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Algéro-Françaises

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  • Algéro-Françaises


    Macron à Alger
    En marche vers un "traité de paix" entre la France et l'Algérie ?

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    Algéro-Françaises
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    huffpostAlgerie
    05/03/2017 07h51
    Mis à jour: Il y a 1 heure


    "Les relations entre la France et l'Algérie peuvent être bonnes ou mauvaises, en aucun cas elles ne peuvent être banales", disait Boumediene, et la récente visite du candidat Macron à Alger ne fut pas banale. Les déclarations "explosives" de l'enfant d'Amiens, certaines à l'accent gaullien, ont suscité de vives critiques, mais cette tournée électorale ouvre-t-elle une guerre mémorielle ou inaugure-t-elle les dessous des cartes d'un partenariat stratégique "révolutionnaire" entre la France et l'Algérie ?.La Transsaharienne, projet pharaonique soutenu par Alger, pourrait dynamiser les échanges entre la France, l'Afrique subsaharienne et le Maghreb où le Maroc, fidèle ami de Paris, a fait son retour dans l'Union africaine. La pénétration commerciale chinoise en Europe, le Brexit et l'Hinterland à l'Est de Berlin, oblige Paris à approfondir la défense de ses intérêts nationaux.

    Alger, la Mecque des révolutionnaires

    Le documentaire "Alger, la Mecque des révolutionnaires" projeté, le 31 janvier 2017, au Musée national de l'histoire de l'immigration, avec la présence de Benjamin Stora, aurait-il inspiré l'auteur de "Révolution" pour tenir un "discours de vérité et de complexité" aux autorités algériennes ? L'Algérie connut un âge d'or de sa diplomatie au sortir de la colonisation française, dû au soutien indéfectible aux mouvements de libération des pays africains.

    Fortement concurrencée par l'excellente diplomatie économique de Mohamed VI en Afrique de l'ouest, Alger demeure un acteur incontournable de l'Union africaine. En mars 2013, l'Algérie annula les dettes, pour un montant avoisinant le milliard de dollars, à quatorze pays membres de l'Union africaine. Celle-ci est un véritable levier d'influence sur le plan diplomatique et politique, et Alger constitue une étape indispensable pour les candidats à l'élection présidentielle française.

    La vive polémique, à l'encontre d'Emmanuel Macron, concernant la reconnaissance des crimes coloniaux commis par la France en Algérie, contraste avec la très chaleureuse embrassade de Ramtane Lamamra, le "Monsieur Afrique" et ministre des Affaires étrangères. Cet accueil triomphal présage-t-il un futur partenariat stratégique, sans cesse reporté, entre les deux grands voisins de la Méditerranée ?.Les excuses que la "France de Macron" présenterait à l'Algérie pour les crimes commis sous la colonisation, comme les autorités algériennes reconnaîtraient les souffrances des pieds-noirs et des harkis (et leurs descendants), qui ont dû quitter brutalement leurs terres natales, demeurent des exercices diplomatiques en construction. Les mémoires sont encore chaudes, mais l'apaisement mémorielle indispensable pour un traité d'amitié franco-algérien. Le candidat Macron, s'il devenait président de la République, sera-t-il l'ambassadeur des "Français d'Algérie" pour leurs faciliter, par exemple, la délivrance de visas ou de cartes de séjour pour ceux et celles qui voudraient retourner dans la terre de leurs ancêtres ?.Les deux millions de binationaux et tous ceux qui ont une attache historique avec l'Algérie, ainsi que les Français d'origine subsaharienne se reconnaissant dans les propos d'Emmanuel Macron, pourraient constituer un électorat certain, dans l'un des scrutins le plus incertain de la Vème République, plutôt favorable à l'enfant d'Amiens.L'Algérie sera prochainement rythmée par les échéances législatives et locales, au moment où Abdelaziz Bouteflika fête ses 80 ans. Quelle que soit l'issue des élections, de part et d'autre de la Méditerranée, la mise en mouvement des acteurs français en matière de coopération avec l'Algérie est un enjeu central afin que la France retrouve sa place de premier partenaire commercial de l'Algérie.

