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Date d'inscription: janvier 2008
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Je commence par Malek Chebel , un intellectuel d'envergure qui a su donner une image glorieuse de la religion musulmane.
Biographie Né en 1953 à Skikda en Algérie, Malek Chebel fait ses études primaires et secondaires puis obtient son baccalauréat philosophie et lettres. Il entre en 1977 à l'Université Aïn El-Bey de Constantine. En 1980, il obtient un premier doctorat en psychopathologie clinique et psychanalyse à l'université Paris 7. Puis en 1982, Malek Chebel obtient son doctorat d'anthropologie et d'histoire des religions à Jussieu, et en 1984 son doctorat de sciences politiques de l'Institut d'études politiques de Paris. En 1995, il est habilité à la direction de recherche à la Sorbonne. Il a exercé et donné des conférences en Europe, dans le monde arabe et aux Amériques : dans des universités en France (la Sorbonne, Paris IV), au Maroc, Université de Marrakech, en Tunisie, dans plusieurs établissements supérieurs égyptiens, aux États-Unis, à Berkeley et Stanford, à San Francisco, à l'UCLA de Los Angeles, à la CUNY à New York, Rockefeller University à Chicago, en Belgique l'ULB à Bruxelles... Malek Chebel est membre actif du Groupe des Sages qui, auprès de Romano Prodi, président de la Commission européenne, réfléchit aux implications culturelles induites par l'Europe, notamment dans ses rapports avec la rive sud de la Méditerranée. Pensée L'œuvre prolifique de Malek Chebel, nourrie de son triple bagage d'historien, de psychanalyste et d'anthropologue est principalement consacrée à la défense de la liberté sous toutes ses formes, liberté politique, liberté de pensée, de vivre et d'aimer, et de sa place dans l'islam et la culture musulmane. Déclinée comme objet de perception, de construction, de pratique, la liberté guide la réflexion de Malek Chebel pour travailler sur le corps, le désir l'amour, les relations entre les sexes, mais aussi la tolérance, l'engagement politique, le don. Il a rédigé plusieurs préfaces, dont celle du Coran traduit par Edouard Montet (Editions Payot). Cette préface est consacrée à la nouvelle méthodologie d'interprétation du Coran. Malek Chebel a pris des positions fortes pour prôner ce qu'il considère être un islam moderne. Qu'il s'agisse du voile qui est, d'après lui, un sujet « secondaire », - ce qui ne l'empêche pas de qualifier cette revendication comme une « régression » -, qu'il s'agisse encore du besoin de traiter les problèmes entre les hommes par les hommes eux mêmes, et non par le recours à la religion , au nom de Dieu, ou en invoquant le nom de Dieu. Documents Interviews : pour le journal L'Humanité du 24 janvier 2004 pour le magazine Le Point 12 février 2004 (no 1639 - Page 98) pour le magazine Le Point du 22 septembre 2005. pour le magazine Le Point - N°1826 du 13 septembre 2007 [1] L'islam est victime de sa culture esclavagiste. à l'occasion de la sortie de son livre L'esclavage en terre d'islam (Fayard) Préfaces : Le Coran, traduction d'Edouard Montet (Payot Poche 2001) Bibliographie 2007 : L'esclavage en terre d'islam Fayard, septembre 2007, 496 pages 2006 : "Le Kama sutra arabe" (Pauvert) 2005 : L'Islam et la Raison:, le combat des idées, Perrin 2005 : L'islam, passion française : une anthologie (Bartillat) 2004 : Anthologie du vin et de l'ivresse en Islam, Éditions Seuil 2004 : Manifeste pour un islam des lumières, Éditions Hachette Littératures 2004 : Dictionnaire amoureux de l'islam, Éditions Payot 2003 : Islam et Libre arbitre, la tentation de l'insolence, avec Marie de Solemne, Éditions Dervy 2002 : Le sujet en Islam, Éditions Seuil 2001 : Les cent noms de l'amour, avec Lassad Metoui, Éditions Alternatives 2001 : Préface au Coran, Traduit par Edouard Montet, Éditions Payot-Poche 2000 : Du Désir, écrit à Paris en 1999, Editions Payot 1999 : Le traité du raffinement, Éditions Payot 1997 : Les symboles de l'Islam, Éditions Assouline, 2e édition 1999 1996 : Psychanalyse des "Mille et Une Nuits", Éditions Payot, 2e édition 2002 (?) 