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Célébration de la Fête de l'Indépendance en Algérie

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  • Célébration de la Fête de l'Indépendance en Algérie

    Célébration de la fête de l’indépendance en Algérie
    Rompre avec un système politique suranné


    HACEN OUALI | El Watan
    05 JUILLET 2018 À 2 H 16 MIN

    L’Algérie de 2018 semble être l’aboutissement d’un «fleuve détourné». Est-ce une fatalité ? Tout n’est pourtant pas perdu. Mais le temps presse. Le pays regorge de capacités et de compétences à même de le sortir de l’impasse.

    5 Juillet 1962. Une date fondatrice scellant irrémédiablement la fin d’une longue nuit coloniale au terme d’une Révolution où les plus valeureux enfants du pays se sont sacrifiés. Elle devait ouvrir une page glorieuse d’une Algérie naissante.La marche de la nation vers un idéal de liberté et de progrès a connu des contrecoups récurrents et violents. Au lendemain de l’indépendance, la priorité était à la construction – à la hussarde et dans l’improvisation – d’un Etat et le doter d’institutions pérennes.Le tout sur fond de luttes acharnées pour la prise du pouvoir, ce qui va profondément structurer la nature d’un système politique de domination par la force, l’arbitraire et l’exclusion.L’enthousiasme révolutionnaire a vite laissé place à un désenchantement à mesure que les coups de force politiques et militaires s’accumulaient. Pas à pas, sous forme d’un nationalisme étriqué et d’une légitimité historique mise à contribution, l’édifice autoritaire se dessinait et se consolidait sur les décombres des rêves des pères fondateurs.Le contexte international de guerre froide aidant, les «tâches d’édification nationale» se réalisaient en mettant entre parenthèses les aspirations démocratiques des Algériens. Les droits civiques et politiques – du point de vue des dirigeants des trois décennies qui ont suivi l’indépendance –étaient «incompatibles» avec la construction d’un Etat fort.C’était là l’une des erreurs stratégiques commises, car la préservation de la souveraineté nationale et la réussite du développement ne pouvaient se faire en comptant sur la propagande d’un parti unique gangrené et des appareils sécuritaires répressifs. L’empêchement de l’intelligence nationale de s’exprimer et de se réaliser dans un environnement de liberté et de citoyenneté a conduit le pays dans une impasse historique.De crise en crise, il voguait vers des lendemains incertains. Cinquante-six ans après le recouvrement de la souveraineté nationale, il prend l’eau de toutes parts. Les maux se multiplient et les menaces se font de plus en plus sérieuses et pressantes.La souffrance nationale est totale. Le capital historique et symbolique de la Révolution ne peut être d’aucun secours. Il est définitivement liquidé. Il est bradé, à l’image des acquis fragiles de l’indépendance. Chez les véritables maquisards survivants d’une guerre de Libération nationale terrifiante, la déception est immense.
    «Fleuve détourné»
    La célébration de la Fête de la victoire semble sonner comme une douleur atroce. Elle n’a plus la même résonance. Galvaudée et réduite à un lugubre fonds de commerce, cette journée hautement historique est banalisée au fil d’«échecs recommencés». «Je suis né dans le maquis des Aurès en pleine guerre, mon père est mort les armes à la main, ma mère et mes frères étaient dans le maquis. Je suis triste du sort réservé à mon pays aujourd’hui. Le 5 juillet ne veut plus dire grand-chose pour moi», lâche, dépité, Zoubir, natif de Aïn El Beïda. Un sentiment général qui résume tristement l’état de désillusion nationale.Plus d’un demi-siècle après la rupture avec la domination coloniale, l’Algérie n’engrange quasiment que des défaites. Enfermée dans un sous-développement politique et économique, elle s’expose à de sérieux périls. Sous les coups de boutoir de castes de type mafieux et conquérantes, l’Etat se trouve considérablement fragilisé et ses capacités de résistance sont dangereusement affaiblies.Au bout du compte, le système mis en place depuis l’indépendance a fini par vampiriser l’Etat et le menace sérieusement dans son existence. Rien ne semble freiner cette spirale infernale dans laquelle est pris le pays. La confiance est rompue et le moral national est au plus bas, sapé par une actualité remplie de scandales en cascade.L’Algérie de 2018 semble être l’aboutissement d’un «fleuve détourné». Est-ce une fatalité ? Tout n’est pourtant pas perdu. Mais le temps presse. Le pays regorge de capacités et de compétences à même de le sortir de l’impasse. Les énergies jusque-là comprimées peuvent se mettre rapidement en mouvement afin de redonner au pays les chances d’un sursaut salutaire.L’heure est plus que jamais venue d’engager le pays sur le chemin de véritables réformes politiques profondes à même de permettre de sortir l’Algérie de l’engrenage dans lequel elle s’est enfermée depuis longtemps.En finir avec les bricolages du passé et les solutions de courte vue.La fuite en avant des tenants du pouvoir et la ruse avec l’Histoire doivent laisser place aux initiatives de changement qui devraient être d’essence démocratique. Il est vrai que la crise multiforme qui secoue le pays est inextricable. Mais elle peut et doit constituer une opportunité de rupture douce avec un système de gouvernance suranné, à bout de souffle et en fin de parcours. Il faut oser une véritable révolution citoyenne.Celle-ci passe par l’instauration de véritables mécanismes de fonctionnement et d’arbitrage démocratique, de l’exercice des libertés et des droits. L’indépendance nationale ne peut prendre tout son sens que par la consécration d’une citoyenneté pleine et entière. C’est le plus bel hommage à rendre aux vaillants militants indépendantistes et une belle promesse pour les générations futures.
    ZfSa
    Atlas HD-200s