    La Transsaharienne, le poumon économique de l'Afrique de l'ouest

    Les autorités coloniales françaises envisageaient de créer une route commerciale en reliant l'Algérie au Niger, et c'est aujourd'hui l'Algérie indépendante qui porte le projet pharaonique de la route transsaharienne qui a pour objectif de relier Alger au port de Lagos au Nigeria.Lors du 27e sommet Afrique-France à Bamako, le premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, annonça l'achèvement du tronçon algérien de la transsaharienne et son prolongement jusqu'à la République du Niger. Cette route, qui sera doublée d'une dorsale à fibre optique reliée au réseau international, "une route de la soie numérique", développera les échanges économiques entre les pays du Maghreb, du Sahel et l'Union européenne dont le couple franco-algérien serait la figure de proue.Entre 2000 et 2014, l'Algérie a favorisé les infrastructures de transport pour près de 35 milliards de dollars, elle devra continuer à investir pour échapper à la "malédiction"de l'économie de rente, et préparer l'après-pétrole pour les 40 millions d'algériens.Les relations économiques entre Paris et Alger sont déjà, au-delà du pétrole et du gaz, très importantes. La France a perdu sa position de premier partenaire commercial au profit de la Chine, mais l'intensification de la coopération et l'émergence de partenariats de co-production sont possibles et nombreux, car le "made by France" jouit d'une solide réputation en Algérie.

    Dans le domaine des énergies renouvelables, l'Algérie possède des conditions exceptionnelles pour produire de l'électricité solaire, et selon la Fondation Desertec, "en six heures, les déserts reçoivent plus d'énergie du soleil que ce que consomme l'ensemble du genre humain en une année". Schneider Electric assure, par exemple, un transfert de technologie vers l'Algérie, ce qui permet aux entreprises de produire localement pour répondre aux besoins du pays et d'exporter vers les pays africains.

    L'Algérie est un acteur incontournable pour la stabilité régionale et la sécurité des approvisionnements énergétiques du fait de sa position géographique centrale et son savoir-faire dans la lutte contre le terrorisme. Emmanuel Macron, qui souhaite s'appuyer sur l'Algérie, pourra transformer la Déclaration de Coopération et d'Amitié, signée en décembre 2012 à Alger, en un véritable « traité de paix », qui donnera aux relations franco-algériennes un rôle aussi structurant que l'axe Paris-Berlin et transformer l'Algérie en une locomotive du continent africain.
    ZfSa
    Atlas HD-200s

  • #2
    France-Algérie
    «Des relations qui ne peuvent être banales»


