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Le Nucléaire en Algérie

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  • Le Nucléaire en Algérie

    Le Nucléaire en Algérie (I)
    histoire et perspectives


    El Watan
    le 13.08.17 | 12h00
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    I. Le nucléaire en Algérie avant 1967
    1. La recherche de l’uranium
    Le CEA français avait pour mission en Algérie de découvrir des gisements d’uranium, de zirconium et de fluorine pour la production du combustible nucléaire. Il réalisa des travaux géologiques et géophysiques au Hoggar et dans le Tidikelt. Parallèlement, il entreprit des travaux de prospection de sites pouvant servir de bases pour les expériences nucléaires. En outre, il créa un Institut nucléaire à Alger pour servir de base analytique dans le domaine nucléaire.Les militaires géologues français entreprirent la cartographie géologique et l’étude des massifs granitiques pouvant servir de sites pour des expériences nucléaires. Dans ce cadre, plusieurs massifs granitiques de type Taourirt furent cartographiés et prospectés pour y découvrir des minéralisations radioactives et des métaux rares.C’est ainsi que la mission hélicoptère leur a permis de découvrir entre autres l’indice d’uranium Timgaouine. D’autres travaux réalisés dans le Tidikelt leur permirent de mettre en évidence d’autres anomalies radioactives. Lors de ces travaux, tout le personnel technique était français, le personnel de soutien logistique était algérien.
    2. L’infratructure de base
    L’infrastructure était constituée :
    - Par un Institut nucléaire à Alger, doté de plusieurs laboratoires d’analyse et de traitement du minerai.
    - Le Centre saharien d’expérimentations militaires (CSEM) situé à Hamoudia (Reggane).
    - Le Centre d’expérimentations militaires des oasis (CEMO) situé à In Ekker (Hoggar). Ce centre possédait une base militaire dotée d’une piste d’atterrissage d’avions à In Amguel et d’une base d’expérimentation à In Ekker (Tan Affela).
    Conformément aux Accords d’Evian de juillet 1962 établissant l’indépendance de l’Algérie, ces sites, après avoir été rendus inexploitables, ont été restitués à l’Algérie en 1967.
    3. Les essais nucléaires avant 1967

    Les sites dédiés à la réalisation des essais nucléaires français furent créés en 1957. La région désertique située au milieu du Sahara présentait des caractéristiques optimales pour la sécurité des installations nucléaires. Les installations militaires dans un état de délabrement avancé furent remises à l’Algérie en 1967.Les essais nucléaires baptisés du nom de code Gerboise ont été réalisés à l’air libre. Avant chaque essai, les prévisions météorologiques établies à l’aide d’un réseau de stations permettaient d’assurer que les retombées radioactives les plus proches s’orientaient vers les étendues désertiques. Après chaque essai, des mesures de la radioactivité permettaient de délimiter la zone contaminée.Les 13 essais en souterrain ont eu lieu dans le massif granitique Taourirt Tan Affela, dans le Hoggar.Les bombes atomiques étaient placées dans une galerie de 1 km se terminant en colimaçon afin que l’effet mécanique de l’explosion obstrue la galerie. L’entrée de la galerie était fermée par un mur en béton. Après l’essai, les laves radioactives étaient prélevées par forage dans la cavité formée par l’explosion.Après chaque essai, des mesures étaient réalisées dans l’environnement dans un périmètre de 100 km autour du point zéro du site d’expérimentation. Malgré toutes les précautions prises, certains essais donnaient lieu à des fuites de la radioactivité. Par exemple, le 1er mai 1962 lors de l’essai Béryl, un défaut de confinement a conduit à la libération des éléments radioactifs associés à des laves et aérosols sous forme de produits gazeux. La contamination atmosphérique a été constatée sur une distance de 150 km à l’Est.Trois autres essais n’ont pas été totalement confinés. Les essais Rubis et Jade ont conduit à des rejets de gaz radioactifs. Lors de l’essai Améthyste, une certaine quantité de laves s’est échappée de la galerie. Une mission de l’AIEA a visité les anciens sites d’essais français en 1999, sur demande du gouvernement algérien. Cette mission, composée d’experts de l’AIEA et algériens du COMENA avait pour but la radio-protection des sites. Elle conclut : la plupart des zones sur les sites d’essais comportent peu de matières radioactives résiduelles à l’exception :
    - Des points zéro des essais atmosphériques du site de Reggane.
    - A Taourirt Tan Affela.

