj par une Tunisienne, ou encore ces conférences organisées à l’université Akli-Mohand- Oulhadj, sur la langue amazighe, ou d’autres encore organisées à Chorfa sous l’égide de la Direction des affaires religieuses sur l’apport de tamazight à l’Islam et l’histoire des Amazighs à travers les époques. Et, cerise sur le gâteau, ce vendredi et à travers l’ensemble des communes où des festivités sont organisées, alors que dans toutes les maisons, des centaines de millions de familles fêtaient Yennayer avec le traditionnel couscous au poulet ; au niveau des communes et des villages, une sorte de waâda, le couscous de Yennayer, ou «seksou n’ Yennayer», est organisée un peu partout, à midi, avant la prière du vendredi où, rappelons-le «la khotba» des imams, et sur instruction du ministère des Affaires religieuses et des Waqf, sera consacrée à Yennayer comme grand moment de communion du peuple algérien. Espérons que l’intérêt montré par le pouvoir pour cet événement sera suivi et d’une manière sincère pour la création de l’académie de tamazight avec de véritables professeurs et autres docteurs en linguistique, des enseignants et tous les acteurs honnêtes et compétents ; mais également, une véritable feuille de route pour aller dans le sens d’une généralisation effective et graduelle de tamazight avec, dans un premier temps, la suppression immédiate du caractère facultatif là où elle est enseignée.
                            Yazid Yahiaoui

                            NAÂMA
                            Une nouvelle ère… amazighe

                            Cette année le Nouvel An berbère a été célébré dans une nouvelle ère. Si depuis la nuit des temps, la vaste région des monts des Ksour célébrait le Nouvel An amazigh (Yennayer), se contentant d’un repas spécial, aujourd’hui, Yennayer a pris une grande et large dimension à travers presque toutes les contrées d’Algérie.
                            Partant du premier jour de l’an, décrété jour férié, à l’enseignement de tamazight, puisque dans la wilaya de Naâma, trois classes ont été ouvertes dans trois communes d’origine amazighe (Tiout, Asla et Sfissifa), aux conférences du fait aussi que pour la première fois, plusieurs conférences ont été tenues ça et là, par notamment des spécialistes, à l’exemple du professeur et poète Mouloud Azzoug, qui a donné une conférence à l’annexe de la Maison de la culture de Aïn-Séfra, une intervention axée sur les atouts de la langue amazighe, comme il a présenté des chansons, des poèmes etc, Par ailleurs, un monologue en tamazight a été également présenté par l’artiste Abderrahim Hamam sous le thème «Akka ay da mdam» (tous pareils kifkif), tandis que M. Abdelkader Djebba a donné un aperçu sur l’utilisation de tamazight durant la guerre de Libération. De même qu’une intervention de l’animateur Hakim Talbi, qui présente des émissions amazighes à la radio locale de Naâma. Dans l’étymologie, «yennayer» est constitué de deux mots (premier mois) «Yen» qui veut dire premier et «Ayer» mois. Les Amazighs, comme tous les peuples du monde, avaient besoin d'un calendrier pour gérer le temps et organiser leur vie. En Afrique du Nord, on enregistre la présence de quatre calendriers. Le calendrier amazigh ou agricole qui est solaire, le calendrier hébraïque (pour les juifs marocains), il est à la fois lunaire et solaire, le calendrier grégorien qui est solaire et enfin le calendrier hégirien (arabo-musulman) qui est lunaire. Beaucoup s'accordent à dire que le calendrier amazigh souffre encore de l'absence d'études scientifiques approfondies. Comme à l’accoutumée, la célébration de yennayer a été marquée par deux plats somptueux : le merdhoud : couscous à gros calibre, d’une particularité singulière et spéciale à la fois, il reste le plat le plus apprécié pour cette nuit particulière dans l’année. Le bouillon se prépare avec la viande d’agneau ou la viande de veau, dans une marmite spéciale à feu (Guedra), contenant toutes sortes de graines de légumes secs (fève, haricot, lentilles, pois-chiches, blé…, ) et de légumes frais coupés en petites tranches (carotte, citrouille, navet, patate), et autres klila, dattes… Le couscous est enduit de beurre de brebis de préférence, ou à défaut de beurre de vache. Couscous et bouillon sont mélangés, et présentés dans un géant plat spécial (Gasaâ ou Tajra (en tamazight), grand plat en bois. Certaines pratiques demeurent encore de tradition à nos jours par exemple : on met 7 dattes dans la marmite et celui qui découvre la première datte dans le couscous est le béni de la famille. On enfonce un bol plein de beurre sur le couscous. Il y a ceux qui ne mangent pas de viande (symbole de dépenses) pour moins de dépenses durant la nouvelle année ; il y a ceux qui ne mangent pas de piquant (piment par exemple), symbole de la colère (pour que la nouvelle année soit tendre et sans difficultés). Le second plat c’est la karkcha ou kachkcha, une variété de fruits secs présentée comme veut la tradition dans un grand plat fabriqué en alfa (appelé tbag), constituée d’amandes, d’arachides, noix, noisettes et autres friandises, bonbons, chocolat, gâteaux et des fruits frais : oranges, bananes, pommes, ananas etc. Le festin est toujours accompli et agrémenté d’un thé à la menthe et du fromage local (jben). Autour de la Sinia, les familles se réunissent dans une ambiance particulière, où chacun des bambins dispose d’un sachet spécial où il y met sa part de kachkcha, d’ailleurs, les enfants sont les plus heureux dans toutes les fêtes et les parents ne sont là que pour rendre encore plus heureux leur progéniture malgré les dépenses colossales, conséquence de la cherté des produits. Assougasse amegasse à toute la communauté amazighe, à tout le peuple algérien.
                            B. Henine
                            M. Meddeber
                            ZfSa
                            Atlas HD-200s