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    El Watan

    le 20.04.17 | 12h00

    Depuis Valery Giscard d’Estaing et l’OAS, jusqu’aux espions algériens à Paris, en passant par les petits services d’Alexandre de Marenches et de la DGSE», Naoufel Brahimi El Mili, à qui l’on doit notamment Le Printemps arabe : une manipulation ?
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    (Max Milo, 2012) – révèle cinquante ans de «manœuvres confidentielles, de coups bas toujours restés dans l’ombre». Aussi, en introduction à son ouvrage, l’auteur annonce : «Houari Boumediène l’avait dit. Abdelaziz Bouteflika l’a repris à son compte, à quelques mots près, lors de l’une de ses rares visites non médicalisées en France, en juin 2000 : ''Les relations entre la France et l’Algérie ne peuvent être banales : elles sont soit bonnes, soit mauvaises.''Elles sont particulièrement bonnes quand elles sont secrètes, et beaucoup plus heurtées quand elles sont publiques. Mais entre les deux pays, même les guerres de l’ombre ne finissent pas trop mal. C’est la marque de fabrique des rapports entre Paris et Alger. Et ce, que l’on soit de gauche ou de droite à Paris, militaires ou faux civils à Alger. Les deux pays sont trop proches, historiquement, économiquement et socialement, pour être totalement indépendants l’un de l’autre. La relation varie entre le Pacs souple et le mariage contraignant. Le lien est contractuel…Entre les grand-messes des visites d’Etat s’intercalent des accords prometteurs, des coopérations constructives – clame-ton – de bruyantes mésententes, des coups tordus presque invisibles, des tractations secrètes, des traités d’amitié avortés, des amitiés maltraitées, des soutiens politico-médicaux, le tout sous le poids de la mémoire. En d’autres termes, la difficulté se pose de réconcilier l’‘héritage de la glorieuse Révolution de Novembre’ avec l’attrait de Paris, ou bien encore avec l’efficacité de la médecine française, fût-elle militaire.»
    Boumediène : «Faites-moi confiance, vous ne serez pas déçu»
    Page 256. A la fin du mois d’août 1978, Paul Balta rencontre Boumediène pour la dernière fois. Il lui fait ses adieux, en l’informant de la décision de son employeur, Le Monde, de l’envoyer comme correspondant à Téhéran. Consterné, le Président insiste pour qu’il reste en Algérie : «Vous avez vécu la mise en place des institutions, il faut aller jusqu’au bout.Il va y avoir des changements importants. J’envisage, pour la fin de l’année, ou le début de 1979, un grand congrès du parti. Nous devons dresser le bilan, passer en revue ce qui est positif, mais surtout examiner les raisons de nos échecs, rectifier nos erreurs et définir les nouvelles options. Témoin de notre expérience, vous êtes le mieux placé pour juger ces évolutions.»Le correspondant du Monde lui demande alors s’il envisage d’ouvrir la porte au multipartisme. Et il l’assaille de questions : «Allez-vous accorder plus de place au multipartisme ?» «Pensez-vous libéraliser la presse et faciliter l’organisation du mouvement associatif ?» Avec un sourire complice et approbateur, Boumediène répond : «Vous êtes le premier à qui j’en parle. Je ne peux être plus explicite pour le moment. Faites-moi confiance, vous ne serez pas déçu.»
    «Le Maroc ne sera pas sacrifié aux retrouvailles franco-algériennes»
    Page 319, 320 et 321. Entre la France socialiste et l’Algérie, un grand nombre de dossiers bilatéraux sont mis sur la table. Avec la gauche au pouvoir, le climat est nettement meilleur… Peu de mois après sa prise de fonction à la tête de la diplomatie française, Claude Cheysson entame en plein mois d’août une tournée maghrébine.Sa mission première est de normaliser les relations bilatérales. A peine arrivé à Alger, le ministre des Relations extérieures parle de «coup de passion» entre l’Algérie et la France, une rencontre entre Chadli Bendjedid et François Mitterand est prévue dans un avenir proche. Le ministre s’envole ensuite pour Rabat, où les officiels n’ont guère apprécié la réception d’une délégation du Front Polisario au Quai d’Orsay.Au Maroc, les inquiétudes s’ajoutent aux interrogations sur les intentions du ministre des Relations extérieures, jugé trop pro-algérien. Les propos de Claude Cheysson se veulent rassurants : «Le Maroc ne sera pas sacrifié aux retrouvailles franco-algériennes.»