    Il est à signaler qu’en 1985, une mission du CEN a visité le site de Taourirt Tan Affela. Les mesures radioactives en dehors de la galerie, ont été jugées importantes. Suite à cette visite une clôture fut installée tout autour du massif pour protéger la population. Cette même mission proposa aux autorités compétentes d’effectuer un levé radiométrique et magnétique dans un rayon de 10 km autour du massif Tan Affela pour déterminer les lieux d’enfouissement des déchets radioactifs laissés sur place par les Français. Malheureusement, ces travaux n’ont pas eu lieu jusqu’à présent.
    II. Le nucléaire après 1967
    La base logistique d’In Ekker fut rétrocédée à l’Algérie qui la mise à la disposition de la Sonarem qui venait d’être créée. Cette base centrale logistique sert toujours de soutien aux travaux de cartographie géologique et de prospection dans le Hoggar et les Tassilis.
    A. Les institutions de la recherche-développement :
    1. ONRS- CEN-HCR.

    Vers les années 1970, l’Algérie a créé l’Organisme national de la recherche scientifique (ONRS). Cet organisme, dont le siège était à Alger, avait pour mission de jeter les bases d’une recherche scientifique en Algérie. Dans ce cadre, l’Institut nucléaire d’Alger a entamé, entre autres, des travaux de traitement du minerai d’uranium à l’échelle du laboratoire.Vers le début des années 1980, le Commissariat aux énergies nouvelles (CEN) fut créé et hérita de l’Institut nucléaire d’Alger. Le CEN avait pour mission de créer l’infrastructure de base pour la recherche-développement dans les domaines des énergies nouvelles (solaire, éolienne géothermique et nucléaire). Il devait en outre lancer la recherche dans des domaines tels que la robotique, le laser, l’informatique, etc. Pour ce faire, des centres de recherche-développement et des unités de recherche furent créés.Le Centre de développement des matériaux (CDM) avait pour objet de rechercher, d’exploiter, de traiter et valoriser les minéralisations radioactives et rares. Son champ d’activité englobait tout le cycle, et ce, depuis la prospection des gisements d’uranium jusqu’à la production du yello cake. Pour ce faire, il était doté de plusieurs laboratoires et d’une unité de recherche sur le combustible nucléaire. Il était constitué du laboratoire de géochimie-minéralogie, du laboratoire de traitement du minerai et du laboratoire de métallurgie.Le laboratoire de géochimie-minéralogie devait effectuer le prélèvement et la caractérisation des échantillons de minerai d’uranium et de métaux rares. Le laboratoire de traitement devait effectuer des essais de traitement du minerai afin de déterminer le flow sheet adéquat pour extraire l’uranium du minerai et le purifier.Le centre de radioprotection avait pour mission la protection du personnel activant dans le domaine nucléaire, la sécurité et le transport des équipements et matériaux radioactifs. Le centre des sciences techniques nucléaires avait pour but les travaux de recherche et de gestion de l’accélérateur de particules et du réacteur. Par la suite, le CEN fut transformé en HCR puis en COMENA.
    2. Le COMENA
    Le COMENA fut créé part décret n°96436 du 1er décembre 1996. Il est l’instrument de la conception et de la réalisation du programme national de recherche dans le domaine nucléaire. Il a pour mission d’acquérir les connaissances scientifiques et techniques par les spécialistes algériens pour :
    - La production du combustible nucléaire.
    - L’application des sciences et techniques nucléaires.
    - L’acquisition et la gestion des installations nucléaires.
    Le COMENA a été rattaché au ministère de l’Energie et des Mines en 2006.
    Le COMENA est constitué de quatre centres de recherche – développement dans le domaine nucléaire et de deux réacteurs (Nur et Es-Salam). Ces centres sont implantés à Draria, Alger, Birine et Tamanrasset.

    Le Centre de recherche nucléaire d’Alger (CRNA)
    Son programme de recherche concerne la physique, les techniques nucléaires, les applications nucléaires, la sûreté nucléaire et le transport et stockage des déchets radioactifs.