1995 : Encyclopédie de l'amour en Islam. Érotisme, beauté et sexualité dans le monde arabe en Perse et en Turquie, Éditions Payot, 2e édition 1997 1995 : Dictionnaire des symboles musulmans, Éditions Albin Michel, 2e édition 2003 1992 : Histoire de la circoncision des origines à nos jours, Éditions Balland, 2e édition 1995 1988 : L'Esprit de sérail, mythes et réalité sexuelle au Maghreb, Éditions Payot, 2e édition 1995 1986 : Le livre des séductions suivi de Dix Aphorismes sur l'amour, Éditions Payot, 2e édition 1996 1986 : La formation de l'identité politique, Éditions Payot, 2e édition 1997 1984 : Du corps en Islam, Éditions PUF, coll. Quadrige, 2e édition 1999 |
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Senior Member
Date d'inscription: avril 2007
Messages: 4 008
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Mohamed Ould Cheikh est né à Bechar le 27 février 1905, soit 2 ans après l'occupation de cette ville par les forces coloniales. Il poursuit ses études de première scolarité dans sa ville natale. Elève studieux et intelligent, il arrive à rejoindre le lycée d'Oran pour continuer des études secondaires qu'il ne pourra cependant pas mener à leur terme, pour on ne sait quelle raison. Il retourna à Bechar et s'attacha à poursuivre des études en autodidacte.
Il se gave de lectures et entretient des relations épistolaires suivies avec certains milieux intellectuels d'Oran. Et dans ce Colomb-Béchar «avec sa foule mélangée, ses costumes parfois du bon faiseur, son agitation, ses boutiques affichant la prétention d'être achalandés à la moderne », dans cette ville , née du néant et qui se voulait déjà bourgeoise, Mohamed Ould Cheikh multiplie les causeries avec les lettrés autochtones européens. Il paraît d'ailleurs bien intégré dans la bonne société européenne locale, comme en témoigne son poème, «le bal masqué » : « Entrons dans la salle Mestre Aux premiers sons de l'orchestre C'est le bal masqué cette nuit » La salle Mestre est une brasserie du centre ville de Bechar, jadis lieu de rencontre de l'élite européenne locale. Et à l'aboutissement de ses lectures diverses, de ses échanges épistoliers, de ses discussions littéraires, de ce «service inutile », comme Montherlant de passage dans la région se plaît à qualifier les occupations quotidiennes des habitants de la ville de Bechar, Mohamed Ould Chekh écrit. De la poésie mais aussi des nouvelles. D'abord de la poésie : En 1924, à 18 ans, il fait apparaître un premier recueil de poèmes en prose à Bechar. La même année, il édite une série de poèmes et quelques nouvelles dans la revue « Oran », dirigée alors par Alfred Cazes : « Razzia au désert », «crépuscule de l'Islam ». D'autres écrits sont publiés en 1925 comme : « Mektoub d'Oran » "joies funèbres". Le jeune poète paraît décidé à faire parler de lui et à s'imposer parmi l'élite littéraire de l'époque. Et toutes les opportunités semblent bonnes à saisir : En 1930, il saisit l'occasion les fêtes du centenaire et participe à une anthologie poétique, « Poètes d'Oranie ». Il est nécessaire de comprendre l'attitude de ces jeunes créateurs indigènes de l'époque qui pour être édités et s'exprimer devaient payer tribut de soumission au pouvoir colonial, toujours méfiant à leur égard. Son recueil de poèmes «chants pour Yasmina » est édité. Les fêtes du centenaire sont célébrées avec un faste provocateur et de façon générale les populations algériennes vécurent ces fêtes avec une profonde humiliation. Même les notables les plus acquis à l'administration ou à la culture française, comme peut le paraître Mohamed Ould Cheikh ne purent cacher leur gène et leur embarras. L'effet gênant de ces fêtes, mais aussi la maladie : une affection pulmonaire qui mine sa santé déjà