... François Mitterand revient en Algérie en tant que président de la République (fin novembre 1981, ndlr)... François Mitterand bafoue le principe de réciprocité : Chadli devait se rendre en France le premier, selon cette règle.Le soir, à la réception donnée en son honneur au Palais du peuple, il déclare aux journalistes : «Rien n’est insurmontable, sans quoi nous ne serions pas venus. Entre la France et l’Algérie, il existe trois sortes de contentieux : psychologique, historique, et enfin économique.»... Le problème central, celui du Sahara occidental, est quasiment passé sous silence. Les Algériens n’attendent pas de Paris un changement complet d’attitude. Ils souhaitent néanmoins que la France observe une réelle neutralité dans ce conflit, tout en se refusant à lui faire un procès d’intention.
    «Certains ne pensent qu’à régler leurs comptes avec l’Algérie»
    Pages 386, 387. Lors du Conseil des ministres du 12 octobre (1988), François Mitterand consacre un long commentaire aux émeutes en Algérie : "Certains ne pensent qu’à régler leurs comptes avec l’Algérie au nom des droits de l’homme. C’est trop facile ! Que de rancunes, de regrets, d’occasions manquées, on essaie de rattraper là ! Bien sûr, il n’est pas supportable qu’un pouvoir frappe ainsi son peuple, mais nul ne sait, si Chadli partait, quel pouvoir lui succéderait.C’est comme en Iran, le régime du Chah n’était pas supportable ; mais la révolution ne l’est pas non plus, même si ses objectifs sont plus sympathiques…Que va-t-il se passer en Algérie ? Je n’en sais rien. Mais, en tout cas, il y a une hypothèse à laquelle il est interdit, pour l’heure, de penser : l’établissement de la démocratie... N’oubliez pas que l’Algérie est un pays souverain (cité par Hubert Védrine, MAE)".
    Quand Lalla Aïcha jouait les intermédiaires
    Page 259. Le 14 décembre de cette année, de grands remaniements ministériels, Boumediène réunit dans le secret de son bureau Bouteflika et Taleb Ibrahimi pour leur apprendre que Hassan II souhaite entamer des entretiens secrets avec l’Algérie. Pour prouver le sérieux de sa démarche, le souverain chérifien mandate sa propre sœur, Lalla Aïcha, pour prendre attache avec le haut responsable choisi par Boumediène…Pour Boumediène, penser une nouvelle Algérie, envisager d’ouvrir une phase nouvelle dans ses relations avec la France, cela passe par l’apurement du contentieux avec le Maroc.
    Le départ du «Gorbatchev de l’Afrique du Nord»
    Pages 398, 399. François Mitterand est alarmé par la situation algérienne. Ses services prévoient le débarquement en France de boat people algériens fuyant les intégristes. Ce à quoi Aït Ahmed rétorque : «Vous allez recevoir des yacht people.» La décision est prise: les élections seront suspendues et Chadli va remettre sa démission. Informé de ces projets, le président français dit simplement aux émissaires venus d’Alger de ne pas toucher à un cheveu de Chadli, son ami…A 2000 kilomètres de là, assis sur un autre canapé, François Mitterand regarde sur sa télévision le «Au revoir» de son ami Chadli qu’il qualifiait, devant ses intimes, de Gorbatchev de l’Afrique du Nord. Le mot de la fin revient à celui qui a accompagné pendant quatorze ans le chef de l’Etat à l’Elysée, Hubert Védrine : «Après 1990, François Mitterand se refusera à croire aux accusations répandues par les successeurs de Chadli sur celui-ci et sa famille ; il se braquera comme lorsque l’on s’en prend à ses proches.»
    Yves Bonnet, directeur de la DST : «Notre maître en affaires arabes, c'est l’Algérie»
    Page 367. «La France a de la chance de pouvoir compter sur un tel partenaire, compétent, parfaitement au fait des réalités du Proche-Orient et, par-dessus-tout, amical. J’ai vraiment la sensation que la complexité du monde arabe, avec ses jeux subtils d’influence, de rejets, d’interférences entre la raison d’Etat et les intérêts particuliers, mérite et exige d’être connue, mais que cette connaissance est subordonnée à tant de contacts, d’entretiens, qu’il y faut un professeur. Notre maître en affaires arabes, c est l’Algérie.» (Yves Bonnet, directeur de la DST, ndlr)