    Le Centre de recherche nucléaire de Draria (CRND)
    Il a pour mission la recherche-développement dans le domaine des programmes de recherche liés à la fabrication du combustible nucléaire, la physique, les techniques et le génie nucléaire. Il gère l’exploitation du réacteur Nur.
    Le Centre de recherche nucléaire de Birine (CRNB)
    .Le programme du CRNB comprend les travaux de recherche dans les domaines de la physique, de la technologie des réacteurs, de l’instrumentation de contrôle des installations nucléaires, des techniques de production des radio-isotopes, des applications neutroniques, de la sûreté nucléaire, de la gestion et du traitement des déchets radioactifs. Il est chargé de l’exploitation du réacteur Es-Salam et des installations associées.
    A. Sabri



    Last edited by zadhand; 13/08/2017, 23h13.
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  • #2

    Le Nucléaire en Algérie (II)
    histoire et perspectives

    El Watan
    le 13.08.17 | 12h00

    Le Centre de recherche nucléaire de Tamanrasset (CRNT)
    Il a pour mission d’entreprendre toute activité destinée à la recherche et à la mise en évidence des matières premières nécessaires à la production de l’énergie nucléaire.

    B. Les activités minières
    Après la nationalisation des mines en 1966, le gouvernement algérien décida de lancer un vaste programme de cartographie géologique et de recherche systématique pour établir l’inventaire des ressources minières dans le sous-sol algérien. Pour réaliser ce programme, le gouvernement algérien fit appel à la coopération étrangère, en particulier à celle des pays de l’Est. Parallèlement, il entama un vaste plan de formation d’ingénieurs et techniciens des sciences de la terre. Dans ce cadre, beaucoup d’étudiants furent envoyés en formation dans les meilleurs universités et instituts étrangers.Les premiers travaux de recherche de l’uranium en Algérie indépendante furent entrepris par la Sonarem grâce à la coopération de Géomine (Roumanie). Les autorités soviétiques ayant refusé de coopérer dans ce domaine.Suite à un lever aéro-magnéto-spectrométrique réalisé par Aéro-Service (Canada), plusieurs anomalies furent découvertes dans le Hoggar et les Tassilis. La vérification au sol de ces anomalies permit de mettre en évidence trois gisements d’uranium et plusieurs autres indices uranifères.Les gisements furent évalués et leurs réserves déterminées. Deux gisements furent l’objet d’une étude de faisabilité en vue de leur exploitation. Le projet fut abandonné par la suite. Pour des raisons politico-économiques, les Roumains quittèrent le pays en 1976 et la recherche de gisement d’uranium en Algérie s’arrêta, car à l’époque le pays ne disposait pas encore de spécialistes dans ce domaine.Après le coup fatal porté à la Sonarem par la restructuration, l’EREM hérita du dossier uranium. Lors de toute l’existence de cette entreprise, rien ne fut réalisé dans ce domaine.Dès sa création, le CEN s’orienta vers la recherche-développement dans le domaine des énergies nouvelles. Ses centres de recherche-développement eurent pour tâches de concevoir et réaliser un programme national de recherche des matières premières radioactives en se basant uniquement sur les compétences nationales.Le Centre de développement des matériaux hérita du dossier uranium. Dès 1983, les travaux dans le domaine nucléaire furent repris grâce à l’abnégation et un haut sens du patriotisme des spécialistes algériens formés dans les grandes écoles à l’étranger (URSS, USA, France, Angleterre, etc.). Il fallait acquérir les équipements nécessaires aux travaux de recherche, recruter des spécialistes algériens et parfois les former «sur le tas», définir un programme de recherche- développement dans un domaine où l’Algérie n’avait aucune expérience.Dans ce cadre, le laboratoire de géochimie-minéralogie fut chargé de la recherche et de l’exploitation des gisements d’uranium en Algérie. Trois mois après sa création, le LGM réussit à concevoir et à soutenir un projet de recherche devant le conseil scientifique du CDM. Une fois le projet accepté, l’équipe de recherche s’envola pour le Hoggar pour la réalisation des travaux. Dans un premier temps, l’observatoire de Tamanrasset lui servit de base de transit entre Alger et la base-vie sur le terrain. Les moyens de transport du personnel et des équipements furent assurés par l’ONAT.Les travaux de prospection en milieu désertique exigent une bonne organisation et une bonne discipline. Le chef technique était responsable de tout ce qui concerne l’équipe, tandis que le chef de base s’occupait de la logistique. L’équipe de recherche était constituée de deux docteurs en sciences de la terre et de quatre ingénieurs, dont une fille. En outre, elle comprenait des techniciens et du personnel de soutien.Les résultats obtenus à l’issue des travaux démontrèrent d’une façon éclatante que le savoir-faire acquis par les spécialistes algériens était indéniable : les premières minéralisations d’uranium à 100% algériennes furent pour la première fois découvertes par des Algériens.En 1984, une deuxième équipe de recherche fut créée et avait pour mission d’évaluer les minéralisations découvertes par la première équipe. Vu le développement des activités de recherche, une structure de recherche des matériaux stratégiques fut créée. Elle englobait le LGM et une base logistique à Tamanrasset. Cette structure avait son propre budget. Les résultats des travaux étant très positifs, en 1988 le centre de recherche et d’exploitation des matériaux (CREM) fut créé.Il devait concevoir, réaliser et coordonner tous les travaux depuis la prospection jusqu’à l’exploitation des gisements d’uranium d’Algérie. Dans ce cadre, des projets d’exploitation furent conçus par des Algériens. Parallèlement à cela, des travaux de recherche sur le traitement du minerai d’uranium furent réalisés. Il était établi que l’Algérie était en mesure de mener par ses propres moyens les travaux de développement depuis la prospection jusqu’au traitement du minerai uranifère.Dans les années 1990, les travaux furent ralentis pour diverses raisons : l’insécurité, le manque de moyens financiers et surtout l’absence de volonté politique des autorités de l’époque pour continuer la réalisation du programme de recherche en se basant sur les potentialités algériennes. Le manque de confiance dans les spécialistes algériens a été la cause principale du quasi-arrêt des travaux de recherche-développement.Suite à la signature du traité avec l’AIEA, le manque d’intérêt pour doter le pays de moyens pour acquérir les connaissances technologiques et scientifiques à même de faire progresser le pays fut visible à l’œil nu, ce qui démoralisa les spécialistes algériens.Beaucoup de spécialistes quittèrent le pays ou se recyclèrent dans des activités lucratives. Un marasme s’ensuit dans le milieu scientifique, qui s’exprima par des grèves et des manifestations sur le site. Aucune réponse adéquate pour remédier à cet état ne fut donnée par les autorités de tutelle.L’affectation du personnel technique et scientifique lors de la création du COMENA fut une catastrophe : des géologues furent affectés dans le laboratoire de métallurgie ! Le COMENA n’ayant pas pu remettre le bateau à flots, il fut transféré au ministère de l’Energie et des Mines sans autre forme de procès. Le ministère de l’Energie et des Mines, qui a sauvagement démembré l’ORGM, héritier de l’EREM, n’a eu d’autre choix que de faire appel aux entreprises étrangères pour reprendre les travaux sur l’uranium. (appel d’offres international pour réaliser le lever aéro-géophysique en 2009).Ce faisant, l’Algérie se trouve de facto dans la situation de 1976 quand des Roumains faisaient les travaux sur l’uranium en Algérie. Pire, pour la première fois dans l’histoire de notre pays, les entreprises étrangères ont la possibilité d’acquérir des périmètres de recherche pour l’uranium. En cas de découverte de gisement, elles ont tout la latitude d’exploiter ces gisements en concédant des miettes à la Sonatrach.
    III. Perspectives de développement des applications des techniques civiles du nucléaire en Algérie
    Le nucléaire doit être appréhendé comme une locomotive pour tirer notre pays du sous-développement. Il est le moyen d’acquisition du savoir-faire scientifique et technologique par le peuple algérien. Pour ce faire, trois conditions principales se posent : la volonté politique, l’infrastructure de base pour la recherche-développement dans le domaine nucléaire et les ressources humaines et financières.
    1. La volonté politique

