L'épanouissement spirituel de la femme musulmane par Malika Dif.
Les premiers musulmans et musulmanes ont rencontré des obstacles énormes dès lors qu'ils étaient reconnus «musulmans». Ils ont été soumis à toutes sortes de persécutions, obligés de se cacher ou d'émigrer (parfois plusieurs fois) et ce, uniquement pour pouvoir vivre leur foi. Certains ont été torturés même jusqu'à la mort sans jamais renier leur foi. D'autres ont perdu tous leurs biens et après avoir été dans l'aisance, ils ont vécu dans le dénuement le plus total. Ils ont accepté toutes leurs épreuves au nom de la foi et seulement pour l'Amour de Dieu, avec le seul désir de satisfaire Dieu et de Lui plaire !
Ils subissaient souffrances s'encourageant les uns les autres, dans un climat de fraternité sincère et désintéressé. On doit encore ajouter que, même lorsque leur situation s'est améliorée, que les persécutions n'ont plus été leur lot quotidien, qu'ils ont eu de nouveau des moyens d'existence convenables, la plupart d'entre eux continuaient à vivre dans l’ascétisme. Ils ont consacré leur vie et leurs œuvres à Dieu, sans se plaindre; au contraire, ils cherchaient tous comment faire des actes qui plairaient à Dieu !
Vous l'avez compris, nous évoquons ici le souvenir des premiers musulmans, des Compagnons et des ... des Compagnonnes ! En effet, au nombre des Compagnons se trouvaient des femmes qui montrèrent toutes un courage extraordinaire, qui, après avoir embrassé l'Islam, devaient s'éloigner de leurs familles qui les tyrannisaient. Lors des premières émigrations (vers l'Abyssinie), nous trouvons bon nombre de femmes qui, plutôt que renier (apostasier) leur foi, préféraient partit vivre sur une terre éloignée, inconnue, au milieu de gens dont elles ne savaient rien. Nous trouvons que parmi elles, certaines verront leur époux apostasier, devenir chrétien, être alcoolique ... et elles tiendront bon.
C'est le cas de Oum Habiba (Ramala fille de Abu Sofiyan) qui fut récompensée déjà ici bas par son entrée dans la maison de l'Envoyé de Dieu.
Citons le cas extrême de Sumaya, la première femme martyre de l'Islam qui, après avoir été torturée elle et sa famille fut tuée par Abu Jahl d'un coup de lance, tant il était excédé de n'avoir pu la détourner de sa foi.
Dans les cas extrêmes, citons encore Khadija, l'une des Mères des Croyants, qui soutenait le Prophète (pbsl) dans les moments les plus difficiles des premiers temps de la Révélation. Elle souffrit sans faiblir toutes les privations, à ses côtés, pendant la période de l'exil qui leur fut imposé, et pour mourir ainsi peu de temps après.
Et encore cette femme connue sous le nom de Ghuzaiyah qui répandait l'Islam auprès des femmes de la cité et que les Qoraîchs, pour s'en débarrasser, confièrent à une caravane de chameliers rustres et brutaux.
Ceux ci l'attachèrent sur le dos nu d'un chameau, sans boire ni manger la laissant ainsi durant trois jours exposée au plein soleil. Une nuit, elle trouva de l'eau près d'elle et pu se désaltérer par la grâce de Dieu. Au matin, ses tortionnaires la trouvèrent rétablie et lorsqu'elle leur eut raconté son histoire, ils furent si bouleversés qu’ils la libérèrent et se convertirent à leur tour !
Asma, fille de Abou Bakr, qui participa activement aux préparatifs du départ du Prophète (pbsl) et de son père lors de l'Hégire, leur portant discrètement de la nourriture, dans la caveme de thour, là où ils étaient cachés le temps que cessent les recherches. Et qui, lorsqu'ils furent partis, dut encore affronter les questions de son grand père aveugle qui pensait que leur père les avaient abandonnés sans argent. Elle mit quelques pierres sous des étoffes et lui fit croire qu'il s'agissait d'argent alors qu'il ne restait pas un sou dans leur maison. Dans son grand âge (on croit savoir qu'elle vécut jusqu'à l'âge de 100 ans), lorsque son fils Abdallah fut partie active dans le conflit qui eu lieu à la mort du Calife Mouawiya, lorsque son fils Yazid lui succéda, sa mère lui conseilla de mourir dignement, en martyr, plutôt que de capituler !
Noussayba al Ansariya (Oum Umarah) et Asma (Oum Mani) toutes deux médinoises, furent les deux femmes à préter serment à Aqaba sur les 70 personnes qui s'y étaient rendues. Il s'agissait d'accueillir à Médine et de protéger l'Envoyé de Dieu. On sait que Noussayba fut présente, avec ses fils, à de nombreuses expéditions et qu'elle fut blessée à Ohod en voulant protéger le Prophète (pbsl) l'épée à la main. Après la disparition de l'Envoyé de Dieu, elle participa encore à d'autres batailles avec ses deux fils. Elle combattit jusqu'à ce qu'elle perde un bras, confia son épée à l'un de ses fils qui lui-même tomba martyr !