    Plus de 5000 responsables algériens nommés par décret avaient la double nationalité

    François Mitterand promet aux délégués de la «Marche pour l’égalité», l’instauration d’une carte de séjour de dix ans et il rappelle son engagement en faveur du vote pour les étrangers.Le Parti socialiste français sent qu’avec des enfants d’Algériens, il peut combattre les anciens de l’Algérie française… C’est dire que l’équation algérienne est bien ancrée dans la politique française.Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. En face, à Alger, il n’en est pas autrement. Le contexte est très différent certes, mais le poids de la France sur la politique algérienne est bien perceptible – ou fantasmé…Le pouvoir algérien s’est même inventé une opposition imaginaire, Hizb França, pour se construire une légitimité de plus en plus chancelante avec une jeunesse de moins en moins exposée aux valeurs révolutionnaires. La thèse de la main de l’étranger est quasi-universelle, mais «la main de la France» est très souvent une création made in Algeria.Ce qui ne veut pas dire que toutes les ingérences françaises soient fictives, loin de là. Certaines sont très violentes et d’autres plus sournoises. Mais Paris n’est pas pour autant un ennemi.Plus de 5000 responsables algériens nommés à des postes sensibles par décrets publiés dans le Journal officiel de la République algérienne démocratique et populaire détiennent aussi la nationalité française, mais en cachette.Sans oublier ceux, encore plus nombreux, qui ne bénéficient que d’une simple carte de séjour mais valable dix ans, en attendant des jours meilleurs – à l’instar de Amar Saadani, secrétaire général du FLN.Le parti de la Révolution algérienne est dirigé par un expatrié en France. Rien que ça ! … Hormis les liens classiques que peuvent avoir deux pays souverains, ceux qui existent entre Alger et Paris sont loin d’être imperméables aux passions.Ces sentiments sont exacerbés, du moins du côté d’Alger par le soutien de Paris à Rabat. Mais l’Algérie et la France se parlent toujours et très franchement quand c’est dans le secret… Alger et Paris finalement s’entendent très bien, mais il ne faut pas que cela se sache trop.
    N. B.

    Nadjia Bouzeghrane
    ZfSa
    Atlas HD-200s

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    • #3

      Relations algéro-françaises
      L’ouverture d’une nouvelle ère ?
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      El Watan
      le 15.05.17 | 12h00


      Un nouveau président français, un nouveau départ dans les relations algéro-françaises ? Est-ce l’homme d’un nouveau cycle ambitieux tourné vers l’avenir ?
      Click image for larger version  Name:	uneeeeeeeee_2625874_465x348.jpg Views:	1 Size:	2,2 Ko ID:	5925566