    L’Algérie a signé de nombreux traités et accords ayant trait au nucléaire :
    - Le Traité de non-prolifération (TNP) des armes atomiques (12 janvier 1995).
    - L’accord relatif à l’application des garanties dans le cadre du TNP (7 janvier 1997).
    - Le traité de l’interdiction complète des essais nucléaires (9 juillet 2002).
    - La convention sur la protection physique des matières nucléaires (3 mai 2003).
    - La convention sur la notification rapide d’un accident nucléaire (5 février 2004).
    - La convention sur l’assistance en cas d’accident nucléaire ou de situation d’urgence radiologique (15 février 2004).Le développement du nucléaire en Algérie exige une volonté claire et stable des autorités algériennes. Les objectifs à atteindre par le programme nucléaire civil devront être clairement définis. L’Algérie ne devra compter que sur ses propres moyens humains et matériels. La notion de transfert de technologie n’est qu’une chimère. La réalisation du programme nucléaire civil devra être la priorité des priorités.Le 24 février 2009, le ministre de l’Energie et des Mines a déclaré : «Vers 2020, l’Algérie aura sa première centrale nucléaire et nous aurons une autre tous les cinq ans après.»
    Le 14 juillet 2009, il récidive en déclarant : «L’énergie nucléaire n’est plus une priorité pour l’Algérie. La création d’un Institut de l’engineering atomique à Ghardaïa ne signifie pas pour autant que l’Algérie a décidé de se doter d’une centrale nucléaire.» Le COMENA devra être placé sous la tutelle de la Présidence et son directeur devra avoir rang de ministre. Les directeurs des centres de recherche devront être classés comme hauts cadres de la nation.
    2. Les moyens humains et financiers

