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Vieux 07/10/2008, 15h45   #1 (permalink)
khouz
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Par défaut crise financière et banques française

Annick : Une des grandes banques françaises (BNP, Société générale ou Crédit agricole) peut-elle faire faillite ? Anne Michel : Les banques françaises sont a priori moins exposées que les banques américaines à la crise financière, ayant acheté moins d'actifs de mauvaise qualité. Elle le sont moins également que les banques allemandes et britanniques.



Cela dit, aucune banque ne peut s'estimer à l'abri de ce choc financier sans équivalent depuis 1929. Il suffirait par exemple qu'une banque soit victime d'une défiance soudaine de la part d'investisseurs sur les marchés pour qu'elle rencontre des difficultés pour se financer. Cela entraînerait alors une crise de solvabilité.
BNP Paribas est la moins exposée des banques que vous citez et parvient même, à ce jour, à exploiter les opportunités de rachat liées à cette crise. Elle a annoncé dimanche soir le rachat de la banque belgo-néerlandaise Fortis pour 14,5 milliards d'euros.
Au passage, cette opération est forte du point de vue symbolique car l'Etat belge entre à hauteur de 11 % dans le capital de BNP Paribas – fleuron du capitalisme européen – dont il devient le premier actionnaire.









Olivier92 : Quel risque pour le Crédit agricole ?
Anne Michel : Le Crédit agricole a beaucoup souffert d'investissements hasardeux dans les crédits subprimes mais il s'est recapitalisé juste au bon moment, avant que les investisseurs se méfient des banques et hésitent à y investir.
Cette banque mutualiste peut en outre compter sur la solidarité des caisses régionales, qui ont les poches profondes. Mais il ne faudrait pas que la crise et la difficulté pour les banques à se refinancer sur les marchés durent trop longtemps.







jubeiiiii : Les Caisses d'Epargne peuvent-elles assurer face à la crise financière ? Y a-t-il un risque financier pour les clients ?
Anne Michel : Les Caisses d'épargne assurent qu'elles n'ont pas de problème de liquidités, ce que confirme la Banque de France de la manière la plus vigoureuse. Il faut donc l'écouter. Cela dit, leur filiale commune avec les Banques populaires, qui est cotée en Bourse et a perdu beaucoup d'argent dans les subprimes leur cause bien des soucis, agissant comme un siphon aspirant leurs liquidités.
C'est pour cette raison qu'elles ont décidé au cours du week-end passé de s'attaquer au problème Natixis et de mettre en chantier un rapprochement entre leur organe central et celui des Banques populaires. On pourrait s'acheminer vers un mariage Caisses d'épargne-Banques populaires.






didou : On entend peu parler de la Banque postale.... Est-elle à l'abri ?
Anne Michel : La Banque postale est effectivement en dehors de la crise des subprimes parce qu'elle reste limitée dans ses activités bancaires. Ce qu'elle percevait comme une contrainte l'empêchant de gagner des clients jeunes est une chance.
De plus, La Banque postale est filiale de La Poste qui est une entreprise publique. L'Etat est donc garant.







nico : Que se passe-t-il réellement à la Société générale ? Pourquoi dévisse-t-elle plus que le CAC 40 ?
Anne Michel : En fait, la Société générale souffre comme le reste du secteur bancaire d'une inquiétude grandissante sur sa capacité à résister à la crise. D'autant que certains analystes estiment qu'elle va devoir déprécier à nouveau des actifs liés aux subprimes.
Et puis, aujourd'hui, des rumeurs de marché la donnent candidate à un rachat de Dexia, qui a fait l'objet d'un sauvetage coordonné des Etats français et belge la semaine dernière...






totobimbo : Des bruits de couloir circulent au sujet de banques, plus petites, en grande difficulté, comme Oddo. A-t-on des informations à ce sujet ?
Anne Michel : Il est délicat de relayer des informations anxiogènes sans certitude. Quand bien même celles-ci seraient infondées, le simple fait de les reprendre créerait un sentiment de panique, jusqu'à provoquer de réelles difficultés. S'agissant d'Oddo, l'Autorité des marchés financiers met en ce moment la dernière main à un rapport d'enquête sur ses agissements pendant la crise.









Alain : Natixis peut-elle survivre ?
Anne Michel : En fait, c'est pour sauver Natixis, leur banque d'investissement commune, que les Caisses d'épargne et les Banques populaires parlent aujourd'hui mariage. Sans doute le modèle de cette banque doit-il évoluer car elle était trop exposée à la vie des marchés. Aux Etats-Unis, on a vu que les banques d'investissement se sont toutes adossées à des banques de dépôt.









Pytheas : Quel peut être l'effet domino entre des banques allemandes ou belge ou autres d'ailleurs et des banques française style Dexia-Natixis ?
Anne Michel : Les banques entretiennent des relations financières très imbriquées, via des prêts qu'elles s'accordent ou des garanties qu'elles s'octroient mutuellement etc. Donc la frontière entre les systèmes bancaires nationaux est... poreuse.
Du point de vue du sentiment de confiance qui régit les marchés, il sera important de voir quelles réponses les Etats allemand et belge apporteront à la crise dans leur pays et si ces réponses sont à la hauteur du problème.
Cela dit, comme je le soulignais dans une réponse précédente, les banques françaises sont objectivement en meilleure santé. Leur modèle de banques universelles dotées d'une base de dépôts importante leur permet de moins dépendre des marchés pour se financer, donc de voir venir : les dépôts de leurs clients couvrent 70 % de leurs besoins de financement.
Et la Banque de France affirme qu'elle ne laissera tomber personne, en débloquant les liquidités nécessaires pour les banques qui en auraient besoin.
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