                            Comment


                            • #15
                              YENNAYER
                              L’an I de l’officialisation (III)

                              Lesoir ; le Samedi 13 Janvier 2018


                              MOSTAGANEM
                              Si Yennayer m’était conté

                              Jadis, nos grands parents le célébraient avec beaucoup de couleurs, des senteurs et des saveurs qui excitaient les sens des petits.
                              Depuis longtemps à Mostaganem, cette fête a les mêmes repères dont l’aspect le plus intéressant est la façon à réinterpréter fidèlement la tradition de fêter. Cette fois-ci, le Nouvel An 2968 est devenu fête nationale et officielle grâce au président de la République et a marqué l’histoire en lettres d’or. Le cérémonial varie selon les goûts et l’appartenance tribale des familles mostaganémoises. Voici comment dans le vieux Tidjditt, le quartier mauresque d’antan, on célébrait Yennayer. Echerchem, c’est le plat du déjeuner, un plat incontournable composé de blé tendre, de fèves séchées et des pois chiches préparé dans une marmite en terre cuite à l’aide d’un madjmar au charbon. Dans la contrée du Dahra, on y ajoutait des haricots blancs et des lentilles cuits séparément et puis mélangés. Le début de l’après-midi, c’est la préparation de la pâte à beignets qui sera conçue à l’aide du levain du boulanger du coin. Le secret du beignet c’est bien entendu le levain du boulanger et c’est la trituration à la force des bras, cette pâte est mise dans un kaste, une sorte de jarre de 50 cm de hauteur ; Elle sera marquée par un repère avec du charbon noir, pour voir à la fin le niveau de la pâte levée en gaz carbonique. Son goût est unique en saveur. Les beignets tout chauds mélangés avec du raisin sec sont consommés et accompagnés de thé ou de café pendant les retrouvailles en famille dans l’après-midi. A l’aide d’une midouna ou une gasaâ, nos mères mettaient toutes les confiseries, les fruits secs, les beignets et de l’argent. Ce «butin» est confiné sous le lit et gare à celui qui s’aventure à vouloir en manger en cachette durant la nuit. Donc, le jour J principalement le 10 janvier c’est toujours le plat du cherchem qui agrémente principalement la table. Le soir, c’est le festin avec un dîner roboratif composé de cherchem de tride (regague) et de couscous au poulet ou viande d’agneau. C’est ainsi que dans la joie et l’allégresse, chaque enfant reçoit sa part de victuailles en sucreries et en fruits secs en parts égales dans un petit sac confectionné à cette occasion à l’avance par nos mamans. Et la fête continue…
                              A. B.