    Le facteur humain est la pierre angulaire du nucléaire civil, aussi une attention particulière devra être attribuée à ce facteur. La sécurité et la stabilité du personnel scientifique et technique devront être primordiales. La sélection et le recrutement du personnel devront être rigoureux. Les salaires et privilèges liés au grade scientifique ou technique devront être conséquents, voire équivalents à ceux accordés à l’étranger, et ce, pour stabiliser le personnel. Ce dernier devra bénéficier de transport, de logement, de soins médicaux, etc. Les chercheurs doivent avoir une seule préoccupation : leur travail. Les bases-vie dans le Sud devront contenir toutes les commodités pour permettre un travail en continu avec des récupérations au Nord du pays. La formation et le recyclage du personnel scientifique et technique seront développés. La recherche de l’information scientifique et technique a une grande importance ; aussi, l’Algérie devra être représentée dans tous les congrès et séminaires qui traitent du nucléaire et des domaines collatéraux. Pour relancer la recherche-développement du nucléaire, il faudra faire appel aux spécialistes algériens ayant travaillés dans le domaine nucléaire en Algérie et qui exercent actuellement dans divers pays étrangers.Le programme nucléaire civil devra être doté d’un budget adéquat. Les ressources financières pourront être prélevées sur les bénéfices générés par la commercialisation des hydrocarbures. Un pourcentage défini pour une période de cinq ans devra être alloué à ce programme.
    3. L’infrastructure du développement du nucléaire civil
    La politique actuelle laisse entendre que l’Algérie veut acheter des centrales nucléaires ; or, pour que ces dernières fonctionnent, il faudra par la suite acheter du combustible nucléaire à l’étranger. Cette politique placerait de facto notre pays à la merci des pays producteurs du combustible nucléaire (Russie, France, USA, etc.). Pour acquérir ce combustible, des conditions seront imposées, ce qui limiterait notre souveraineté nationale.Il serait plus judicieux d’inverser cette politique, c’est-à-dire qu’il faudrait d’abord maîtriser le cycle du combustible, et ce, depuis la prospection, l’exploration, l’exploitation des gisements d’uranium algériens, la valorisation du minerai d’uranium, la purification du yellow cake et la production du combustible. Une fois cette étape accomplie, l’Algérie pourra alors acheter des centrales nucléaires. Avant cette étape, l’étude des sites d’implantation des installations nucléaires et du stockage des déchets nucléaire devra être terminée.L’Algérie a une certaine expérience dans les différentes étapes de la recherche des matières premières radioactives. Cette approche ne posera pas beaucoup de problèmes car les équipements pour la réaliser existent en Algérie et peuvent être facilement acquis. Le centre nucléaire de Tamanrasset dispose de tous les équipements nécessaires pour la recherche et l’estimation des minéralisations uranifères. Pour le rendre opérationnel, il faudrait le transformer en une entreprise publique qui sera chargée de la recherche et de l’exploitation des matières premières radioactives, ainsi que de l’étude des sites d’implantation des installations nucléaires.Cette entreprise devra englober le centre nucléaire de Tamanrasset, les laboratoires du traitement du minerai et d’analyse du centre nucléaire d’Alger et le laboratoire de l’ORGM à Tamanrasset. Elle gérera l’exploitation des gisements d’uranium et les usines de traitement du minerai.
    4. Planning de réalisation
    Six mois après la prise de décision de relancer le programme d’exploration des matières premières radioactives, une équipe de prospection et une autre d’exploration seront créées et entameront la recherche et l’estimation des minéralisations d’uranium dans le pays.
    - Deux ans après la prise de cette décision, l’exploitation d’un gisement d’uranium et la valorisation du minerai commenceront.
    - Cinq ans plus tard, l’infrastructure pour la production du yellow cake sera réalisée.
    - Dix ans plus tard, l’appel d’offres pour la construction de la première centrale nucléaire sera lancé.

