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Classement annuel, 9e édition Mercer 2017 des systèmes de retraite dans le monde*

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    Classement annuel, 9e édition Mercer 2017 des systèmes de retraite dans le monde

    Lesoir ; le Mardi 7 Novembre 2017

    Mercer, cabinet australien spécialiste du conseil et services en ressources humaines, protection sociale et avantages sociaux, dévoile les résultats de son dernier rapport sur les systèmes de retraite dans le monde. Cette 9e édition de l'indice «Mercer Melbourne des systèmes de retraite dans le monde» (MMGPI) évalue désormais les dispositifs de 30 nations, soit 60% de la population mondiale, sur la base de 40 indicateurs afin de déterminer leur performance, leur durabilité et leur intégrité.
    C'est le résultat du «Melbourne Mercer Global Pension Index», l'enquête mondiale la plus complète sur les systèmes de retraite menée par le cabinet Mercer et l’Australian Centre for Financial Studies (Centre australien des études financières). Référence importante pour les décideurs politiques du monde entier, le rapport de Mercer appelle cette année les pays avec des systèmes de retraite non viables à prendre sans tarder les mesures nécessaires, avant que des réformes plus radicales ne s'imposent.
    En effet, ceux dont le système de retraite n'est pas financièrement viable à long terme devraient s'inspirer des pays leaders dans ce domaine, s'ils veulent éviter d'éventuels problèmes d'équité intergénérationnelle et d'insatisfaction des retraités... Pour établir son classement, Mercer a évalué les dispositifs de 30 pays dans le monde, en prenant en compte 40 indicateurs répartis dans trois sous-indices principaux : pertinence, viabilité et intégralité. Pour cette 9e édition de son classement, deux nouveaux critères ont été ajoutés : la croissance économique réelle du pays et l'intégration des possibilités données aux individus de cotiser volontairement. Les 30 pays évalués ont obtenu une note globale allant de 38,8 à 78,8 et la moyenne s'est établie à 59,1. Pour Mercer, «sur le long terme, l'allongement de l'espérance de vie et le faible niveau des performances financières affectent la capacité de nombreux systèmes à offrir des prestations de vieillesse adéquates, que ce soit aujourd’hui ou dans les décennies à venir».
    Mais en l'absence de réformes, certains systèmes «engendreront des pressions sociales importantes du fait d'une inégalité des indemnités de retraites entre les générations», prévient le cabinet Mercer, qui encourage fortement ces pays — dont le Japon et la France — à introduire des réformes.
    Quelles sont les perspectives d'avenir ?
    Jacques Goulet, président des activités «Health et Wealth» de Mercer, souligne la nécessité de prendre en compte l'équilibre financier sur le long terme des réformes des systèmes de retraite. «Sur le long terme, l'allongement de l'espérance de vie et le faible niveau des performances financières affectent la capacité de nombreux systèmes à offrir des prestations de vieillesse adéquates, que ce soit aujourd'hui ou dans les décennies à venir. En outre, du fait de ces pressions, les décisionnaires ont pris conscience de l'importance croissante des questions d'équité intergénérationnelle», indique-t-il. Il ajoute : «Le Japon, l'Australie, l'Italie et la France constituent des exemples éloquents d'économies développées dont les dispositifs ne pourront garantir les pensions des générations actuelles et futures. Ce constat tient à un ensemble de facteurs, tels que le manque de réserve d'actifs pour les années à venir, un faible taux d'activité des personnes âgées ou encore une forte évolution démographique responsable du vieillissement de la population. En l'absence de réformes, ces systèmes engendreront des pressions sociales importantes du fait d'une inégalité des indemnités de retraites entre les générations».
    Auteur du rapport et «Senior Partner» chez Mercer, le docteur David Knox affirme, quant à lui, que tout n'est pas figé, et qu'il est encore temps pour les pays d'agir pour améliorer leurs dispositifs : «L'objectif principal de l'indice est de comparer le système des pensions de chaque pays afin d'identifier les meilleures pratiques à adopter aujourd'hui et dans les années à venir. Notre étude nous a permis de distinguer clairement les pays dotés des régimes de retraite les plus robustes et les plus à même d'assurer des prestations décentes. Elle a également mis en évidence les dispositifs dont les autres pays pourraient s'inspirer pour s'améliorer. Comme le démontre l'indice, le Danemark, les Pays-Bas et l'Australie sont les bons élèves et ont tous trois adopté une solide approche multi-piliers, bien qu'ayant adopté des solutions différentes et propres à leur situation initiale».
    De la viabilité des systèmes de retraite
    En matière de viabilité des systèmes de retraite, tous les pays ne sont pas confrontés aux mêmes défis : chacun doit faire face à une situation différente et tenir compte de facteurs spécifiques.
    Toutefois, chaque pays peut prendre des mesures pour mettre en place un meilleur dispositif. Si, sur le long terme, le système de retraite parfait n'existe pas, les nations doivent néanmoins favoriser les conditions économiques et politiques qui permettront d'opérer les changements qui s'imposent et d'adopter les meilleures pratiques mises en lumière par l'édition 2017 de l'étude MMGPI. Dans la perspective d'améliorer le quotidien des individus, l'indice MMGPI publié cette année livre donc une analyse plus détaillée et approfondie des systèmes de retraite dans le monde.
    S'étendant aujourd'hui à la Colombie, à la Nouvelle-Zélande et à la Norvège, il évalue en effet 30 dispositifs sur la base de 40 indicateurs afin de déterminer leur pertinence, leur viabilité et leur intégrité.
    Cette approche met en évidence l'un des objectifs majeurs de l'indice : offrir une comparaison de différents systèmes à travers le monde à l'aide d'un certain nombre de paramètres s'appliquant à divers contextes et cultures...
    Synthèse du rapport par Djilali Hadjadj