frêle semblent avoir marqué un tournant décisif et déterminant dans la vie du jeune écrivain becharien Pour se soigner, il parcourt les villes et les stations thermales dans l'espoir d'une guérison. Ses pérégrinations l'amèneront à Tlemcen, Oran, Bou-Hanifia, Vichy Traitements médicaux et cures thermales se conjuguent avec les lectures, les discussions et les rencontres d'intellectuels de tous bords. Et aussi et toujours cette hargne d'écrire. Puis un roman marquant l'identité : En 1936, il publie à Oran son premier roman « Myriem dans les palmes » . Un roman remarqué par la critique locale. La trame du roman est construite autour d'une intrigue dont le dénouement symbolise le triomphe de l'identité algérienne et l'impossibilité de l'assimilation : Myriem, l'héroïne du roman et son frère Jean-Hafid, issus d'un couple mixte, finissent après moult aventures par épouser l'identité arabo-musulmane vers laquelle les attirent leur mère Khadidja. « Le capitaine Debussy meurt, jean et Myriem grandissent. Le fils aîné devient officier aviateur, la jeune fille instruite par un taleb, se laisse, sous l'influence maternelle, glisser peu à peu vers l'Islam. » Le jeune écrivain du sud a donc nettement évolué. Tout en s'exprimant dans cette langue française dont il aime la poésie, il prend conscience de la différence de l'Algérien, de son identité. De la à lutter pour imposer et émanciper cette identité, il n'y a qu'une oeuvre littéraire et Mohamed Ould Cheikh, puisant dans ses dernières ressources, va l'écrire. Puis un théâtre beaucoup moins ambigu : Ce sera une oeuvre de théâtre, car ayant suivi les débuts du théâtre populaire algérien, il a compris sa portée politique : Sa nouvelle oeuvre s'intitule : « Samson l'Algérien » . La pièce était un hommage à l'émir Khaled mort une année auparavant. Mohamed Ould Cheikh contacte Bachtarzi , le célèbre dramaturge algérien et lui propose de monter la pièce. Bachtarzi est séduit mais effrayé par la virulence du texte, il écrit dans ses mémoires : « Il y avait la un talent manifeste. Il y avait aussi toute la passion, toute l'indignation d'un jeune musulman qui jaugeait à sa juste valeur le paternalisme qui nous engluait. Mais cette passion s'exprimait d'une manière trop violente pour que nous n'allions pas tout droit nous casser le nez sur une interdiction. Comme il me demandait de me charger de la traduction, je lui ai fait accepter en même temps des adoucissements. Le résultat sauvegardait assez bien la pensée de l'auteur sans donner trop de prise a la censure » Grâce à quelques «adoucissements », la pièce passa le cap de la censure. Présentée en 1937, elle obtint un formidable succès lors des tournées de la troupe de Bachtarzi dans le pays, à Annaba, à Mostaganem , à Sidi bel Abbés, etc. A Oran, le public fait une chaude ovation au jeune auteur. Le texte est accueilli avec enthousiasme par la classe politique algérienne indigène : Lamine Lamoudi, militant du mouvement Ouléma, luttant alors pour faire aboutir «la charte revendicative du peuple algérien musulman » adoptée par le Congres musulman de 1936, écrit à propos de cette pièce : « Khaled, le héros de la pièce est un musulman brave et généreux, un homme de coeur qui milite pour le relèvement moral et matériel de ses coreligionnaires. Il les aide, les protège et les défend par son activité, son courage et sa bonté et souvent, tel Samson, il réalise l'impossible pour leur rendre service? il n'hésite pas devant le danger, à sacrifier son amour, son bonheur, pour le salut de son peuple », ( la Défense du 21 mai 1937). Reprise en 1947, la pièce s'avère toujours « d'une brûlante actualité » note Alger Républicain du 21 août 1947 et elle est alors interdite par les autorités coloniales. Suite à une nouvelle représentation de la pièce à Alger en 1951, Mohamed Dib, alors à Alger-Republicain souligne le caractère révolutionnaire de la pièce et note que le silence