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A la mémoire du Prophète Arabe

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  • A la mémoire du Prophète Arabe

    La personnalité arabe entre le passé et le présent

    A l'occasion de pareilles cérémonies, il me vient toujours à l'esprit la question suivante: quelle est la valeur du langage ? Jamais tout au long de notre histoire nous n'avons connu une période où le langage fut aussi abondant et puissant. Pourtant notre époque est la moins dynamique et la moins productive de toutes. Est-ce à dire que le langage est un facteur paralysant et stérilisant au lieu d'être stimulation et fertilisation de l'esprit ? Il y a une différence essentielle entre le discours qui s'harmonise avec son auteur, qui exprime la substance d'une personnalité vivante et sa position globale face à la vie et celui qui n'a aucun lien avec la personnalité, qui ne représente qu'un divertissement de l'intellect et une gymnastique de la langue. Jadis, les mots influaient grandement sur les Arabes parce qu'ils correspondaient à des vérités palpitantes de vie. C'était le cœur qui les percevait et non l'oreille, la personnalité tout entière qui y répondait et non uniquement la langue. C'est pourquoi le mot avait un caractère sacré et valeur d'engagement, il engageait la vie - celle de l'individu comme celle de la collectivité - et en disposait. Or ce mot qui, à l'image du papier monnaie, avait une parité or, est devenu aujourd'hui une simple coupure de papier sans aucune couverture.

    Aussi voyons-nous un esprit pauvre, jusqu'à la nullité, parvenir à noyer tout ce qui l'entoure dans un flot de paroles, sans que personne n'exige de caution. Il n'est donc pas étonnant de voir la confiance disparaître, la confusion régner, les fraudes et les spéculations se multiplier, et partant, les faillites et les scandales.

    Nous nous trouvons actuellement devant une cassure, voire une contradiction, entre notre passé glorieux et un présent honteux. Jadis, la personnalité arabe était un tout unifié, sans dissonance aucune entre l'âme et la pensée, l'acte et la parole, la morale individuelle et l'éthique collective. La vie arabe était au faîte de la plénitude, et la pensée, l'action, tous les instincts puissants s'y conjuguaient harmonieusement. Aujourd'hui, nous ne connaissons qu'une personnalité divisée et morcelée, qu'une vie pauvre et partielle. Lorsque l'esprit domine, l'âme est absente et lorsque les sentiments foisonnent, la pensée est vide: tantôt intellectuelle et stérile, tantôt active et irréfléchie, cette vie est constamment privée de certaines forces essentielles. Il est grand temps d'éliminer cette contradiction afin de rendre à la personnalité arabe son unité et à la vie arabe sa plénitude. Il faut joindre la prière à l'esprit éclairé et à la force du bras afin, qu'ensemble, ils aboutissent à l'action spontanée et libre, riche, puissante et judicieuse.

    Jusqu'ici les liens de parenté qui nous unissent à nos ancêtres héroïques ont toujours été ceux d'une filiation officielle, sans plus, et la relation entre notre histoire contemporaine et notre passé glorieux une relation parasite non organique. A présent, il nous incombe de ranimer nos vertus naturelles et d'entreprendre les actions qui sont de nature à valider notre filiation officielle, et à en faire une réalité légitime. Il nous faut lever, autant que possible, les obstacles nés de la stagnation et la décadence afin qu'un sang noble et glorieux coule à nouveau dans nos veines. Il faut enfin purifier notre terre et notre ciel pour que l'âme de nos héroïques aïeux ne soit plus effarouchée, qu'elle descende sur nous et se plaise à nous envelopper.

    Nous avons longtemps vécu dans une atmosphère lourde et étouffante parce que fallacieuse: il y avait un divorce entre la pensée et les actes, entre la langue et le cœur. Chaque mot prononcé résonnait comme dans un récipient vide et creusait une cavité dans l'oreille et dans l'âme parce qu'il était dépouillé de toute signification. Chaque mot lu faisait frémir nos yeux de douleur parce qu'il avait l'apparence d'un fantôme et d'une ombre, qu'il évoquait une époque révolue et qu'il nous attristait comme la vue des traces d'un campement abandonné. Il faut donc que nous rendions aux mots leur signification et leur force, leur place et leur caractère sacré.