Je ne vous ai parlé que de quelques unes de ces femmes qui ont fait don d'elles mêmes, parfois de leur vie, non seulement sans se plaindre, mais avec une joie évidente, s'oubliant elles mêmes pour ne penser qu'à Dieu et son Envoyé. Avec pour seule espérance la félicité de la Vie Eternelle et la récompense de Dieu. Si j'ai évoqué ces femmes, ce n'est pas innocemment !
Certainement, on ne peut comparer la situation des premiers musulmans à la situation que nous connaissons aujourd'hui ! Nous ne sommes ni persécutés, ni martyrisés, ni torturés par nos familles ou par nos concitoyens ! Nous connaissons certes des difficultés, mais il s'agit de bien faibles épreuves comparées à celles de ces hommes et de ces femmes qui furent capables d'une abnégation totale, et d'actions héroïques, seulement pour Dieu.
Nos épreuves sont certes légères auprès de celles qu'ils ont endurées... Nous sommes faibles ! Faibles dans notre foi, faibles dans nos engagements; nous ne sommes ni courageux, ni persévérants, nous n'avons ni constance, ni patience ! Nous ne sommes pas véritablement fraternels; nous manquons de compassion, de miséricorde à l'égard de ceux que nous appelons « frères » ou « sœur ». Nos cœurs sont étriqués dans nos poitrines... Nous sommes sans cesse préoccupés par les questions matérielles comme si notre séjour sur cette terre devait être éternel…
Il n'en est rien; c'est un bref passage ! Qu'est ce que 60 ou 80 ans à côté de la vie éternelle promise dans l'au delà?
Durant ce bref moment ici bas, nous devons œuvrer pour faire des provisions pour l'au delà. Notre mission est d'adorer Dieu (Dieu n'a crée les hommes et les djins que pour qu'ils L'adorent); mais L ‘adorer c'est prier, jeûner, mais également œuvrer dans le monde, pour le bonheur des humains, c'est ne pas rester indifférent'/ou silencieux devant l'injustice, la maladie, la misère.
Une femme, Sawda bint Omara, est allée demander justice au calife Mouawiya à la suite des méfaits de son wali à Basra. Le Calife fut disposé à faire droit à sa demande, mais elle exigea de lui qu'il fasse justice également à tous ses concitoyens qui avaient à souffrir des mêmes méfaits. « Ce qui est juste pour moi doit l'être également pour les miens ! »
Combien de nos frères, combien de nos sœurs sont ils actifs socialement et islamiquement au sein de notre communauté ? Qui fait quoi pour préparer l'avenir des musulmans ? Or, il s'agit de votre avenir, de l'avenir de vos enfants, de l'avenir des musulmans, de l'avenir de l'Islam en France ? Les premiers et les premières venus en Islam ont « sacrifié » leur temps, leur argent, leurs forces, leurs familles et parfois leurs vies pour permettre que nous soyons, aujourd'hui, musulmans ! Pour m'adresser plus spécialement à nos sœurs, je voudrais rappeler qu'à l'époque du prophète (pbsl), les femmes musulmanes, quelle que soit la noblesse de leur naissance, travaillaient durement de leurs mains. Par exemple, j'ai parlé de Asma, fille de Abou Bakr : on nous rapporte que, bien qu'elle ait été de nature fragile, elle travaillait durement dans sa maison sans se plaindre. A tel point que son père lui amena un serviteur pour l'aider. Fatima, la fille du Prophète (pbsl) et Ali, soucieux de la santé de Fatima, également fragile, demandèrent au Prophète(pbsl ) de leur donner un serviteur parmi les prisonniers. En effet, elle meulait le grain elle même pour faire son pain, portait l'eau, soignait le cheval. Elle travaillait durement. Le Prophète (pbsl) vint les visiter le soir et leur dit : « Je vais vous dire quelque chose qui vaudra mieux que ce que vous m'avez demandé. Quand vous vous couchez le soir, dites 33 fois « Dieu est le plus grand », 33 fois «Al Hamdoulillah» et 33 fois «Soubhanallah». Cela vous vaudra mieux qu'un domestique. Et Fatima fit alors ce commentaire; « Je suis satisfaite de Dieu et de son Envoyé ».
Tous ces gens reposaient leur corps sur des coussins de fibres de palmier ou des nattes ! Aujourd'hui mes sœurs, vous avez nous avons un confort matériel inconnu de ceux qui nous ont précédé: électricité et eau courante, machine à laver, cuisinière, fours, ... et nous nous « amollissons » dans des lits douillets, des canapés moëlleux, etc…Cependant, les grâces de Dieu descendent toujours avec une permanence ininterrompue sur nous et si nous ouvrons nos cœurs, ni nous sommes prêts à les accueillir, il ne tient qu'à nous d'en bénéficier ! Encore faut il sans cesse être en éveil et ne pas oublier Dieu un instant ! Cela peut sembler difficile de concentrer son attention sur Dieu en permanence... mais, dès lors que vous entreprenez une activité pourvu qu'elle soit licite ne prononcez vous pas le nom de Dieu «Bismillah» ? Il convient d'en être conscient et d'avoir une intention de rappel pour que sans cesse Dieu se rappelle à nous !