  • #2
    Fête de l’indépendance
    L’esprit est ailleurs

    El Watan | 06 JUILLET 2018 À 1 H 11 MIN
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    La fête de la jeunesse, le 5 juillet, est couplée à l’indépendance du pays. Pour nombre de jeunes Algériens, c’est la date où la France a quitté l’Algérie ; pour d’autres, c’est une éventualité de revoir des proches qui bénéficieront de la «grâce présidentielle». Pour les syndicalistes de l’éducation nationale, l’enseignement de l’histoire devrait être plus détaillé ; dans les manuels scolaires, la Révolution algérienne est traitée de manière peu réaliste. El Watan Week-end a sondé des citoyens, jeunes et moins jeunes sur ce sujet l’histoire de l’Algérie.

    «Le 5 juillet, c’est la fête de l’indépendance. C’est également le jour de la grâce présidentielle. Les personnes condamnées espèrent être acquittées ce jour-là. Les familles de ces dernières attendent cette date avec impatience, non pas pour célébrer l’indépendance, mais plutôt pour revoir leurs proches.C’est une autre forme de délivrance», confie Mohamed, 20 ans. A la question de savoir ce qu’évoque la date du 5 uillet, les réponses des jeunes sont quelque peu inattendues. Pour Yasmine, 18 ans, le 5 juillet est le jour où la France est partie de l’Algérie.«Ce jour-là, l’Algérie a enfin repris ses droits. La France traitait les Algériens comme des animaux. Et il était donc temps qu’elle sorte enfin», explique-t-elle. Si de prime abord on croit que certains jeunes n’ont que des connaissances «superficielles» sur cette date, cela n’est pas le cas de tous.Sonia, 22 ans, en est un exemple. Pour elle, le 5 juillet n’est qu’une date choisie en commun par la France et l’Algérie pour symboliser l’indépendance «officielle» de l’Algérie. «Selon moi, la date qui mérite une réelle célébration est le 19 mars. C’est la fête de la victoire et l’anniversaire du cessez-le-feu. C’est à cette date qu’on a arrêté de tuer plus d’Algériens. C’est cette date qu’il faut célébrer», conclut-elle. Bien qu’aucune étude n’a été faite sur la problématique, nombreux experts et chercheurs ne sont pas surpris de cette situation et trouvent «normal» que les jeunes n’aient pas beaucoup de connaissances à propos de cette date. Méziane Mériane, le président du Snapest, en est un. En effet, pour lui, que la jeune génération ne sache pas plus que la symbolique du 5 juillet n’est pas chose étrange mais une réalité «normale». Il avance : «Lorsque les journées se ressemblent toutes dans la monotonie, le dégoût et la malvie, comment, sincèrement, un jeune pris dans la tourmente puisse savoir que le 5 juillet c’est la fête de la jeunesse.Ce jeune, marginalisé, exclu de tous les domaines, ne pense, hélas, qu’à prendre le large et des fois au risque de sa vie», explique le syndicaliste, pointant du doigt l’histoire enseignée à l’école algérienne. «L’école n’enseigne pas objectivement l’histoire du peuple maghrébin en général et le peuple algérien en particulier, elle