    A. Sabri
    ZfSa
    Atlas HD-200s

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    • #3
      Essais nucléaires français en Algérie
      Les effets dévastateurs persisteront pendant plusieurs décennies

      HuffPost Algérie/APS
      Publication : 30/08/2017 13h33
      Mis à jour : il y a 3 heures

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      L'Algérie continuera à pâtir des effets dévastateurs des essais nucléaires français pendant plusieurs décennies encore. Selon le président de la Fondation nationale pour la promotion de la santé et le développement de la recherche (FOREM), Mustapha Khiati, l'utilisation par la France de matières chimiques telles que le plutonium dans ses essais nucléaires a provoqué plusieurs pathologies, notamment des cancers de la peau, chez les populations des régions touchées par ces explosions nucléaires "barbares". Des essais que M. Khiati n'hésitera pas à qualifier de "crimes contre l'humanité".

      Les effets dévastateurs des essais nucléaires précisera l'ingénieur nucléaire Amar Mansouri lors d'une conférence organisée par le Musée national du moudjahid à l'occasion de la commémoration de la Journée internationale contre les essais nucléaires (29 août), ont également des effets sur la nature et l'environnement.L'expert a rappelé les principaux traités internationaux contre les essais nucléaires et les conférences et colloques organisés à l'échelle internationale dans le cadre des efforts de sensibilisation de l'opinion publique en vue d'en finir à jamais avec les essais nucléaires.Le 13 février 1960, la France coloniale a procédé à un essai nucléaire de grande ampleur dans la région de Reggane au centre du Sahara algérien, à 600 kilomètres au sud de Bechar. De 1961 à 1966, on compte 13 essais nucléaires français souterrains furent effectués à In Ecker. Auparavant, les premiers essais nucléaires français étaient effectués à Reggane. Mais en 1961, la France abandonne les essais aériens à Reggane à la faveur d'essais souterrains à In Ecker, pour limiter la dissémination des déchets radioactifs dans l'atmosphère.42.000 Algériens ont trouvé la mort et des milliers d'autres ont été irradiés dans 17 essais nucléaires effectués par la France entre 1960 et 1966.
      Les effets de ces essais continuent à impacter les populations qui habitent à Reggane et ses environs sans que la France ne se décide à reconnaître sa responsabilité et à indemniser les personnes contaminés. Seuls des vétérans de polynésie française ont été indemnisé.Le parti indépendantiste polynésien a d'ailleurs indiqué il y a une semaine son intention de déposer plainte devant les instances internationales pour crimes contre l'humanité.

      ZfSa
      Atlas HD-200s

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      • #4
        Essais nucléaires français en Algérie
        Nouvelles propositions sur les indemnisations des victimes
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        El Watan
        le 29.01.18 | 12h00


        Le ministre de Moudjahidine, Tayeb Zitouni, a fait état, hier à Alger, de nouvelles propositions devant être soumises par l’Algérie à la partie française sur le dossier des indemnisations relatives aux essais nucléaires français en Algérie.
        En marge d’une conférence organisée par le Musée national du moudjahid à l’occasion de la commémoration du 61e anniversaire de la grève des 8 jours, M. Zitouni a affirmé qu’«une réunion de la commission mixte algéro-française chargée du dossier des essais nucléaires français en Algérie est en cours de préparation, durant laquelle des propositions seront présentées à la partie française».Ces propositions concernent «l’indemnisation de collectivités et personnes victimes de ces essais ayant transmis des dossiers à la partie française, outre les indemnisations relatives à l’environnement, a-t-il indiqué, affirmant que la superficie des terres contaminées «dépasse 100 km2».La partie algérienne «attend des propositions de la partie française avant la réunion mixte sur ce dossier», a dit M. Zitouni, ajoutant que la partie française «a proposé l’application de la loi Morin sur l’indemnisation des victimes des essais nucléaires mais celle-ci n’a jamais profité aux victimes algériennes».Commentant les déclarations du président du Muséum français d’histoire naturelle (MNHN), qui a exprimé la disposition de la France à accompagner l’opération de restitution de 41 crânes de martyrs de la résistance algérienne, le ministre a dit que la commission interministérielle, qui compte des représentants des ministères des Moudjahidine et des Affaires étrangères, «examine ce dossier avec la partie française».Concernant les dossiers des archives nationales et des disparus algériens durant la Révolution nationale, le ministre a annoncé une rencontre en cours de préparation entre les parties algérienne et française, pour l’examen des dossiers en suspens.«Les messages de l’Algérie concernant les questions de la mémoire sont parvenus aux Français qui s’attellent actuellement à l’élaboration de lois à cet effet», a-t-il soutenu, ajoutant que «les choses vont lentement, en raison du caractère sensible de ces questions, qui exigent du temps, de la patience et de la persévérance pour leur examen, mais pour la première fois dans l’histoire de l’Algérie, ces dossiers sont examinés avec transparence, clarté et audace de la part de la partie algérienne». Il a également mis en avant l’importance de poursuivre le travail pour que ces demandes trouvent leur cadre juridique.
        ZfSa
        Atlas HD-200s

