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Vieux 14/03/2008, 14h29   #1 (permalink)
SEYDOU
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Par défaut Air Algérie se donne de l’air avant l’ouverture du ciel

Le pavillon national algérien n’a pas su profiter de la protection que lui assure son actionnaire étatique. Il se donne un nouveau PDG pour mettre en œuvre une nouvelle orientation.

Par Ihsane El Kadi, Alger

Air Algérie connaît enfin, depuis le 1er mars, le nom de son nouveau PDG, Abdelawahid Bouabdellah (voir encadré), plus de six mois après le décès, en août dernier, de Tayeb Bennouis en poste durant sept années.

C’est à une autopsie des années Bennouis que s’est attelée l’entreprise quelques jours auparavant en organisant les assises de Air Algérie. « Les retards pris par la compagnie sont considérables et retentissent désormais sur ses résultats d’exploitation », estime un cadre financier du pool commercial. Le billet électronique ne sera introduit qu’en mai 2008, les réservations sur Internet l’ont été seulement en 2006, la compagnie, incapable de bien rémunérer son personnel naviguant, a connu un pillage de sa ressource humaine, une première fois par Khalifa Airways au début des années 2000, ensuite par les compagnies étrangères de retour en Algérie, ces dernières années. Le renouvellement de la flotte – financé en partie par un emprunt obligataire – a permis de redescendre la moyenne d’âge des 31 aéronefs d’Air Algérie à quatre années ; mais entre temps la compagnie a connu deux terribles crashs en moins de trois ans, dont l’un sur un vol commercial de ligne intérieure, l’autre sur un vol cargo dans le nord de l’Italie.

Le taux de ponctualité enregistré en 2007 s’est certes amélioré de 4%, mais il est, avec 54,70%, l’un des plus mauvais de la Méditerranée. Les charges d’Air Algérie sont tellement peu maîtrisées que même un taux de remplissage acceptable de 63,19% pour cette année 2007 ne permet pas d’afficher de résultats positifs.


Air Algérie se donne de l’air avant l’ouverture du ciel


L’actionnaire étatique prolonge le verrouillage L’option de l’ouverture du capital, engagée en 2002 pour redresser Air Algérie, a été mise entre parenthèses. Le ministre des Transports, Mohamed Maghlaoui, l’a encore répété aux assises de la compagnie : « L’ouverture du capital d’Air Algérie n’est pas à l’ordre du jour ». La stratégie du gouvernement a changé : elle repose sur le prolongement d’un double verrouillage du capital d’Air Algérie et du ciel d’Algérie. « Il s’agit d’abord de consolider le pavillon national sur son marché domestique et ses dessertes françaises » expliquait, en marge des assises, Hadj Rabia, l’intérimaire à la tête de la compagnie.

Les pressions, notamment pour avancer vers « l’open sky », se font nombreuses sur Alger, et pas seulement dans le cadre de la négociation pour l’accession à l’OMC.

M. Maghlaoui a admis qu’avec « les accords qui seront signés entre l’Algérie et les pays arabes, un jour ou l’autre, Air Algérie sera obligée de faire face à la concurrence sur le marché intérieur », ajoutant qu’ « il y a un contexte qui est en train d’évoluer et notre devoir est de dire à Air Algérie qu’il faut qu’elle s’organise, qu’elle prépare ses cadres et son organisation pour faire face à la concurrence ». L’Etat, actionnaire unique de la compagnie, demeure, en attendant, au chevet de son pavillon national.

Onze nouveaux appareils moyens et gros porteurs seront achetés dans la période 2008-2011, sans que le mode de financement de ces nouvelles acquisitions ne soit clairement indiqué. Ils serviront à soutenir l’extension en cours du réseau. La nouvelle ligne Alger-Montréal – la première au dessus de l’Atlantique – était sur toutes les bouches durant les assises.

Elle a capté prés de 10 000 passagers en six mois, pour l’essentiel repris à la RAM, désormais en concurrence sur cette destination. Alger-Pékin est attendu avant fin 2008 et devra réduire la desserte Doha, alimentée par Qatar Airways.

Où l’on reparle de filialisations pour baisser les coûtsNouveaux aéronefs, nouvelles destinations, les remèdes pour Air Algérie sont pourtant ailleurs, de l’avis des experts. Les coûts d’exploitation vont encore augmenter. Le projet de filialiser les activités annexes a été exhumé. Le catering, le commercial et la maintenance devaient, en 2002 déjà, se détacher du métier de base de l’exploitation.

Air Algérie dispose en particulier, à Dar El Beida, sur le site de l’aéroport d’Alger, d’un ban d’essai ultra moderne très envié par la concurrence. Son exploitation en joint-venture avec un partenaire étranger a capoté plusieurs fois. Il n’est pas exploité à sa pleine mesure. Un nouveau péril menace la maison : le vieillissement du personnel technique ; 45 ans de moyenne. Un problème de renouvellement et de formation de la ressource humaine s’est déclaré lors des assises.

Air Algérie ne recrutait plus depuis 1990. Et oubliait sans doute de former depuis aussi longtemps. La dégradation de la prestation de service d’Air Algérie est un thème d’autodérision nationale. Pour témoin, l’intrusion cavalière du ministre du Tourisme Chérif Rahmani, venu prendre la parole par surprise durant les assises pour dire combien l’image négative d’Air Algérie est un handicap au décollage de la destination Algérie dans le monde.

Citation:
Abdelawahid Bouabdellah, un transfuge de la communicationLe nouveau PDG d’Air Algérie, Abdelawahid Bouabdellah, a été député à l’Assemblée nationale entre 2002 et 2007. Il est connu surtout pour avoir été un jeune manager prometteur dans le secteur public, où il a dirigé le grand monopole de la publicité l’ANEP.

M. Bouabdellah a également suivi une brève carrière dans le secteur bancaire, en dirigeant la Caisse nationale d’épargne et de prévoyance, la CNEP, spécialisée dans le financement de l’immobilier. Il est toutefois plus perçu comme un manager spécialiste de la communication et c’est peut-être ce profil qui lui a permis d’arriver à la tête d’une compagnie en mal d’organisation, tout autant que déficitaire en image.
source: les afriques

Dernière modification par SEYDOU 14/03/2008 à 14h34.
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