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Voeux Mes meilleurs voeux pour que sorte bladi de cette phase d’incertitude. Puisse la nouvelle année souligner la vieillesse de la classe politique et remettre le bled, géré pendant un demi-siècle par les mêmes, entre les mains des 75% de jeunes et que s’accélère le divorce sociologique. Nos voeux pour que s’aperçoivent ceux qui ont eu le mérite de libérer le bled, de leur incapacité à le construire. Qu’ils reconnaissent que, pour eux, le pouvoir n’est pas un moyen de servir un quelconque projet, mais une finalité. Qu’ils n’ont ni programme ni vision. Qu’ils ont passé leur demi-siècle aux commandes de ce bled à se méfier de tout et de tous. A régler des comptes à tout et à tous. De faire appel à l’Histoire pour nous raconter des histoires. A dire une chose et son contraire. Puisse la nouvelle année mettre à nu l’incohérence qui règne actuellement et faire aboutir au moins une réforme: la réforme du personnel politique. Mes voeux pour que s’arrête la répression systématique de l’opposition, des syndicats autonomes, de la presse, de la justice. Mes souhaits, pour le Nouvel An, seraient que l’on n’utilise plus la justice et le fisc comme instruments de répression. Que la corruption, institutionnalisée depuis des lustres, soit un mauvais souvenir en 2007. Que l’arbitraire politique, qui a tout le temps gangrené la gestion économique, In Chaallah, n’aura plus droit de cité. Bonne année donc pour la loi de finances établie sur la base d’un baril à «presque oualou dollar», quand il frôle les soixante dollars. Bonne année pour les bureaux d’études qui sont payés pour la mise à niveau des entreprises à privatiser. Meilleurs voeux pour les travailleurs qui l’ont compris, qui relèvent les défis et qui, avec les moyens du bord, à défaut de mise à niveau, préfèrent parler de «mise à nif-haut». El-Guellil quotidien d'Oran |
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On n’arrête pas de se demander pourquoi toutes ces peaux de banane jonchent les couloirs des hautes sphères. Qui de nous ne s’est pas demandé pourquoi des amis de longue date peuvent s’entre-tuer pour une promotion, une place au soleil? Dans un même parti, des types qui défendent les mêmes idées, magouillent et chacun veut être au sommet. Si ce n’est pas la députation, c’est le sénat. Si ce n’est pas la mairie, c’est l’assemblée de wilaya. El guirra est partout. Qui sera le président de tel syndicat? Qui sera nommé à la tête de telle entreprise? C’est en lisant cette fable adaptée de sieur De La Fontaine, que j’ai un peu compris. On l’appellera le «corbeau et la gnina».
Le corbeau sur un arbre était perché à ne rien faire toute la journée. Un lapin, ou une gnina, voyant ainsi le ghrab, l’interpelle et lui dit aussitôt: «moi aussi comme toi, puis-je m’asseoir et ne rien faire du matin jusqu’au soir?» Le corbeau lui répond de sa branche: «Bien sûr, amie à la queue blanche, je ne vois pas qui pourrait empêcher le repos de la sorte recherché». Blanche gnina s’asseoit alors parterre, et sous l’arbre, reste à ne rien faire; tant et si bien qu’un renard affamé, voyant ainsi le lapin somnoler, s’approcha du rongeur en silence, et d’une bouchée en fit sa pitance. Moralité: pour rester ainsi à ne rien faire, il vaut mieux être haut placé. Il y va ainsi de nous autres. «Moi je trime toute la journée, pour que les autres la mangent bel messak, alors je ne vois pas pourquoi je m’épuise à l’œuvre». C’est valable dans tous les domaines. Ainsi, on s’est tous retrouvé assis sous la lumière des torchères, à somnoler et à nous raconter des histoires, jusqu’au jour où, épuisés par la famine, on se réveillera rampants. Par El-Guellil le quotidien d'Oran |
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#4 (permalink) |
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Au début, c’était pour faire comme les grands. Une petite jebda par là, deux taffes et se rincer tout de suite la bouche. La première prise complètement, sans tousser, car ça faisait pas « rajel ». Une deuxième et il fallait avaler la fumée. Et, taffe sur taffe, go l’accélérateur, c’est le teuf-teuf. Une, deux, trois, une quatrième, je ne vais pas vous l’apprendre, vous le savez bien vous-même, on met le paquet. Un paquet en temps normal. Plus, quand on fait la fête. On fait la fête à son budget en détruisant sa santé. Trou dans le budget en attendant d’autres trous, on étouffe. Ras-le bol ! Demain je m’arrête. Je finis celui-là et promis, c’est le dernier, Kmi, kmi. Garrou après garrou. Vous changez de marque, celle-là était trop forte. Des brunes, vous passez aux blondes, vous changez de maîtresses. Promis, barkani. Mais, quand vous voulez faire le pas, pour cesser de consommer cette drogue, vous apprenez, devant la difficulté rencontrée, qu’il y a des additifs dans le tabac pour vous rendre accro justement.