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        • #5
          Essais nucléaires
          L’Algérie a ficelé le dossier
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          Agrandir la taille du texte
          El Watan
          le 16.02.18 | 12h00
          Click image for larger version  Name:	uneeeeee_2633716_465x348.jpg Views:	1 Size:	106,1 Ko ID:	5933669

          58 ans après les essais nucléaires de In Ekker et de Reggane, les victimes lancent encore des cris de détresse. L’Algérie dit avoir enfin ficelé ce dossier qui reste une priorité majeure. Débrief

          A 73 ans passés, Hadj Mohamed Fnoufnou Ben Bilal Hirafak n’est guère en grande forme : douleurs abdominales persistantes, genoux ankylosés, incontinence urinaire, difficultés à rester debout, une santé qui périclite malgré une volonté de fer qui le maintient en activité et le pousse chaque jour à entretenir son jardin à Ideless, 200 km de Tamanrasset. Par rapport à ses anciens camarades de travail, Fnoufnou s’estime heureux : «Nous étions plus d’un millier, moins d’une centaine sont en vie et encore, ils souffrent tous de maladies incurables et se sont éteints les uns après les autres dans l’indifférence totale. Ils sont partis trop tôt, qui d’un pic de tension, qui d’une toux persistante qu’on n’a pas su traiter, d’autres ont vu leur corps faiblir du jour au lendemain pour disparaître sans diagnostic précis et n’ont jamais pu constituer de dossier administratif complet, selon les exigences de proximité, prouvant leur présence dans un rayon de 100 km des lieux des essais, selon le texte de loi français.» Ouvrier câbleur à l’âge de 15 ans, il se rappelle avoir passé son premier carême sur le chantier. «Quatre sociétés œuvraient ici, j’ai travaillé de 1961 jusqu’en 1966, hormis les 9 mois de service militaire après l’indépendance, je n’ai pratiquement pas quitté les lieux.» Ce père de 13 enfants a été interpellé par la petite santé de sa fille Lalla : «Elle n’était pas franchement malade mais plutôt chétive et ses enfants lui ressemblent, c’est elle qui a un enfant handicapé, le premier dans notre famille.» Fnoufnou ne doute pas un seul instant que la radioactivité des lieux soit mise en cause dans ses problèmes de santé et ceux de sa fille. D’où son adhésion d’abord comme témoin, puis comme membre à part entière à l’association Taourirt des victimes des essais nucléaires dans l’Ahaggar. Le combat sera long, Hadj Mahmoud Waer, son président en est convaincu. Il déplore que le dossier des indemnisations stagne et reste porté par les associations de la société civile et les chercheurs.
          Pour lui, «les retombées nucléaires radioactives des essais aériens et souterrains réalisés par la France dans le Sahara algérien n’ont épargné personne, ni l’humain, ni la faune, ni la flore. Au-delà de l’Algérie, toute l’Afrique du Nord et le sub-sahara ont été victimes d’une politique nucléaire dont la France nie la responsabilité et les séquelles». Pour le président de Taourirt, une association qui active depuis 2011 et qui a organisé la rencontre internationale de 2014, «la reconnaissance par la France du statut de victimes à environ 500 ouvriers de la région recensés par l’association est la priorité de l’association».
          A ciel ouvert
          Un inventaire sommaire et préliminaire qui n’englobe pas toutes les victimes mais seulement les ouvriers rescapés des essais, selon Hadj Mahmoud, qui estime à 35 sites les zones concernées par les retombées qu’il observe chaque jour sur ses chameaux, l’acacia, arbre emblématique du Hoggar et surtout l’eau contaminée qui continue à faire des victimes parmi les femmes enceintes, les nouveau-nés et les éleveurs en transhumance, explique-t-il. Des effets dévastateurs sur l’humain et l’écosystème qui persisteront pour des centaines d’années et que la France nie toujours. «Du 7 novembre 1961 à fin février 1966, cinq explosions ont été recensées, ils sont encore restés pour évacuer les lieux mais aucun curage n’a été effectué, contrairement aux mêmes sites en Polynésie française», déplore Hadj Mahmoud. Un site nucléaire à ciel ouvert, quiconque peut y accéder ne se doutant de