                              TLEMCEN
                              La région de Béni Snouss fête comme à l’accoutumée Ennayer

                              Dans le livre Les Béni Snouss, causerie faite par M. Roger Bellissant, instituteur à la Société des Amis du Vieux Tlemcen du 18 janvier 1941, le Nouvel An amazigh, soit Ennayer, célébré le 12 janvier, est relaté tel que nous l’avons vécu en ce vendredi de 2018.
                              C’est dire que la tradition de cette fête a des ancrages ancestraux et qu’elle n’endure aucune ride, ni dans son protocole, ni dans son contenu, ni dans ses couleurs. La célébration du Nouvel An amazigh 2968 a toutefois revêtu, cette année, un cachet plus officiel, puisque cette journée a été désormais décrétée pour la première fois, fête nationale, par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika. C’est pour ainsi dire, renforcer l’identité nationale et mettre en exergue la richesse du patrimoine culturel de notre pays. Ainsi, Béni Snouss a vécu cette fête au rythme du folklore, des expositions de tous les produits traditionnels, de l’art culinaire de la région et d’un défilé de parade. A l'ouverture des festivités, abritées par le stade municipal de la localité, le wali de Tlemcen, Ali Benyaiche, n’a pas caché son sentiment de découverte. En effet, les habitants ont voulu prouver, cette année, que Ennayer ou comme ils l’appellent «Ayred» est une fête traditionnelle par laquelle ils s’identifient. Un citoyen à la barbe blanche et d’un certain âge, nous dira : «Ennayer n’est ni kabyle, ni chaoui, ni targui, ni mozabite, il est algérien et il a toujours fait partie de notre vie, sans nous faire perdre la qibla». La cérémonie qui a rassemblé des milliers de personnes, s’est achevée par la lecture de la Fatiha et l’imploration de Dieu le Tout-Puissant pour nous donner santé, prospérité, pluviométrie et de bonnes récoltes. Ne dit-on pas que «Ayred» est avant tout une fête agraire ?
                              M. Z.

                              MASCARA
                              La remise des pendules à l’heure

                              Cette année, la célébration de Yennayer avait une saveur quelque peu particulière avec son officialisation.
                              Comme d’habitude, le jeudi, les citoyens s’affairaient pour effectuer les derniers achats dans les boutiques bien garnies au centre-ville Trig el Oued. Malgré une légère pluie, les festivités avaient lieu sur la place Emir Abdelkader avec des troupes folkloriques. A la Maison de la culture, il y avait une exposition de plats ainsi que de costumes traditionnels. L’ambiance était festive avec la présence de beaucoup d’enfants accompagnés de leurs parents. Les femmes étaient nombreuses. Après l’arrivée des autorités, un berkoukès bien chaud sera servi. Massinissa, Jugurtha et le calendrier amazigh seront évoqués. Le huis clos est levé et la parole libérée. Nous avons souvenance qu’avec la montée de l’islamisme, certains milieux avaient tenté d’en faire un interdit voire de l’éradiquer, en vain. L’on en parlait avec détachement pour les uns alors que pour les autres, l’on évoquait cette journée à demi-mot «que voulez-vous, vous dira le commun des citoyens, nous le célébrons juste pour les enfants», c’était tout de même une forme de résistance au diktat que l’on a voulu nous imposer. Chassez le naturel et il revient au galop. Yennayer est un pan de l’identité algérienne retrouvée et scellée aujourd’hui. Qui ne se souvient, pour les personnes âgées, de la célébration de cette pratique ancestrale dans la chaleur familiale où les enfants réunis autour du mendir attendaient chacun son sachet que leur remettait leur mère ou grand-mère accompagné d’un «cherchem» bien chaud ? Bonne année.
                              M. Meddeber
                              ZfSa
                              Atlas HD-200s

                              Comment

                              Working...
                              X