Les gouvernements le savent ! Mais ils n’interdisent pas la fabrication, ni la distribution des produits de la mort. Au nom de quoi ? de faire rentrer de l’argent dans les caisses. Les Zimpots. Et avec cet argent, on offre un petit budget aux services de la santé pour développer des campagnes anti-tabac. Elles fleurissent. Que de lâcheté, on vous intoxique et ensuite on vous interdit de vous intoxiquer, tout en espérant qu’il n’y ait pas trop de personnes qui s’arrêtent de fumer, vous rendez-vous compte du manque à gagner ? Et si au lieu d’interdire la cigarette dans les lieux publics, on l’interdisait tout simplement ? El-Guellil |
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Après l’obligation de présenter les notices de votre doua et autres trouvailles typiques de chez nous, il vous sera bientôt interdit de vous faire rembourser par la sécurité sociale. Pourquoi pas ? Car la sécurité sociale, la Cnas, est plus soucieuse de son budget que du vôtre. Le vôtre, il est juste bon pour payer les cotisations. « Caisse que c’est que cette histoire encore ? Il n’arrête pas de chercher des poux sur les têtes de nos penseurs, cet empêcheur de tourner en rond ! », dira l’un. « C’est un empêcheur d’être tourné en bourrique », dira l’autre.
Qu’à cela ne tienne. Dorénavant el morda, ces trafiquants notoires, n’ont qu’à bien se tenir. Fi la Cnas, mergou, que c’est à cause de nous que les dépenses de remboursement des produits pharmaceutiques ont atteint la somme de 40 milliards de dinars, à l’échelle nationale, l’année passée. Bien entendu ness la Cnas ne soufflent mot sur la valeur des cotisations annuelles qu’ils perçoivent. Ce n’est pas notre affaire. Amala yal morda, si votre ordonnance dépasse une certaine somme, elle doit être soumise à l’avis du contrôle médical. Il peut donner son accord immédiat, ou émettre immédiatement un avis défavorable. Déjà, avant, pour se faire rembourser, c’était la crasse à la Cnas. Tu pouvais attendre des semaines, des mois, de quoi rendre malade le moins souffrant, alors aujourd’hui... vous avez intérêt à faire des alliances avec ces médecins-conseils. C’est pour lutter contre la fraude nous disent-ils. Laquelle fraude ? La nôtre ou la leur ? C’est au fait une arnaque sur ordonnance. C’est une manière assez subtile de retarder au maximum les remboursements et permettre ainsi à cette caisse de disposer de notre fric pour d’autres missions. Bien entendu cette procédure découragera aussi ceux qui, relativement, peuvent se passer du remboursement des frais de médicaments, et ceux qui ne disposent pas d’une demi-journée chômée-payée pour faire la queue devant les guichets et le contrôle médical. C’est tout bénéfice pour la tirelire de la caisse ? Les cotisants, ceux qui sont dans le besoin... bof, l’essentiel pour nos assureurs est de débusquer les cocotisants... Cotisants unissons-nous ! Demandons à cette caisse qui n’existe que grâce à nous de nous rembourser toutes nos cotisations, et qu’on en finisse ! Cette goutte a fait déborder «le caisse». El-Guellil le quotidien d'Oran |
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Il y a des moments où, à l’occasion d’une rencontre entre copains, on souhaiterait refaire le monde ou à défaut se poser des questions essentielles - pour ne pas dire existentielles - auxquelles l’on n’a pas, d’habitude, une minute à consacrer. C’est que l’on a une vie à mener tout de même et peu de temps à perdre avec ce genre de questions qui suffit à nos rejetons quand ils passent le bac qui doit les mener à l’université d’où ils doivent sortir chômeurs. Sauf que voilà ! Un jour, ce genre de questions stupides, et dont on se demande nécessairement si elles ont une réponse, nous saute à la figure. Et puis, mince ! C’est quoi le bonheur ? Vous le savez, vous ?