    Il faut désormais que chaque parole relate un acte accompli, au lieu de se borner à évoquer ce que nous avons été incapables de faire. Il faut enfin que nous ne parlions que de ce que nous pouvons concrétiser jusqu'au jour où nous serons à même de réaliser tout ce que nous dirons.



  • #2
    Une jolie phrase, entre un passé glorieux et un présent honteux, il ne faut pas comparer les peuples anciens à ceux de nos jours même si la désignation ethnique est identique. L'arabe d'antan avait énormément d'honneur et était connu pour son verbe et sa générosité, comme tous les anciens peuples c'étaient aussi des guerriers.

    Les arabes mesurent leur parole et ne noient pas leur interlocuteur dans un flot de bassesse ou de nullité ou pire de vulgarité. Ils n'ont rien à voir avec el'roba, je ne peux pas rester silencieuse sur ce point très important.
    Last edited by L'aghabie l'aghabie; 20/02/2018, 19h59.

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    • #3
      L'Islam, une expérience et une prédisposition constante

      Messieurs, l'Islam, incarné dans la vie du prophète, n'est pas aux yeux des Arabes un simple événement historique qu'on expliquerait en terme, de temps et d'espace, de causes et d'effets. C'est un mouvement si profond, si impétueux et si vaste qu'il est directement lié à la vie intrinsèque des Arabes prise dans l'absolu. Autrement dit, c'est une image fidèle et un symbole complet et éternel de la nature, des riches possibilités et de l'orientation authentique de l'âme arabe. C'est pourquoi, nous pouvons considérer qu'il est constamment apte à se renouveler, non pas dans sa forme et dans sa lettre, mais dans son essence. L'Islam est l'élan vital qui actionne les forces latentes de la Nation arabe et qui fait que s'y déchaîne la vie ardente qui emporte les barrages du traditionalisme et les entraves du conventionnalisme et rétablit le lien avec les notions profondes de l'univers. Prise de saisissement et d'enthousiasme, elle traduit ses sentiments en concepts nouveaux et en actions glorieuses.

      Puis, emportée par son exaltation au-delà de ses propres limites, elle déborde sur les autres nations tant sur le plan de la pensée que sur celui de l'action et atteint à la globalité. Grâce à cette expérience éthique cruciale, les Arabes surent s'insurger contre leur réalité et se diviser à dessein de la dépasser et de réaliser une unité suprême, et ils s'en imprégnèrent afin de découvrir ses possibilités et de consolider ses vertus. En outre, si l'Islam a engendré par la suite nombre de conquêtes et de civilisations, il les contenait en germe durant les vingt premières années de sa mission. Avant de conquérir la terre, les Arabes ont conquis leur âme, exploré ses profondeurs et étudié sa nature intrinsèque; et avant de gouverner les nations, ils se sont gouvernés eux-mêmes, ont dominé leurs passions et maîtrisé leur volonté. S'ils ont institué des sciences, excellé dans les arts et érigé une civilisation, ce ne fut que la concrétisation matérielle, partielle et mineure d'un rêve puissant et total qu'ils vécurent en ces années-là de tout leur être. Ce ne fut qu'un écho assourdi de cette voix céleste qu'ils entendirent, qu'une ombre pâle de cette vision fascinante qu'ils entrevirent au temps où les anges guerroyaient à leurs côtés et que le paradis scintillait entre les lames de leurs épées.

      Cette expérience représente non pas un fait historique que l'on évoque dans le but d'en tirer enseignement et fierté, mais d'une prédisposition constante de la nation arabe -pour autant que l'Islam soit compris dans sa vérité - à se soulever et à se diviser chaque fois que la matière dominera l'esprit et l'apparence l'essence, afin d'accéder à l'unité suprême et à une saine cohésion. En outre, cette expérience sert à raffermir sa morale chaque fois qu'elle se relâche et à approfondir son âme chaque fois qu'elle tend à la superficialité. Enfin, c'est en elle que se répète l'héroïque épopée de l'Islam dans toutes ses étapes: de la révélation à l'oppression, de l'exil à la guerre, en passant par la victoire et l'échec jusqu'au dénouement final, dans le triomphe de la vérité et de la foi.

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