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Israël: les jeunes fuient l'armée.

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    Clubbers contre kibboutzniks

    Faut-il jouir de la société de consommation ou renouer avec l’esprit pionnier du sionisme ?
    The Wall Street Journal - New York Peter Waldman

    Le moshav Bnei Zion, une coopérative agricole située près de Tel-Aviv, a été pendant soixante ans un bastion du sionisme. Ses 97 familles fondatrices ont cultivé des pamplemousses et des oranges pour l’exportation et élevé leurs adolescents dans l’espoir qu’ils intègrent les unités d’élite de Tsahal. Aujourd’hui, la vieille coopérative volaillère du moshav a été reconvertie : elle héberge une entreprise de design industriel et une société qui fabrique des capteurs destinés à alerter les conducteurs qui s’assoupissent au volant. Des terres agricoles ont été revendues pour y faire construire des logements habités par des familles aisées dont les enfants n’ont qu’un rapport très lointain avec ces jeunes qui, pendant des décennies, ont alimenté la flamme sioniste.

    Un fossé grandissant entre les riches et les pauvres
    Tirée par les exportations de hautes technologies, l’économie israélienne a affiché une croissance de 6,3 % pendant le premier trimestre de cette année. Pourtant, la prospérité n’est pas synonyme de sécurité. Alors que les Israéliens entament un nouvel été sous le signe de l’instabilité régionale, certains s’interrogent : une société de consommation avancée, avec l’individualisme qu’elle suppose, est-elle compatible avec la solidarité et la détermination nécessaires à la défense d’un petit Etat entouré de voisins hostiles ? et le fossé grandissant entre les riches et les pauvres en Israël ne risque-t-il pas de saper la volonté de défense du pays ?

    Sur les 119 soldats tués, seuls 3 étaient de Tel-Aviv
    Tel-Aviv, la ville la plus occidentalisée du pays, est particulièrement dans le collimateur. Après la guerre de l’été dernier, le général Elazar Stern, chef du département des ressources humaines de l’armée israélienne, a suscité un tollé lorsqu’il a déploré que, sur les 119 soldats israéliens tués pendant cette guerre, seuls 3 étaient de Tel-Aviv, une agglomération de 380 000 habitants, la deuxième après Jérusalem. Par comparaison, Eli, une colonie de Cisjordanie qui compte 2 500 habitants, a elle aussi perdu 3 soldats. Le général Stern attribue ces disparités au fort taux d’adolescents qui se dérobent au service militaire. Il a aussi reproché à la société israélienne dans son ensemble de s’amollir.

    Moitié des pilotes de l’armée issus des kibboutz
    Imprégnés de l’idéologie sioniste, les collectifs agricoles israéliens ont produit bon nombre des hommes d’Etat et des chefs militaires du pays, depuis le premier Premier ministre, David Ben Gourion, jusqu’au héros de la guerre des Six-Jours, Moshe Dayan, en passant par le très décoré Ehoud Barak, l’actuel ministre de la Défense d’Israël. Si les kibboutzim n’ont jamais représenté plus de 7 % de la population d’Israël, pas moins de la moitié des pilotes de l’armée de l’air israélienne sont issus des exploitations communautaires.
    Autant dire que, dans une économie capitaliste devenue l’une des plus prospères de la planète, les idéaux socialistes des sionistes fondateurs appartiennent au passé. A en croire certains Israéliens, la solidarité a laissé place à un fossé grandissant entre les riches et les pauvres.

    Les recrues qui demandent à être réformées est en augmentation
    Le colonel Tziki Sela, responsable des effectifs de l’armée israélienne, reconnaît que les jeunes du pays ont toujours à cœur de remplir leurs obligations en matière de conscription. Pendant la guerre de l’été dernier, plus de réservistes qu’il n’en fallait se sont portés volontaires pour servir le pays.

    Mais ce sont les tendances à long terme qui inquiètent de nombreux Israéliens. Le nombre de recrues qui demandent à être réformées pour raisons psychologiques est aussi en augmentation – 7 % de plus qu’il y a dix ans, révèle le colonel Sela. La plupart d’entre eux sont des simulateurs parfaitement sains, estime-t-il : ils tirent parti du laxisme qui règne lors du processus d’évaluation.

    Ils ne veulent pas passer trois ans dans l’armée”
    Dans la bulle qu’est devenu Tel-Aviv, les discothèques ne démarrent qu’après 2 heures du matin. Avant l’aube, des jeunes ivres de musique viennent s’échouer sur les trottoirs. “On veut juste vivre une vie normale, il n’y a pas de mal à ça”, fait valoir Rotem Levy, 23 ans. “C’est planétaire, partout les gens pensent davantage à eux.”

    Même si, dans ce groupe, tous disent avoir accompli leur service militaire, ils ont tous des amis qui ont été réformés pour des motifs douteux. L’un de leurs potes, racontent-ils, a dit au recruteur qu’il entendait des voix ; un autre, qu’il faisait encore pipi au lit.

    “Les gens ne veulent pas passer trois ans dans l’armée alors qu’ils pourraient commencer une carrière”, commente Adi Cohen, 23 ans.

    Sociétés privées qui se sont enfuies dès que les missiles ont commencé à pleuvoir.
    Depuis une dizaine d’années, les changements économiques ont remis en question l’esprit socialiste des sionistes fondateurs, qui était à la base du système de protection sociale israélien. Ainsi, les allocations familiales ont été fortement réduites. Résultat, le contrat social est rompu. Pendant la guerre de l’été dernier, des milliers d’Israéliens du Nord ont connu la faim dans les abris antibombes. L’Etat avait sous-traité ses missions d’aide à des sociétés privées qui se sont enfuies dès que les missiles ont commencé à pleuvoir.

    S’il n’est pas juste, il ne durera pas.”
    Les Israéliens sont à la croisée des chemins. Ils doivent renouer avec l’esprit du sionisme, qui visait à construire une société morale, sans quoi ils risquent de voir s’aggraver les divisions internes. Israël ne peut pas se permettre d’être une banlieue high-tech parmi d’autres le long de l’autoroute planétaire de la consommation.

    “Israël n’est pas la France”, commente M. Katzir, 26 ans. “S’il n’est pas juste, il ne durera pas.”
    Publié le 04/07/2007
    Peter Waldman. The Wall Street Journal.
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