A question simple, méthode simple. Faisons donc appel à notre compagnon de toujours, tout du moins depuis que nous avons appris à lire et à écrire: le dictionnaire. Le bonheur viendrait de bon et de heur, le présage. Malheur étant son contraire. Jusque-là, tout va bien. C’est clair. La première définition du bonheur est la suivante: «Circonstance favorable qui amène le succès, la réussite d’une action, d’une entreprise, etc.» Exemple: nous avons eu le bonheur de trouver le soleil dès notre arrivée à... Toujours sur notre faim, nous passons à la définition suivante: «Etat de pleine et entière satisfaction». Exemple: quel bonheur de vous retrouver en excellente santé ! Nous aussi on est contents mais cela ne fait pas avancer notre schmilblik. Du coup, on ne peut pas dire que c’est «la pleine satisfaction» qui nous envahit ! Troisième définition: «Au petit bonheur, au hasard, n’importe comment». Quoi ? Qu’est-ce que cela veut dire ? «Au hasard, n’importe comment» ? Cela veut-il dire qu’il va nous tomber dessus par hasard ? Ah bah, depuis le temps que l’on attend, il ferait bien de se dépêcher... Quatrième définition: oualou ! Nous voilà bien avancés ! La vie, cependant, nous enseigne que le bonheur n’est pas si durable et on n’atteint pas si facilement la plénitude. Quant à la satisfaction, on n’a qu’à regarder autour de soi et d’entendre les propos de nos prochains pour voir combien il y a d’insatisfaits et de mécontents. Est-ce à dire qu’ils ne sont jamais heureux ? Quand on n’a besoin que de peu de chose, un rien suffit, et quand un rien suffit, on n’a pas besoin de grand-chose. Le grand obstacle au bonheur, c’est de s’attendre à un trop grand bonheur. Rêvons donc avec modération et arrêtons de vouloir construire le bonheur selon les messages publicitaires. El-Guellil |
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#7 (permalink) |
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Rappeler des choses qu’on a écrites, il y a quelques années, ne fait de mal à personne.
Celui qui paye ses dettes s’enrichit. Notre ministre des soualda n’arrête pas de mettre les mains dans le coffre pour régler les dettes contractées auprès des grandes puissances, qui nous ont boudés, un certain temps, et qui renouent leurs amitiés avec la manne pétrolière. Cette argent aurait pu servir à la réforme économique, mais une réforme avec des outils et des hommes réformés... Il est question d’abord de relancer les équipes de sport. Une bonne cagnotte est mise à leur disposition pour redorer le blason terni par les années. Les coureurs de fonds, plus aguerris aux magouilles bancaires sauront être des plus performants, on comptera sur eux pour battre tous les records de transactions honnêtement frauduleuses, à fond les caisses. Belle équipe en vue que celle qui sera engagée dans le relais. Celle-là est déjà prête. Depuis l’indépendance, elle n’arrête pas de se passer le témoin. Vous me direz qu’elle est vieillissante. Oh que non, le relais se pratique en famille. La descendance, et que dégringole le reste. L’essentiel est de bien saisir le témoin, quitte à faire appel aux faux témoins, et continuer la «kourse au koursi». Pas de soucis pour la gymnastique. Avec le pouvoir d’achat qui ne cesse de s’éroder, et les fins de mois difficiles qui commencent le premier de chaque mois, les ménagères et pères de famille, quotidiennement, sont à faire toute une gymnastique pour une popote aléatoire. Nous aurons donc la chance d’engager une équipe féminine et l’autre masculine. Ainsi nous assurerons la première marche du podium des sous-alimentés. Bof, l’escrime c’est pas très dur. Le sectionneur national aura l’embarras du choix. Avec tous les zombies qui circulent sioufa en mains, en plein jour, sans que cela ne semble déranger... Pour le marathon, c’est tout le peuple qu’on n’arrête pas de faire courir, toute cette population qu’on n’a pas fini de faire marcher. El-Guellil |
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#8 (permalink) |
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Dans cet immense édifice qui fait dans la vente de la culture, il y a les cadres. Un statut à vouvoyer, les élus de l’ère, élus de la chance d’appartenir à une famille qui tient les rênes. Ils s’y croient. Se prennent au sérieux, ne font rien de sérieux, mais ils se la jouent. C’est fou comme ils se la jouent. Ils ne cessent de changer de cravates. De parler à voix grave dans un registre aigu. Toute la journée ça ne fait que commander, commander, ils n’arrêtent pas de commander des boissons fraîches, des cafés, à leurs secrétaires.