rien, contrairement à la Polynésie, où le site a été curé, assiégé et doté d’un observatoire sophistiqué qui suit l’évolution des maladies et les atteintes à l’environnement. Une des recommandations du colloque de mai 2014 soulignait la persistance à designer l’opération «Béryl» d’événement nucléaire, comble du déni, selon le président de Taourirt qui estime que les essais faisaient partie intégrante du programme nucléaire française. Et alors même qu’il dénonce la classification d’une vingtaine de maladies engendrées par les radiations nucléaires par la loi Morin au moment où une quarantaine sont répertoriées par l’OMS, notre interlocuteur interpelle les autorités algériennes sur l’inexistence d’inventaire sur les fausses couches, la cécité en recrudescence, les maladies rares, les déformations encéphaliques devenues très courantes et surtout la négligence du traitement des réserves souterraines d’eau résolument contaminées. Pour le mouvement associatif, au-delà de la santé humaine en dégradation, le chameau du Hoggar qui vivait plus de 50 ans a désormais une espérance de vie de moins de 20 ans et les oiseaux ne sont plus aussi nombreux qu’avant. La cartographie divulguée par la presse française a levé le voile sur des certitudes exprimées depuis plus d’un demi-siècle par les habitants, mais que personne n’écoutait.
          «pollen»
          Pour Hadj Mahmoud, «nous savions qu’à Hamoudia, dans la wilaya d’Adrar, toute la zone a été couverte par le nuage nucléaire, quelques jours après, ce fut tout In Salah dans le Tidikelt puis Tamanrasset, avant d’arriver le 17e jour à Ouargla, puis Alger, l’Espagne». Dans le cadre du travail mémoriel effectué par l’association Taourirt, les témoignages recueillis mettent au jour cinq autres essais au plutonium encore plus graves en conséquences, effectués entre 1964 et 1966 sous l’appellation «Pollen». «C’est comme pour mieux nous polluer et dire qu’on ne nous reconnaît même pas le droit d’exister en tant que victimes avec cette loi Morin», s’insurge Hadj Mahmoud qui estime que la France a pollué le Sahara pour les milliers d’années à venir, dont 240 siècles pour le seul site de Taourirt. Depuis la constitution de l’association, un travail de suivi de l’évolution du nombre des victimes et de dépôt des demandes d’indemnisation a été fait.
          Pour ces témoins oculaires encore en vie, une question persiste sur l’offre de l’ambassadeur du Japon qui avait proposé en 2016 l’aide de son pays pour la décontamination des zones irradiées dans le Grand-Sud de l’Algérie, pour les rendre vivables. Pour Djamel Eddine Miaadi, directeur du Centre national d’études et de recherche sur le Mouvement national d’Alger, «outre le dossier de rapatriement des crânes des résistants algériens, le dossier des indemnisations des victimes des essais nucléaires est un vraie priorité pou l’Algérie qui a préparé un dossier bien ficelé avec plusieurs commissions chargées des différents aspects sanitaires et juridiques, entre autres». Miaadi affirme que sur les 782 dossiers d’indemnisation déposés à ce jour par les associations de victimes à titre individuel ou collectifs, seuls 34 ont été étudiés et restent sans réponse. Pour lui, la loi Morin a mis des conditions impossibles à réunir au mépris des victimes et du bon sens, les victimes de cancers contractés après 1967, jugées non concernées par cette loi sous prétexte que la France a quitté les lieux, fermé les zones avec du béton armé et procédé au nettoyage des lieux, est un déni des responsabilités de la France coloniale.Le directeur du CNERMN est convaincu que le dossier restera ouvert de par la mobilisation en Algérie et à l’étranger, même si beaucoup de victimes sont décédées. «Les ayants droit portent le flambeau et le dossier ne tombera pas sous la prescription», estime-t-il. Pour l’heure, les deux cimetières à Mertoutek témoignent en silence des 70 décès directs survenus après les essais. «La France sait qu’elle nous a fait tant de mal, l’être humain, la terre et même les animaux sauvages en témoignent», dénonce Fnoufnou.
          Houria Alioua

          ZfSa
          Atlas HD-200s

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