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Bouteflika et la crise financière sur l'Algérie: Voici venu le temps des vaches maigres
L’Algérie est-elle à l’abri des conséquences de la crise financière qui frappe de plein fouet l’économie mondiale? Le commun des citoyens pourrait être tenté de croire à ce qui ressemble pourtant à une galéjade.
Parce que les responsables politiques, ministres, Premier parti politique, comme obéissant à une injonction stricte, se sont tous relayés pour expliquer que notre économie, de par son caractère autocentré, n’est pas concernée par la crise. Du temps de la certitude, on est passé, ensuite, à celui de la nuance, notamment de la part d’Abdelhamid Temmar et Chakib Khelil qui ont averti qu’une chute des cours pétroliers, inscrite dans la durée, pourrait avoir des conséquences sur notre économie, même si la cagnotte engrangée, à la faveur des revenus pétroliers mirifiques, nous permet de tenir pendant cinq ans.
Mais, dimanche dernier, à la faveur de sa visite à Ghardaïa, le président Bouteflika a pris à revers ce type de discours rassurant en disant la vérité aux Algériens. Une attitude hautement responsable de la part du chef de l’Etat. Qu’a dit le président Bouteflika, attendu, pourtant, pour distribuer des enveloppes budgétaires, comme c’est de coutume, à l’occasion de ses visites dans les wilayas. Le chef de l’Etat a tout simplement dit aux Algériens que le temps «des vaches maigres», après celui «des vaches grasses», est devant nous.
Sans ambages, ni détours, il déclare: «Nous sommes en face d’une crise mondiale. Nous avons traversé une période d’opulence. Nous allons traverser une période de vaches maigres que nous devons gérer avec prudence». Et de profiter, pour appeler les Algériens à «retrousser les manches», en arguant que, pour construire le pays, «ce n’est pas une affaire de président ou de gouvernement». Une affirmation que le ministre de l’Intérieur tentera, lors de sa conférence de presse, d’expliciter, en avançant que «nous pouvons assurer le financement du programme quinquennal présenté par le chef du gouvernement. Ce qu’a voulu dire le président de la République c’est que la disponibilité des ressources financières ne doit pas nous faire oublier que nous avons eu une vie facile. Il faudrait apprendre à être plus productifs et moins gaspilleurs». Et les conséquences de cette crise, qui n’est pas une vue de l’esprit, vont se faire sentir bientôt. C’est, en tous cas, le sens à donner aux propos du président Bouteflika qui a parlé, aussi, de la nécessité d’instaurer une gestion rigoureuse et parcimonieuse des ressources financières. «Il faudrait éviter les dépenses inutiles», a-t-il insisté.
Cette mise en garde ne manquerait certainement pas de se traduire par la reconsidération de l’ordre des priorités d’investissement. S’il est difficilement imaginable pour l’observateur d’envisager une remise en cause des grands projets, comme l’autoroute est/ouest, dans la mesure où les enveloppes sont déjà mobilisées, pour les nouveaux projets les choix seront, autrement, sélectifs. A moins que les prix du pétrole ne repartent à la hausse pour éviter au pays de sombres perspectives qui nous replongeront dans une profonde crise déjà vécue à l’époque de Chadli Bendjedid.
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