Celles-là, elles font semblant de travailler dans ce bureau aquarium où nagent d’autres secrétaires. Elles tapotent sur leurs claviers au rythme de la «machitude» du chewing-gum sous leurs dents. Si leur matériel est plus sophistiqué, leur métier n’a pas évolué depuis des ans. Idirou ce qu’on leur dit de faire, tout en se plaignant pendant les pauses, qui durent des heures, d’un travail sacrément harassant. Leur comportement est le même, qu’elles soient d’ici ou d’ailleurs. Voilà une classe qui peut être à l’origine de «l’internationale secrétarienne». Elles fabriquent des documents, collent leurs langues bien chargées sur des timbres qui n’ont rien demandé et bien sûr répondent au téléphone: «Oui, vous êtes bien chez la katiba du moudir, c’est de la part de qui «silteplé»? Je vais voir siléla !... Désolé khouya, il n’est pas encore rentré... A quelle heure? Je ne sais pas!». L’autre appareil se met à sonner, elle se saisit du combiné né de la dernière technologie: «Allo Zoubida? Ne coupe pas yal Kbida». Elle reprend le premier. «Ah non, l’après-midi il est en réunion et demain il sera en déplacement... Quoi son numéro direct... Ça va pas non?» Elle pense détenir de sacrés secrets, ceux du patron et fait des mystères de tout et de rien. Elle coupe pour reprendre la Zoubida la Kbida. Elle passera en revue tous les feuilletons de toutes les chaînes zarabes et zarbi jusqu’à ce que «Otitophone» s’en suive. Elles sont comme chaque Algérien, elles ont un avis sur tout, mais on s’en passerait bien. Certaines ont échoué là par un mauvais hasard, mais d’autres sont fières de faire ou d’avoir fait carrière. Elles ne regrettent qu’une chose, leurs fesses qu’elles ont écrasées à force d’être trop assises. El-Guellil |
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Qui peut nous dire pourquoi le foot national ne va pas ? Il se trouve sans doute des centaines de spécialistes formés dans nos grands instituts qui peuvent en disserter pendant des heures, si ce n’est des jours.
Mon voisin le vieux retraité, qui n’a rien compris au problème palestinien, nous disait que c’est à cause du foncier que le foot a dégringolé. Dans le temps, on s’était tous mis à rire comme des fous. Qu’est-ce qu’il a à voir le foncier fel kora ? Son explication était fort simple. Dans tous les quartiers, à proximité de chaque houma, il y avait un terrain vague, où nous tous, enfants que nous étions, avions taquiné la babale. Tous les grands qui ont fait le bonheur de notre sport roi y sont passés. Depuis que nos villes sont devenues des lots à bâtir et des coopératives à distribuer, il ne reste plus que l’asphalte à nos jeunots. Aujourd’hui, on peut ramener le plus grand entraîneur du monde, c’est juste de l’argent jeté par les fenêtres. Il serait préférable, disait ce même voisin, qui n’a toujours rien compris au problème palestinien, d’arrêter les frais et de prévoir des terrains au niveau de chaque école, collège et lycée pour espérer dynamiser l’éducation physique dans les établissements scolaires et, par là même, espérer cultiver une graine d’artistes pour les futures équipes nationales. Filamiric, les églises de quartier se transforment en terrains de basket les après-midi pour accueillir les jeunes et moins jeunes. Le résultat, on le connaît. Qui peut nous expliquer pourquoi l’urbanisme ne va pas ? Qui peut nous dire pourquoi nous sommes devenus les derniers de la culture ? Pourquoi les salles de cinéma ont été transformées en quatre-saisons ou en salles obscures pour des projections «vidéo et bas»? Qui peut nous dire pourquoi les milliards investis pour faire la fête ne sont pas investis dans l’action culturelle profonde ? Celle qui commence au sein de l’école. Celle qui fera d’Alger la capitale éternelle de la culture et non de l’acculture. El-Guellil |
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