sélectif des autres Quotidiens d'Alger qui n'en ont donne aucun compte rendus. (Alger-Republicain du 12 décembre 1951). Miné par la maladie, Mohamed Ould Cheikh reprend sa plume décidé à utiliser ses dernières forces, tel Samson, Le héros de sa pièce, pour lutter pour son peuple. Il met en chantier deux oeuvres dont il annonce la parution incessante : un nouveau roman « La Vierge du douar » et une nouvelle pièce en quatre actes, dont l'intitulé paraît encore plus engagé : « Vive l'Algérie ». Mais rongée par la maladie, a bout de forces il s'éteint le 29 janvier 1938 à Bechar, sans avoir pu publier ses dernières oeuvres. La ville de Bechar qui devrait tirer une fierté légitime de cet enfant prodige continue à l'ignorer. Aucun lycée, aucune université, aucun édifice culturel ne porte le nom de ce brillant enfant du pays mort sans avoir pu donner toute la mesure de son génie. Le mot «ignorer » est à prendre dans le sens de « méconnaissance et absence de culture » mais aussi et malheureusement aussi dans le sens de « manque de considération » pour l'un des premiers écrivains en langue française du pays. |
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Anouar Benmalek
Lieu de naissance: Casablanca (Maroc) Nationalités: algérienne et française Études: doctorat d'État en probabilités et statistique Profession actuelle: Maître de conférences à l'université Professions exercées en Algérie: Professeur à l'Université des Sciences et Techniques d'Alger, chroniqueur dans un hebdomadaire algérien (Algérie Actualité) Divers: Secrétaire général du Comité algérien contre la torture (CACT) de 1988 à 1991 Médaille de la ville de Rennes (France) pour son activité littéraire Bibliographi Cortèges d'impatiences, poésie, Ed. Naaman, 1984, Québec Voir revue de presse des derniers ouvrages La Barbarie, essai, Ed. Enal, 1986, Alger Rakesh, Vishnou et les autres, nouvelles, Ed. Enal, 1985, Alger Ludmila, roman, Ed. Enal, 1986, Alger Les amants désunis, roman, Ed. Calmann Lévy, 1998, Paris ; Ed. Livre de Poche, 2000 ; Prix Mimouni 1999 (traduit en 10 langues, sélections Fémina et Médicis). L'enfant du peuple ancien, roman, Ed Pauvert, août 2000, Paris ; Ed. Livre de Poche, 2002 ; Prix des auditeurs de la RTBF (Radio Télévision Belge) 2001, Prix RFO (Réseaux France Outre-mer) 2001, Prix Beur**-Méditerranée 2001, Prix Millepages 2000 (sélection Fémina, sélection rentrée littéraire 2000 “ libraires et lecteurs ” de la Fnac, sélection du journal Le Soir de Bruxelles, sélection France Télévision, sélection Coté Femmes… traduction en 8 langues) L'amour Loup , roman, Ed. Pauvert, février 2002, Ed. Livre de Poche, 2004, Paris Chroniques de l'Algérie amère, Ed. Pauvert, janvier 2003, Paris Ce jour viendra , roman, Ed Pauvert, septembre 2003 Ma planète me monte à la tête, poésie, Fayard, janvier 2005 L'année de la ******, nouvelles, Fayard, janvier 2006 Ô María, roman, Fayard, septembre 2006 Vivre pour écrire, entretien avec Y. Merahi, Ed Sedia, février 2007 |
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Djamel Amrani
Biographie Djamel (ou Djamal) Amrani est scolarisé en 1952, à l'école communale de Bir Mourad Raïs. Le 19 mai 1956, il participe à la grève des étudiants algériens. En 1957, il est arrêté, torturé et incarcéré par l'armée coloniale. En 1958, à sa sortie de prison, il est expulsé vers la France. En 1960, il publie son premier ouvrage aux Éditions de Minuit, Le Témoin. Cette même année, il rencontre Pablo Neruda et crée le journal "Chaâb". En 1966, il devient producteur d'une émission maghrébine à l'ORTF, et entame une carrière radiophonique aux côtés de Leïla Boutaleb à la radio algérienne. En 2004, il reçoit la médaille Pablo Neruda, haute distinction internationale de la poésie. Bibliographie Actualité 1960 : Le Témoin - Éditions de Minuit, (ISBN 2-7073-0477-8) Poésie 1964 : Soleil de notre nuit, préface de Henri Kréa, encres de Aksouh - Éditions Subervie, Rodez 