n’instruit pas l’enfant sur la longue épopée de liberté et de sacrifice du peuple pour son indépendance.Donc, comment voulez-vous que l’enfant ait des repères ?», soutient-il. En ce qui concerne la célébration de la fête de la jeunesse, l’enseignant et porte-parole du Cla, Bachir Hakem, pense que l’Algérien s’est beaucoup occupé du 5 juillet comme fête de l’indépendance que fête de la jeunesse.Pour ce qui est de la connaissance de l’histoire de l’indépendance chez les jeunes, l’enseignant affirme que si on en est arrivé là, c’est parce que notre histoire est «mal rapportée», selon lui. «Nous avons toujours fêté les dates religieuses et les dates en rapport avec notre Révolution chaque année avec les mêmes films projetés à la télévision et qui rapportent toujours le même thème sans aucune nouveauté.Nous aurions aimé en savoir beaucoup plus sur notre Révolution. Nous connaissons l’apport de personnalités françaises à notre Révolution, mais jamais celui des Marocains ou Tunisiens ou de personnes d’autres nationalités qui ont joué un rôle prépondérant et apporté leur contribution à notre Révolution», se désole-t-il.
    Télévision
    Par ailleurs, Bachir Hakem rebondit sur le programme scolaire et compare le système de l’éducation de l’histoire en Algérie avec l’histoire enseignée dans les livres scolaires français, où l’histoire de la France est racontée et expliquée dans les manuels scolaires siècle après siècle, du XVIe au XXIe. Pour le porte-parole du Cla, le peu que connaissent les jeunes sur l’histoire de leur pays et son indépendance, on le doit à la télévision et non aux institutions de l’éducation. «Dans les programmes algériens de l’enseignement de l’histoire, on se contente de rapporter les faits de l’histoire contemporaine de manière aléatoire et la Révolution algérienne est traitée de manière pas très correcte.Nos livres scolaires traitant de l’histoire doivent êtres revus. L’histoire est très importante, il faut la rapporter de manière plus détaillée et par siècle», espère l’enseignant. De l’avis de Méziane Meriane, beaucoup reste à faire dans l’enseignement de l’histoire de l’Algérie à l’école.Pour lui, «on doit accorder plus d’intérêt et beaucoup de chapitres à l’histoire de notre pays. On doit commencer par un long travail d’éducation et de prise de conscience sur l’histoire millénaire de notre pays.On doit apprendre à nos élèves la ferveur de la vérité, de l’authenticité et de la franchise», explique-t-il, soulignant que l’enseignement de la vraie histoire doit surtout se faire avec «neutralité et objectivité, et non avec des idéologies du parti pris qui forment l’esprit obtus et mènent au chaos avec une histoire falsifiée.On doit s’engager dans le dur combat qui personnalise nos élèves et les affranchit de la résignation du fanatisme, du fatalisme et des séquelles encore présentes du colonialisme», conclut-il.


    Last edited by zadhand; 06/07/2018, 23h38.
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