      Une nouvelle ère est-elle «en marche» ? D’évidence, à Alger comme à Paris, elle est fortement souhaitée, mais surtout exigée au regard des multiples défis majeurs auxquels sont confrontées les deux capitales. Investi officiellement nouveau président de la République française, hier, Emmanuel Macron est aussi observé et avec beaucoup d’intérêt par Alger qui, depuis sa campagne présidentielle, lui avait témoigné «soutien et amitié».Le nouveau chef d’Etat français bénéficie d’un a priori positif dans la rive sud de la Méditerranée, qui l’attend par ailleurs sur bien des sujets pour «tester» sa volonté d’écrire une page nouvelle dans les relations parfois traversées de phases critiques. Les deux pays disposent de toutes les cartes nécessaires pour y parvenir. Les proximités sont diverses : économiques, politiques, humaines, culturelles et géographiques. Les intérêts géostratégiques sont quasi communs aux deux capitales. Le bassin méditerranéen pourrait enfin être cet espace de confluences.Les élites politiques et économiques des deux rives placent en lui l’espoir de jeter les fondations d’un couple franco-algérien inspiré du modèle franco-allemand. La conjoncture est favorable. «Le nouveau président français a l’avantage d’arriver à la fin d’un long cycle positif dans nos relations ; plus que jamais les conditions sont favorables pour un saut qualitatif dans les relations bilatérales», estime Abdelaziz Rahabi, ancien ambassadeur.La particularité des rapports entre les deux pays commande plus d’exigence. Mais surtout d’habileté pour éviter de heurter des sensibilités tant le passionnel empiète souvent sur le pragmatique. Emmanuel Macron n’ignore rien de cet aspect. Il était le seul des candidats à l’élection présidentielle française à avoir effectué une visite en Algérie, où il a su trouver «les mots et les gestes justes».Sachant l’importance du poids de l’histoire, de la mémoire et les traumatisme coloniaux, il n’avait pas hésité à prendre le risque de prononcer la phrase tant attendue par les Algériens, mais qui pouvait lui coûter cher durant la campagne électorale. «La colonisation était un crime contre l’humanité» a sonné comme une rupture dans le discours politique français vis-à-vis d’une page sombre de l’histoire de la France. Elle a provoqué un dégel.C’est une barrière psychologique majeure qui tombe. Ce jour-là, Emmanuel Macron a «séduit» au sein de la société comme dans les appareils de l’Etat. «Sa déclaration d’Alger a été très osée ; avec le risque de lui faire perdre la présidentielle, elle apporte du sang neuf à la culture française. L’homme est en rupture avec les caciques, il se débarrasse des préjugés.Il doit rompre avec l’héritage culturel colonial. Maintenant qu’il est élu Président, nous espérons que ses positions se clarifieront davantage, que l’Algérie sera un véritable partenaire à part entière. En finir avec les guerres mémorielles, qu’on puisse enfin écrire l’histoire commune avec les deux mains (…)», soutient l’historien Mohamed El Korso. Côté algérien, il est attendu aussi des gestes forts et des décisions symboliques pour retrouver une confiance mutuelle.
      Le poids du passé et l’exigence du futur
      Mais au-delà de l’histoire et du passé colonial qu’il faudra traiter avec sérénité, le temps est venu pour les ambitions du futur. «Le partenariat d’exception» vanté à intervalle régulier doit trouver sa traduction concrète, prendre forme en des projets bénéfiques aux deux peuples. Aux mots, il faut adjoindre des actes. Mettre en action les nombreuses potentialités dont disposent les deux pays au destin commun. «Je veux apporter un regard neuf sur l’Algérie et un rapport nouveau avec l’Algérie.Ce partenariat renouvelé que nous attendons depuis des années, je veux lui donner du corps, de la matière, et pour cela je veux mettre en avant les projets de coopération, les solutions concrètes entre nos deux pays dans les domaines de l’économie, de l’éducation, de l’innovation technologique, en nous appuyant notamment sur la jeunesse», avait-il déclaré également lors de son périple algérien.L’Algérie en proie à une crise doit impérativement s’atteler à rendre son économie attractive pour les investisseurs nationaux et étrangers. Il est évident que le désormais locataire de l’Elysée fixe les contours d’un cap pouvant permettre d’entrer dans une nouvelle phase de l’histoire. Ils sont d’abord économiques. C’est l’un des points forts du nouveau Président qui connaît les atouts et les faiblesses de l’économie algérienne dominée par l’informel, écrasée par le poids de la bureaucratie et gangrenée par la corruption. Mais surtout otage des luttes d’influence entre groupes rivaux au sein du pouvoir. Il y a urgence à revoir le logiciel et l’adapter aux besoins de la modernité.Néanmoins, la coopération économique, scientifique et culturelle doit s’inscrire dans une stratégie globale qui impliquerait les enjeux régionaux en Méditerranée et en Afrique avec laquelle Emmanuel Macron aspire construire l’avenir. Dans ces domaines, Alger ne voudrait pas se retrouver «non associée aux discussions sur des dossiers comme celui de la Libye, le Sahel, la lutte contre le terrorisme…». Elle veut être aussi la porte d’entrée vers l’Afrique. Cela impliquerait une volonté politique véritable des deux côtés.«Autour de la France et de l’Algérie, nous pouvons créer un axe fort, porteur d’une ambition collective pour la Méditerranée et l’Afrique», ambitionne Emmanuel Macron. Cependant, pour ce faire, il faut un interlocuteur. L’anormale situation politique nationale ne va-t-elle pas handicaper la mise en œuvre de ces projets ? L’absence prolongée du chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, risque de poser problème quand il s’agira de l’implication forte des deux Etats.Le Premier ministre ou le ministre des Affaires étrangères ne peuvent suppléer au président de la République dont la présence aux grands forums internationaux est nécessaire. La situation est pour le moins gênante, d’autant que les deux Etats fonctionnent avec deux rythmes différents. Les grandes ambitions affichées peuvent alors se heurter aux pesanteurs des réalités politiques.
      Hacen Ouali


      ZfSa
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