1964 : Chants pour le Premier Novembre, avec des gravures de Abdallah Benanteur - Éditions d'art ABM, Paris 1968 : Bivouac des certitudes - Éditions SNED, Alger 1972 : Aussi loin que mes regards se portent... - Éditions SNED, Alger 1979 : Jours couleur de soleil - Éditions SNED, Alger 1981 : Entre la dent et la mémoire - SNED, Alger 1982 : L'Été de ta peau - SNED, Alger 1983 : La Plus haute source - ENAL, Alger 1985 : Argile d'embolie - Ed. Laphomic, Alger 1985 : Au jour de ton corps - ENAL, Alger 1986 : Déminer la mémoire - ENAL, Alger 1989 : Vers l'amont - ENAL, Alger 2000 : Alger - Éditions Actes Sud, Arles, (ISBN 2-7427-3023-0) 2001 : Alger, un regard intérieur in La pensée de midi, n°4 - Éditions Actes Sud, Arles, (ISBN 2-7427-3357-4) 2003 : La Nuit du dedans - Éditions Marsa, Alger 2003 : Œuvres choisies - Éditions ANEP, Alger Théâtre 1973 : Il n'y a pas de hasard - Éditions SNED, Alger Nouvelles 1978 : Le Dernier crépuscule - SNED, Alger Sur Djamel Amrani Jean Déjeux, Bibliographie méthodique et critique de la littérature algérienne de langue française 1945-1977, SNED, Alger, 1979. Jean Déjeux, Dictionnaire des auteurs maghrébins de langue française, Paris, Editions Karthala, 1984 (ISBN 2-86537-085-2). Anthologie de la littérature algérienne (1950-1987), introduction, choix, notices et commentaires de Charles Bonn, Le Livre de Poche, Paris, 1990 (ISBN 2-253-05309-0) |
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Yasmina Khadra
Son père, d'abord infirmier, rejoindra les rangs de l'ALN en 1956 et deviendra officier en 1959. Il en souhaitera de même pour son fils et le confiera donc à l'École des cadets de la Révolution en septembre 1964, à l'âge de neuf ans. Jeune déjà, Mohammed ressent le besoin d'écrire pour échapper à son quotidien. Ses premières publications seront déjà en langue française (faute d'un professeur d'arabe qui le bafoua) et paraîtront sous le nom de Mohammed Moulessehoul. En 1975, il part à l'Académie Inter-armes de Cherchell. La quittera en 1978 avec le grade de sous-lieutenant pour rejoindre les unités de combat sur le front ouest. En septembre 2000, après 36 ans de vie militaire, il part à la retraite avec le grade de commandant et décide de se consacrer entièrement à la littérature. En 2001, après un court voyage au Mexique, il s'installe avec sa famille en France, à Aix-en-Provence. Mohammed Moulessehoul choisira en 1997, avec le roman Morituri, d'écrire sous pseudonyme. Diverses raisons l'y poussent, mais la première que donne Moulessehoul est la clandestinité. Elle lui permet de prendre ses distances par rapport à sa vie militaire et de mieux approcher son thème cher : l'intolérance. Il choisira de rendre hommage aux femmes algériennes et à son épouse en particulier, en prenant ses deux prénoms : Yasmina Khadra. Khadra ne révèlera son identité masculine qu'en 2001 avec la parution de son roman autobiographique L'Écrivain et son identité toute entière dans L'Imposture des mots en 2002. Or à cette époque ses romans ont déjà touché un grand nombre de lecteurs et de critiques. Il acquit sa renommée internationale avec les romans noirs du commissaire Brahim Llob : Morituri, Double Blanc et L'Automne des chimères. (Morituri sera adapté au cinéma en 2007 par Okacha Touita). Llob est un incorruptible, dans un Alger dévoré par le fanatisme et les luttes de pouvoir. Son Algérie saigne à plaies ouvertes et cela insupporte, révolte le commissaire. Llob n'hésite donc pas à prendre le risque de fouiner dans les hautes sphères de la société, ce qui lui vaut bien vite la sympathie du lecteur malgré sa vulgarité ou ses côtés parfois misogyne, voire homophobe. Cette série s'enrichira en 2004 d'un autre roman La Part du mort. Khadra illustre également « le dialogue de sourds qui oppose l'Orient et l'Occident » avec les trois romans suivants : Les hirondelles de Kaboul, qui raconte l'histoire de deux couples Afghans sous