    Une référence importante pour les décideurs du monde entier
    Le Danemark conserve la première place du classement pour la sixième année consécutive avec une note globale de 78,9 devant les Pays-Bas et l'Australie qui obtiennent respectivement 78,8 et 77,1 points. Si l'indice de la France progresse cette année (59,6 vs 56,4 en 2016), du fait notamment d'un contexte économique jugé plus favorable, elle perd trois rangs, occupant la 16e place du classement. Une position qu'il convient néanmoins de mettre en parallèle avec l'arrivée de trois nouveaux pays comme évoqué précédemment. La France obtient ainsi la note «C», comme en 2015 et en 2016, pour son système de retraite et d'épargne salariale. Une notation qui correspond à un index compris entre 50 et 60, soulignant quelques bonnes caractéristiques, mais également des risques, voire des lacunes majeures à traiter. Sans amélioration, l'efficacité et l'équilibre financier du système français pourraient en effet être remis en cause...
    Nouveaux venus dans le classement MMGPI, la Norvège et la Nouvelle-Zélande ont obtenu un indice de valeur global de respectivement 74,7 et 67,4. D'après l'analyse, les deux pays disposent de structures solides présentant quelques bonnes pratiques, mais restant encore perfectibles. Avec un indice général de 61,7, la Colombie possède, quant à elle, un système performant bien que présentant des risques et faiblesses majeurs qui doivent être corrigés. Afin de garantir la pertinence et la fiabilité de l'indice, deux nouveaux critères ont été ajoutés. Le premier concerne la croissance économique réelle dans le sous-indice de viabilité, et le second l'intégration des possibilités données aux individus de cotiser volontairement.
    Systèmes adéquats et durables
    Cette nouveauté est la raison pour laquelle aucun pays n'est parvenu à obtenir le «A» tant convoité... Naturellement, l'introduction d'un nouveau critère dans l'indice de durabilité a eu un impact sur les autres questions relatives aux niveaux de contributions et de fonds de retraite, puisqu'elle a diminué leur poids dans la note globale. Les pays qui ont bénéficié d'une hausse significative de leur valeur d'indice sont ceux qui ont enregistré une forte croissance économique réelle au cours des trois dernières années et où les perspectives sont extrêmement favorables pour les trois prochaines années. Parmi ces pays : la Chine, l'Inde, l'Indonésie, l'Irlande et la Malaisie.
    A contrario, les pays ayant des actifs financiers importants pour couvrir la retraite et des cotisations obligatoires élevées dans un contexte de faible croissance économique réelle ont vu leur sous-indice de durabilité décliner. C'est notamment le cas du Canada, du Danemark et des Pays-Bas.
    «Cet indice est une référence importante pour les décideurs du monde entier, qui leur permet de tirer des leçons et de s'inspirer des systèmes adéquats et durables. Nous savons qu'il n'existe pas de système parfait applicable de manière universelle mais il y a de nombreuses caractéristiques communes aux différents pays et que nous pouvons partager afin de nous améliorer», conclut le Dr Knox de chez «Mercer».
    LSR


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