Aménokhal Moussa Hag Amastan'
La déclaration
O Dâssine, puisque ton imrad a chanté pour moi et puisque tu m'as permis de m'asseoir à tes pieds, permets-moi aussi de te jurer que tu seras toujours libre dans le jardin de mon coeur ! Ne crains donc pas que je veuille régner sur toi. On n'asservit pas une lionne ou un rossignol.
O ma rose du Hoggar, ô ma montagne bleue, ô mon tapid de laine blanche, ô mon urne, ô ma fontaine, ô ma rivière ! O toi que j'aime ! Toi, la plus belle, la plus fraîche, la plus parfumée, la plus fière ! Toi, que tous les hommes préfèrent et que je préfère ! Je veux que tu sois mon épouse. Sublime oiseau du Hoggar, je veux être ton nid !
Un soir
Un soir, un de mes guerriers a dit : "Elle est l'or et l'argent martelés ensemble".
Un autre a dit : "Elle est la salive de ma bouche".
Un autre, encore, a déclaré : "Elle est un rosier dans mon coeur. Elle est l'eau de Zem-Zem que je préfère à l'eau de Tazerouk. Elle est le paradis".
Enfin, mon plus cher compagnon a prononcé : "O Moussa, toi qui la chéris comme nous tous, dis-nous ce qu'elle est !"
J'ai répondu : "Dâssine est la colombe et l'hyène, le lit et la tombe, le ciel et l'enfer. Mais, si j'étais devenu un fils de la poussière, frère des djnouns, je sortirais de mon tombeau pour revoir Dâssine. Il lui serait impossible de me chasser, car je serais mêlé à l'air qu'elle respire, et je la possèderais jusque dans les replis les plus chauds de son coeur".
|