le régime des Talibans; L'Attentat, roman dans lequel un médecin arabe Amine, intégré en Israël, recherche la vérité sur sa femme kamikaze; Les Sirènes de Bagdad, relate le désarroi d'un jeune bédouin irakien poussé à bout par l'accumulation de bavures commises par les troupes américaines. Œuvres [modifier] * Sirènes de Bagdad, 2006, Julliard * L'Attentat, 2005, Julliard * "La Rose de Blida", 2005, éd.Après la lune, Paris. * La Part du mort, 2004, Julliard * Cousine K, 2003, Julliard * Les Hirondelles de Kaboul, 2002, Julliard (Pocket 2004) * L'Imposture des mots, 2002, Julliard (Pocket 2004) * L'Écrivain, 2001, Julliard (Pocket 2003) * À quoi rêvent les loups, 1999, Julliard (Pocket 2000) * Les Agneaux du Seigneur, 1998, Julliard (Pocket 1999), Paris * Double Blanc, 1998, Baleine * L'Automne des chimères, 1998, Baleine * Morituri, 1997, Baleine, Paris * La Foire des Enfoirés, 1993, Laphomic * Le Dingue au bistouri, 1990, Laphomic, Alger et 1999, Flammarion (J'ai lu 2001), Paris * Le Privilège du phénix, 1989, ENAL * De l'autre côté de la ville, 1988, L'Harmattan, Paris * El Kahira - cellule de la mort, 1986, ENAL * La Fille du pont, 1985, ENAL * Houria, 1984, ENAL, Alger * Amen, 1984, à compte d'auteur, Paris Ceci ne sont que certains prix, en particulier français, avec lesquels l'œuvre de Yasmina Khadra a été récompensée. * L'Attentat: Prix des libraires, Prix Tropiques, Prix Découverte Figaro Magazine, Grand prix des lectrices Côté Femme, Prix des lecteurs du Télégramme et Prix littéraire des lycéens et apprentis de Bourgogne. Prix de la Jeune critique (Autriche 2006) * Les Hirondelles de Kaboul: Shortlist du International IMPAC Dublin Literary Award; Newsweek Awards (Koweit 2005); Prix de Salon littéraire de Metz (2003); Prix des Libraires algériens (2003). * La Part du mort: prix littéraire Beur ** Méditerranée : prix du meilleur polar francophone. * "Cousine K"; Prix de la Société des Gens de Lettres. * "L'Ecrivain"; Médaille de vermeil de l'Académie française. * L'Automne des chimères; Prix du roman noir international (Allemagne). * Morituri; Trophée 813 du meilleur polar francophone; Trophée des Iles Canaries (Espagne). Yasmina Khadra est chevalier de la Légion d'honneur; officier des Arts et des Lettres. |
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mohamed did
Mohammed Dib naquît le 21 juillet 1920 à Tlemcen dans une famille bourgeoise en partie ruinée. Il commence ses études à Tlemcen, sans fréquenter l'école coranique, et les poursuit à Oujda au Maroc. Après la mort de son père en 1931, il commence autour de 1934 à écrire des poèmes mais également à peindre. Sa rencontre avec un instituteur français, Roger Bellissant (qui deviendra son beau-père) le conforte dans la voie de l'écriture. De 1938 à 1940 Mohammed Dib devient instituteur, enseignant à Zoudj Bghel, près de la frontière marocaine. Comptable à Oujda,l'année suivante, au service des Subsistances de l'Armée, il est en 1942 requis au Service civil du Génie puis, en 1943 et 1944 interprète franco-anglais auprès des armées alliées à Alger. De retour à Tlemcen en 1945 Mohammed Dib est jusqu'en 1947 dessinateur de maquettes de tapis, réalisés et vendus sous son contrôle. Il publie en 1946 un premier poème dans la revue “Les Lettres”, publiée à Genève, sous le nom de Diabi. Invité en 1948 aux rencontres de Sidi Madani, près de Blida, organisées par les Mouvements de Jeunesse et d'Éducation populaire, il y fait la connaissance d'Albert Camus, Jean Cayrol, Louis Guilloux, Jean Sénac, Brice Parain. Il est ensuite syndicaliste agricole et effectue un premier voyage en France. De 1950 à 1952 Mohammed Dib travaille, en même temps que Kateb Yacine, au journal progressiste “Alger républicain”. Il y publie des reportages, des textes engagés et des chroniques sur le théâtre en arabe parlé. Il écrit également dans “Liberté”, journal du Parti communiste algérien. En 1951 il se marie avec Colette Bellissant, dont il aura quatre enfants. Mohammed Dib lit à cette époque les classiques français, les écrivains américains, les romanciers soviétiques et italiens. Après avoir quitté en 1952 “Alger républicain”, Mohammed Dib séjourne à nouveau en France alors que paraît aux Éditions du Seuil La Grande Maison, premier volet de sa trilogie Algérie, inspirée par sa ville natale, qui décrit l'atmosphère de l'Algérie rurale. Dans une “écriture de constat”, “réaliste”, il y témoigne tel un “écrivain public”, à partir de faits authentiques, de la misère des villes et des campagnes, des grèves des ouvriers agricoles, des revendications nationalistes naissantes. La presse coloniale critique le roman, ainsi que des membres du Parti communiste algérien qui auraient souhaité y rencontrer un “héros positif”, Aragon le défend. Les deux autres volets de la trilogie, L'Incendie et Le Métier à tisser, paraissent en 1954, l'année même du déclenchement de la guerre de libération, et en 1957. Durant cette période Mohammed Dib est, jusqu'en 1959, employé dans la correspondance et la comptabilité commerciale. Tandis qu'il aborde plus explicitement la guerre d'indépendance dans Un Été africain, Mohammed Dib est expulsé d'Algérie par la police coloniale en raison de ses activités militantes. André Malraux, Albert Camus, Jean Cayrol interviennent pour qu'il puisse s'installer en France. Il s'établit alors à Mougins, dans les Alpes-Maritimes, chez ses beaux-parents, effectuant des voyages dans les pays de l'Est. En 1962 Qui se souvient de la mer manifeste une bifurcation de son écriture vers l'onirisme, le fantastique et l'allégorique. En 1964 Mohammed Dib s'installe dans la région parisienne, à Meudon, puis en 1967 à La Celle-Saint-Cloud, près de Versailles. Dans Cours sur la rive sauvage et La Danse du roi publiés en 1964 et en 1968, il poursuit une quête plus introspective autour des thèmes de la condition humaine, de la féminité et de la mort. En 1970 Mohammed Dib souhaite s'engager dans une nouvelle trilogie “sur l'Algérie d'aujourd'hui”, dont Dieu en Barbarie et Le Maître de chasse (1973) constituent les deux premiers volets. Mohammed Dib enseigne en 1974 (ou 1976-1977) à l'Université de Californie à Los Angeles, qui lui inspirera son roman en vers « L.A. Trip » (2003). À partir de 1975 il se rend plusieurs fois en Finlande où il collabore, avec Guillevic, à des traductions d'écrivains finlandais. Ces séjours lui inspirent sa « trilogie nordique », publiée à partir de 1989 : Neiges de marbre, Le Sommeil d'Ève et L'Infante maure. Mohammed Dib participe à un jury littéraire, en 1976, dans l'Oklahoma. Parallèlement à son travail de romancier, ses recueils de poèmes, Omneros en 1975, Feu beau feu en 1979, sont des célébrations de l'amour et de l'érotisme. Sa pièce de théâtre Mille hourras pour une gueuse, présentée à Avignon en 1977 et publiée en 1980, met en scène les personnages de La Danse du roi. De 1982 à 1984 (ou de 1983 à 1986) Mohammed Dib est “professeur associé” au Centre international d'Études francophones de la Sorbonne. Dans ses derniers livres, Simorgh, puis Laëzza, terminé quelques jours avant sa mort, il revient, sous la forme d'un puzzle littéraire, sur ses souvenirs de jeunesse. Il meurt le 2 mai 2003 à l'âge de 82 ans, près de Paris. Mohammed Dib a reçu de nombreux Prix, notamment le Prix Fénéon en 1952, le prix de l'Union des Écrivains Algériens en 1966, le prix de l'Académie de poésie en 1971, le prix de l'Association des Écrivains de langue française en 1978, le Grand Prix de la Francophonie de l'Académie française en 1994, attribué pour la première fois à un écrivain maghrébin. Il a obtenu en 1998 le Prix Mallarmé pour son recueil de poèmes L'enfant-jazz. En 2003 de nombreuses rumeurs faisaient état de la possibilité de l'attribution à Mohammed Dib du Prix Nobel de littérature |
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